VOIES SECONDAIRES. — ROUTE DE BUÉNOS-AYRES A MEP«)OZA
joints aux cent cinquante environ qu'il y a de Tucuman à San- Pablo, font en tout sept cent cinquante kilomètres ou cent quatrevingts lieues argentines usuelles. — Ce serait donc cent lieues au moins d'économisées sur la route de terre, puisqu'il y en a deux cent quatre-vingts de Tucuman au Rosario, et que Corrientes servirait alors de port de commerce à une pailie de l'ouest et du nord de la Confédération. Cependant l'adoption de cette ligne serait plus avantageuse pour Salta que pour Tucuman môme, car, de cette ville à Corrientes, lé chemin par terre est à peu près de même longueur que celui pour aller à Santa-Fé ; et il est plus avantageux, aujourd'hui du moins, de passer par Santiago-del-Estero, Abipones et les plaines situées entre la lagune de los Porongos et le Juramento.
Les principaux travaux que semble devoir exiger la route intérieure du Chaco sont le creusement de puits dans les parties sèches, des trouées (picadas) dans les bois qu'il serait trop long de tourner, l'établissement de postes fortifiées dans les meilleures localités, la création de fermes sérieusement protégées contre les Indiens pour l'entretien du bétail et des chevaux nécessaires aux voyageurs. — Nous parlerons d'ailleurs plus en détail de la nature du terrain à traverser en faisant la description du Chaco.
On voit qu'il faut encore du temps pour que cette route soit ouverte, puisque le terrain n'en a pas encore été étudié, et que la domination sur les tribus indiennes du Chaco, ou du moins une paix sincère avec elles, en sont la condition nécessaire.
Route de Buénos-Ayres à Mendoza. — Cette route qui était fréquentée du temps de la domination espagnole a été abandonnée à cause des guerres avec les Indiens. Elle traverse la province entière de l'est à l'ouest, et son point extrême, dans les limites du pays peuplé, est la petite ville du Salto. On gagnait de là jadis le fort de las Tunas ; mais il est plus court de se diriger sur le Paso-^lel-Lechuso^ aujourd'hui fort Urquiza, sur le Rio-Quinto. Le trajet, entre ces deux points, est d'environ quatre-vingts lieues. Le terrain est excellent, couvert de bons pâturages; l'eau ne manque nulle part, et d'ailleurs rien n'est plus facile que d'y creuser des puits, car tout ce parcours se trouve dans la dépression du sol, considérée dans la tradition du pays comme le lit souterrain du Rio-Quinto. — Cette rivière forme à l'est du fort Urquiza quelques bamdos qu'il est trèsaisé de tourner. De ce bourg militaire au fort de la Constitution {Las-Pulgas), il y a quinze lieues dans un pays magnifique, aujour-
d'hui trè&-peuplé, puis vingt-cinq jusqu'à la ville de San-Luis. Par cette route, Mendoza n'est plus qu'à deux cent cinquante lieues de Buénos-Ayres au lieu de trois cent trente qu'il y a par la voie de San-Nicolas et de la Esquina, qui d'ailleurs est maintenant abandonnée, toutes les caravanes s'arrétant au Rosario.
Le seul inconvénient qui se rencontre ici est le voisinage des Indiens du Sud, qui sont en partie maîtres de ces terrains et peuvent inquiéter les voyageurs. L'établissement de quelques fortins et villages entre le Salto et le Lechuso assureront la tranquillité de cette route.
Quant aux routes plus directes pour le centre et le sud du Chili, elles passeraient par le fort de la Fédération, et de là se dirigeraient en dehors de la ligne de frontière actuelle sur le fort de San*Garlos, et de là au Paso-del-Planchon dans la Cordillère, soit plus au sud encore vers le Pas-d'Antuco, situé sous le 37* degré, en suivant la route décrite par Luis de la Cniz et qui n'offre aucune difficulté matérielle.
Le territoire indien du Sud est accessible dans toutes ses par* ties; il n'y a de rivières qu'en se rapprochant de la chaîne des Andes, et encore toutes sont guéables dans la saison sèche. La seule condition, comme nous Tavons dit pour les autres routes, c'est de s'entendre avec les Indiens. D'ailleurs ces communications nouvelles n'auront besoin d'être établies que lorsque la population de la province de Buénos-Ayres aura augmenté, et qu'il y aura intérêt à se rapprocher du Chili par une voie plus rapide.
Routes dans la Mésopotamie argentine. — Ces routes ont un caractère différent de celles de l'intérieur. Là, les obstacles contre lesquels on a le plus souvent à lutter sont le manque d'eau ; ici, c'est tout le contraire. L'eau et le pâturage abondent, mais d'innonibrables ruisseaux coupent le pays en tout sens, et à chaque pas se présentent des fossés naturels qu'il faut tourner ou franchir avec grand travail. Nulle région n'a plus besoin de ponts, de bacs, et de barques sur les rivières ; depuis quelques années on a conunencé à s'en occuper sérieusement. — Indépendamment des rivières et ruisseaux, dont nous venons de signaler les difficidtés, il s'y rencontre, surtout dans la province de Corrientes, beaucoup d'esterosj de canadas^ de banados^ de lagunes (voyez ces mots au vocabulaire), qu'il faut traverser pour éviter d'immenses détours, et au milieu desquels chevaux et bœufs de trait s'engagent avec une résolution qui