‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 223 sur 285 · CHAPITRE UL · texte numérisé non relu

CHAPITRE UL

Ayatèmes de tranaport.

§ I. — Transport des V&yageiirs.

Voyages à cheval. — Quand il s'agit d'un long trajet, le voyageur qui ne prend ni les voitures particulières, ni les diligences, soit qu'il se voie pressé par le temps ou qu'il n'y en ait pas sur la route qu'il suit, soit enfin pour tout autre motif, obligé de marcher en changeant de monture aux relais de poste, ou d'emmener avec lui une troupe de chevaux [tropilla) qu'il enfourche tour à tour à mesure que l'un est fatigué, — se trouve dans les conditions que nous avons décrites dans le chapitre précédent.

Là où des postes existent, il relaye de cinq en cinq lieues, en moyenne. Le postillon qui l'accompagne porte en croupe sa valise. Si cet objet est trop pesant, on l'installe sur un autre cheval, qui, comme les autres, fournit sa course au galop ; de sorte que l'on fait à peu près trois lieues à l'heure. Cependant la journée ne s'en achève pas beaucoup plus vite pour cela : presque toujours on est obligé d'attendre longtemps, à chaque poste, que le propriétaire ou ses valets aipnt réuni les chevaux qui paissent dans la pampa ou dans les bois voisins, et l'on ne peut ainsi faire guère plus de vingt à vingt-cinq lieues par jour. On ne voyage pas de nuit. Lorsqu'il s'agit d'une route où il n'y a pas de poste établie, il faut, de toute nécessité, amener avec soi une tropilla ou louer des chevaux dans les rares habitations semées sur de pareils trajets, et l'on perd dans ce dernier cas bien du temps.

Voyages eii voiture. — Sur les routes principales, celles du Chili et du Pérou, par exemple, outre qu'il y a aujourd'hui des diligences,

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6C2 VOIES DE COBOIUNICATION.

on peut, au besoin, prendre des voitures particulières. L'un des meilleurs véhicules est une sorte de voiture longue et très-haute sur roues, connue dans le pays sous le nom de galera. La galera est trèssolide, pas trop lourde, et, grâce à sa construction spéciale, peut affronter presque tous les chemins; seulement, il faut au moins cinq chevaux pour la tratner, grâce au système de traction à la cincha qui n'emploie que la moitié de la force du cheval tout en le fatiguant beaucoup.

Traction à la cincha, — En décrivant (tome II, page 77) le harnachement du cheval argentin, nous avons parlé de là cincha^ ou large sangle en cuir extrêmement forte divisée en deux parties. Tune supérieure , l'autre inférieure, qui embrassent le ventre du cheval et arrêtent solidement la selle [recado) sur son dos. Elles sont unies à droite et à gauche par un gros anneau en fer ( argolla ) qui sert à passer à volonté un des bouts du lazo. — VeutK)n atteler le premier cheval venu à une voiture, l'homme enfourche l'animal, attache à Tavant^-train du carrosse l'autre extrémité de son lazo et pousse en avant.

Le cheval tire donc uniquement par la sangle qui lui serre la partie antérieure du ventre, et dont l'action, agissant latéralement, lui enlève une partie de sa force. Il a, de plus, à supporter le poids du cavalier : aussi , pour enlever une voiture ordinaire, faut-il environ quaU^ chevaux. Le grand avantage de ce mode de faire, c'est qu'il n'y a pas d'autre harnais nécessaire que la selle, que tout paysan argentin emploie pour sa monture ordinaire, et que tout homme et tout cheval de la campagne peuvent être employés en cas de besoin. On a attelé et dételé en un clin d'œil ; si les chevaux frais sont réunis, il ne faut que le temps de déseller et de reseller, et l'on repart aussitôt Dans ce cas on peut faire trente à trente-cinq lieues dans sa journée. D'un autre côté l'on est exempt des frais de réparation et d'entretien des harnais, de dresser des animaux spécialement pour le trait; enfin les postillons ne sortent pas de leurs habitudes.

Ce système s'emploie pour les voitures particulieres.de quelque nature qu'elles soient, galetas^ calèches, coupés, cabriolets, etc. On peut ainsi parcourir sans trop de difficulté la presque totalité du territoire argentin. — En voyage, Tallure habituelle est le galop ; toutes les lieues on s'arrête cinq minutes pour laisser respirer les chevaux, et l'on reprend la même allure jusqu'à ce que l'on soit arrivé au relais. Nous n'avons pas besoin de dire que la traction à la cincha et

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