‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 224 sur 285 · SYSTÈMES DE TRANSPORT. — DILIGENCES · texte numérisé non relu

SYSTÈMES DE TRANSPORT. — DILIGENCES

ce galop obstiné fatiguent considérablement les animaux et ne tardent pas à les mettre hoi^ de service.

Diligences, — Les diligences établies depuis 18S4 sur différents points n'emploient point d'autre mode de traction, lequel, tout imparfait qu'il est, était toutefois le seul applicable dans le principe. — Ces diligences, construites à Rosario et à Buénos-Ayres, sont assez légères mais très-solides, et portent de quatorze à dix-sept personnes. — Aussi les attelle-t-on de dix et môme douze chevaux. — Les bagages des voyageurs sont placés dans un fourgon à deux roues [carre-' ion) y que quatre chevaux traînent à la suite de la diligence et aussi rapidement qu'elle. Dans les mauvais pas, on fait passer l'un après l'autre les deux véliicules en y attelant tous les chevaux à la fois, ce qui est facile vu l'extrême longueur des lazos. Rien de pittoresque comme de voir une de ces voitures ainsi enlevées dans une course furieuse par dix cavaliers qui animent leurs montures à grands cris et les précipitent au triple galop à travers la pampa.

Il existe aujourd'hui, sur la grande route de Rosario au Chili, une diligence qui fait le trajet une fois par mois. — Sur la route du Pérou, la voiture pour Cordova part tous les huit jours; — celle pour Tucuman et Salta tous les mois ; les retours se font aux mêmes intervalles. — n y en a une, chaque semaine, de Rosario à Santa-Fé et réciproquement. — Tous les quinze jours une messagerie part de Mendoza pour San-Juan , et l'on va en établir une mensuelle de Cordova à Catamarca. — La province d'Entre-Rios a une entreprise générale de diligences formée par une société d'actionnaires qui met en relation l'Uruguay et Parana, en passant par Gualegaychu, Gualeguay, la Victoria et Nogoya. — De son côté, la province de Buénos-Ayres possède un grand nombre de voitures publiques qui desservent ses principales villes. — Il en est de même dans la Bande- Orientale.

Il faut remarquer ici que ce n'est que depuis 18S3 que Ton a établi des diligences dans les pays de la Plata : le gouvernement fédéral y a contribué pour sa part de la rbanière la plus efficace, puisque, pendant quatre ans, il a alloué un subside annuel, qui dans le principe a monté jusqu'à 24,000piastres (120,000 fr.), à la société Rusifloi et Fillol qui avait fondé l'entreprise des messageries nationales.

En 18S5, M. Fillol, nommé inspectem- général des postes et courrier, fut chargé d'étudier les routes et toutes les postes du territoire à Tefifet de soumettre au gouvernement un système complet de via-^

bilité et de communications générales. Ce fonctionnaire, après avoir passé près d'une année à cette exploration, fit un rapport éminemment pratique dont les indications commencent à Être suivies et ont amené des améliorations sur quelques routes. Ces mesures on fait comprendre au public que l'administration songeait sérieusement à relier, par des voies praticables en tout temps, tous les centres de population du pays.

n faut observer ici, toutefois, que la plupart des entreprises de voitures publiques ne peuvent être immédiatement lucratives, car beaucoup de gens préfèrent encore aller à l'ancienne méthode, et le nombre des voyageurs est peu élevé : mais, une fois la communication périodique bien établie et sûre, on s'habitue promptement à faire usage de la voie nouvelle, et le nombre des allants et venants augmente rapidement. C'est ce qui est arrivé pour Cordova et pour Mendoza, ce qui a lieu pour tous les centres de population de la province de Buénos-Ayres, de l'État oriental de l'Uruguay. En protégeant ainsi hautement la première entreprise de cette natm^e qui s'établit dans la Confédération, le gouvernement fédéral rendait un immense service aux provinces de l'intérieur dont il faisait cesser l'isolement. La suite a prouvé combien la jnesure avait été utile, puisque des entreprises secondaires se sont formées, que le service général a gagné en régularité et en vitesse, et que le mouvement des voyageurs et des affaires, facilité par des communications plus rapides et plus étendues, croit tous les jours.

Les diligences de la Confédération argentine desservent donc aujourd'hui très-régulièrement les deux routes du Chili et du Pérou. On met dix jours pour aller de Rosario à Mendoza, — trois de Rosario à Cordova, — six de Cordova à Santiago, — un et demi de Santiago à Tucuman, — six de Tucuman à Salta, — deux de Mendoza à San-Juan, — un et demi de Rosario à Santa-Fé. — Dans la province de Santiago-del-Estero et dans celle de Salta, les voyages sont quelquefois plus longs quand, par suite de sécheresses, les chevaux ont maigri. Les maîtres de poste de ce côté ont beaucoup à faire pour créer des potreros (enclos à fourrages) et des abreuvoirs. A partir de Salta, si l'on veut continuer sa route pour la Bolivie, il faut se servir de midets : on ne trouve plus que ces animaux dans les postes.

Les voyageurs doivent emporter avec eux leur lit, simple matelas [almofrej) que l'on charge sur la diligence, et des vivres, car on ne trouve guère à se restaurer en route. On est cependant assez heureux

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