‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 233 sur 285 · SYSTÈME GÉNÉRAL DE CHEMINS DE FEU DANS LA CONFÉDÉRATION · texte numérisé non relu

SYSTÈME GÉNÉRAL DE CHEMINS DE FEU DANS LA CONFÉDÉRATION

marauder quelquefois. On arrive ainsi au voisinage du Rio-Dulce, dont on euit les rives pendant une trentaine de lieues, pour le franchir à la ville môme de Santiago. — De là à Tucuman, point d'obstacle: un pays magnifique, une plaine die verdure jusqu'au Bio-Sali, qui coule à un quart de li^ue àe la /capitale de la province.

Ici, pour atteindre Salta, il faudrait faire un grwd détoi^r pai* Test, passer le Juramento à l'endroit où il sort de sa ceinture d^ collines, non loin de Balbuena, et arriver diois les plaines du Campo-Santo, où Ton s'arrêterait pour n'avoir point à gravir les pentes qui mènent dans les vaUa^s intérieures de la Cordillère. Ces pentes, toutefois, ne seraient rien à franchir pour des ingénieurs uu peu habiles, car elles sont peu rapides et acceissibles partout; mais nous ne paiions'ici que d'un tracé à travers la plaine. — L/i route par le Rio-Vermejo et la Bolivie devrait d'abord toueher k la Esquina- Grande en côtoyant les derniers versants de I4 sierra del Alumbre, puis longer le Vermejo et traverser le Rio-San-Francisco aw fort Pizarro pour gagner Oran. De là jusqu'à Santa-Cruz-de-la-Sierra, sur une étendue de deux cent lieues, il n'y aurait pas plus d'obstacles que nous n'en avons trouvé dans la plaine argentine.

Ce U^jet, que nous figurerons dans notie atlas, nous ne l'indiquons iei que pour donner une idée de la manière dont le sol argentin se prêtera à l'établissement des voies ferrées, voies qui le couvriront un jour et qui fumeront une ligne non interrompue de quatre mille kilomètres, de Santa-Cruz, située au cœur du continent, sous le 16* degré de latitude, jusqu'à Buénos-Ayres et à l'Océan. — n est probable que dès que la population aura doublé son chifCre actuel, et cela ne tardera guère, on trouvera plus avantageux de construire de suite des chemins de fer poui* les grandes communications, que des routes ordinaires, car l'essentiel sera d'aller vite. On fera done comme on a fait dans les Etats à l'ouest du Mississipi, dans 1* Amérique du Nord, où le railway, lancé au milieu du désert, y crée en un instant les villes, les bourgs, les villages, enfin la population «

Quant au passage de la Cordillère pour le Chili, par une voie ferrée, il n'est pas absolument impossible dans ses deux points principaux, la Cumbre et Pulido^ qui tous deux servent aujourd'hui aux communications entre cette république et la Confédération. (Voyez tome I, pages 198 et 20S.) Cependant nous pensons qu'il s'écouled*a encore bien des années avant qu'on puisse y penser sérieusement^

un pareil travail, qui serait peu de chose pour l'Europe, ofirant pour rAmérique du Sud des difficultés insurmontables dans Fétat actuel des choses.

M. Campbell, à son retour du Chili, a suivi et étudié les rives du Rio-de-Mendoza, qui coule dans une gorge fort étroite à partir du voisinage d'Uspallata, et où il faudrait des travaux extrêmement dispendieux pour établir une voie praticable. Quant au chemin habituel de Mendoza à Uspallata, assez plan et horizontal jusqu'à la quebrada de Villa- Vicencio, il devient fort abrupte à la montée des Paramillos. H n'y aurait cependant pas d'obstacles réels à ouvrir une bonne route carrossable ordinaire, de la ville de Mendoza même. Jusqu'au pied de la Cordillère proprement dite, dans la vallée de las Cuevas, c'est-àdire, sur une étendue de cinquante-cinq lieues, car la pente est fort douce depuis les Paramillos. Là un tunnel de 2,000 mètres devrait percer la base de la montagne qui sépare la vallée de las Cuevas de celle d'Aconcagua pour permettre d'arriver au revers occidental. Ce tunnel éviterait d'abord une montée de 650 mètres de hauteur perpendiculaire, puis les neiges et les ouragans de la mauvaise saison. Du côté chilien, la route serait beaucoup plus difficile et plus coûteuse , car les pentes sont extrêmement rapides jusqu'aux Colorados , et les difficultés du chemin ne cessent même qu'à Santa- Rosa.

C'est à cette Ville que, sous peu, viendra aboutir l'embranchement du chemin de fer de Yalparaiso à Santiago, travail qui est aujourd'hui fort avancé. — Santa-Rosa est l'entrepôt du commerce chilien avec la Confédération argentine par le passage de la Gumbre, la plus ancienne et la plus fréquentée des routes entre les deux États. — Ce que le commerce et les voyageurs réclament aujourd'hui, c'est une voie plus large et moins rude, des auberges et des abris. Lorsque les deux pays seront assez avancés pour que Ton puisse songer à un chemin de fer dans ces régions des Andes, c'est probablement plus au sud, sur un terrain moins défavorable, qu'il faudra aller chercher une communication possible. D'ici à un bien long temps, une bonne route carrossable, dont l'exécution n'a rien de chimérique et qui n'est que moyennement dispendieuse, suffira.

Il est bien certain, toutefois, qu'un chemin de fer inter- océanique rendrait d'immenses services, et que, les travaux que l'on va commencer à Rosario une fois poussés jusqu'à Mendoza et à San-Juan, on sera désireux de leur faire attaquer la Cordillère. — Mais ce n'est pas dans la région au sud du 30*" degré que les Andes

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sckDl CMTlfTiiffrt acmssîbks: c^esl par k< pàÂtc-aux qui sêjiareu: xt vàBée de Copiapo du UrnUârt àes pn:*\ioc«s de k Rîoja et de Clatimarca, ^^oo peut les firaDchir sans trop de ÎMi^ue. Là. ks pmtes sont douœs ; eDes de pr&loDgv&t fur des sénés de cî«Dix>€s ihaîâ^ms par édidoQS et par des gorges aâsez praticables^ qui cooduisenl ainâ à des ahiUides de 4.000 à 4.300 mètres, sur lesquefles dtariotset vagoDspcwrraieiit roider sans cAiîlade, puisque ces 1^ Andes portent des {faînes à peine ondulées. — Pc^irtant. sur ces pc»ints, ccMDiDe à la Cumbre. une route urdînaii^e nous semble d^abord utile^ d'autant |âns que sa ccinstrurtioD n'offre d'autrets inconTênîents que de se troorer dans un désert aride et filace^ priTê de tc»uîe espèœ dTiabilants. O qui presse, c'est la c4:instruction dli^*te]leries. et Toi^anisalion d'abris contre les neises et les Tents aux endrcâts les phis dangereux^ pour que le tranât. par cette région, y prenne son déleloj^Kinent naturel, et que les TOTa^eu^^ n'y cc^urent plus aucun de ces dangers dont la peinture efiraye t':*iij<:»ui^ un certain nombre de personnes. LM'sque raccrc*issement de la pc*pulaîion et du eCommerce aura multiplié, entre les deux natic*ns. les échanges par cette iK>ie<, €Mi pourra songer à une liCTe de fer qui. se reliant k ceUe de la Confédération d'une part, et de 1 autre à celle de Copiapc*. elaitlirait une communication entre les deux <x éans à travers le continent t4:«ut entio'.

(Test donc une question de temps d'ah^.rd. et c'en es4 aussi une d^argent; car d'ici à longtemps, il nt- sera pas pctssiMe de réunir dans le pays les scHnmes immenses que nrces^terait la réalisation de p^areik projets. Faisons d'abord une bc*nne ri>ute ordinaire, où les mules passent sans £atigue, sur laquelle on puisse trc^uxer des ressî»urres pour soi et pour les bêtes de charge, et plus tard on pensera au chemin de far.

Depuis trws ans Buénos-Ayres a coomiencê la «•nstruction d'un chemin de fer qui doit aller à l'ouest chercher les pn:«duîts de la campagne, que les terrains toujours défoncés des envirc^ns de la ville empêchent d'arriver en hiver.Ce chemin touche au)c»urdliui à Morc»n, bourg i 30 kilomètres de la ville. — On en C4:>nstniit un autre qui doit aU^r par Pakrmo et Belgrano à las Couchas, en traversant les bourgs riches et peuplés de San-Isidro et San-Femando. sur les rives nirnies de la Plata, séjour de prédilection des bourgeois aisés de Buéocts- Ayres à Tautoome. — Le chemin de fer du Nord, pour être d^une utilité réelle, doit se continuer vers le Rosario, afin de se réunir un jourà ceuxde CcMdovaet de Mendoza, à Buénos-Ayres veut conseirer

son importance commerciale vis-à-vis des provinces de l'intérieur : aufremcnt Rosario finira par le lui enletei* tout entier.

Au Paraguay, Tadministratioti de D. Carlos Lopez a ccmimenoé un chemin de fer de trente lieues qui doit aller de l'Assomtrtion à VlUa-Rica, chef-lieu du canton le plus industriel et le plus peuplé de cet État. On ne peut qu'applaudir à cette mesure, qui initiera la population aux grandes oeuvres de Taétivité européenne.

Dans la fiande-Orientale on a parlé d'en ouvrir un de Mofltetldèô à la Colotiia, afin d'éviter la navigation de la Plata, mais ce projet n'a pas eu de suites.

§ il. — Télégraphe électrique.

tJtie compagnie s*est formée tout récemment pour établir Un câble sous-marln entre Buénos-Ayres et Montevideo. Sa pose n'offrirait aucune difficulté, puisque la distance n'est que de quarante lieue» marines et que le fond de la rivière n'a nulle part plus de dix mè* très. Ce peu de fond peut même être un inconvénient en rendant le câble plus accessible aux chocs extérieurs. Peut-être vaudrait-il inieux rétablir seulement entre Buénos-Ayres et la Colonîa, là où ht rivière ri*a que quarante kilomètres de large, et, de ce port, le conduire à Montevideo par la méthode habituelle, c'est-à-dire sur des poteaui, comme on Ta fait au Chili, de Valparaiso à Santiago.

Il a été fortement question de relier, par ce même moyen, les villes de rUruguay et de Parana dans l'Entre-Rios, entreprise qui n^ofBre absolument aucune espèce de difficultés. Dans ce cas on pourrait, en traversante Rio-Uruguay, faire arriver le fil électrique à Paysandu dans l'État oriental ; puis, en descendant le long de ce fleuve, le faire toucher à Mercedes, à San-Salvador, à las Higueritas, au Carmel (te Vacas)^ enfin à la Colonia, où il se relierait à celui venu de Buenos Ayres à travers la rivière de la Plata.

L'établissement d'un fil électrique, de Buénôs-Ayres à San-Pedro, San-Nicolas, Rosario, Santa-Fé et Parana, ne serait pas plus difficile que celui du précédent : il serait en communication avec le télégraphe qui suivra le chemin de fer de Cordova, lequel se trouverait ainsi en rapport immédiat avec le littoral.

Nous dirons cependant que ces créations nous semblent moins urgentes que celle du chemin de fer de Cordova, qui a de suite uDè clientèle assurée, et dont la construction répond à un besoin trèsréel et immédiat. Nous n'en avons parlé que parce que le public

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