ASSISTANCE PUBLIQUE
Hôpitaux. — n existe des hôpitaux civils dans les principales villes, telles que Buenos- Ayres, Cordova, Salta, Jujuy, etc.; dans d'autres villes ce sont à la fois des hôpitaux civils et militaires, ou simplement militaires. Ces établissements sont entretenus par la bienfaisance publique, un subside du gouvernement, et quelquefois un revenu propre provenant d'anciennes fondations pieuses.
Les hôpitaux de Buénos-Ayres sont aujourd'hui parfaitement administrés. On a fait venir d'outre-mer des sœurs de charité qui les ont mis sur un pied tout à fait européen. Il est bien à souhaiter que cet exemple soit suivi dans les autres villes qui ont beaucoup à faire pour élever les établissements de ce genre au degré d'organisation dont ils ont besoin. Ce n'est pas que les sympathies et l'aide du public manquent aux hôpitaux : on est éminemment charitable dans la Plata, et tout appel fait à la générosité de la population est immédiatement compris et satisfait ; ce qui manque , c'est une judicieuse direction imprimée aux secours , de la méthode dans leur distribution, une bonne installation dans l'intérieur des établissements hospitaliers.
Sociétés de bienfaisance . — Des sociétés de bienfaisance se sont établies dans presque toutes les capitales de provinces et les principales villes. La plus ancienne est celle des Dames, créée, le 2 té^ vrier 1823, à Buénos-Ayres, sous le ministère de Rivadavia, et qui, traversant les révolutions et la dictature, a duré jusqu'à l'époque actuelle. Lors de sa fondation, elle fut chargée de la direction et de l'instruction des écoles de jeunes filles, de l'hôpital des Enfants trou-' vés (cuna) et du collège des Orphelines. Elle continue à remplir avec zèle cette pieuse mission, et fait beaucoup de bien. C'est à son exemple que s'est fondée celle de Parana, celle de Rosario, etc. <^-^ Ces sociétés s'occupent de l'amélioration du sort des classes pauvres, de leur instruction, des secours à donner aux malades et aux infirmes ; elles
font des quêtes et des loteries pour les hôpitaux, — loteries composées d'une foule de ces jolis objets que les doigts habiles des Argentines savent produire.
En tout cela cependant, le répétons-nous, la bienfaisance et la bonne volonté de la population dans toutes les régions de la Plata ont encore besoin d'être dirigées ; cette population est disposée à faire beaucoup, elle est très-généreuse; mais il faut que ces bonnes œuvres soient bien conduites. Le clergé ne s'y mêle pas assez ; l'on se contente trop de donner, sans s'inquiéter si l'application des ressources créées par la charité publique est bien faite et a de bons résultats. — A ce point de vue, l'introduction de l'élément que nous venons de signaler, celui des communautés religieuses vouées aux secours des pauvres et des malades , et à l'éducation de l'enfance, nous semble une mesure éminemment utile au pays.
On en a ainsi jugé au Chili, où , depuis dix années, les établissements hospitaliers sont aux mains des filles de Saint-Vincent de Paul et de la Providence. On en a fait autant à Montevideo et à Buénos-Ayres, dont les hôpitaux sont aujourd'hui des modèles, et où plusieurs demoiselles, des familles les plus distinguées, n'ont point hésité à revêtir l'humble habit des servantes des pauvres, et à grossir les rangs de ces saintes filles.
Sociétés de secours mutuels. — Il s'en établit quelques-unes dans les grandes villes du littoral depuis quelques années. Elles sont principalement composées d'ouvriers étrangers. Peu de nationaux y sont entrés encore ; car on ne parait pas se rendre bien compte, jusqu'à présent, de leur utilité. D'ailleurs, comme nous l'avons déjà fait pressentir, l'esprit d'association n'est pas encore bien développé dans le pays.
§ VI. — Justice.
Les tribunaux de la Confédération argentine sont de deux classes, ceux qui relèvent de la justice fédérale , ceux qui appartiennent à l'administration particulière des provinces.
Justice fédérale: — Elle a été organisée par la loi du 13 septembre 1858. — Son objet primordial est de maintenir avec vigueur l'observation de la constitution dans les cas douteux, et d'y conformer l'esprit et les prescriptions de la loi. En conséquence, les tribunaux fédéraux doivent toujours procéder d'après les lois nationales qui sont d'accord avec la constitution. Le pouvoir exécutif prête la force né-