GOUVERNEMENT. — JUSTICE FÉDÉRALE ET PROVI^CIALE
en France, et les jeunes étudiants en droitprenneut généralement leurs grades en travaillant chez un docteur endroit en exercice, et en suivant les cours de l'université. L'éloquence politique est donc la seule qui soit permise, jusqu'à présent, aux avocats argentins ; aussi un assez grand nombre d'entre eux font-ils partie des assemblées délibérantes .
La carrière du barreau est honorée et très-lucrative pour les avocats qui ont de la réputation. Presque tous peuvent arriver, lorsqu'ils le veulent sérieusement, aux charges politiques, aux emplois supérieurs de l'administration; mais, comme ils sont nombreux, la concurrence est parfois assez grande, et surtout ardente.
Les esoribanos font les fonctions de notaires ; les proairadores sont agents d'affaires, et tiennent de l'avoué. Us se partagent avec les avocats les affaires contentieuses et les procès, dont ils surveillent et pressent la marche pendant que les avocats rédigent les consultations et les plaidoiries.
Les juges fédéraux sont choisis parmi les docteurs en droit ayant un nombre d'années d'exercice fixé parla loi ; huit pour être membres de la cour suprême, quatre pour faire partie des cours de district, deux pour être juges de section. — Ceux des cours provinciales sont nommés conformément à la constitution de chaque province.
La pratique de la justice est assez lente et assez compliquée; mais c'est plutôt la faute de la législation que des hommes. Ceci a môme lieu dans des affaires criminelles, où trop souvent le meurtrier est acquitté ou frappé seulement d'une condamnation illusoire. — Hâtonsnous de dire toutefois que hi plupart des crimes commis contre les personnes ont lieu dans des querelhis, et qu'il y a, par conséquent, des circonstances atténuantes. L'assassinat suivi de vol est, proportionnellement, plus rare qu'en Europe.
La peine de mort, en matière politique, a été abolie par la constitution. Elle est réservée à l'homicide et aux incendiaires; les condamnés sont fusillés sur la place publique». Les travaux publics, l'emprisonnement, le service militaire forcé, pour un certain nombre d'années, sont les châtiments de ce que la loi qualifie de crime. — Le président de la Confédération a le droit de grâce.
§ VI. — Culte.
Tous les cultes sont libres dans la Plata, mais tous les Argentins professent la religion catholique, apostolique, romaine. Elle est la
CO?fF. AnGR?(Tl\K. — T. II. 40
religion de TÉtat qui, aux termes de la constitution, en soutient le culte. Les constitutions provinciales inscrivent une profession de cette foi en tête de la déclaration de leurs droits. Le catholicisme, en effet, est profondément enraciné dans le cœur des Hispano- Américains, et, si l'on n'est pas ardent à la pratique, ce n'est ni par dédain ni par tiédeui*, mais faute d'une instruction religieuse assez étendue. Il parait que l'une des causes qui contribua le plus à l'impopularité du parti unitaire en 1826, et à celle du président Rivadavia en particulier, fut son indifférence peu déguisée en matière religieuse, et quelques allures voltairiennes dont l'esprit de parti exagérait naturellement l'étendue et la portée.