CLERGÉ SECULIER
Curés ^t vicaires. — Le clergé de chaque province où il n'existe pas d'évéché est présidé par un délégué ecclésiastique ou un grand' vicaire (delegado ecciesiastico^ v icar io /oramo). Chsiqae département forme une cure, ou paroisse, administrée par un curé. Les succursales {vice-parroquias) ont h leur tête un vicaire [teniente cura). La cure de chaque capitale de piwince porte le nom de cure rectorale {curato rectoral)] l'église où siège le recteur est l'église mère {mairiz).
État ciml. — Les paroisses ont à leur charge l'état civil, c'est-àdire l'inscription des naissances, mariages et décès. Ces registres ne sont pas toujours tenus avec la régularité nécessaire*
Revenus du clergé. — Us étaient considérables autrefois, et l'église sud-américaine possédait de grands biens. Tous ont disparu pendant la révolution, et sa fortune est nulle aujourd'hui. Il est donc réduit à vivre d'une subvention modique et du casuel. Dans quelques provinces, les honoraires du curé sont payés en partie piu* la caisse de
TLtat ; dans d'autres, l'Etat ne s'en occupe point, et le casuel doit suffire pour les appointements du curé et de ses vicaires et pour les frais du culte.
Un conseil de fabrique est attaché à chaque paroisse. — La meilleure source de revenus pour les églises consiste dans les messes, neuvaines et cérémonies diverses défrayées par les fidèles. Dans les provinces andines du diocèse de Salta, le plus grand bonheur des paysans est de contribuer à l'entretien de l'église par les fêtes particulières qu'ils y font célébrer.
Fêtes. — Les fêtes sont nombreuses, et l'on chôme toutes celles que l'on chômait autrefois en France avant la révolution ; en y joignant les fêtes civiques et les dimanches, c'est plus d'un quart de Tannée de chômage. Dans les villages des provinces éloignées, c'est encore pis. Il y a des fêtes de village qui durent un mois ; il est vrai que toute la journée n'est pas perdue, et qu'en dehors du dimanche, on n'y emploie guère que la soirée. — On célèbre encore dans les Andes la fiesta del alferez^ c'est-à-dire la fête du cacique-lieutenant, dans laquelle un Indien, choisi comme représentant de l'ancienne race, est conduit processionnellement à l'église et y reçoit les honneiu^s seigneuriaux.
Sur le littoral, les noirs célèbrent avec pompe l'Epiphanie, en élisant un roi annuel de leur caste, en mémoire des rois mages. La fête commence par une messe solennelle et se termine par un bal. — Dans les campagne? de l'Entre-Rios, on fête la Noël par la construction, dans la maison, d'une crèche ornée le plus élégamment possible, et que les curieux viennent visiter. Les gens des environs arrivent en foule à cheval, leur femme, leur sœur ou leur fiancée en croupe, pour saluer ces petits chefs-d'œuvre, et la suite de ces pieuses visites est, comme d'habitude, un bal aux sons de la guitare d'un amateur, bal qui se prolonge jusqu'au matin.
Devons-nous ranger parmi ces cérémonies un usage qui n'est que toléré par l'Église, et qui tombe heureusement en désuétude? C'est celui du velorio, ou veillée pour les enfants morts avant l'âge de raison, que l'on honore comme de petits anges rendus au ciel, leur patrie, et dont on célèbre le départ. — Le petit cadavre, vêtu d'habits de fête, est couché sur un lit de parade orné de fleurs, entouré de bougies et d'emblèmes pieux. Pendant que la mère pleure dans une chambre écartée, le père considère comme un devoir de faire les honneurs de sa maison et d'offrir des rafraîchissements aux visiteurs