GOUVERNEMENT. - CULTE. — CLERGÉ RÉGULIER
« dus de leur extinction dans ces pays, aujourd'hui les circonstances (( sont totalement différentes, — a remis aux jésuites les clefs de leur c( ancienne maison, pour qu'ils l'habitent en communauté conforméc( ment à leur règle. »
Quatre ails après, le 1" octobre 1841, la dictature, ne trouvant pas dans ces religieux des approbateurs serviles de ses excès , tiiotita contre eux une émeute de sa mashorca, qui envahit le collège, en brisa les meubles et força les pères à fuir. Ils se retirèrent à Monte\ideo, où, bien accueillis, ils créèrent un collège qui a duré jusqu'en 1858, époque à laquelle le gouvernement oriental, croyant voir en eux des ennemis de sa politique, le fît fermer.
Franciscains, — Cet ordre a été introduit dans la Plata un des premiers. Il eut à sa charge, comme celui des jésuites, la conversion des Indiens, et un assez grand nombre de missions furent fondées par lui. — La maison principale fut établie à Buenos- Ayres, où elle existe encore aujourd'hui. Elle a produit deux hommes remarquables, le père Francisco Solano, canonisé depuis, et le père Luis Bolafios, tous deux apôtres des Indiens , et dont le souvenir est resté dans les populations, commf^ celui de deux types de charité et de dévouement. Le principal collège des missions franciscaines est à Tarija, dans la province, autrefois argentine, de ce nom.
Les Franciscains, outre la maison de Buénos-Ayres, en ont une à Catamarca, avec noviciat, une àXucuman, une à Santiago-del-Estero , une à Salta , une à la Rioja , une à Mendoza , une à Cordova, deux à Santa-Fé et une h CorrientQs.
Le couvent de Salta et celui de San-Carlos dans la province de Santa-Fé, sont confiés à des missionnaires franciscains de propaganda fide^ moines espagnols et italiens que le gouvernement a fait venir pour évangéliser les Indiens et restaurer les Missions de la frontière. Nous en avons d'ailleurs parlé en détail en traitant, au chapitre II du livre IX, page 212, des Indiens et des moyens de les civiliser.
Les Franciscains des différents monastères que nous venons d'énumérer ont des écoles primaires et donnent une éducation plus avancée à quelques sujets choisis qui entrent généralement dans les ordres.
Dominiquins, — Ces religieux ont pour but la prédication et s'en occupent de temps à autre ; ils concourent d'ailleurs au service du
culte dans les villes où ils sont établis. Us ont des couvents à Santa- Fé, à Cordova, à la Rioja, à Tucuman, à Santiago-del-Estero, à San- Juan et à Mendoza. Leur personnel est peu nombreux.
Augmiins. — Ces religieux n'ont plus qu'un seul couvent, établi dans la ville de San- Juan.
Pères de la Merci. — Étaient fort nombreux autrefois; ils n'existent plus aujourd'hui qu'à Cordova, Mendoza et San-Juan. — Cet ordre pourrait rendre de grands services en remplissant le but pour lequel il a été créé, celui de la rédemption des captifs. Or les incursions des Indiens, soit du nord , soit du sud, enlèvent toujours un certain nombre de familles. Il y a trois ans, le gouvernement argentin a consacré des fonds au rachat de prisonniers faits par les Rânquels, dans la province de Buénos-Ayres. L'action pacifique de ces religieux serait donc fort utile en des occasions pareilles, car les Indiens, même sauvages, ont un respect traditionnel pour la robe du moine, et accueillent sans trop de répugnance son intervention.
Les ordres religieux, que nous venons d'énumérer, comptent un fort petit nombre de représentants dans la Plata. Dans quelques couvents le nombre des pères se réduit à deux ou trois; leurs revenus sont des plus modiques, les événements politiques leur ayant enlevé presque toutes leurs propriétés, et par conséquent leur fortune. Ils concourent comme les prêtres séculiers au service des paroisses et succursales. Dans les grandes villes, la confession les occupe essentiellement.
Un ordre religieux manque dans la Plata, c'est celui qui se dévouerait à la culture du sol, et formerait des écoles d'agriculture, des fermes-modèles qui enseigneraient aux habitants à tirer parti du territoire magnifique que la Providence leur a départi. Quand on songe aux belles créations des pères de la Trappe, en Algérie, on se prend à souhaiter que les déserts argentins voient se former dans leurs solitudes de pieuses associations de ce genre , qui proclament, par leur exemple, la sainteté du travail des mains et les bénédictions que le ciel répand sur ceux qui s'y livrent.