‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 27 sur 285 · ANIMAUX SAUVAGES. — REPTILES. — SAURIENS · texte numérisé non relu

ANIMAUX SAUVAGES. — REPTILES. — SAURIENS

la coquille blanche, de forme un peu allongée, est comme striée et rude au toucher. Elle les dépose dans le sable, au bord des ruisseaux ou des lagunes, et les recouvre de quelques herbes. Les oiseaux de Tordre des échassiers eu font une grande destruction, quoique les gens de Corrientes affirment que la mère veille attentivement auprès et repousse tous les animaux qui s'en approchent. Les jeunes caïmans, une fois éclos, gagnent Teau immédiatement, mais une foule d'oiseaux de proie les guettent dans ce trajet et en dévorent une grande partie.

A terre, le caïman marche lourdement, et, de plus, il a de la difficulté à se retourner, à cause de la roideur de ses vertèbres. Mais il donne de furieux coups de queue, et il est dangereux de l'approcher sans précaution. La meilleure et la plus facile manière de le tuer est de lui casser Fépine dorsale d'un coup de bâton bien appliqué sur le sacnim, au niveau des pieds de derrière, à la naissance de la queue ; les coups sur la tête font un effet beaucoup moins prompt. ()uant à la balle , elle glisse , si elle le frappe obliquement sur le dos, mais elle pénètre avec fîicilité si elle l'atteint de côté ou au cou. Les Correntinos le prennent au lazo; le meilleur moyen de détruire en peu de temps un bon nombre de ces crocodiles est de les attaquer de nuit, quand ils changent de lagune ou d'estero en temps de sécheresse ; loin de l'eau, ils se défendent h peine, et on les tue sans danger, en s'y prenant bien. On leur tend également des pièges en plantant deux rangées de pieux moyennement serrés avec deux nœuds coulants au milieu et un appât ; de quelque côté qu'ils entrent, ils se serrent dans l'un des deux nœuds. Ces pièges s'établissent surtout au bord des lagunes, dans le voisinage desquelles il y a quelques maisons et où ils sont habitués à voir du monde, et même quelquefois à saisir un chien, un mouton ou une chèvre qui viennent boire.

I^ chair du caïman est très-blanche et a une odeur musquée qui répugne à beaucoup de gens. Quelques personnes cependant la mangent, et les Français de la colonie de la Nouvelle-Bordeaux, au Chaco, eu face de l'Assomption, prétendaient que cette viande était excellente. La graisse, qui est très-abondante, est jaune et d'un bel aspect; les gens du pays l'emploient en frictions pour les douleurs rhumatismales; ils en font autant de celle de l'iguane. Cette graisse pourrait être utilisée pour faire du savon , comme on le pratique aujourd'hui dans quelques parties de l'Etat de Venezuela, sur les bords de rOrénoque. Les caïmans sont assez nombreux dans la province

de Corrientes pour qiie cette chasse puisse donner de véritables bénéfices. Elle conviendrait surtout à beaucoup de ses campagnards, qui la préféreraient certainement à la culture du sol, pour laquelle ils n'ont qu'une médiocre sympathie.

Lacertiens. — Le nombre des Lézards qui habitent le bassin de la Plata est considérable en genres et en espèces. Il y en a de toutes les tailles et de toutes les couleui's, depuis la Grande Sauvegarde, que Linné a désignée sous le nom de Lacerta tefjidxin^ jusqu'au lézard de murailles [Lacerta mttralis)^ le plus commun de tous. Ces animaux sont désignés dans le pays sous le nom générique de Teyu, qui veut dire lézard en guarani.

A la tribu des Geckos [Ascalabotes^ Cuvier) nous semblent appartenir deux espèces, que nous n'avons vues que dans la sierra de Cordova, à une altitude de 2,200 mètres, où elles passent à tort pour venimeuses. Leur corps forme une sorte de quadrilatère allongé, un peu aplati, et la tète l'est également ; les pattes sont écartées du corps. L'un est d'un beau vert , et d'une longueur de vingt-cinq à trente centhnètres; l'autre d'un gris roux. Tous deux courent avec assez d'agilité sur les roches les plus lisses.

Le Lézard vert [Lacerta viridis^ Linné; Teyu-hobi des Guaranis) se rencontre partout dans la campagne, où il vit d'herbes et d'insectes ; il atteint une taille de quarante centimètres. — Une espèce, de moindre taille, de couleur rougeàtre et de forme très-élégante, vit en bonne harmonie auprès de lui. — L'Anolis [Anolis punctata) est commun dans les forêts des Missions, du Paraguay et d'Oran, où il court avec beaucoup d'agilité sur les arbres, se nourrit d'insectes, d'œufs de petits oiseaux, de fniits, etc. — Le Teyti" guazu d'Azara, Grande Sauvegarde, acquiert une taille qui dépasse un mètre ; il vit dans des terriers qu'il creuse au milieu des champs, et souvent non loin des habitations. Sa forme est allongée, sa peau noire, striée de blanc et marquée de deux longues raies longitudinales.— Le Teyu^Ameiva^ de Spix, paraît répondre à ce genre, qui renferme plusieurs espèces peu différentes les unes des autres. La chair du Teyu est excellente à manger et i^essemble à celle du meilleur maquereau. On la vend sur les marchés de Montevideo et de Buénos-Ayres.

L'Iguane [Lacerta Iguana^ Linné) est aussi répandue que TAmeiva ; elle atteint sa taille, et est plus agile. Nous l'avons vue dans

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