‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 26 sur 285 · SAURIENS · texte numérisé non relu

SAURIENS

Cet ordre se divise en deux grandes familles, les Crocodiles et les Lézards. — Les tribus, genres et espèces, appartenant à cette seconde famille, sont beaucoup plus nombreux que dans la première, qui compte, en revanche, une quantité considérable de genres fossiles.

Crocodu-iens. — On ne trouve ici qu'un seul représentant de cette famille, le Caïman, dont on connaît deux espèces : le Caïman à museau de brochet [Alligator lucius^ G. Cuvier) et le Caïman à paupières osseuses [Alligator sclerops^ Duméril). — Cette seconde espèce, nommée dans ce pays Yacaré^ est très-répandue dans toute l'Amérique méridionale. Elle descend dans le Parana jusqu'au 32* degré, un peu au-dessous de Santa-Fo;x dans l'Uruguay, on ne la voit jamais au-dessous du Salto. Ce Caïman est très-multiplié dans le rio San-Francisco, leVermejo, tous les affluents supérieurs du Parana et de l'Uniguay et toutes les rivières du Paraguay ; la province de Corrientes en renferme un nombre incroyable dans ses lagunes et ses esteros. Il atteint une taille de deux ou trois mètres maximum ; en se rapprochant de l'équateur, cette longueur va, dit-oii, au double, et l'animal est beaucoup plus féroce. Le Caïman de la Plata est un saurien très-lourd dans ses mouvements à terre, mais très-leste dans l'eau, où il nage parfaitement. Il se tient ordinairement au bord des rivières, dans les niisseaux qui s'y jettent, caché sous les masses de camalot^s^ plantes aquatiques où domine la Pontederia^ dont les larges feuilles l'abritent, et au milieu de la verdure desquelles on voit saillir son museau, pareil à un morceau de bois. Il s'y nourrit de poissons, de cadavres d'animaux morts, et de capibaras qu'il attire sous les eaux et noie. Ce crocodile est rarement dangereux pour l'homme, car il ne s'éloigne guère de l'eau, où il se précipite au moindre bruit. Il serait pourtant imprudent de se baigner dans les ruisseaux où il y en a un certain nombre. On ne le voit jamais au milieu des grandes rivières, telles que l'Uruguay et le Parana ; il a l'habitude de se cantonner aux embouchures toujours assez profondes des ruisseaux qui y débouchent ; ce n'est qu'accidentellement qu'il gagne les bancs de sable du milieu de la rivière pour s'y reposer au soleil.

La femelle pond des œufs de la grosseur des œufs d'oie, et dont

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