‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 32 sur 285 · ANIMAUX SAUVAGES. — POISSONS · texte numérisé non relu

ANIMAUX SAUVAGES. — POISSONS

et vibrant, et ressemble à celui d'un petit grelot qu'on agiterait dans le voisinage. Pendant la sécheresse, il s'enfonce dans la terre ; mais, à la première pluie, il en sort avec une telle promptitude que le sol en est couvert en un instant. C'est sans doute ce phénomène qui a fait croire aux pluies de crapauds aussi bien en Europe qu'en Amérique. — Cet animal ne fuit pas la f>résence de l'homme ; car, à la campagne, il entre plus souvent qu'on ne voudrait dans les maisons les mieux tenues, et va s'y cacher dans les coins obscurs. Ceci est l'espèce la plus répandue. — A Corrientes et au Paraguay, nous en avons vu une autre espèce de grande taille, puisqu'elle atteint jusqu'à trente centimètres de long : sans doute le Bufo-agua de Latreille. Ce batracien, lui peu moins hideux que le précédent, a le ventre jaunâtre, le dos gris, marbré de brun et de jaune. Il est assez commun aux environs des habitations. — Tous ces animaux sont iiioffensifs, mais répugnent par leur aspect ignoble et leur laideur.

§ IV. — Poissom^ Mollusques, Crustacés et Amiélidcs.

Dans un pays où les cours d'eau sont si vastes et si profonds, les poissons doivent nécessairement abonder ; aussi leur nombre est-il iiiiini. — Les côtes de l'Océan nourrissent la plupart des genres et espèces que Ton rencontre sur celles du Brésil ; un certain nombre pénètrent dans la Plata, mais ne remontent guère à plus de trois lieues au-dessus de Montevideo ; car, à cette distance de la mer, l'eau est constamment douce. Aussi le meilleur poisson se trouve-t-il sur les eûtes de Patagonie, et à Maldonado, situé tout à fait à l'entrée de la Plata. On en pèche encore de bon à Montevideo, où l'eau n'est ^i\(^ saumâtre ; mais à Buénos-Ayres il est tout à fait inférieur. A part le Peje-rey^ le poisson qu'on pêche devant cette ville a généralement un goût de vase. Ce n'est qu'en remontant un peu phis haut la Plata, et en entrant dans le Parana ou l'Uruguay, que l'on trouve d'excellentes espèces.

La partie de la Plata où dominent les eaux venues de l'Océan offre , indépendamment des espèces marines ordinaires, d'excellents poissons qui semblent particuliers à cet estuaire. Tels sont la Coiu*bine noire, Curbina negra^ grand salmonoïde qui atteint jusqu'à cent vingt centimètres de long et est gros à proportion ; — la Courbine ordinaire, beaucoup plus petite, qui ressemble à la Carpe [Cyprinus)^ avec des formes un peu plus allongées, et dont la chair est délicieuse; — la Lisa^ analogue au Maquereau [Scombei')^

mais plus grande ; — la Brotula^ poisson siluroïde, sans écaille, muni de grand» barbillons, et dont la chair est blanche comme celle du Merlan [Merlus)^ mais beaucoup plus délicate. Le Peje-rey est une sorte d'Éperlan [Osmerus) qui atteint jusqu'à quarante centimètres de long et qui est exquis. — Sous le nom ^Anchoa^ on pêche une espèce de Sole [Solea) sans écailles, qui est assez bonne. Un autre poisson de même genre, mais plus petit, est la Palometa; elle est cependant toujours un peu vaseuse. On y trouve également une Raie [Raia) de petite dimension et le Congre [Murœna) ordinaire. Le poisson le plus multiplié est un Silure qui atteint une très-grande taille, et que les matelots français désignent sous le nom de Machoiran^ les Espagnols sous celui de Bagre, Ce poisson, mou et sans écaille, est fort dédaigné ; mais on pourrait l'exploiter pour en tirer de Tichthyocolle, comme on l'a fait aux eftnbouchures de l'Orénoque. Il est excessivement abondant, et l'on en compte un assez grand nombre d'espèces : Bagre noir [Bagnts nigcr)^ Bagre crapaudin [B. bufonins; dans la Plata, Bagre Sapo)^ etc., etc. — Une petite espèce jaune, dite Bagre amarilioj Bagre jaune, est fort recherchée comme poisson de table. — Tous ces siluroïdes ont été désignés sous les noms divers de Mystus^ Bagnts^ Pimelodes^ etc., etc.

L'immense quantité de poissons qui fourmillent à l'entrée de la Plata a rendu de très-grands services à Montevideo durant le long siège de neuf années que cette ville soutint de 1843 à 1851. Ils formèrent la base de l'alimentation des assiégés, surtout en 1844 et 1845, alors que les communications étaient gênées par le blocus que maintenait l'escadre du généi^al Rosas par mer, et qu'on n'y pouvait recevoir de vivres frais. Quelques industriels ont profité de cette abondance de poisson pour établir de petites saleries où ils préparent et sèchent une sorte de monie locale qui se débite sous ce nom et s'exporte à l'intérieur, de même qu'elle sert également pour l'approvisionnement des navires. La Curbina de moyenne grandeur, YAnchoa et le Bagre mgro servent principalement à cette préparation.

Crustacés. — Sur la rive gauche de la Plata, et principalement dans les environs de Montevideo, on rencontre un Crabe ressemblant au Tourteau [Cancer pangunts)^ mais qui reste toujours de petite taille. Ce crustacé n'est pas considéré comme comestible. — Des Langoustes [Palinurus] se trouvent, dit-on, sur les rochers de l'Ile de Lobos et sur la côte, vers l'entrée de la rivière. On ne s'occupe pas plus de cette pêche que de celle des huîtres. — Dans ces parages

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