MOLLUSQUES DE LA PLATA. — POISSONS DES FLEUVES
doivent se rencontrer aussi ces excellentes crevettes si connues au Brésil sous le nom de Camarones [Gammarus locustà)^ et que Ton néglige faute de pêcheurs pour, aller les recueillir.
Âzara dit qu'il existe dans les environs de Maldonado une espèce de Crabe terrestre {Cancer terrestris) qui creuse des trous profonds dans le sable sec, et cela loin de la mer, des lagunes et de tout ruisseau, n est, ajoute-t-il, comestible, et pour le goût ressemble tout à fait à celui d'Europe. Ce Crabe serait alors une espèce particulière, quoique très-voisine du Gécarcin des Antilles, vulgairement Tourlourou [Cancer gecarcinus)^ et qui se trouve sur toutes les côtes du golfe du Mexique. Les habitants de Maldonado refusent aujourd'hui d'en manger.
Les principaux Mollusques comestibles de l'entrée de la Plata îont la Moule [Macra edulis)^ qui couvre les rochers des environs de Montevideo et que l'on recueille avec la plus grande facilité à la marée basse. Elle est plus petite que celle que l'on pêche sur les côtes de France, mais de même goût. — L'Huître [Ostrea edulis) se trouve, dit-on, sur les rochers de TUe de Florès, à cinq lieues de Montevideo, près de Maldonado, et sur les côtes de Patagonie. C'est une pêche complètement négligée et qui pourrait être entreprise avec succès, car Montevideo et Buénos-Ayres sont deux centres de consommation assez importants pour offrir des débouchés assurés à une industrie de cette nature. — Les sables de la plage de Montevideo renferment en quantité le Solen ou Manche de couteau [Solen cul tel lus) , qui , convenablement préparé, ressemble im peu à THultre pour le goût.
Le Parana et l'Uruguay nourrissent quelques-unes des espèces de poissons qui vivent dans l'estuaire de la Plata. Le Bagre, la Raie, la Palometa, y abondent ; le Peje-rey ne se trouve cependant que près de leurs embouchures, tandis que ceux-là se rencontrent dans tout leur cours. La Palometa n'est dangereuse qu'au-dessus de Corrientes et dans le Rio-Paraguay. Elle y est probablement d'une autre espèce que dans la Plata et le bas Parana ; car cette dernière ne mord point, tandis que celle du Rio Paraguay a les dents trèstranchantes, et rappelle les Pirangas si voraces des fleuves du Brésil. Quant à la Raie d'eau douce, que l'on trouve dans le Parana et l'Uruguay, et qui est un peu plus petite que celle de la Plata, elle passe pour être venimeuse. C'est sans doute une espèce
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du genre Pasienague {Trygon), qui est armée de fortes épines sur le dos. — Tous les mariniers assurent que les baigneurs qui, en marchant dans la vase, aux bords du Parana, mettent le pied dessus, sont dangereusement piqués par son épine et coiu-ent le risque d'être attaqués du tétanos. Aussi, dans les endroits qui n'offrent pas une belle plage sablonneuse, prend-on généralement des précautions pour se baigner.
Les principaux et les meilleurs poissons de ces deux fleuves sont : — le Dorado [Perça tmimaeulata?)^ grand et beau poisson dont les écailles sont couleur d'or et qui pèse jusqu'à vingt kilogrammes. On le pêche avec une forte ligne, dont l'extrémité doit être bien garnie de cylindres de plomb pour ne pas être coupée par les dents tranchantes de ce poisson ; — le Paai^ ressemblant un peu au Saumon, qui atteint les mêmes dimensions et dont la chair est exquise ; — le Stcrubiy qui a les mêmes qualités ; les Sabalos^ espèces d'aloses aussi très-grandes ; — le Pati^ la Boga^ d'un goût très-fin, mais trop remplis d'arêtes, etc. — Un petit poisson très-répandu et que l'on voit constamment bondir hors de l'eau dans les belles nuits d'été, est la Mojarra [Xyphcfrhynchus)^ que l'on prend avec un hameçon fait d'une simple épingle, et dont le goût est aussi fin que celui de l'Ëperlan. Citons enfin des Armados^ des Dentudos, des Talaîras^ des Lengtiodos, et une foule d'autres dont les noms nous échappent, et qui tous sont comestibles. Mais nul ne vaiit les trois principaux que nous avons nommés d'abord : le Dorado, le Surubi et le Paeu. Les poissons sont tdUement nombreux dans le Yermejo que quelques étrangers ont eu l'idée d'établir une salerie et sécherie près d'Oran, pour y préparer du poisson sec qu'on importe en Bolivie où il se vend à un très-haut prix, 20 piastres (100 francs) le quintal. — Le Parana est plus riche encore que l'Uruguay sous le rapport de la pêche. On comprend dès lors de quelle ressource immense celle-ci peut être pour tous les riverains.
Les torrents des Andes renferment une Truite [Salar, Linn., en espagnol Trucha) de grande taille et d'excellent goût. Ce poisson vit
aussi biendansl'eaudouceque dans l'eaiftsalée, puisqu'on le rencontre dans la rivière de San-Juan, qui est douce, comme dans les lagunes de Guanacache et dans le lacBebedero, dont les eaux sont tout aussi salées que celles de la mer. — Les rivières Dulce et Salado abondent aussi en poissons des mêmes espèces que nous avons citées, et peuvent parfaitemeat se prêter à l'établissement de petites pêcheries. A Tu* euman même, k Bio-SUi, mal^ k peu d'eau qu'il coaserve dans