‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 50 sur 285 · ANIMAUX DOMESTIQUES. — MOUTON · texte numérisé non relu

ANIMAUX DOMESTIQUES. — MOUTON

l'avons dit, une mortalité considérable parmi les agneaux. D'abord, les \autours Urubus et Caracaras, ces derniers surtout, attaquent le jeune agneau que sa mère ne sait pas défendre ; pour commencer ila lui crèvent les yeux, puis le dévorent; ensuite le froid des nuits leur est extrêmement préjudiciable. Lorsque le part a lieu au corral et qu'il pleut, cet endroit devenant fangeux, le jeune animal s'emplit de boue, la mère se refuse à le lécher, l'abandonne, et il ne tarde pas à succomber. On estime que le part, pendant les quatre mois d'hiver, donne une mortalité qui va jusqu'à 75 0/0, tandis qu*elle est de 10 au plus dans les autres mois. On châtre les agneaux à six mois ; la tonte se fait tous les ans à la fin du printemps. — Ce n'est qu'auprès des villes du littoral que la chair du mouton se vend comme viande de boucherie et peut donner quelques bénéfices. Dans l'intérieur, elle est abandonnée aux classes pauvres.

Malgré tous ces accidents, qui, comme on le voit, pourraient être prévenus en grande partie dans un établissement bien réglé, l'accroissement de la valeur d'un troupeau de moutons est de SO 0/0 par an,[plus grand par conséquent que celui d'une ferme à bétail bovin, qui n'est que de 33 0/0. C'est donc une spéculation extrêmement avantageuse, mais à la condition d'y consacrer une mise de fonds assez considérable, pour l'achat du terrain, la construction de la maison, des magasins, celle des corralcs, pour l'organisation d'un personnel nécessaire, enfin pour la réunion en nombre suffisant des béliers et brebis de bonne race destinés à faire le fonds du troupeau. Dès la troisième année l'établissement est en plein rapport, et à la sixième le revenu devient considérable. Le chiffre de l'augmentation annuelle du troupeau, tel que nous l'avons indiqué, suffit pour en donner une idée.

Ceci a été si bien compris que des fermes à moutons s'établissent aujourd'hui de tous les côtés , et que l'on s'occupe avec ardeur du métissage par des béliers mérinos amenés directement d'Europe, malgré le haut prix auquel ils reviennent.

On conmience même à y songer dans l'intérieur, et nous avons vu dans la province de San-Juan quelques beaux sujets qui servaient puissamment à l'amélioration de plusieurs-troupeaux de cette province. Quant aux animaux producteurs de laine longue et fine, en même temps que d'excellente viande de boucherie, ce n'est qu'à Montevideo et à Buénos-Ayres qu'on les trouve, parce que là seulement ont été importés quelques béliers anglais de la race Dislhey, si fameuse par la longueur de sa laine et par sa grande taille, 11 est probable

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que le croisement de ces béliers avec les brebis à laine déjà longue et fine de Catamarca et de Santiago-del-Estero produirait de trèsbons résultats.

Toutes les parties du territoire argentin sont favorables à l'éducation du mouton, et cette industrie peut môme devenir de premier ordre dans certaines parties arides et salées qui conviennent parfaitement à cet animal et ne peuvent guère avoir de valeur que sous ce rapport. C'est ainsi que dans les salines de Santiago-del-Estero , terrain ingrat s'il en fût , le mouton indigène prospère admirablement, quoiqu'il y reste de petite taille et que les soins qu'on lui donne soient à peu près nuls. Dans les hautes vallées des Andes, sur certains points de la plaine de Cuyo, sur les platefiux supérieurs des sierras de Cordova et de San- Luis^ dans les Pampas du Sud, les terrains en apparence les plus ingrats lui conviennent, et il s'y est également multiplié. Des soins intelligents amélioreraient vite la race de ces animaux, qui ont naturellement des qualités très-précieuses, et en quintupleraient la valeur. — Les courts et incomplets détails que nous venons de donner suffiront pour faire comprendre combien la production de la laine doit aujourd'hui attirer l'attention de tous ceux qui cherchent dans l'exploitation du sol les bases d'une fortune, lente à la vérité, mais solide et certaine.

GHiSVRE.

La Chèvre est la brebis du pauvre ; sa rusticité , sa reproduction facile, son peu d'exigence pour la nourriture, enfin Tabondance de son lait, la rendent précieuse. Aussi est-elle fort répandue dans les provinces de l'intérieur et surtout dans celles de San-Luis, de Cordova, de Santiago-del-Estero, de Catamarca et de Salta, où elle trouve abondamment de quoi se nourrir au milieu des broussailles qui couvrent les plaines et les flancs des collines.

Presque toutes les familles de paysans possèdent quelques chèvres, que les enfants mènent paître dans le voisinage, et qui le soir rallient fidèlement le petit corral où on les renferme de peur des couguars, plus nombreux là que partout ailleurs. Sur le littoral il y a beaucoup moins de chèvres ; on les remplace par le bœuf et le mouton, dont le produit est plus avantageux, vu la richesse du pâturage. La race des chèvres n'a rien de particulier; elles sont éminemment utiles pour leur lait, pour la chair des jeunes chevreaux

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