LAMA
Le Lama est propre aux Andes et à la partie nord-ouest de la Confédération, où il n'est guère employé que dans la Puila de Jujuy. Nous en avons déjà parlé page 14. Sa reproduction est considérable ; elle égale celle de la chèvre. La femelle porte cinq mois et ne fait généralement qu'un petit. On l'élève par grands troupeaux qui doivent être gouvernés avec beaucoup de douceur ; car, malgré sa docilité, le lama est extrêmement têtu, très-susceptible de s'effrayer sans motif, et, si l'on essaye d'employer la violence pour le contraindre, l'animal oppose une résistance passive invincible et se laisse plutôt tuer sur place. Aussi, pour le conduire, nul ne vaut l'Indien, qui est avec lui d'une patience à toute épreuve.
Le plus maigre pâturage suffit au lama. Il boit extrêmement peu. Le climat sec et froid des Andes lui convient, et il réussit mal dans les plaines basses ; aussi, dans la zone équinoxiale, les plateaux d'une altitude de 2,500 à 3,500 mètres lui sont-ils les plus favorables.
les mêmes résultats avec le pécari, dont la chair est fort bonne, non moins qu'avec des verrats étrangers. Malheureusement, comme nous l'avons dit, Télève de cet animal est très-négligée et abandonnée complètement à la routine; on ne réfléchit pas que c'est une branche d'industrie rurale dont la création est peu dispendieuse et dont les bénéfices sont certains, dans la Plata plus que partout ailleurs.
Dans les estancias on élève aussi quelques porcs pour l'usage de la maison. S'il advient que l'on soit obligé de les abandonner, comme il a fallu le faire plus d'une fois pendant les guerres qui ont dévasté le pays à diverseg reprises, ces animaux, laissés à eux-mêmes, deviennent sauvages {cimarrones) et prennent tout à fait les habitudes et l'aspect du sanglier, souche primitive de leur race. C'est ce que Ton a vu dernièrement dans la Bande-Orientale. Ce pays, coupé de nombreux ruisseaux bordés de bois, s'était rempli, sur certains points, de cochons sauvages qui trouvaient au bord de ces ruisseaux et "dans ces bois l'eau qui leur est si nécessaire, des fruits sylvestres et des racines dont ils se nourrissaient, et de plus une foule de reptiles et de petits animaux qu'ils ne dédaignent pas au besoin. Le porc cimarron^ le verrat surtout, se défend parfaitement contre les chiens et même contre l'homme, et il faut lui faire une chasse en règle. Sa chair est dure et pareille à celle du sanglier.