PALMIPÈDES
Oie. — On l'élève peu, sans doute à cause de sa tendance à se réunir aux oies sauvages qui abondent dans le pays. En efiEet lorsqu'on veut avoir de ces oiseaux dans les estancias, ils vont pâturer au loin et finissent par devenir tout à fait sylvestres. Ainsi, près de Gualeguay, nous avons vu un troupeau de près de cinq cents oies qui avait fini par se reproduire en liberté, et s'était cantonné entre deux lagunes, dans le voisinage de l'estancia d'où ces oies étaient sorties, et où elles revenaient de temps à autre, sans toutefois se laisser prendre quand on leur jetait du mais. Quelques petits cultivateurs en élèvent cependant près des villes. Lorsque l'on a une lagune dans le voisinage, cette éducation est des plus faciles, car ce palmipède est très-robuste, n'a jamais de maladie, et ne rebute aucune nourriture, mais il lui faut de l'eau. L'oie grasse est d'une vente excellente sur les marchés du littoral, et c'est une bonne spéculation pour la petite culture.
GAiriiu>. — Le Canard se reproduit ici plus facilement encore que Toie, et sa chair y est tendre et délicieuse. C'est incontestablement la meilleure de toutes les volailles de la Plata. Le climat lui est tellement Cavonible qu'elle rëussit bien même dans de petites basses-cours où il n'y a qu'un simple baquet d'eau. Le canard est omnivore ; aussi, plus sa nourriture est variée, meilleur il est et plus il engraisse, pourvu toutefois que les Vjégétaux en fassent la base et que la viande ou le poisson ne lui soient donnés qu'en petite quantité. — On en élève trois espèces : l'espèce ordinaire, qui aime beaucoup l'eau et qui reste petite ; — une espèce moyenne , intermédiaire entre celle-ci et le gros canard de Barbarie, qui forme la troisième. — L'espèce moyenne parait étjre le résultat du croisement des deux autres. —
Quoi qu'il en soit, les trois espèces s'élèvent concurremment et sans la moindre difficulté ; elles ne sont jamais malades ; les épidémies qui de temps à autre attaquent les poules et les dindons, les épargnent, et la reproduction en est toujoure considérable. Aussi û'est-il presque pas de maison à la campagne ou autour des grandes villes qui n'en nourrisse, et les marchés en sont abondamment fournis. Le prix en est malgré cela assez élevé, comme d'ailleurs celui de toutes les volailles sur le littoral, tant la consommation y est grande, à cause des nombreux étrangers qui l'habitent et qui ne se contentent point de simple viande de bœuf, comme la majorité des natifs. -
L'éducation des oiseaux de basse-cour dans tout le pays, et surtout dans la région du littoral, est donc réellement avantageuse ; aussi beaucoup de cidtivateurs étrangers s'y adonnent avec succès.
§ III, — Insectes.
Trois genres d'Insectes, seulement, sont susceptibles d'une exploitation méthodique, et ont déjà été l'objet d'un commencement d'industrie dans la Plata : ce sont les Abeilles, les Vers-àrSoie et la Cochenille.