‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 56 sur 285 · ANIMAUX DOMESTIQUES. - GALUNACÉS. - DINDONS · texte numérisé non relu

ANIMAUX DOMESTIQUES. - GALUNACÉS. - DINDONS

L'absence de murailles à la campagne, et surtout le voisinage des bois, sont funestes à la volaille, qui y est attaquée par les sarigues et les renards. Les vautours caracaras ( carranchos ) , les couleuvres' même et les iguane^ pourchassent également les jeunes poulets et quelquefois même la poule, malgré tout le courage de celle-ci pour défendre sa progéniture. Tous ces accidents pourraient être évités avec un peu de soin. Au reste, la douceur du climat favorise tellement la reproduction, et la mortalité est d'elle-même si peu considérable chez les poulets, que la volaille abonde toujours dans les estancias. Elle n'est rare que chez le paysan isolé, fort incurieux de lui-même, et qui se préoccupe uniquement du morceau d'asado (viande de bœuf rôti) qui suffit à ses très-simples besoins.

Autour des grandes villes les propriétaires ont multiplié toutes les races. Il est à remarquer que la poule russe, si haute sur jambes, mais bonne pondeuse, et dont la chair est très-fine, la môme qui est fort délicate en France, est ici extrêmement robuste, et que la race cochinchinoise, si renommée pour sa taille et l'excellence de sa chair, réussit également sans aucune difficulté, quoiqu'elle ne soit pas encore très-répandue. Dans le voisinage des grands marchés, l'éducation de la volaille est mie excellente spéculation pour le petit cultivateur.

n est facile partout d'engraisser les oiseaux de basse -cour, quand on leur donne suffisamment de mais et de débris de légumes frais ; mais il faut bien se garder de les nourrir, comme on le fait trop souvent sur le littoral, avec des débris de viande ou de poisson. Leur chair devient alors à peine mangeable, et leurs œufs même sont mauvais. Ce phénomène se produit également dans l'intérieur, en temps de sauterelles. Les poules sont très-avides de ces insectes et eo détruisent unç immense quantité; mais cette nourriture communique un goût singulier stii generis à leur chair, les œufs n'ont plus qu'une coquille molle, à peine calcaire, et perdent complètement leur qualité;

Dindon. — Le Dindon est originaire de l'Amérique du Nord ; dans l'Amérique du Sud, on trouve dans les bois, à Tétat sylvestre, des oiseaux qui se rapprochent beaucoup de celui-ci, tels que le Hocco, la Pénélope noire, etc., etc. Aussi ce gallinacé s'élève-t-il parfaitement, et n'est pas sujet, malgré le peu de soins dont il est l'objet, à autant de maladies qu'en Europe. Il abonde sur le littoral, plus encore dans l'intérieur, surtout dans les provinces de Santiago et de

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Cordova. Là, il est peu de couvées qui ne réussissent, et dont les petits ne deviennent très-promptement assez robustes pour résister aux intempéries. La maladie du rouge, qui attaque les dindonneaux alors que leurs caroncules vont se former, est ici peu intense, grâce, sans doute, à la chaleur modérée, mais presque constante, du climat; car on sait que ces oiseaux sont extrêmement sensibles au froid, et que les temps humides, frais et pluvieux en font périr beaucoup de jeunes. La vaste étendue des prairies, autour des estancias, rend d'ailleurs l'élève de cette volaille très-facile, et quelques poignées de mais suffisent pour les rappeler. Il se juchent sur les ombus, toujours voisins de Testancia, et de là défient les renards et les comadrejas (sarigues) qui hantent les environs des lieux habités. L'éducation de ces animaux est encore plus lucrative que celle des poules.

La Pintade — s'élève par curiosité dans quelques maisons. C'est une volaille dont la chair est encore plus délicate que celle du dindon. La Pintade trouble les autres animaux de la basse-cour par sa voix bruyante et la turbulence de ses habitudes, et est toujours un peu sauvage.

Le Faisan — est inconnu, mais on pourrait l'élever et le propager ensuite dans les grands bois qui avoisinent les fleuves et dans les forêts de l'intérieur, comme en Europe.

Le Paon, — au contraire, est nourri en beaucoup d'endroits. Nous en avons vu quelques-ims au Paraguay ; on le retrouve aussi dans tout le nord de la Confédération. On ne s'en occupe d'ailleurs qu'à cause de la beauté de son plumage. Le climat lui convient parfaitement, et les couvées réussissent avec moins de difficulté qu'en Europe, si l'on veut se donner la peine de les surveiller un peu.

Le Pigeon— s'élève également partout et se reproduit parfaitement. L'espèce la plus répandue est le Pigeon Biset ordinaire. Les colombiers que l'on construit pour eux consistent en un quadrilatère formé de quatre murailles et sans toit ; les trous destinés à la ponte sont pratiqués dans l'épaisseur du mur. Cette méthode de construction donne plus d'air dans leur habitation, et les pigeons s'en trouvent bien. Beaucoup de maisons à la campagne ont aussi des trous pratiqués exprès dans leur muraille, laquelle est surmontée d'un chaperon pour empêcher les chats d'y descendre. La reproduction de

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ce volatile est grande, et la vente des pigeonneaux donne des bénéfices notables. On élève aussi beaucoup de pigeons de volière de toute espèce, mais seulement sur le littoral ; dans Tintérieur on ne connaît que le biset ordinaire. Celui-ci, au lieu de ne faire que trois pontes par an comme en Europe, en fait cinq ou six, surtout si on lui donne un peu à manger. Les pigeons de volière pondent et couvent toutes kg six semaines, mais à la condition d'être très-bien nourris. Rien n'est plus facile d'ailleurs que l'entretien de ces oiseaux, qui se multiplient presque sans soins.

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