‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 9 sur 285 · PACHYDERMES · texte numérisé non relu

PACHYDERMES

Tapir [Tapirvs ameincamis^ Linné. — Nommé dans le pays : Antn^ la granBestia^ et Mboreby par les Guaranis). — Cet animal se trouve au nord du 28" degré, aux Missions, au Paraguay, au Chaco, dans les provinces de Corrientes, Tucuman, Santiago del Estero, les vallées du San Francisco et d'Oran. C'est un quadrupède doux, timide, qui vit dans les forêts humides et chaudes, où il se nourrit de fruits et d'herbes tendres. Le mâle a une sorte de petite crinière sur le cou ; le museau se prolonge en une espèce de trompe courte et mobile, mais qui n'est pas préhensive comme celle de l'Éléphant. Il s'apprivoiserait aisément. Le cuir est excessivement épais et résistant ; on s'en sert pour faire des harnais, des brides, qui sont éternelles, mais un peu grossières. On chasse le Tapir au fusil, mais surtout au lazo^ en le faisant traquer par des chiens, qui l'atteignent facilement, car il est

assez lourd à la course; mais il nage parfaitement bien, et s'enfonce dans les endroits marécageux, où il est difficile de le poursuivre. Cet animal est tellement robuste que, même lacé, il rompt trèssouvent, dit-on, les lazos^ ce que ne fait pas le Bœuf. On dit sa chair bonne à manger et fort grasse.

Pécari (Pécari à collier. Sus Tajassu^ Linné. — Dans le pays, Chancho de Monte, Javali), — Ressemble un peu au porc par la tête et la forme des dents, mais n'a point de queue, et sa peau est recouverte de poils durs d'un gris sale, fiiuves en quelques endroits. n vit par troupes dans les mêmes régions où Ton trouve le Tapir. Sa chair est excellente à manger. On le chasse au fusil ou avec des chiens qui l'arrêtent court et l'étranglent ; mais lorsque l'on s'en prend à une troupe, les autres accourent au secours de leur camarade attaqué et se ruent sur le chasseur et sur les chiens. C'est un animal qui s'apprivoise très-aisément, et rien n'est plus facile que de le réduire en. domesticité. Il est moins sale, moins brutal' que le cochon ordinaire, et ne s'engraisse pas autant; sa chair est plus fine. Nous en avons vu qui avaient été élevés à San-Borja, et se promenaient paisiblement dans les rues du bourg. Il serait à désirer que l'on profitât de ces aptitudes pour le joindre à nos autres animaux domestiques. Ses mœurs et sa nourriture sont celles du sanglier d'Europe, lequel est regardé comme la souche de notre cochon. — Azara compte deux autres espèces de Pécaris que l'on confond facilement avec celleci, le Couvé et le Taytétu, La différence est à peine sensible; ces deux espèces ont les mêmes instincts et les mêmes mœurs.

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