INDIENS DU CHACO
mœurs, leur courage et leur aspect physique ce peuple disparu. Cependant le langage des Giiaycurus était différent de celui des Mbayas, et ils formaient une nation à part. Le dernier de leur race s'est réuni aux Tobas.
Vers le nord du Paraguay et sur la lisière des provinces actuelles de Moxos et de Chiquitos et partie de Mato-Cirosso, étaient des tribus en majeure partie guaranies, nommées Bororos, Trabasicosis, Samacosis, Parexis, Guasurapos, Guachis, Aquîtequedichagas, Nalicuegas, Nuaras, etc., au milieu desquelles passèrent les expéditions d'A volas, dlrala, de Chaves ; mais le haut Paraguay ne fut jamais occupé par les Espagnols qui le négligèrent, et la connaissance du chemin du Pérou par cette région se perdit tout à fait. Tout contribua h cet oubli : la multiplicité des hordes indiennes à traverser ; les inondations, si fréquentes de Tautre côté d(; la sierra de San-Fernando ; la difficulté de la route, au milieu du dédale de lacs et de lagunes qui l'avoisinent ; enfin Toccupation de la rive gauche du Paraguay par les Portugais et leur rivalité incessante avec les Espagnols, dont ils usurpèrent graduellement et obstinément le territoire. Le pays, k Tépoque de la conquête, était bien peuplé d'Indiens Mbayas, Guanas, et surtout, comme nous venons de le voir, de Guaranis de noms très-divers, mais qui tous s'occupaient d'agriculture ; ils élevaient des daims sauvages, que Schmidel appelle moutons, des volailles domestiques, que ce brave aventurier désigne sous le nom de dindons, oies, canards, etc., à Taide desquels ils vivaient dans rabondance. Il est positif, en effet, que toutes les expéditions vers le Pérou qui se firent par ce chemin dans le courant du seizième siècle eurent lieu s;ms autres accidents que quelques combats contre les tribus indiennes, qui furent facilement repoussées. Ce ne fut, à ce qu'il parait, que dans le siècle suivant que les Guaycurus et les Mbavas se rendirent réellement redoutablos.
A Textrémité occidentale du Chaco, au pied des dernières ramifications des Andes, vivaient les Chirigianos, tribus nombreuses d'origine guaranie et parlant cette langue. Les Incas essayèrent vaine^ ment de les soumettre. Il paraît que ces peuplades vinrent des bords du Paraguay s'établir dans cette région, vers la fin du quinzième siècle , et qu'ils y détruisirent d'autres Indiens qui l'habitaient. Depuis la découverte et la colonisation espagnole, un certain nombre de Chiriguanos furent réduits en Missions , tant par les jésuites que par les franciscains ; mais une fraction considérable resta tout à fait
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en dehors de la civilisation chrétienne : on les connaît aujourd'hui sous le nom de Cambas, et ils ont su se faire respecter des Boliviens.
Les Missions de Moxos et de Chiquitos, moins fameuses toutefois que celles de TUiiiguay , absorbèrent la majorité des Guaranis de cette contrée; mais toutes les hordes voisines des rivières Pai^aguay, Pilcomayo et Ycrmejo restèrent complètement indépendantes, et même de temps à autre envahirent les possessions espagnoles et ruinèrent les établissements que ceux-ci essayaient de former dans ces régions. C'est ainsi que fut détruite la ville de la Conception del Vermejo, située à quarante lieues nord-ouest de Corrientes , et une foule de petits forts établis sur la frontière du Chaco eurent le même sort.
Les Mataguayos, Matacos, Vejoses, Vilelas, Chlnupis, qui habitaient la partie supérieure du Vermejo et du Pilcomayo, ne furent guère connus que de nom et par les récits des autres tribus indiennes, dans le commencement de rétabhssement des Espagnols, tandis qu'aujourd'hui ces Indiens, libres dans leurs déserts et ne craignant plus rien des Argentins, sont en continuels rapports avec eux sur les frontières de Jujuy, de S^lta et de Tucuman.