CHAPITRE IV
R^lifttloBA enlre leN trois cllmalny do Uttornl , de la plaine Inti^rieure
et des jinde».
Les observations directes ne sont pas encore îissez nombreuses pour qu'on puisse établir, d'une manière sinon positive, du moins générale, les rapports qui existent entre ces trois climats et que la disposition du terrain fait pressentir. Eu effet, de l'océan Atlantique au pied des Andes, le sol représente un plîui incliné de l'ouest à l'est. Ce plan est une plaine à ptui près absolue, si Ton en excepte le massif central de Cordova et de San-Luis. Conséquemmeut, les phénomènes météorologiques doivent s'y accomplir avec un cerUiin ensemble, malgré les énormes distances qui séparent ces deux points extrêmes, les côtes de l'Océan et la chaîne des Andes. C/est effectivement ce qui ar-
rive. Les gnuides coiniiiolions atmosphériques du littoral retentissent jusque dans les provinces de Mendoza et de San-Juan. Le massif de (^ordova pamlt mettre obstacle à ce qu'elles se fassent sentir jusqu'aux provinces de la Rioja et de Catamarca; mais une partie de celles de (^ordova et de Santiago-del-Estero s'en ressent également. Cette considération est précisément ce qui nous a fait entrer dans de si grands détails s\n' le climat du littoral.
La relation intime que nous signalons entre les phénomènes météorologiques généraux est surtout sensible au point de vue des sécheresses, ce fléau permanent d'une grande partie du sol argentin; — fléau tpii, dans Tancien monde afflige aussi l'Asie Mineure, la Perse, la Mésopotamie , l'Arabie , le nord de l'Afrique , enfin tous les pays compris entre 40 et 23 degrés de latitude. — Les saisons, anormalement très-sèches sur le littoral, le sont également dans Tintérieur, qui ne pinit guère compt<.»r que sur les pluies de printemps et d'été.
Les grands froids anormaux agissent aussi d'une manière générale. Lorsqu'au commencement d'ami 4857, nous traversâmes la cordillère de Copiapo, nous éprouvâmes, par le plus beau et le plus calme temps du monde, un froid de 4, o et même 10 degrés au-dessous de zéro, froid certainement extraordinaire pour la saison. Ce froid se faisait sentir, il est vrai, à une hauteur de 3,000 et 4,000 mètres; mais nous sûmes depuis qu'à cette même époque il avait gelé très-fort dans les basses vallées des Andes , dans la plaine argentine, et que Montevideo et Buénos-Ayres avaient éprouvé alors des froids tout à fait prématurés et extraordinaires pour la saison.
Les pamperos, les su-estadas font sentir leur action jusqu'à l'extrémité du massif de Cordova, mais ici le vent devient presque toujoui^s sud , et, de même que sur le littoral, il amène un très-grand abaissement dans la température.
A l'appui de ce que nous venons d'énoncer, nous citerons les principaux faits suivants :
1853. — Le 22 novembre : violent orage et grande pluie à la Conception de l'Uruguay. — Le lendemain matin , orage et pluie de 0,043 d'eau à la Federacion, 40 lieues plus haut dans le Rio: Uniguay.
Le 7 décembre : orage et fortt» pluie tout le jour à Gualeguaychu, — Le 6, c'est-i-dirc la veille, très-grand orage et pluie continue de 0,033 d'eau h la Uestauracion, 70 lieues plus haut dans le même fleuve, et le 8, même temps , 0,020 d'eau.