RENDEMENT POUR UN
Partie luiiiie de la valltK* de Famatina. Couche profonde de cailloux roulés, terre végétale variable nu-dessu»
Cailloux roui 's. Peu de terre végétale, mais elle est excessivement fertile. .
fipal^^e couche de terit* sablo-argileuse, très-feriilt;
Diuisla valliîe de Ymchina. TiTie profonde. Irrigation abondante
Qiroat froid. Même terre qirà Vinchina
Climat délicieux, tr^s-chaud Tété. Sable granitique épais. Bonne culture
SalHe granitique. Tr^s-belle végétation arborescente. Culture soignée. . . Terre inférieure à celle d Chumbicha. Au piml de la sierra d'Ambaio. . Terre sablonneuse, anciennement > uliivée et par conséquent fatiguée.. . . Bdlc véteéiation arboreseeiitt', terres fatiguées par la production constante duMé
Terre excellente. Climat chaud et humide. Un peu dMr igaiion l*hiver. . . Terre Uts-riche en humus. Même climat. Pas dMrrigaiion. I^ mais donne
d*énor mes récolles
Oauis la montagne. Terrain caillouteux. Irrigation très-modérée. Terres
neuves
Plaine entourée de montagaes. Sol prolbnd et noirâtre. Irrigation. Terre& neuves ' . . . . .
Sol formé de cailloux roulés; terrains neufs, alluviaux de place en place. Terres ne ves. .
Petites vallées descendant de la Sieira, trca-bicn ai rosées. Terres profondes
Iel neuves..
Sol argileux très-compacte, souvent inondé, les eauxo tt peu d*écouiemeiit. Culture ancienne
liéiue terrain, mais en pente. Couche indéfinie de galets en dessous. Bonne culure
Réfcicm tropicale. Abondantes pluies Pété. Le polviUo (la rouille) attaque souvent le blé. • • . •
Dans la chaîne de Zenta. Terre o.vm» profomie, très-légère. Irrigaiioii. . .
Point extrême de la cultui-e du blé dans la vallée dMluiiiahuacn. Terie argileuse Irès-nieiiblc, u i peu saline
Même terrain u*à Ûaula. La culture est très-soignée, maison ne pr.iiquo |ias Passolenient
Terre asitez légère, très mêlée de galt^ts. Culture nn terrasses sur lo penchant de la inoniag e. Inigation • . . . .
Terre légère reposant sur nue couche épaisse de galeis. Le polvillo attaque souvent le blé
Grande vall e d* l onna. Bonne culture. Terres anciennenipnt cultivées. .
Grande vallée de Calchaqui. Terre argileuse très-meuble. Bonne culture. Iirigalion S'ilgnée. Culture continue dans les méineN terrains
Gra<Mlc val ée de Calchaqui. Terres légères. Tous le> terrains de la vallée de Calihaqui soni t è -anciennement cultivés
Vallée de Sant«i-Maria. Culture de la vigne. Terrains argileux et salins, trèsmcub es
Vallée de Santa-Maria. Mêmes terrains qu'à Cafayate. moin<« de pentes . . .
VaHéc de Santa-Maria. Mêmes terrains qu'à S.>n CMirlos. Irrigation soignée. Cuit rc anc enne
Terres neuves, un peu sablonneu.ses, très-meiib'e^
Terre sablo-ai gileuse. Cailloux roulés au-dessous. Irrigation. Culture médiocre. Terres neuves
Au bord 'U bassin des salines de Catamarca. Terres neuves. AucommeiKement 90 pour un, puis :
Sable granitique. Bonne culture. Polvillo inconnu, mais la sauterelle y vient de temps à autre
Terre ncdie pr .fonde. Pluies abond mies Tété. Climat humide parfois. Pas d'irrigation. R«»n«Iement très-variable
TvTTc noire profonde.Ceii'esique nouvellement qu'on y cultive le blé. Grande plaine très-f«;rtilf. Culture médiocre
Tetrc sablo argileuse très-meuble; tiès-s. Une en ce. tains endroits. Inondalio sTété
Ter e trè!»-sablonneuse.Oii irrigue quand on peut. Culture ancienne. Remlenienl tr. s -variable
Couche d'humus très-profonde. Inondation périodique. Terrains d'une extrême fertilité
12 en moyenne.
25 en moyenne.
60 souvent.
60 7 s uvent.
ftO ? quelquefois.
20 à 25 en moyenne.
15 h 30 en m yenne.
20 en moyenne.
15 en moyenne.
12 en mcyenne.
10 en mo}enne.
50 en moyenne.
15 en moyenne.
15 en iiio}enne.
10 en moyeiim*.
15 en moveune.
30 en moyenne.
Dans la Mésopotamie argentine, sur les bords des fleuves, la récolte du blé est plus inégale que dans les provinces où l'on peut pratiquer l'irrigation; mais sa culture est aussi moins dispendieuse ; le terrain à exploiter est plus vaste, et dans les bonnes années l'exploitation est plus facile. La grande étendue du terrain permet d'ensemencer ce que Ton veut, et si l'on n'emploie pas les engrais parce que le transport serait trop cher, on a la ressource des jachères : on laisse reposer le sol un ou deux ans. Par conséquent, les choses sont compensées, et les travaux agricoles peuvent Être là tout aussi lucratifs que dans les vallées à irrigation et à climat constant.
Le tableau que nous présentons ici du rendement du blé est le résultat des renseignements que nous avons puisés auprès des cultivateurs eux-mêmes, et non pas de dires généraux. Nous ne l'offrons cependant que comme indication, comme spécinîen ; car tout est si nouveau, tout se modifie avec une telle rapidité dans les diverses régions du sol argentin, que ce qui est vrai aujourd'hui ne l'est plus demain. Ce tableau ne peut donc conserver de valeur réelle que comme document historique pour donner une idée de ce qu'était le produit du froment à l'époque où nous avons parcouru le pays.
Nous avons cherché à débrouiller la vérité, au milieu des renseignements, tantôt confus, tantôt contradictoires, que nous tirions des cultivateurs eux-mêmes ; et ce n'est pas sans peine, on le croira^ que nous sommes parvenu à réunir ce peu de données sur la branche de l'industrie agricole qui doit être un jour la plus importante dans le vaste bassin de la Plata.
On cultive presque indifféremment les diverses variétés de Blé ; il nous a cependant paru que les Blés durs étaient plus répandus dans les provinces de l'intérieur, et les Blés tendres sur le littoral. Le climat, la culture, le mélange des semences doivent avoir d'ailleurs une grande influence sur la production. — Nous avons déjà dit que les semences avaient de la tendance à dégénérer et qu'il était nécessaire de les renouveler : cela est si vrai, que depuis deux ans, l'introduction dans la province de Tucuman d'un Blé de Crimée, que Ton a appelé là, nous ne savons pourquoi. Blé correntino (de Corrientes), quoique sa culture à Corrientes soit nulle , a eu les meilleurs résultats. La rouille [polvillo) l'attaque beaucoup moins, l'épi graine davantage et la récolte est plus sûre.
Dans toutes les provinces argentines, les semailles se font à l'automne, d'avril à juin , et la récolte eu novembre ou décembre. La
terre est préparée par deux labours croisés très-superficiels , faits avec une charrue sans roues, tirée par deux ou quatre bœufs, et qui ne pénètre guère à plus de 15 centimètres. Le Blé est semé à la volée, recouvert ensuite à l'aide d'une claie de branchages chargée de quelques pierres. Sur le littoral, on vient d'introduire des charrues américaines , defe herses en fer, enfin un matériel agricole plus convtînable et qui prépare mieux le sol. Naturellement, on n'emploie jamais d'engrais, dont les charrois augmenteraient énormément une maind'œuvre déjà fort chère. On échardonne si l'on peut, quelquefois on laisse tout pousser à la fois; chaque province , d'ailleurs, à sa méthode de culture plus ou moins soignée. Dans les pays à in'igation, on arrose deux ou trois fois le Blé ; une fois après le semage, une seconde fois quand il commence h croître, et une troisième fois lors de la floraison.
La récolte se fait à la fin de novembre. Le Blé est coupé à la faucille, mis en javelles et porté à l'aire en plein vent, où l'on doit en faire le dépiquage. En quelques endroits ou le met en meules {parva^) pour le conserver à volonté, mais le plus souvent on se hâte de h faire battre. Dans les provinces de Mendoza et de San-Juan, où il ne pleut jamais, cette opération se fait à loisir. Il n'en est pas de même dans le reste du pays, où les orages sont fréquents Tété.
Le dépiquage se fait à l'aide de 12 à 15 jument*; que l'on n»nferme dans une enceinte formée de cordes et que deux ouvriers à cheval font trotter en cercle toute la journée. Des hommes et des femmes montés sur les gerbes amoncelées au centre les poussent successivement sous les pieds de ces animaux, qui broient ainsi la paille et en fout sortir le grain; à la fin du jour, celui-ci est rassemblé vu grands tas. La toUdité de la moisson faite, on le vanne en le jetiuit en l'air avec une pelle. Il est difficile d'évaluer la quantité de blé (jui se perd par ces procédés commodes, mais imparfiiits; elle doit être considérable. Comme la saisoq est fort chaude, le soleil ardent, le grain tient peu à Tépi, et dans le transport du champ à l'aire de dépiquage il s'en perd une gnmde quantité. Il s'ensuit ^que souvent dans des terrains neufs, comme à San-Juan, à la Rioja, à Santiago del Estero, il n'est pas besoin de faire d'autres semailles et que trois années de suite la terre rapporte une même moisson, quelquefois même plus abondante la seconde aimée que la première. — S'il sur\'ient des pluies pendant l'opération du dépiquage, il faut la suspendre, attendre que tout soit sec, ce qui heureusement ne tiu'de guère; mais cela fait perdi*e du temps et augmente les frais.
i80 RKGNE VÉGÉTAL.
Ou comprend la nécessité de Tintroduction des machines agricoles, surtout pour le battage et le vannage, car ce sont les opérations qui exigent le plus de rapidité dans Texécution ; sans compter qu'il y a beaucoup à améliorer le bottelage, la mise en dizeaux et en meules, le transport, enfin toutes les opérations multiples de la moisson, et que, d'autre part, les moyens de conservation sont des plus imparfaits.
Quand on considère la bonté du sol et celle du climat, on demeure convaincu que si la cidture du blé recevait dans la Confédération le quart seulement des perfectionnements qu'elle a reçus en Europe, le rendement ferait plus que doubler. Mais là nous avons à lutter contre recueil général de tous les travaux , quels qu'ils soient, dans le bassin de la Plata, la routine, l'insouciance et surtout le manque de bras. Les machines, par suite des frais de transport, reviennent à des prix énormes ; il n'y a personne pour les réparer, et ce n'est, jusqu'il présent, que près des grandes villes du littoral qu'il a été possible d'en introduire quelques-unes. Pendant longtemps encore l'intérieur du pays sera obligé de se contenter de la pratique ancienne, qui, malgré ses imperfections, suffit aux besoins les plus urgents.
Par le dépiquage, la paille se trouve hachée fort menue. Dans cet état, on l'emploie mêlée h la terre dont on fait la brique, afin de lui donner plus de liant; ou bien, on la donne à manger aux chevaux et aux mules; mais le plus souvent on la jette. Le Blé est acheté aux paysans par des spéculateurs qui le revendent à leur tour ou l'exportent. Le paysan en garde peu pour lui et préfère son Mais, dont la conservation en épis est plus commode. Il est difficile d'indiquer ici un prix moyen du Blé, car il varie énormément, suivant les années et les circonstances ; il flotte en général dans l'intérieur entre 6 et 10 piastres (30 et 50 francs) la fanègue de 12 almtides (288 litres). Ce prix est plus élevé sur le littoral.
Les meilleurs Blés sont ceux des vallées des Andes, telles que celles de la Bioja et la grande vallée de Cîilchaqui dans la province de Salta. Ces localités ont des Blés durs dont la farine, entièrement blanche, donne un pain supérieur, tandis que celle du littoral est plus bise et de moins bon goût. Le Blé est moins sujet aux maladies dans ces hautes régions que sous le climat parfois orageux de la plaine. Plus on remonte vers le nord, et plus il est facilement attaqué de la rouille , surtout lorsque les pluies sont abondantes au moment de la maturation. Nous n'avons point entendu parler de l'ergot, rarement du charbon; mais la rouille est malheureusement
très-fréquente et a plus d'une fois dégoûté les cultivateurs de la culture de cette céréale. Tous sont convaincus aujourd'hui que le changement fréquent de semences est le meilleur moyen d'empêcher l'apparition de la rouille ; mais les frais de transport sont un obstiicle à ce que cette méthode se généralise.
En résumé, la culture du Blé se développe de jour en jomr dans tout le bassin de la Plata, et il est certîiin qu'avant un temps éloigné, la production, favorisée tout à la fois par l'importance des bénéfices qu'elle procure, par l'augmentation incessante de la population et par le perfectionnement inévitable des méthodes agricoles, acquerra des proportions énormes. Le littoral, par les facilités qu'il oflFre à l'expoilation, pourra entrer alors pour une bonne part dans le grand mouvement d'affaires auquel donne lieu le commerce de cette céréale.
Quoique le Blé en lui-môme soit, ainsi que nous le voyons, ù bas prix au lieu môme de production, le pain n'en est pas moins à un taux généralement double et souvent môme triple de celui de TEurope. Cela tient à la difficulté des transports dans rintérieur, à la rai'eté des moulins à eau ou à vent, que Ton remplace le plus souvent, soit par des machines [atahoims) manœuvrées par des mules, soit simplement par le mortier et le pilon, si l'on est isolé. Dans les villes du littoi'al on a établi depuis peu de temps un assez grand nombre de moulins à vapeur. En outre, la boulangerie donne de notables bénéfices, quoique la formation d'un bon établissement de ce genre soit longue et assez dispendieuse, à cause de la cheilé de la main-d'œuvre.
Malgré la concurrence des farines venues des Etats-Unis, les farines indigènes sont toujours d'une très-bonne défaite sur tous les marchés de la Plata, témoin le développement qu'a pris dans ces contrées l'industrie de la meunerie.
Orge [Uordeum vulyarey — Graminées). — li'Orge [CebacUi) est cultivée sur le littoral comme fourrage pour les animaux , pruu* son grain qui sert également à les nourrir, et surtout pour la fabrication de la bière. Dans les hautes vallées des Andes , on la cultive également. Mai§ la quantité est, en somme, si peu considérable que Ton ne peut pas regarder cette céréale comme étant (f'une importance réelle dans l'agriculture argentine.
Avoine [Avena sativa^ — Graminées). — (iOmmence seulement à ôti*e cultivée sur le littoral, où elle réussît parfaitement. L'habitude
de nourrir les chevaux et la volaille avec du Maïs fait qu'on s'occupe peu de TAvoine, qui voudrait cependant plus de considération, car on sait combien elle est avantageuse pour la race chevaline.
Le Seigle [Secale céréale^ — Centeno) n'est pas cultivé. Il en est de même du Millet (Panictim alcandià)^ qui mériterait de l'être, à cause de son immense reproduction et de l'aptitude de cette culture au sol et au climat de la Confédération argentine.* Cette plante, sous le nom de doura^ nourrit une partie des populations de l'Afrique; elle supporte mieux les chaleurs et les sécheresses que toute autre céréale : il y aurait donc avantage à introduire sa culture. Cuite dans du lait, elle ferait une excellente muzaiiion*a^ préférable à celle du maïs, et rendrait de grands services dans les provinces de l'intérieur, à Corrientes, au Paraguay, etc., partout enfin où la terre est riche, le sol profond, la chaleur forte. Sa croissance et sa maturation rapides la rendraient précieuse lorsque le Blé ou le Maïs ont souffert.
Le Sorgho {Holcus Sorghum) n'est pas cultivé; mais on vient d'introduire l'espèce à sucre, déjà importée de Chine en Europe, et peut-être cette culture, si elle réussit, donnera-t-elle lieu à une nouvelle industrie.
Riz [Oryza sativa^ — Graminées, — Arroz). — Le Riz de cultive aujourd'hui au Paraguay et dans la province deTucuman. — Au Paraguay, on choisit des bas-fonds humides, mais il ne se fait pas de travaux d'imgation ; on compte sur les pluies d'été pour donner suf* iisamment d'eau à la plante, et de fait il arrive quelquefois que son pied est noyé une partie de la saison. On sème le Riz en octobre et on le récolte en mars. Le rendement est considérable, mais cette culture se fait sur une très-petite échelle et uniquement pour les besoins locaux» — Il en est de même dans la province de Tucuman ; là cependant on pratique Firrigation à l'aide de rigoles dérivées du Rio-Sali ou des ruisseaux qui descendent de la sierra d'Aconquijai Ce Riz est de première qualité, aussi beau que les plus belles sortes de la Caroline ; on ne l'exporte néanmoins qu'en petite quantité, tout se consommant dans la province ou dans les environs. — * Pour enlever au Riz la balle jaunâtre qui entoure le gi'ain, on le bat simplement dans un mortier avec un pilon en bois.
liO Riz pourrait êtn^ cultivé dans toutes les provinces argentines, surtout dans celles où l'irrigation est pratiquée, ce qui ne changerait en