‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 3)Chapitre 151 sur 193 · VÉGÉTAUX CULTIVÉS. - PLANTES FOURRAGÈRES · texte numérisé non relu

VÉGÉTAUX CULTIVÉS. - PLANTES FOURRAGÈRES

rien le» pratiques des habitauts. La pui*eté de Tair, la ventilation constante de ces régions annihileraient sans doute les effluves marécageux qu'engendre sa culture dans quelques parties de l'Europe. Il pourrait probablement aussi se cultiver sur les parties basses des rives du Rio-Parana, sujettes à des inondations périodiques. C'est encore une industrie à introduire dans les localités favorables. Nous ne désirons pas toutefois que la culture s'en étende davantage à Tucuman et à Salta, où les fièvres d'accès sont aujourd'hui endémiques à l'automne, piu* suite du mauvais aménagement du sol. Un pareil travail agricole réclame des précautions, des mesures que , dans l'état actuel du pays, il est impossible de faire comprendre et surtout de faire exécuter.

§ VI. — Plantes fourragères.

En parlant des pâturages do la Pampa (pages 412 et 416), nous avons indiqué les seules plantes fourragères qui servent aujourd'hui & la nourriture des bestiaux dans ces régions. Aucune pkmte graminée, excepté le Maïs, un peu d'Orge et encore moins d'Avoine, n'est cultivée à cet effet. Les prairies artificielles sont inconnues ; le sol, couvert presque partout d'immenses pAturages naturels, dispense de ces cultures. Mais dans le voisinage des Andes il n'en est pas de même, et si des pâturages artificiels n'y avaient été créés, il eût été impossible d'y entretenir le bétail indispensable aux travaux agricoles et à l'alimentation publique. U eût fallu renoncer au commerce d'exportation des animaux, qui fait la source la plus importante du revenu de ces provinces. — Une seule plante fourragère a pour\u à tous ces besoins, c'est la Luzerne, comme ici sous le nom A'Àlfalfa.

La LuzEKNK [MedicaffO sativa^ — Papilionacées), réussit dans toutes les parties du sol argentin, pourvu que le terrain soit un peu profond ; elle donne considérablement. Si de toutes les plantes fouriragèteS en Europe^ la Luzerne est la plus productive, cette productivité, grâce à la nature du sol et au climat, a encore augmenté en Amérique, où elle fut introduite dès le principe. Sur le littoral on la cultivait à peine il y a dix ans ; aujourd'hui que la population s'est accrue, et que l'on s'occupe un peu plus de la nourriture des bêtes de travail, on a multiplié les champs fermés [potrcros de Alfalfa)^ où on la récolte en abondance, et tous les jours on augmente le nombre de ces encl(»s.

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Dans les provinces du centre, où les foumiges sont moins abondants, le long des Andes, dans les vallées de cette grande chaîne, la culture de la Luzerne est maintenant l'industrie principale, peutêtre môme la plus lucrative ; et Ton va le comprendre :

La population du Chili augmente avec rapidité et dans une proportion considérable. La terre cultivable, surtout dans le nord de cette république , n'est pas assez étendue pour permettre l'élève du bétail en quantité suffisante pour les besoins du pays. Il faut donc le faire venir du côté oriental des Andes. Or, pour franchir, ainsi que nous l'avons vu (page 218), cette puissante barrière, pour faire cette route pénible, qui dure de dix à vingt jours et quelquefois plus, il importe que les animaux aient été mis en assez bon état pour résister à la fatigue : c'est donc dans les champs de Luzerne {alfalfarcs) des provinces de Mendoza, de San -Juan, de la Rioja et de Catamarca qu'ils s'engraissent avant d'être acheminés à leur destination à travers les passages des Andes. Les propriétaires des alfalfares prennent un tant par mois pour chaque tête de bœuf, de cheval ou de mulet qui séjourne dans leurs prairies ; ce prix varie de 4 à 12 réaux (2 à 6 fr)., suivant la saison, l'abondance des pâturages, les besoins, etc..

On voit combien cette industrie peut être lucrative. Quoiqu'elle se développe chaque jour, les besoins du Chili sont si constants que les fourrages font toujours défaut sur les revers argenthis des Andes, et que le nombre actuel d'alfalfares ne suffit pas aux troupeaux de bœufs auxquels on fait passer ces montagnes, et aux nombreux mulets employés à ce transit qui va grandissant chaque année, pendant les cinq mois que la Cordillère est ouverte. On utilise aujourd'hui les moindres cours d'eau ; on construit des réservoirs en barrant les petites vallées pour y conserver les pluies d'orage et se donner ainsi des moyens nouveaux d'irrigation; malgré tout, on arrive à peine à poui'voir aux besoins, tant le mouvement a augmenté.

Du côté du Chili, au débouché des principales routes des Andes, ce même état de choses existe, et dès la fin de l'été, les alfalfares, pelés par les nombreux animaux qu'ils ont reçus, n'offrent plus qu'un maigre pâturage que l'on paye fort cher, et qui met les introducteurs dans la nécessité de vendre à tout prix.

La culture de la Luzerne est donc doenue luie des industries agricoles les plus importantes des provinces argentines, ime industrie tout à fait vitale pour celles qui sont voisines des Andes ; aussi ce fourrage y est-il cultivé d'une manière qui laisse peu à désirer. Les

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