‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 3)Chapitre 175 sur 193 · INSECTES NUISIBLES. — FOURMIS · texte numérisé non relu

INSECTES NUISIBLES. — FOURMIS

qui sillonnent en tous sens la prairie, jusqu'à la fourmilière centrale, chef-d'œuvre d'industrie et de patience oii s'abritent des millions de ces fourmis. Cette fourmilière occupe quelquefois l'espace de plusieurs mètres carrés, sans compter les gsderies voisines creusées dans ,1a terre , les routes souterraines qui conduisent k des rentiines de nu>tres. Un pareil ti'avail, relativement aux proportions d«* l'insecte qui l'a produit, dépasse tout ce que les œmtes humaines ont fait de plus grandiose, et dont la grande muraille de la Chine peut seule donner une idée. Il ne s'explique que par la continuité d'un labeur qui ne s'an*éte ni jour ni nuit, et par l'immense repn»diiction de la colonie.

Tantôt les fourmilières sont tW's-multipliées sur un m^.me terrain, tantôt on n'eu voit qu'une seule isolée. Les environs de Buénos- Ayres et de Montevideo, TEntre-Rios, Santa-Fé en sont remplis ; mais le nombre en est encore plus considérable au Brésil, où il faut leur faire une guerre continue et acharnée pour les éloigner» lnd<'^ pendarament du moyen héroïque de déimire la fourmilière centrale au moyen de l'eau, comme on ne peut pas toujours l'employer^ soit qu'il s'agisse d'un jardin dont on ne veut bouleverser aucun endroit, soit qu'il y ait des murailles, etc., on y insuffle de la ^peurde soufre H Faide d'appareils particuliers fort uigénieusement construits et qui injectent Tacide sulfureux d'abord datis les galeries qu'il force C(^s .insectes à abandonner, puis jusque dans Tédilice principal. Mais elles savent retirer les pertes que cause parmi elles la vapeur empoisonnée en omTant de nou^'eiles galeries et en bouchant celles qui donnent accès au gaz, et ce n'est que par une longue persé^>3rance qu'on parvient à les éloigner. — Au Brésil , où ces fourmis sont encore plus nuisibles que dans la Plata , on a fait uuf^ foule d'expériences sur l'emploi du tabac, de l'arsenic, du soufre, enfin du sublimé corrosif. Cette dernière substance, répandue en poudre sur le chemin quVlles parcourent , les rend furieuses et occasîomie entre elles une guerre acharnée qui, en un instant, couvre la terrc de milliers de cadavres; mais la lutte se passe extérieurement ; elles meurent toutes au dehors sans entrer dans la fourmilière, où elles porteraient la contagion. Les ouvrières murent immédiatement la porte et sortent par une autre issue. Le meilleur moyen destnictif est, en somme, l'injection du gaz sulfureux , quand la destruction directe du nid est impraticable. Quelque ténacité que mettent ces insectes dans leurs travaux, si, dans hi campagne, quelques propriétaires se réunissent pour les poursuivre assidûment, on finit par s'en débarrasser et par en purger le canton.

Au Paraguay et au Brésil, on emploie, quand on peut se la procurer, une fourmi rouge, essentiellement ennemie des cargadoras^ et qu'on appelle Hormiga subauma. Celle-ci, qu'Azara a vue en plusieurs endroits au Paraguay, ne fait aucun tort aux végétaux ; elle se nourrit d'insectes et surtout des autres espèces de fourmis. Les cargadorm se réunissent par centaines pour lui résister et triomphent quelquefois ; mais si les mbaumas sont en assez grand nombre, leurs ennemis abandonnent la place et se retirent plus loin. On arrive ainsi à protéger des jardins en y multipliant ces fourmis rouges ; mais elles sont malheureusement assez rares.

Nous ne parlons pas de beaucoup d'autres espèces de ces mêmes insectes qui infestent les maisons sans y faire toutefois de grands dégâts.

Les Termites {Tef*mes fatale^ — Linn.) se trouvent au Paraguay, mais seulement dans les bois; elles attaquent peu les maisons. Nous n'en connaissons pas sur le sol de la Confédération. — Dans les vallées des Andes, tous ces insectes sont rares ; la sécheresse du climat paraît gêner leur multiplication. D'un autre côté, le système d'irrigation que l'on suit permettrait facilement de les détruire en inondant constamment leurs travaux.

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