‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 3)Chapitre 174 sur 193 · INSECTES NUISIBLES. ^ FOURMIS · texte numérisé non relu

INSECTES NUISIBLES. ^ FOURMIS

née d'après, ils deviennent magnifiques. La récolle du Maïs est toujours abondante lorsqu'il y a de bonnes pluies Tété, surtout quand elles surviennent peu de temps après les semailles; les étés secs, au contraire, rendent la production médiocre.

Quant aux plantes d'agrément, elles sont, comme les plantes utiles, sujettes, de temps à autre, à la dégénérescence et à des épidémies dont il est difficile de connaître la nature. Elles se comportent exactement ici comme dans leur pays d'origine , et il faut quelquefois de nombreuses expériences et beaucoup de patience pour les acclimater; mais on y arrive toujoui's si l'on veut réj^Uement s'en donner la peine.

j^ m. — Insectes nuisibles.

Nous ne nous occuperons ici que de deux espèces d'insect^^s nuisibles ; mais ces deux espèces sont les véritables fléaux de l'agriculture argentine , et leui'S ravages répétés sont certainement un des principaux obstacles qui ont empêché les entreprises agricoles de se développer autant que le sol et le climat les y conviaient. — O sont, d'une part, les fourmis; de l'autre, les sauterelles.

i FOURMIS.

Il y a, dans toute l'Amérique du Sud, et en particulier dans la Platii, une grande diversité de fourmis ; nous ne voulons parler que de celle qui fait im tort réel à l'agriculture et qui est malheureusement si répandue : c'est la Formica processionaiHo [uEcodoma cephalotes^ — Latreille), fourmi noire, d'une taille triple de celle de notre petite fourmi d'Europe, munie d'une paire de pinces trèsfortes et très-tranchantes; elle est connue ici et au Brésil sous le nom de Fourmi chargeuse [Hormiga cargadorà)^ ainsi nommée des fardeaux relativement énormes qu'elle charrie.

Cette fourmi et ses variétés, dont les mœurs sont très-curieuses, se rencontrent partout, mais plus particulièrement dans les terrains argileux. Elles ne construisent point leurs fourmilières dans le sable, qui n'a pas assez de consistance, et qui, en retombant incessamment, obstrue les routes souterraines; elles choisissent les sols résistants, où elles creusent d'immenses demeures ayant parfois jusqu'à plusieurs mètres de profondeur. Tantôt, et c'est le plus souvent, ces habitations se signalent à Textérieur par une butte de terre très-

M4 RÈGNE VËGËTAK.

meuble, sillûimée de bandes très-unies et très-battues, oii il est fa* cile de i^couuaitre les cheinios par où passent les fourmis; tantôt elles se perdent sous des herbes, sous de vieilles murailles, souvent fort loin de Tendroit par où les fourmis sortent pour coomieUre leurs ravages. C'est ainsi que dans les villes de Montevideo et de Buénos-Ayi'es, une foule de ces nids sont cachés sous les rues, sous les cours , dans les fondements des maisons , et qu'il est excessivement difficile de les trouver, quand on veut les détruire. De nuit, ces insectes sortent en longues colonnes et ravagent toutes les plantes d'agrément que Ton cultive dans les coui-s : Rosiers, Œillets, Pélargoniums, etc. On a beau mettre les pieds des caisses dans des vases pleins d'eau, elles s'y construisent des ponts avec des brins de paille, des grains de poussière, et finissent toujours par arriver l\ leurs fins. La destruction partielle qu'on en fait, tant qu'on ne peut pas arriver au nid, ne les eifraye pas; elles reviennent toujours à la charge, ouvrent d'autres trous à travers les murailles, et reparaissent plus acharnées au moment où Ton croit les avoir expulsées définitivemenL Dans la campagne il est plus facile d'arriver au nid central, que l'on détruit en l'entourant d'un fossé, en y conduisant de l'eau et en remuant avec des pelles la boue liquide dans laquelle on délaye leurs habitations et où on les étouffe.

Cette fourmi attaque exclusivement les substances végétales : farines, grains, sucre, et surtout les plantes délicates. Elle fait peu de tort aux grands arbres et aux grandes cultures, mais dévaste complètement les jardins d'agrément, les potagers, les vergers. Rien d^ plus curieux que de la voir travailler. Pendant que les unes, montées dans les arbres, coupent les pétioles des feuilles qui tombent comme neige, d'autres, répandues sur le sol, les découpent en petites morceaux que d'autres encore saisissent dans leurs pinces et portent au domicile commun. La colonne s'avance à pas précipités, conduite par ses chefs qui ont le double de la taille des fourmis ordinaires ; chacune porte un brin de feuille, souvent plus grand qu'elle, dans se» pinces; et, lorsque le fardeau est trop lourd, deux s'y mettent. Ou dirait un petit ruisseau vert qui s'écoule, car la couleur noire de la fourmi disparaît sous le fragment de verdure qui la couvre. Sur les flancs de la colonne , des inspecteurs se promènent et semblent veiller au bon ordre. — Combien de moments ne passe-tron pas volontiers à examiner les admirables travaux de ces insectes^ qui seraient à coup sûr fort intéressants s'ils n'étaient pas si nuisibles ! —-Tous les débris végétaux sont portés^ par cent chemins di^ors

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