‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 3)Chapitre 22 sur 193 · txT · texte numérisé non relu

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Sullivan.

§ VII. — Rio-Pilcomayo.

Cette rivière, qui débouche dans le Rio-Paraguay, en formant un delta analogue à celui du Tacuari, mais plus allongé, a un cours d'une énorme longueur, près de 300 lieues ; mais, mal encaissée, sujette à des débordements périodiques qui bouleversent son lit, elle est infiniment peu connue. Sa direction est celle d'un grand demi-cercle incliné de l'est à l'ouest, à travers les déserts du Chaco ; elle parait se perdre en différents endroits dans de grandes lagunes au milieu desquelles il est impossible de reconnaître son cours, et n'arrive que considérablement réduite au Rio-Paraguay.

Le Pilcomayo se forme des eaux qui s'écoulent des versants orieu-

taux des Andes du 19* au 22* degré, et qui ont deux vastes déversoirs, l'un méridional, le Rio-Suipacha ; l'autre septentrional, le Rio-Pilaya.

Le système méridional reçoit les nombreux niisseaux et torrents qiii, descendant des sommets de la puna de Jujuy et de la province de Potosi, grossissent les deux rivières principales de Talina et de Tupiza, dont la réimion forme le Suipacha. Celui-ci devenu bientôt considérable se dirige à Test et débouche dans les grandes plaines qiii s'étendent au pied du massif andin. Au nord de ce premier systme, dans les vallées de Chuquisaca et de Cinti, de tous les chaînons et plateaux voisins, naît de la même manière un autre cours d'eau qui débouche à son tour dans la même plaine, sous le nom de Pilaya. Tous deux se réunissant par 21° 33' et 65° environ, constituent le Rio-Pilcomayo. Ce point de réunion, nommé las Juntas^ est important ; car, dans Thypothèse de la navigation de cette rivière, il en serait le port supérieur.

De las Juntas le Pilcomayo coule vers Test, et arrose les grandes plaines du Chaco. Ici les renseignements sur son cours supérieur sont obscurs , et nous n'en pouvons que résumer les diverses expéditions qui ont été faites pour le reconnaître, et en tirer quelques déductions.

En 1843, l'expédition envoyée par le général Ballivian, président de la Bolivie, et commandée par le général don Manuel-Rodriguez Margariiios, fut très-vite arrêtée par le manque d'eau ; elle se composait de trois grandes embarcations malheureusement d'un tirant d'eau trop fort pour aller un peu avant dans la rivière. On les avait construites sur les lieux mêmes, à las Juntas, au milieu du désert.

L'année suivante, sans se rebuter, le gouvernement bolivien envoya une autre expédition composée d'une petite flottille de 3 pirogues et de 8 canots, plus une compagnie de ?j6 soldats de ligne, avec le major Acha et le lieutenant de marine Van-Nivel. Partie le 30 septembre 1844, la flottille navigua sans encombre jusqu'au 3 octobre. Après plusieurs échouages, on se décida à abandonner les canots et une certaine partie des vivres, et jusqu'au 10 on continua de s'avancer avec les pirogues dans un canal qui avait de 4 à S pieds d'eau. L'expédition avait pour guides des Indiens amis ; cela n'empêcha pas que, une fois internée ainsi au milieu du Chaco, elle ne fût attaquée par un grand nombre ^e tribus barbares. Le 11 octobre, la flottille se trouva dans une immense plaine sablonneuse, où le Pilcomayo se séparait en une soixantaine de petits rameaux complètement innavi-

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, gables. Les voyageurs creusèrent alors une sorte de canal d'une demilieue qui les conduisit dans lute très-grande lagune de 25 lieues de tour. Cette lagune, par un chenal qui traversait un bois épais^ allait se décharger dans des sables mouvants, où le cours d'eau disparaissait complètement. Jusqu'à cet endroit, on avait compté 189 lieues (de 5,000 vares ou 4,200 mètres). Les guides indiens ayant assuré qu'on n'était plus qu'à trois journées de marche du Rio-Paraguay, l'expédition se décida à continuer sa route à pied. Egarée dans un marais, elle coiurut d'abord les plus grands dangers par les attaques de nombreuses hordes d'Indiens, qui ne tinrent cependant pas devant le feu de la mousqueterie ; et, au bout de deux jours, après avoir doublé ces bois et ces sables, on retrouva le cours du Pilcomayo. Depuis sa disparition dans les sables jusqu'à cet endroit, la distance en ligue droite fut estimée à 12 lieues. Dans le voisinage, se présentaient plusieurs canaux qui évidemment avaient servi autrefois de lit à la rivière ; dans le nouveau, celle-ci était bien encaissée. On la côtoya pendant 9 jours, et on y reconnut 13 rapides. Après le dernier, eUe se perdait dans une immense lagune, qui paraissait avoir 80 lieues de tour. Ici les forces manquèrent aux voyageurs ; les guides leur confessèrent qu'ils ne connaissaient plus le chemin, et qu'il fallait au moins huit joure pour doubler la lagune. Privée de provisions suffisantes, l'expédition se décida alors à revenir sur ses pas, et le fit de la manière la plus pénible à cause du manque de vivres. Le poisson du Pilcomayo qu'ils côtoyaient, avec les racines du chaguar (1), fut la. base de la nourrriture des explorateurs. Enfin, après ime marche à. pied qu'ils évaluèrent à 389 lieues, ceux-ci regagnèrent leur point de départ, rapportant la conviction que le Pilcomayo n'était pas navigable.

n nous semble, dans le récit de ce voyage fait par Enrique Van- Nivel, que les distances ont été exagérées, aussi bien que le nombre des Indiens , qu'il évalue à 80,000. Il est douteux, en effet, que 58 hommes eussent pu résister victorieusement à tant d'ennemis,, et l'on s'étonna, avec quelque raison peut-être, de ces prouesses. Le général Ballivian songeait à une troisième expédition , lorsque le& événements politiques, qui plus tard amenèrent sa chute, l'empé» chèrent de réaliser cette pensée. Depuis rien n'a été tenté sur ia Pilcomayo.

La reconnaissance du cours de cette rivière, à la remonte,, a été.

(I) Plmlt diot la radot est fMtftnKel renferme delà fèciik.

FLEUVES ET nVlËftES. — RIO-PILCOMAYO. 127-

fiùte, en 1721, paar le père Gabriel Patiîio, de la compagnie de Jésus. D était accoiupogné de trois autres pères, d'un officier volontaire,, don José PoFtiUov. de six Espagnols et soixante Indiens Guaranis des Missions ; en tout soixante et onze individus. La flottille se composait d'une grande barque de 87 tonneaux et de deux canots plats construits exprès. Ce missionuiiire commandait l'expédition et en rédigeait k journal , qui nous a été conser>é , et que nous analysons

L'expédition, partie de l'Assomption, entra le 18 août dans le bras supérieur du Pilcomayo , situé aloi-s à 9 lieues au-dessous de la capitale du Paraguay. A cet endroit, le canal était étroit et profond ; la rivière , assez haute jusqu'alors , commençait à baisser. Les 60 premières lieues présentent mi lit bien encaissé, avec des lagunes latérales qui s'emplissent et se vident selon les crues; — traces d'Indiens ; — des arbres tombés des rives gt^nent souvent le passage, et il faut les enlever. De ce point à la bifurcation de la rivière, — beaucoup de bas-fonds, de bancs de sable et quelques veines d'une terre argileuse, blanche et dure qui traversent le lit et déterminent des rapides que l'on passe avec quelque difficulté. Dans cette seconde section, la marche de la flottille est très-lente. Enfin, après 23 joui*s de route et ime distiuice évaluée à 94 litmes, on arrive à l'endroit où la rivière se sépare en deux branches, 7 lieues au-dessus d'un rs^ide où il y a une véritable chute d'eau de très- faible élévation. Les navigateurs le détrinsirent par un petit canal qui leur coùtîi 10 jour» de travail. Craignant avec raison que la grande barque ne pAt trouver assez d'eaù, le père Patiûo se résolut à la laisser. Deux missionnaires, 3 Espagnols et 20 Indiens furent commis à sa garde ; avec les deux canots et le reste du personnel, il continua la remonte de la rivière.

On fit encore 80 lieues sans encombre dans un canal bien encaissé , tantôt bordé de bois , tiuitôt de belles campagnes. La rivière fournissait abondamment du poisson , et on tuait quantité de gibier sur ses rives. On rencontra ensuite divers bancs de terre argileuse peu dure, mais fort onctueuse, sur laquelle l'eau passait sans Fentamer. Ces espèces de rapides se présentèrent pendant 33 lieues ; puis le Pileomayo redevint profond, encaissé par de hautes bergesw U était facile de s'apercevoir que la totalité du terrain était {dufl élevée, et l'on rencontrait de temps à autre des troncs d'arbres évidemment entraînés de la région montagneuse àl'époque des pluies. Bieaifti les traces d'Indiens devinrent fréquentes ; il était évident

que le pays était habité. Ces traces même se présentèrent de plus en plus nombreuses à mesure que Ton remontait la rivière, etTontrouya des espèces de villages (tolderias) récemment abandonnés. La région habitée commençait à 100 lieues au-dessus de la bifurcation du Pilcomayo, et se continua l'espace de 170 lieues. Ici Ton rencontra des villages d'Indiens Tobas qui, le 2 décembre, attaquèrent l'expédition, et la forcèrent à rétrograder. En 28 jours, naviguant jour et nuit, le père Patiflo et ses compagnons regagnèrent le rapide où ils avaient laissé la grande barque. Ils avaient mis 42 jours pour remonter jusqu'aux Tobas.

On voit que cette navigation n'avait pas présenté de grandes difficultés et que, sans les attaques des Indiens, l'expédition serait arrivée aux juntas de Pilaya, dont elle devait ôtre fort près. Il faut noter de plus que cette tentative avait été faite dans la saison sèche , puisque ce n'est qu'en décembre que les rivières du Chaco commencent à grossir ; ce qui prouve la navigabilité du fleuve à cette époque. Il est wai que rien n'est plus capricieux que ces cours d'eau qui coulent dans une plaine absolue, et que les crues bouleversent parfois si complètement leur lit que celui-ci, très-praticable une année, peut fort bien cesser de l'être l'année suivante.

Si maintenant, des deux seuls itinéraires que nous possédions sur le Pilcomayo , nous cherchons h tirer quelques déductions, nous voyons, eu comparant les deux expéditions dans la partie supérieure, que depuis las Juntas la rivière demeure navigable pour de petites embarcations l'espace de près de 200 lieues. Le père Patino et le lieutenant Van-Nivel ont rencontré presque partout, dans cette partie, un canal encaissé et assez profond. Le danger seul vient des nombreuses hordes d'Indiens qui peuplent ces rives ; mais il est clair cependant qu'une petite troupe bien armée et bien disciplinée leur résiste sans peine. Pourtant il semble que l'ancien canal suivi par Patiûo a été abandonné par la rivière à l'endroit où M. Van-Nivel ne trouva plus qu'une lagime, des sables et un bois, au travers desquels filtraient les eaux, pour aller reparaître 12 lieues plus bas, et reprendre très-probablement leur ancien lit, puisque l'on retrouva tous les rapides décrits par Patino : treize dans un espace de chemin assez court. Il est vrai que M. Van-Nivel dit que ces treize rapideS étaient de véritables chutes, et que le missionnaire n'en citait qu'une seule, celle de la pointe du delta que forment les deux branches de la ri\îère en se bifurquant. M. Van-Nivel avait oublié sans doute les détails donnés dans le journal du jésuite navigateur, qui parle très»

FLEUVES ET RIVIÈRES. — RIO-VERMEJO. * ' liO

nettement des bancs argileux qui traversaient le Pilcomayo, et y formaient des rapides assez difficiles à franchir. Quant à la grande lagune de 80 lieues de tour, devant laquelle s'arrêta Texpéditiou de 1844, elle doit se trouyer à Tendroit où , avant d'entrer dans la série des rapides qu'il décrit, Patiilo trouva de vastes campagnes et des berges très-basses : c'était à 80 lieues de la bifurcation de la rivière, n est bien à regretter que M. Van Nivel n'ait pu continuer à côtoyer la rive pour arriver au Rio-Paraguay ; ce voyage eût achevé d'éclaircir le problème du régime des eaux du Pilcomayo.

Il résulte de tout ceci que le Pilcomayo serait navigable dans la plus grande partie de son cours, mais qu'il y a des intemiptions qui obligeraient k des portages jusqu'à ce que l'on eût régularisé son lit dans ces parties difficiles. Or, ceci est une question de dépense, mais surtout de popidation. Un chemin de fer direct du centre de la Bolivie à l'une des lagunes du haut Paraguay, la Gai va oiiYUberava, remplirait le même but à moins de frais, et épargnerait les ennuis et les fatigues d'im long voyage dans ime rivière capricieuse, et qui toujours nécessitera de grands travaux pour maintenir sa navigabilité. D'ailleurs, comment les exécuter aujourd'hui dans le désert et au milieu de tribus hostiles? Lorsque leChaco sera peuplé et cultivé, ces travaux ue seront qu'im jeu; maintenant ils sont impossibles pour la Boh vie, comme pour la Confédération. Quelle que soit la fertilité des terres arrosées par le Pilcomayo, la beauté et la salubrité du climat, il y a tant d'autres terres d'une égale valeur dans des parages beaucoup mieux situés, que la population ne p(»ut se porter là que dans bien des années, à moins que le gouvernement bolivien ne fasse des sacrifices considérables et surtout suivis, qu'il n'ait lui plan duquel on ne s'écarte pas, comme on le voit trop souvent dans la plupart des États de l'Amérique du Sud, où l'instabilité des gouvernements fait que Fou commence tout, sans jamais rien finir.

§ VIII. — Rio'Vermejo.

Le Rio-Vemiejo, ainsi nommé de la couleur rougeàtre de ses eaux dans la partie inférieure de son cours, se forme de deux principales rivièresquipre'nnentnaissiuice dans la province de Tarija, et proviennent des plateaux et vallées des Andes, entre 21° 30' et 23° S. Le rameau supérieur qui passe à Tarija même, et reçoit plus bas Vltaut lequel vient des dernières collines du massif andin, vers le Chaco, est lebrasleplusconsidérable, et porte le nom de Vcrmejo-de-Tarija. Par

22° 20' environ, un autre rameau venant de l'ouest, qui marque la séparation des provinces de Jujuy et de Tarija, et qui est le Ver-mejo proprement dit, se joint au Vennejo de Tarija. Réunis ensemble ces deux rameaux forment un cours d'eau abondant qui baigne les pieds des hautes chaînes de Santa-Victoria et d'Iniya, et descend vers la plaine d'Oran. Dans ce trajet, la rivière est torrentueuse et rapide ; elle coide au milieu de hautes forêts, et se grossit de jdeux larges torrents, le Pescado et le Zenta, qui viennent de la chaîne de ce nom. Dans h^ voisinage d'Oran, à 310 mètres seulement d'altitude^ sou impétuosité diminue beaucoup. A las Jiintas^ alors qu'elle se grossit du San-Francisco, c'est im véritable fleuve, paisible et profond, qui se dirige vers le sud-est, en faisant de nombreux détours au milieu des terres argileuses du Chaco.

Le San-Francisco^ qui se réunit au Vennejo à las Juntas, est aussi considérable que lui. Deux niisseaux le fonnent : le Rio-Grande de Jujtif/^ qui, né du plateau élevé de V Abra-de-Cortaderas^ parcourt du nord au sud la vallée d'IIumahuaca et s'y augmente de nombreux affluents ; le Lavayen^ qui reçoit les eaux du sud-est de la province de Salta. Réunies près du bourg de San-Pedro, ces deux branches constituent une large rivière qui coule dans une magnifique vallée, et qui reçoit de la sierra haute et boisée de Odilegua le Rio-Negro, le Ledesma, le San-Lorenzo, le Colorado , lesquels, à la saison des pluies, lui amènent une énorme quantité d'eau.

De las Juntas jusqu'à son embouchure dans le Rio-Paraguay , sur une étendue de 210 lieues, le Vermejo présente le même aspect : lit profond, moyennement large, ordinairement bien encaissé, bordé tîuitôt de bois, tantôt de campagnes découvertes. Il est creusé dans ime terre meuble et généralement argileuse, fait de nombreux détours, des' coudes bnisques, mais de peu d'étendue, qui rendent sa navigation assez difficile h la remonte.

Comme toutes les rivières du Chaco, celle-ci présente le phénomène de ne recevoir aucun affluent depuis las Juntas jusqu'à son embouchure, les quelques rares ouvertures que présentent ses rives n'étant que les canaux de décharge des lagunes latérales qui se forment à l'époque des crues , et se vident dans la rivière lorsqu'elle est basse. Mais le Vefmejo supérieur et le San-Francisco ont tant d'eau à l'époque des pluies, que cette masse suffit pour alimenter ce canal toute l'année , et y maintenir une hauteur d'eau qui n'a été trouvée en nid endroit inférieure à un mètre.

De las Juntas au Rio-Paraguay, la direction générale est sud-est.

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et la rivière parcourt près de 3 degrés en longitude, 3 et demi en latitude, et une distance totîile de 624 milles. (Mesure dans le dernier voyage du Zenta par le capitaine Lavarello.) D'Oran à las Jhintas , le Vermqo est encore très-rapide , car la pente est forte et son lit n>st pas très-encaissé. Les deux rives, semées d'épais bouquets de bois, sont garnies de nombreuses estancias qui se contmiieot des deux côtés jusque près de la rive orientale de la Esquina-Grande , où commencé le désert. Il est important de remarquer, ici que les fermiers, qui se sont récemment établis dans ces parages, ont découvert près de la rive orientale un ancien lit à sec qu'ils dénomment Teyu^ lequel se dirige vers le nord-est. D'après les récits des Indiens et dans leur opinion, c'est un canal naturel qui anciennement aurait fait communiquer le Pilcomayo avec le Vermejo.

La Esquina-Grande est un coude que forme la rivière vers • le sud, en se rapprochant un peu de la province de Salta. La berge est haute ; il y a dans les environs des lagunes d'eau excellente , et deruièrenient le gouvernement de Salta y a fondé une Mission dirigée par les Pères franciscains àc, propagandd fide, La rivière est là assez profonde pour que les navires puissent accoster au bord même. A l'époque des basses eaux, ceux qui calent plus de 1",30 ne pourront guère remonter plus haut : aussi est-il question d'y établir un port commimiquant directement avec Salta, par une route que quelques travaux d'abatis rendraient parfait^^ment carrossable. Les environs de la Esquina-Grande sont peuplés d'Indiens Matacos très-pacifiques, dont la plupart vont, à la saison, travailler dans les plantations de canne à sucre de la vallée du San-Francisco. ■ De la Escpiina-Grande, le Vermejo continue sa route vers le sud-est, toujours avec le même aspect. Les rives sont généralement élevées; quelques éboulis dans les berges forment de temps à autre des {dages sablo-argileuses qui se recouvrent bientôt d'une abondante v^tation. Plus loin, de nombreux champs de palmiers bornent l'horizon : c'est l'aspect et la végétation des bords du Pilcomayo. Du reste, nui dratacle dans le cours du fleuve. Sur ses rives campent d'assez nombreuses tribus d'Indiens Matacos, Ckunupis, Atalas, Vitelas, Tobas €t Moœvis, qui se nourrissent du poisson que leur fournit la rivière, du gibier que l'arc leur procure et de fruits sylvestres. Quoique ces tribus soient pacifiques pom: la plupart, des bandes de Tobas voisines du Paraguay ont plus d'une fois attaqué les navigateurs. Cest parmi ces Indiens que dans le siècle dernier, en 1780,

D. Gabino Arias fonda, près de la lagune des Perles, la réduction de San-Bernardo par 25** 30' et 63** 8' environ ; réduction qui fut malheureusement abandonnée au commencement de ce siècle. — Quinze lieues plus loin, on trouve l'emplacement où fut établie, à la même époque,' celle de Santiago parmi les Mocovis, qui ne subsista pas davantage. Cette dernière réduction est plus connue sous le nom de la Catigayé. Elle est non loin de la rivière, au bord d'une belle lagune, et conserve encore les arbres fruitiers qu'y avaient plantés les missionnaires. — Enfin, à une quarantaine de lieues de l'embouchure du Vermejo, se voient les ruines de la petite ville de la Conception, bâtie en 1585 et abandonnée en 1631, par suite des attaques réitérées des tribus du Chaco. Le Vermejo débouche dans le Paraguay par 26** 51' et 60** 50' de longitude occidentale. Une tte cache son embouchure dans le fleuve, mais ses eaux de couleiur rougeâtre qui coulent longtemps dans le même lit, sans se mêler à celles du Paraguay, le font assez remarquer des navigateurs.

Dans ce long trajet à travers le Chaco, les rives du Vermejo n'offrent pas ime pierre, et seulement deux ou trois îlots, dont le principal, celui de Nacurutu^ est situé sur im banc de terre argileuse dure, qui y détermine un rapide que Soria nomma salto de Yso, mais qui n'a pas été retrouvé dans les deux dernières explorations du Mataco et du Zenta. Ces bancs argileux, qui nulle part n'entravent la navigabilité de la rivière, sont assez nombreux et parfaitement semblables à ceux du Pilcomayo, qui paraissent être leur continuation. Ces veines s'étendent sur une longueur très-considérable du sud au nord.

La longueur totale du Vermejo aVait été fort exagérée ; les dernières explorations l'ont réduite à 300 lieues environ, dont 200 navigables en toute saison, de son embouchure à las Juntas ou confluent du San-Fr£Uttcisco, et 100 jusqu'à sa source. La largeur varie beaucoup : de 60 à 200 et même 250 mètres ; mais en moyenne elle n'est guère que de 120. La profondeur minimum depuis las Juntas est d'un mètre et demi, et va jusqu'à 4 ou 5 ; — en moyenne elle est de 2 et demi à 3. Le courant n'est nulle part de plus de deux milles, — et en moyenne seulement d'un mille et demi. Les observations barométriques nous ont domié pour Oran une altitude de 310 mèti*es, tandis ' que, à Corrientes, cette altitude n'est plus que de 50 mètres. Or, quoique d'Oran à las Juntas, la rapidité soit encore assez grande, l'altitude de ce dernier point ne doit pas dépasser 290 mètres ; ce

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qui, en admettant 50 mètres à rembouchure du Vermejo, donne une pente totale de 230" à répartir sur une distance de 624 milles, c'està-dire 38 centimètres, un peu plus d'un pied par mille.

Le Vermejo supérieur, depuis Tembouchure du Zenta, à 3 lieues N. E. d'Oran jusqu'à ses sources, est une rivière torrentueuse d'un cours extrêmement rapide, surtout à l'époque des crues. Aux eaux basses, elle est coupée de beaucoup de bancs de cailloux et absolument innavigable, excepté en quelques endroits. A la saison des pluies, en 1846, deux officiers boliviens, MM. Ondarza et Mujica, l'ont descendue jusqu'à Oran dans des embarcations légères. Ils s'étaient lancés par 21" 30', au N. de Tarija.

Le San-Francisco est un torrent jusqu'à San-Pedro; mais depuis sa réunion avec le Lavayen, il est navigable au temps des crues. Malheureusement une foule de troncs obstruent son cours ; ils y sont changés par les nombreux affluents qui, venant de la sieiTa de Calilegua, aiTachent dans leur route des arbres énormes, et les poussent dans le lit du San-Francisco. Il faut avoir mi, dans la saison sèche, le lit de ces torrents et les colosses végétaux renversés qui les jonchent, pour se faire une idée de la masse d'eau qu'ils doivent rouler à l'époque des pluies, c'est-à-dire d'octobre à mars. Le San-Francisco, depuis le confluent ou Juntas du Lavayen, a peu de pente, et forme de nombreux bancs de sable, dont le centre est toujours occupé par un tronc d'arbre qui a été l'origine de son développement ; ces troncs deviennent de moins fu moins nombreux à mesure qu'on s'approche de sa jonction avec le Vermejo. Celui-ci en a fort peu à partir de ce point ; mais le peu qu'il y a ne laisse pas d'occasionner quelques n^tards dans la navigation.

Le San-Francisco a été navigué plusieurs fois. En 1780, D. Adrian Comejo fit construin^ des embarcations sur le Rio-de-Ledesma, et le descendit, quoique avec peine ; il remonta ensuite le Vermejo jusqu'à l'embouchure du Zenta. Morillo, son chapelain, a laissé le journal de ce voyage, qui fut très-pénible à cause du manque d'eau. De là, Morillo descendit le Vermejo, s'aiTÔta aux réductions de San-Bernardo et de la Cangayé, que fondait en ce même moment le colonel D. Gabino Arias, et continua sa route jusqu'au Paniguay. Il est le premier qui ait descendu le Vermejo tout entier.

En 1781, le môme colonel Arias, après avoir fondé les deux réductions dont nous parlerons plus tard en faisant Thistoire du territoire du Chaco, s'embarqua à la Cangayé dans un canot construit sur les lieux mômes, et descendit jusqu'à Corrientes, où il arriva le 22 février, après un voyage de douze jours.

Neuf ans plus tard, D. Âdriau Cornejo, partit de Fembouehiu'e du Zenta à 3 lieues d*Oran, le 27 juin 1790. Il visita en passant la rédilctioii de San-Bernardo , formée de Tobas, qui paraissait prospérer ; puis celle de Santiago de Mocovies, dite la Cangayé, où il trouva l'archidiacre D. Lorenzo Suarez Cantillana qui Thabitait depuis sa fondation et exerçait un grand empire sur les Indiens. La navigation continua sans encombre jusqu'au Rio-Paraguay, où Ton arriva le 20 août, après . un voyage de 53 jours. Cornejo évalua la disUuice à 408 lieues depuis la bouche du Zenta, et à 391 depuis la jonction du San-Francisco. Il a laissé Je journal de son voyage. (Voyez la CoUeotion Angelis.)

Les guerres de la révolution détournèrent les idées de la colonisation des rives du Vermejo, qui avait commencé sous de si heureux auspices à La fin du Siècle dernier. Lorsqu'en 1826, l'esprit d'entreprise se développa dans la république argentine, une compagnie se forma pour reprendre la navigation de cette rivière, et donner un débouché commode et peu coûteux aux produits des provinces du nord. Elle se constitua au capital de 30,000 piastres (150,000 fr.), dans le but d'organiser un service régulier par des navires à voiles. Poiu* commencer, on se décida à un voyage d'exploration, dont la direction fut confiée à im Français nommé Soria, ancien marin, homme entreprenant et hardi, qui habitait la vallée du San-Francisco. Soria construisit son embarcation sur les bords du Vermejo, près de las Juntas, à un endroit qu'il nomma Palca de Soria. Pendant qu'on la construî-sait, il profita de ce loisir pour reconnaître le San-Francisco, depuis le ^o-Negro jusqu'à son confluent, comme l'avait fait Morillo. Son bateau terminé avait le faible tirant d'eau de 22 pouces ; avec cela, il se lança résolument sur la rivière, hii et un équipage composé de 10 personnes, le IS juin 1826, époque des plus basses eaux. Le voyage se fit sans d'autre accident qu'ime volée de flèches des Tobas de la rive orientale, au-dessous de la Cangayé, et le 12 août, après 57 jours > d'une heureuse navigation, il arriva dans le Rio» Paraguay.

Francia régnait alors. Sous prétexte que la navigation du Vermejo appartenait au Paraguay, il fit confisquer le navire, les plans ^ le journal du voyage, et le pauvre Soria fut interné à Neembucu, où on le garda cinq ans. Le dictateur le fit relâcher en 1831, et Tinforuné explorateur vint à Buénos-AjTes rendre compte de ses mésaven^ tures. Il put cependant publier un plan fait de mémoire, et des déails importants sur la navigation de la rivière qui confirmèrent ce

FLELVES ET RIVIÈRES. — RIO-VERMEJO. tZS

qu'en avaient dit Morillo, Arias et (Honiejo : ce yoyfxge prouvait, du peste, la facilité de cette voie de communication.

Mais tant que Fnmcia possédait Tembouchure du Yermejo, il était impossible de s'occuper de cette route fluviale. Lorsqu'il mourut, la gnerre civile dévorait la république argentine, et il faut airiver à Tadministration du général Urquiza pourvoir se réaliser la navigation actueUe et la vapeur sillonner les eaux silencieuses de la rivière qui doit, après le Parami et l'Uruguay, être la voie commerciale la plus fréquentée dans le bassin de la Plata.

Dès 1835, les entreprenants Salteûos (habitants do Salta) buicèrent sur le Vermejo un gros bateau plat et carré, le Mataco^ du port de 120 tonneaux, tirant 18 pouces d'eau. Monté par 23 hommes, le Hataco .parti de las Juntas le 12 mars, amva à Corrientes le 22 mai, après une navigation de 70 jours : c'était à l'époque des hautes eaux. Malgré la lourdeur de cettc^ embarcation et sa lenteur à la manœuvre, •die arriva sans encombre, sans avoir été molestée p^u* les Indiens, et sou chargement fut vendu fort avantageusement à Corrientes. Malheureusement l'auteur et l'âme de cette entreprise, un iVord-Américain, nommé Ceyney Ilickman, commandant du bateau, mourut d'une fièvre maligne dès les premiers jours de la navigation. Ce fut le seul accident du voyage.

Mais indépendamment de Tt^xpérience du Mataro^ les Saltenus, réélus dedonner à cette navigation toute l'importance qu'elle méritait, désiraient faire reconnaître sérieusement la rivière, alin d'y établir un service de bateaux à vapeur qui put les mettre en communication rapide avec les ports de la Plata. La compagnie qui se forma choisit pour son explorateur le capitîiine Lavarello, qui lit construire près d'Oran une barque pontée de 20 tonneaux, mue par des roues à palettes manceuvrées par quatre hommes. Au mois d'octobre 1 834, le bâtiment étant terminé, M. Lavarello fit d'abord lui premier voyage, de la bouche du Zentn où il aTaitconstruitsonnavire,etauqiielildonnacenom,auconflueutduSanpKUicisco, éloigné de 12 lieues en ligne droite, mais de i9 par le Verloejo. Le 1" novembre, il entra dans le San-Francisco et le remonta jusqu'au Rio-Negro. Lespluiesavaientcommencé tard, la rivièreétait basse, et il fallut énormément de travail pour arriver aussi haut, c;ir on hala presque constamment l'embarcation. Mais cette exploration était tout a ladt nécessaire, car de ce point à Salta il n'y a que 30 lieues ; et Ton comprend l'avantage immense qu'il y aurait h joindre la navigation du San-Francisco a celle du Yermejo. Le Zenta mit tout im mois à cette reconnaissance, qui fut d'une soixantaine de lieues. On en

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acquit la conviction qu'une partie des difficultés de cette navigation disparaîtrait, si les riverains avaient soin de retirer ou de brûler, aux basses eaux, cette prodigieuse quantité de troncs d'arbres qui multiplient les causes de bancs de sable dans la rivière. Salta et Jujuy auraient alors un port fluvial à leur proximité, au lieu d'être obligés d'aller chercher, ou TEsquina-Grande ou las Juntas, ou enfin les ports du Pacifique.

La reconnaissance du San-Francisco terminée, on attendit les nouvelles du Mataco pour entreprendre celle du Vermejo. Ce bâtiment avait navigué à l'époque des hautes eaux ; le Zenta choisit l'époque de l'étiage. Il partit le 25 septembre 18oS, et arriva le 13 novembre au Rio-Paraguay, après une navigation de 50 jours. Les explorateurs, munis d'instruments convenables, prirent les latitudes , les longitudes, la direction, les sondes, etc., etc., et le résultat fut la rédaction d'un plan, sur une grande échelle, que M. Lavarello offrit au gouvernement argentin, et dont nous avons tiré ime copie réduite. Le journal exact et minutieux de ce voyage confirme en gnmde partie les obsensations des précédents navigateurs ; nous en avons donné les principaux résultats dans la description du cours de la rivière.

Nous ne devons pas non plus passer sous silence une tentative hardie, mais dont malheureusement ont été victimes les braves ouvriers qui l'avaient entreprise. Quatre Basques, hommes énergiques et laborieux, attirés par la réputation des magnifiques bois de construction d'Oran, vinrent à la fin de 1 856 pour les exploiter. S'enfonçant dans les épaisses forêts- qui bordent la rivière, ils eurent bientôt construit un grand radeau composé des meilleures essences de Lapapacho^ Ufnindei/, Cèdre, etc., etc. Malgré toutes les observations qu'on leur fit sur les dangers qu'aurait à courir de la part des Indiens im si petit nombre d'hommes, sur les difficultés de manœuvrer un train de bois aussi long dans une rivière à détours brusques, sur les échouages sans nombre qu'ils ne pourraient éviter, ils se décidèrent à partir au mois de juillet 1857. Depuis, on n'a jamais eu de eurs nouvelles. Les Tobas qui sont en relation avec Corrientes ont dit qu'ils avaient été assassinés près de la Cangayé par les Guaycurus de la rive orientale : ce malheiu*, qui était prévu, rendra plus prudents à l'avenir ceux qui voudraient faire une spécidation analogue. Les Indiens riverains du Vermejo sont en majeiu'e partie inoffensifs, mais il est prudent d'être en force pouf leiu* imposer.

La compagnie S?altefia a déjà mis un vapeur siu* cette rivière; mais le tirant d'eau de ce navire était très-considérable, et, au lieu d'en-

FLEUVES ET RlVlf>:RES. -. RIO-VERMEJO. 137

trer dans le Vermejo en juillet 1857, à Tépoque des basses eaux, il fut obligé d'attendre la crue, ce qui le retarda de six mois. Enfin, en décembre, il commença sa navigation : malheureusement des difficultés survenues entre le capitaine et Tagent commercial de la compagnie mirent le désordre dans l'équipage, dont une partie abandonna le navire. Celui-ci continua sa route et atteignit les environs de la Esquina- Grande. Mais la rivière était très-haute ; le capitaine, nouveau dans cette navigation, sortit du chenal et fut s'échouer à 300 mètres de la rive cachée par l'inondation. Celle-ci terminée,le vapeur resta à sec, et l'on se hâta de décharger la cargaison, qui fut acheminée vers Salta à dos de mulets. Quant au vapeur, on fit de grands travaux pour le renflouer; nous ne savons si l'on y a réussi. Malgré tous les retiirds et cet accident, ce voyage a produit n\\ eUei considérable dans les provinces, et la navigation à vapeur du Vermejo est aujourd'hui assurée. C'est d'ailleurs la seule manière possible de naviguer cette rivière à la remonte ; la navigation à voile y serait d'une insupportable lenteur. Il faut que les vapeurs destinés à cette navigation soient d'un faible tirant d'eau et possèdent une machine assez forte. Le petit vapeiu* américain -P//co/;i</yo de 12 chevaux de force seulement, mit six semaines à remonter 43 lieues, h Ja fin de 18r)4, et fit le même chemhi à la descente en un jour et demi.

Un seul mot fera comprendrez It^s avantages de cette conquête sur le désert. 11 y a juste 300 lieues de Montevideo h l'embouchure du Vermejo, et 227 de cette même embouchure h Oran, en tout 327 lieues marines, 3,030 kilomètres. Toute cette longue voie fluviale est navigable ; elle conduit au pied des Andes et au cœur du continent américain. Quelle activité ne régnera donc pas un jour le long de cet immense chemin naturel, loi*sque la population, si pressée ailleui'S, si ï^ ici, sera venue s'v établir !

Le gouvernement bolivien, vouLuit stimuler la navigation directe, adéchm'î port franc ouvert à toutes les nations le point extrême par 2l" 32' latitude sud, où s'embarquèrent en 1846 ses deux ingénieurs, ^t assigne un prix de 10,000 piastres fortes au premier bateau à vapeur qui lattcindm. De plus, il concède de une à douze lieues carrées dans le voisinage de ce même port à la pei'sonne ou à la compagnie qui exécuteraient ce premier voyage. Ces dispositions ont été étendues au Puerlo-Margariilos sur le Pilcomayo , à la Bahia-Negra et au voisinage du fort Bourbon sur le Paraguay, ainsi qu'à un grand nombre d'autres points sur les affluents de l'Amazone. Le gouvernement argenthi de son côté, par une loi du 29 août 1833,

138 HYDROGR.iPHlE.

a déclaré lil)res de droit de transit toutes les marchandises qui s'importeraient en Bolivie ou s'exporteraient par la voie du Vermejo ; il a exempté encore de la moitié des droits ordinaires toutes les marchandises qui s'exporteraient par cette voie pour les provinces du nord. Cette immunité sera pour quatre années, à compter de l'arrivée de la première expédition.

Positions et dlsUmeeii des rifièrcs Vermejo et Saii-Ii>«iieiBco (1).

Ville de Salla

Ville de Jujuy

Village de San-Pedro

Jonction du Lavayea et du Rio-Grandc-de-

Jujuy

Juntas de San-Francisco. . .'

Ville d'Oran

Bouclic du Zenta

Confluent du Vermejo de Tarija ,

Ville de Tarija

Esquina-Grande

Tren-de-E>pinosa ,

.Uicienoe réduction de SanBemardo

Ancienne rc^duction de la Cangayé

Ruines de la ville de Conception-du-Ver-

mejo

Bouche du Vermejo dans le Rio-Paraguay.

Altitude.

IjUitude S.

L«a(r. ocr.

Anton tc«.

aininghani.

id.

favarello.

id.

id.

iJ.

id.

2r iW

Lavarello.

Aiara.

Lavarello.

Azara.

Cuningliam.

DISTANC£S PAR TERRE.

De Salta à Jujuy, chemin de poste 45 mille!.

De Salta à San l>edro 66 »

De Jujuy à San-Pedro 39 »

De Salta h Oran 180 »

D'Oran à la bouche du Zenta 6 »

D'Oran à Tarija 130 »

D'Oran l'i las Juntas de San-Francisco 20 »

D'Oran à la Es(]uina-Grande 80 »

c Salta à la Esquma- Grande 250 »

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