CHAPITRE III
I^mcs ci lainines.
Eu faisant la description des principaux coui^ d'eau de la Confédération, iious avons déjà indiqué la fréquence des Uaques d'eau tantôt permanentes, tantôt temporaires, dans les grandes plaines du bassin de la Plata. Mais le nombre de lacs proprement dits est restreint; et aucun n'est d'une très-grande étendue. Les plus remarquables, à juste titre, sont certainement les deux que nous venons de nommer en parlant du système des fleuves Colorado et N^^ro, à savoir le Na/mel/mapi et le Bebedero.
La chaîne des Andes à partir du 37" degré, c'est-à-dire de la latitude de la ville de la Conception, et de celle du Biobio, le principal fleuve du
172 hydro(;haphie.
Chili, offre un caractère tout différent de celui qu'elle a présenté depuis le tropique jusqu'à cette latitude. Elle est plus étroite, moins élevée, coupée de vallées plus nombreuses et moins abniptes. D'épaisses forêts, dont la croissance est favorisée par l'humidité du climat, y couvrent ses roches jusque-là dépouillées de végétation. De très-nombreux ruisseaux y descendent des régions supérieures et vont former dans la plaine étagée, tantôt des marais, tantôt des lagiuies, tantôt de véritables lacs. C'est surtout du côté chilien que ces conditions du soir se présentent, et que des lacs nombreux servent de réservoirs d'alimentation aux cours d'eau également nombreux qui tombent dans l'océan Pacifique. Cette région, que l'on pourrait appeler la Suisse sudaméricaine, est habitée par les fameux Araucans, ces Indiens robustes et braves devant lesquels la conquête espagnole a dû reculer, mais qui aujourd'hui, liés par de sages traités respectés des deux parts, ont remplacé la lance par l'aiguillon, et se livrent à une pcâisible agriculture.
Le versant oriental participe de ces conditions , et nous venons de voir quels nombreux tributaires il envoie au Rio-Negro. La partie de cette région qui offre les caractères physiques les plus remarquables est certainement celle qui, sous le 42'' degré de latitude, correspond aux îles Chiloé. Là, le chaînon parallèle aux Andes, qui a constamment suivi la côte du Pacifique, s'interrompt subitement et est remplacé par un golfe, celui de Reloncavi, qui pénètre profondément dans les terres et renferme l'archipel de Chiloé. Des bords de ce golfe, en mai*chant à l'est vers l'intérieur, on voit s'étager deux grands lacs, celui de Llanquihue, sur les bords duquel le gouvernement chilien a établi, il y a huit ans, une colonie îiUemande, aujourd'hui en pleine prospérité ; puis celui de Tous-les-Saints. Entre les deux s'élève le volcan d'Osorno. Le lac de Tous-les-Saiuts reçoit en partie ses eaux du Rio-Puella , lequel descend des glaciers du Tronador, haute montagne couverte de neiges éternelles et qui occupe le point central de la chaîne des Andes. De son versant oriental coide une rivière profonde, leRio-Frio, qui s'écoule vers le lac mystérieux de Nahuelhuàpi, dont la reconnaissance est encore incomplète, mais qui donne sans doute naissance au Rio-Negro.
Ce lac, dont les dimensions vers l'est sont encore inconnues, mais qui, au dire des Indiens, aune vaste extension, présente à l'ouest une baie longue et étroite au milieu de laquelle s'élève une île qui a été autrefois le siège d'une mission. Des jésuites intrépides, les pères Mîiscardi, Lagimas, Guillaume et Elguea, l'y avaient établie à la fin du dix-septième siècle, et s'y étaient succédé pendant plusieurs an-