‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 3)Chapitre 33 sur 193 · LACS ET LAGUNES. — AMAS D'EAU DIVERS · texte numérisé non relu

LACS ET LAGUNES. — AMAS D'EAU DIVERS

Cordoya et de Santa-Fé , n'est pas un lac proprement dit. Une foule

d'Iles submersibles la remplissent, et Ton doit plutôt la considérer

comme un terrain souvent inondé, un marécage, qu'une masse d'eau

permanente et un véritable lac. Certaines parties cependant sont plus

profondes , telles que celle qui , au sud-ouest , touche à la province

de Cordova , et que l'on désigne dans le pays sous le nom de Mar-

Chiquita^ petite mer. Ses eaux abondent surtout en loutres , dont la

£oumire fait l'objet d'un petit commerce. Le gibier de toute espèce

4V>urmille sur ses bords et nourrissait la tribu d'Indiens Abipons

ui y séjourna jusqu'à leur réduction.

Dans la province de Comentes, la grande lagune Ibera est anaogiie à celle de los Porongos, mais elle est beaucoup plus étendue , eaucoup plus profonde, et donne naissance à trois rivières : le ^atel^ le Carrientes et le Mirinay. Elle a des îles qui flottent au gré ^es vents, d'autres qui sont fixes; elle monte ou s'abaisse suivant les cernes du Parana , avec lequel elle n'a cependant aucun canal de com- ^xnunication apparent , et renferme dans son sein , là des forêts , plus Xoin des rosélières impénétrables. Nous en parlerons d'ailleui^s en dé- ^il, en traitant de la province de Corrientes.

Dans les Pampas du sud abondent de petits lacs ou lagunes, tantôt salés, tantôt d'eau douce et excellente à boire. Il faut remarquer, nous l'avons déjà dit (voyez page 158), la série intermédiaire entre l'endroit oii le Rio-Quinto se perd dans les sables, et celui où le Sa- ]ado de Buenos- Ayres prend son origine. Elles sont plus multii])liées dans cette dépression de ten^ain que partout ailleurs. Plus au sud, une ligne de lagunes rangées dans une ligne oblique , du nord-est au sud-ouest, va se terminer à la grande lagune des Salines^ près de laquelle les Indiens Ranqueles ont leur principal campement. Enfin, non loin de l'embouchure du Salado , près de Chascomus, existe un autre groupe qui pourrait offrir des avantages pour une petite navigation intérieure, car le canton est fort peuplé et renferme les meilleures estancias de la province. Près de la côte, quelques lacs, fermés par une digue sablonneuse , communiquent avec l'Océan lors des hautes marées, et peuvent ser>ir de refuge à des bâtiments de cabotage.

En ce qui concerne les lacs de la Patagonie qui paraissent assez multipliés dans la partie méridionale, les renseignements sont à peu près nuls. On présume qu'ils doivent présenter un système analogue à ceux du sud du Chili ( 1 ) .

(1) Plusieurs autres amas d'eau de Irès-pctite étendue, les uns temporaires , les autres

Tel est le système hydrographique de la Confédération argentine. Dans l'état actuel des choses, deux artères seulement sei*veut à vivifier ce bassin immense : TUruguay et le Parana. Mais , en décrivant les rivières secondaires, nous avons dit avec quelle facilité la main de l'homme pourrait améliorer leur cours, enlever les obstacles qui s'opposent à leur navigation, enfin les canaliser.

De quel avantage , en effet , ne serait pas pour les contrées du nord-ouest la viabilité du Pilcomayo, du Vermej(r et du Salade, rivières d'une énorme longueur qui pénètrent au centre du continent, et dont les bords fertiles pourront un joiu* nourrir plusieurs millions d'habitants ! Les travaux que leur cours exige se bornent à de simples mouvements de terrain, à des digues bien faites et surtout bien entretenues, à des pkmtations bien dirigées, toutes choses dont Thabitant actuel ne se rend pas compte, et que d'ailleurs les faibles moyens dont il dispose ne lui permettraient pas de réaliser. Nous en dirons autant du Tercero, du Colorado et du Negro, qui n'attendent que des bras pour devenir des artères commerciales importantes et exporter à bas prix les produits, un jour exubérants, du centre de la Confédération et des régions andines.

Parlerons-nous maintenant de la facilité de faire communiquer

permanents, oot re^ des noms particuliers qu'il est besoin cTeipliquer, car ces dcsîgoalioBS se rencontreront à chaque pas dans le cours de cet ouvrage, et les accidents du sol qui les produisent ont quelque chose de particulier au pays.

On désigne sons le nom d* Estera , dans quelques parties de la Confédération , une lagune ordinairement permanente, de petite dimension, en partie renqilie de plantes aquatiques. Mous savons déjà que leur grand nombre dans la province de Santiago a fait donner à cette province le nom deSantiago-del-Estero. Il y eu a aussi beaucoup dans la province de Corrientes.

La Cienega^ dans les provinces des Andes, est un marais plus ou moins grand, formé par les eaux qui descendent des montagnes ; c'est à peu près l*Estero de la plaine argentine. Les Cienegas sont quelquefob assez vastes, comme celles du Vermejo, près de Mendoza, et celles de los CerriUos, près de San^uan. Dans les montagnes elles-mêmes on appelle aussi cienega les petits amas d'eau couverts de plantes aquatiques qui s'y rencontrent parfois. •

La Canada est un fossé naturel, rempli d'eau, médiocrement profond, et qui quelquefois se tronre an milieu de terrains inondés. Par extension on donne aussi œ nom à une vallée formant bassin. (Le nom du Canada dans l'Amérique du Nord a cette étjmologie.)

Le Bamtdo est on terrain couvert d'une faible couche d'eau, soit par suite des pluies, soit après les inondations des rivières. 11 couvre quelquefois de vastes espaces, surtout dans la Mésopotamie argentine et dans le Chaco, près des rives du Parana et du Juramcnto.

Le Panttmo est un bourbier. Le mot signifie aussi marais ; mais ce qui répond à notre désignation française, marais, est plutôt la Caiîada et l'Estero.

Le mot Laguna s'applique à tous les amas d'eau grands ou petits, bien circonscrits et généralement libres de plantes aquatiques. On l'applique indifféremment dans le sens de notre mot français lagune et dans celui de lac. L'étang artificiel pour abreuver les animaux ou pratiquer l'irrigation est nommé Hepresa, prise d'eau.

CAiNALlSATION. 163

eia semble le Parana et rUruguay à travers le terrain des Missions, à reiidroit où les deux fleuves ne laissent plus entre eux qu'un intervsJle de 18 lieues? Traiterons-nous de la canalisation possible du Ivi^iayquiraro et du Mocoreta, limites de l'Entre-Rios etdcCorrientes» e't. dont les sources se touchent presque à travers un terrain parfaiteir^ent plat? Des aménagements préparés de longue main les rendraient p€3 lit-être faciles à ouvrir à une navigation qui serait d'une immense ii.t.îlité entre de si fertiles provinces. Enfin indiquerons-nous lacommuftication non moins facile à établir entre le Rio-Dulce et le Salado?La réalisation de tous ces résultats à venir ne dépend que d'une chose : de la population. Il faut que celle-ci décuple, ce qui sera encore bien peu relativement à un si vaste territoire, pour que de pareilles entreprises puissent être abordées et menées à bien. Ce sera l'œuvre, non du présent, mais de l'avenir, et nous avons dû la signaler.

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