‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 3)Chapitre 32 sur 193 · LACS ET LAGUNES. - LAC BEBEDERO · texte numérisé non relu

LACS ET LAGUNES. - LAC BEBEDERO

motif de leur opinion la sonorité extraordinaire du sol au sud de ce réservoir, sol qui résonne sous les pieds des chevaux comme s'il était creux. Lorsque le Desaguadero a beaucoup d'eau , ce même terrain, très-«rgileux de sa nature, sur lequel débordent à la fois le lac et la rivière, se couvre de vastes hanados.

Le Bebedero est séparé du Desaguadero par un pli de terrain élevé en moyenne de 200 mètres au-dessus de son bassin ; c'est une croupe granitique très-allongée, d'une pente extrêmement douce, et qui a dii former une lie, alors que, d'une part, le bassin du Desîiguadero, et, de l'autre, la Canada de la Travesia étaient couverts par les eaux. Cette Caûada de la Travesia (bassin du Désert) a dû être le faste lit d'un énorme courant d'eau saline qui venait du nord; entre TAlto-Pcncoso et la siejra de las Quijadas et le massif de San-Luis. Un peu avant la poste du Balde, elle se divise en deux bras : l'un occidental qui aboutit au Bebedero, l'autre oriental dont l'œil peut sui>Te les détours vers la petite sierra de Chalanta au sud-est, où il disparait. Les lits anciens, complètement dépourvus de végétation, couverts de 'place en place d'efflorescenccs salines, et profondément sillonnés çh et là de ravins formés par les eaux pluviides, s'aperçoivent parfaitement de la crête de l'Alto-Pencoso, d'où l'on peut saisir tout l'ensemble du grand bassin de la plaine de San-Luis, sur une longueur de quarante lieues et une largeur de douze.

Nous avons déjà parlé des lagunes de Guanacache, jusqu'à présent figurées sur les cartes comme lacs de grande dimension, et qui ne sont que de véritables étangs à la suite les uns des autres, étangs très^u profonds, bordés d'une ceiïjture épaisse de joncs et d'autres plantes aquatiques, et dont le périmètre s'agrandit ou se rétrécit, suivant la quantité d'eau que leur envoient les rivières de San-Juan et de Mendoza. La dépression du sol où se trouvent ces lagunes forme un grand arc de cercle que limitent îiu nord-est et à l'est les sierras de las Quijadas^ du Gigante et de las Palomm. Leurs eaux sont très-salées, surtout dans la saison sèche, moins cependant que celles du Bebedero. La première lagune, dite du Portezuelo^ est à une lieue est de la poste de Guanacache, dont l'altitude est de 630 mètres ; en cet endroit, les eaux doivent donc être à une hauteur de 600 mètres au plus. Celle du gué [paso) du Desaguadero étant de 410 mètres, c'est presque 200 mètres de pente pour un arc de 60 lieues ; aussi ces lagimes sont-elles pour ainsi dire en échelon. Comme le Bebedero, elles nourrissent une immense quantité de palmipèdes et d*exceUentes tniites que l'on porte jusqu'à Mendoza. Les riverains y

naviguent en balsas^ mdeaux faits de bottes de jonc assemblées. Leurs seules industries sont la pêche et Téducation du bétail qui trouve toujours un fourrage abondant sur leurs bords humides. L'eau légèrement saumàtre, destinée aux usages ordinaires, se tire de puits que Ton creuse ù quelque distance des lacs.

Des bas-fonds, formés par des veines d'argile dure, et qui séparent les dilférents bassins, sont guéables presque en toute saison, et permettent le passage des terres de la province de San-Juan à celles de Mendoza, dont ils forment aussi la limite naturelle.

En remontant vers le nord, on ne trouve d'autres bassins que ceux qui s'étendent sur les plateaux de la Cordillère, à des hauteurs moyennes de 4,000 à 4,200 mètres, comme la Laguna de los Patos dans la Cordillère de San-Juan, la Lagtuia-Brava^ celle de Mulas- Muertas^ dans le chemin de Copiapo à la Rioja et à Catamarca, celles de la Laguîia-Verde^ dans la Cordillère de San-Francisco, etc., etc. Ces lacs, gelés une partie de l'année, sont remplis de sel, et l'on en peut recueillir sur leurs bords. Il en est de même de la fameuse saline de Casabindo dans la Puna de Jujuy, dont nous parlerons en son lieu.

Dans la province de Catamarca, il existe deux lagunes auxquelles plusieui's cartes donnent une étendue considérable, mais qui, en réalité, sont tout à fait insignifiantes. Ce sont deux très-petits étangs dans un haute vallée, d'une altitude de 3,000 mètres, connus dans le pays sous le nom de laguna blanca et laguna colorada. Leurs eaux sont également salines. Malgré la hauteur du teiTain , il y a dans les environs de bons pâturages, ej un Anglais, M. Ledgers, y a acclimaté des alpacas.

Redescendu dans les plaines du Chaco, nous trouvons cette foule de lagunes latérales aux rivières qui le traversent, et dont nous avons déjà indiqué la formation. Ce ne sont, le plus souvent, que des dépôts temporaires qui se vident dans la rivière loreque le nivfeau de celle-ci a baissé. Quelques-unes sont permanentes , mais générale- ment de petite dimension. Dans cette catégorie doivent entrer les-s lagunes latérales du Rio-Pilcomayo, le lac Calcalet^ celui de la Con — cepcion sur les rives du Vermejo, ceux de Las-rVivoras et Del-Crist dans le nord de la province de Santé-Fé, qui communiquent avec Parana, enfin la grande lagune de Santa-Fé tout proche de cett^ ville.

La Laguna de los Porongos^ grand bas-fond où se perd le Rio — Dulce, sur les limites des trois provinces de Santiago-del-Estero , d

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