ASPECT
L'aspect général des Andes argentines a, du reste, un caractère qui frappe tout d'abord : c'est son uniformité, c'est l'apparence non tourmentée du sol dans la majeure partie de cette longue chaîne. On dirait que le soulèvement s'en est fait avec lenteur, que les eaux, qui en ont certainement couvert une partie, se sont retirées paisiblement, sans creuser ces vallées profondes et déchiquetées si commîmes dans d'autres systèmes. D'immenses quantités de cailloux roulés couvrent d'abord 'le pied de la montagne. Ces cailloux disparaissent ensuite sous une couche de terre argileuse presque toujours saline ; puis, à mesure que la vallée s'abaisse, — mais d'mie manière presque imperceptible à l'œil, — le sol devient un peu sablonneux; enlin, pas un caillou ne se montre , une fois que l'on est à deux ou trois lieues du pied de la sierra, si ce n'est dans les très-rares rjivins que Ton i*encontre de temps à autre. Ces conditions sont celles des grandes plaines de Mendoza et de Sîui-Juan, de la vallée de Famatina, de celles de Tinogasta et Copocabana, du bassin des salines compris entre la sierra de Belem et celle d'Ambato , du bas de la vallée de Catamarca, d'une partie de la vallée du Saii-Fnuicisco dans Test des provinces de Salta et de Jujuy.
Quant à la chaîne elle-même, elle présente de loin l'aspect d'une muraille uniforme, très-élevée, d'une couleur noirâtre, que dépasse de temps à autre la cime d'un pic neigeux. On comprend toutefois que sur une étendue de 20^ en latitude cet-aspect doit varier en raison directe du climat.