NEIGES ET GLACIERS. — LEURS LIMITES
Ainsi, à partir du 37" degré, en îdlant vers le sud, la limite des neiges perpétuelles s'abaisse jusqu'à 3,000 mètres, et successivement
plus bas. Elle présente des glaciers qui sont inconnus au nord de cette latitude, car le climat plus humide, avec ses pluies fréquentes, y favorise Taccumulatiou des neiges dont la fonte alimente les nombreux lacs et cours d'eau de cette région. Nous avons vu, en parlant du lac de Nahuelhuapi, que, dans son voisinage, un nevado a reçu le nom de Tranador (Tonnant), en raison du bruit incessant qu'y produit la chute des avalanches.
En remontant vers le nord, les neiges deviemient de -moins en moins abondantes, quoique la hauteur nioyenne générale s'élève. Excepté sur quelques pics, comme le majestueux Tupungato , dont le cône magnifique est éternellement couvert de glaces dans son tiers supérieur, sur le grand Aconcagua et quelques autres , la ligne de faîte se dépouille presque complètement de neige en été, quoique sa hauteur dépasse 4,000 mètres. Il ne s'en conserve que dans les bas fonds abrités, où les rayons du soleil, bien que devenus presque perpendiculaires, ne parviennent point à la fondre. Les autres pics qui atteignent entre S et 6,000 mètres la gardent vers leurs sommets; mais , lorsque les roches de ces sommités sont très-escarpées , la neige s'en détache sans cesse, tout en restant accumulée dans leurs anfractuosités, de sorte que, la cime noire de la montagne apparaît striée de larges bandes d'un blanc éclatant qui brillent d'un éclat incomparable au lever et au coucher du soleil : tels sont les ccrros de Plata , de la Iglesia , dans la Cordillère de Mendoza , les nevados de Famatina, du Potro, du Banete, du Cachi^ del Castillo- Negro^ etc., etc., en remontant jusqu'au tropique.
C'est aussi en suivant cette ligne que le climat devient de plus en plus sec, et que les neiges qui tombent en hiver sont de moins en moins abondantes. Toutes les vapeurs de l'atmosphère sont absorbées par cette énorme masse de montagnes , mais elles y laissent bien peu de traces de leur séjour, tant l'évaporation du sol est active à ces hauteurs. Les neiges s'y fondent sans presque donner lieu à des courants d'eau, elles s'évaporent sans mouiller le sol. Ces vapeurs, au milieu du jour, s'élèvent en petits nuages qui affectent la forme de fuseaux coniques dont la pointe touche la montagne, tandis que la base se confond avec l'azur du ciel; on dirait des fusées allant se perdre dans les profondeurs d'une atmosphère sans fin. Ces circonstances expliquent le très-petit nombre de cours d'eau qui descendent de la Cordillère, du 32* degré au tropique, l'aridité du désert d'Atacama et d'un bon nombre de vallées des Andes. Si maintenant nous montons sur les plateaux dont la hauteur varie de 3,000 à 4,300 mè-