‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 3)Chapitre 56 sur 193 · LAMAS · texte numérisé non relu

LAMAS

Le lama (//^;w^) ne s'emploie que dans lapuna, c/est-îl-diresur les plateaux; il porte 4 arrobes (50 kilog.), et fait 4 lieues. C'est le moyen de transport le plus lent, mais le plus économique ; cet animal trouve à vivre là où le mulet et môme Tâne mourraient de faim.

TBMBLADERA.

Un phénomène fort curieux, mais jusqu'à présent inexpliciible, se présente dans quelques vallées et passages des Cordillères ; c'est un tremblement, dit tembladera^ qui attaque les animaux qui passent la nuit dans certains endroits, et auquel ils succombent si on ne se hâte de les en retirer. Nous en avons fait, bien malgré nous, l'expérience à bi cuesta del Obispo^ au bout de la quebrada del Escoipe^ dans la province de Salta, et près de la cuesta de la Neyrilla^ dîms la province de Catamarca, au voisinage des mines de cuivre de VAtajo. Le môme phénomène se présente encore à Vlnfernillo, à l'entrée de la vallée de Tafi dans la sierra d'Aconquija. Cette maladie attaque surtout les animaux un peu fatigués qui s'arrêtent, une nuit ou même quelques heures seulement, dans ces localités, lesquelles àTa^il ne présentent rien de particulier. O n'est point la nature du pâturage qui produit cet accident, car les mules attachées à une pieire ou à un piquet sur un sol tout à fait nu en sont aussi bien attaquées que celles qui paissent dans la vallée. Les hommes n'éprouvent îJjsoIument rien, quoiqu'ils dorment dans le même endroit, comme cela nous est arrivé. Les gens du pays l'attribuent aux exhalaisons du sol, aux antimoniales^ à ce qu'ils disent, enUuidant par là des sels métalliques dont le sol serait imprégné. En certains endroits, à la (îuesta del Obispo, par exemple, les roches sont un grès calcaire, et l'on a remarqué qu'après les pluies, Téttî, lorsque le soleil frappe avec force sur ces roches, la tembladera se déclare quelquefois subitement chez les animaux qui la gravissent. Au pied de la cuesta de la Negrilla, où la roche est granitique, sur 5 de nos animaux, 3 furent attaqués par une nuit d'octobre assez fraîche et assez sèche. Il est impossible que les émanations du sol n'y soient point pour quelque chose ; mais de quelle nature sont-ell(»s? nous l'ignorons complètement. Ces contrées sont habitées, et les gens s'y portent fort bien; les animaux,

no OROGRAPHIE.

tels que bœufs, chevaux, chèvres ou moutons élevés dans ces endroits n'éprouvent rien...; le pâturage y est comme partout, et ne produit aucune herbe particulière, que les muletiers auraient d'ailleurs bien vite reconnue. On nous a rapporté que cette singulière maladie se manifestait aussi dans quelques vallées du Chili ; mais nous ne Favons vue dans les Andes argentines qu'aux points que nous venons de citer.

Il est très-facile de guérir les animaux de cet accident, en les mettant le plus tôt possible dans un bon champ de luzerne, mais il n'y a pas de temps à perdre , car s'ils restent dans cet endroit funeste, ils succombent très-promptement dans un état convulsif. Jusqu'à présent le phénomène est resté inexpliqué, et l'on est forcé d'admettre que les émanations du sol ont là quelque chose de particulier nuisible aux animaux , mais non à l'homme , particularité certainement des plus extraordinaires.

En résumé , les passages des Andes sont donc plus fatigants par leur longueur que par leurs difficultés matérielles ; et il n'y a réellement point de danger quand on les passe dans la bonne saison et avec les précautions voulues : moyens de transport suffisants, vivres, etc. Malheureusement quelques personnes, même habituées à ces voyages, deviennent trop hardies, et, se hasardant dans des circonstances défavorables, succombent au froid. C'est ainsi qu'en juin 185S, ime caravane composée de onze individus, surprise par le mauvais temps, périt tout entière au bord du plateau de Pircas-Negras. Les paysans de la province de la Rioja et de Catamarca, et même de San-Juan , osent quelquefois se mettre en route avec des animaux peu robustes , des provisions misérables , pour aller vendre à Copiapo , à Huasco ou à Coquimbo, des fromages, des oranges, etc.... Il n'arrive que trop souvent que, saisis par la tempête, quelques-uns périssent de froid, et l'on compte des accidents de ce genre presque toutes les an> nées.

Lorsqu'une ctu^avane est assaillie par l'ouragan sur les plateaux, et qu'on n'a pas le temps de gagner quelque quebrada , quelque roche voisine, ce qui arrive presque toujours, car la neige tourbillonne avec tant de violence , qu'en un instant tous les sentiers sont effacés, les ondulations de terrain prennent une teinte uniforme qui empêche de reconnaître la route , on s'arrête immédiatement ; on empile les charges de manière à former un rempart contre le vent , et on y attache les animaux. Enveloppés de leur mieux, les voyageurs atten-

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