CII.VIMTRK II
|j« plnliie inl^ric*arr.
La plaine que nous appelons intérieure pour la distinguer de celle des Pampas, s'étend aux pieds des Andes; <*lle embrasse tout l'espace compiis entre les extrêmes limites sud de Mendi>za par 36" et la vallée de Catamarca par 28", la plus grande partie du territoire de la Rioja, tout Test de Salta, une partie de Tucuman , de Santiago del Ëstero et de Cordova, tout le (^.haco. Elle renferme tout entier le bassin désert des Siilines, dont nous traiterons spécialement dans le chapitre suivant.
Sur une si vaste étendue on comprend que l'aspect doit différer, mais cette différence est réellement peu de chose.
Vers le sud, sur la lisière de la Pampa, apparaissi^nt des bouquets
de bois de caroubiers [alyarrobos]^ de chaharcs^ A^ jarillas^ depi-
quiilines^ etc., etc., tous arbres maigres à épines et d'un port triste.
Dans la plaine de Cuyo, c'est-à-dire dans h? terrain compris entre les
Andes et l'Alto-Pencoso, un genêt sauvage s'y joint, puis une téré-
binthacée, la brea, qui donne un suc gommeux, se mpprochant de
Ja gomme arabique; enfin de minces yw6'A;Y/^//av blancs, ainsi nommés
de 1a couleur de leur bois. Tous ces bouquins d'arbres croissent sur
Un sol argileux, Sidin, on Ton n(î voit pas une pierre, si ce n'est dans
les ravins qu'y creusent les rares pluies de l'été, et cela seulement
clans hi proximiti' des sierras. Quelques touffes d'un gazon rare,
xtiais substantiel, croissent sous l'abri incomplet de ces arbres, dont
l>eaucoup sont tombés d«^ vieillesse; , et dont les troncs desséchés gis-
sent partout sur le sol poudreux et gris comme la cendre en quelques
endroits.
Rien de plus triste , de plus pauvre , que la végétation du bassin de Cuyo et d'une partie de la Rioja , sur tous les points qui touchent au terrain sidin et argiltuix rapproché de la grande saline.
L'exlK»me sécheresse du climat est pointant la cause unique de cette végétation chétive , car dans les parties de cette région où TiiTigatiou est possible, tout croit à souhait.
A mesure qu'on remonte vers le nord , où la terre est un peu moins saline, la végétation prend de la force : les mêmes espèces de chailars, d'algarrobos, de quebrach'os, de breas, etc., etc., sans compter de nombreuses variétés de cactus, deviennent d'assez gi^ands arbrt^s; d'autres grands végétaux se mêlent à ces essences, et il y a de véritables forêts, car on ne peut donner ce nom aux misérables taillis de la plaine de Cuyo. Dans les bas-fonds, qui conservent un peu d'humidité , les arbres croissent avec une certaine force , et forment ainsi des bouquets de bois que l'on appelle islas de monte.
Lorsqu'on se rapproche de l'est , la végétation devient plus forte encore, et se montre réellement belle au Chaco ; mais partout elle est en raison directe de l'humidité du sol. — Du côté de Tucuman et de Salta, où les pluies d'été sont très-abondantes, les plaines couvertes de bois ont un aspect tout différent; la terre aussi change de nature : au sol argileux d'un jaune rougeAtre succède, une terre noire, chargée d'humus et d'une tout autre force reproductive.
Le fait principal, essentiel, dans la plaine Argentine qui n'est pas la Pampa, c'est l'existence de cette forêt basse, clair-semée, mais continue sur près de 1 0 degrés de latitude , et qui présente partout les mêmes caractères avec de très-légères variétés. A la différence des Pampas, où les flaques d'eau sont si fréquentes, ce bois immense n'offre aucun étang*, aucune lagune ; seulement , dans le voisinage des montagnes, il y a quelques ruisseaux bien vite absorbés, quelques sources au pied de leurs ondulations. Les habitants qui y élèvent du bétail creusent des puits ou construisent des represas^ mares artificielles, qui reçoivent l'eau des pluies et abreuvent les troupeaux. Les pâturages qui se rencontrent dans ces bois, quoique maigres en apparence, sont très-substantiels; les plantes salines si nombreuses y maintiennent la santé des animaux, auxquels les différentes espèces de mimosas, si multipliées partout , cèdent encore leurs feuilles au printemps , et leurs gousses si nutritives, en été et en automne. L'hiver, les rosées, très-al)ondantes parfois, entretiennent les graminées qui s'abritent sous les taillis, et à moins de sécheresses opiniâtres, on trouve encore à vivre dans ces plaines à demi boisées. L'irrigation y dévelopie à volonté une végétation splendide, car l'e^iu seule manque à cette terre, et si de grandes norias, des puits artésiens