CHAPITRE XVL
Profliice de San-liuU.
§ I*^ — Province de San-Luis en général.
Situation astroxomioleet limites. — La province de San-Luis est située, eu moyenne, entre 32*» et 34" 30' de latitude sud, 67" et 68" 30'
de longitude occidentale, et mesure près de 2,000 lieues carrées de superficie. — Elle touche, par le nord, aux provinces de la Rioja et de Cordova, où les salines et la rivière de Concaran marquent sa limite; — au nord-ouest, elle confine avec celle de San-Juan, par les lagunes et la prolongation de la Sierra de las Quijadas ; — à l'ouest, avec celle de Mendoza dont la sépare le Rio-Desaguadero ; — au sud, elle se confond avec les pampas du territoire indien ; — à Test, elle touche à la province de Cordova par la petite Sierra de la Estanzuela, dépendance de la grande chaîne cordovaise(l).
Aspect général. — Cette province présente un massif montagneux, qui en occupe toute la partie nord-est et se trouve séparé de la Sierra de Cordova par deux belles vallées : la première est celle de la Caûada, au nord, qui s'étend entre les pointes de la Sierra de Santa- Barbara, dépendance de celle de San-Luis, et le contre-fort de Chaquinchuna, bord austral des plateaux de Pocho et de Nono ; l'autre est le magnifique vallon de Concaran qui se creuse entre les deux massifs principaux. Il existe encore quelques petits systèmes de hauteurs isolées vers le sud. Tout le reste de la province est plat; la plaine à l'ouest des montagnes est boisée, celle du sud ne présente que des pâturages, et, par une série de longues ondulations, va se confondre avec les pampas.
(1 ) Une description extrêmement complète de la province de San-Luis a été écrite en 1854 par D. Juan Llerena, jeune savant rempli d'ardeur et d'intelligence, et qui fut député au Congrès national constituant de 1852. M. Llerena, en 1853 et 1854, avait parcouru la province tout entière, sous l'administration du gouverneur D. Pablo Lucero, qui fit les frais de cette exploration. On en commença l'impression, arrivée jusqu'à moitié du travail ; mais elle fut un jour brusquement suspendue, sans doute faute de fonds et de moyens d'exécution.
L'auteur avait cependant terminé son manuscrit. Nous avons pu en juger, puisqu'il nous a été communiqué par la personne chargée d'en diriger l'impression. Ce travail est aussi complet que possible ; il n'a d'autre défaut que d'être un peu long, et souvent d'une minutie qui amène forcément des répélilions. Avec des coupures, quelques rectifications et de courtes additions, on en ferait une excellente monographie de la province. Il est bien à regretter que cette impression n'ait [>u être continuée, même comme elle s'était faite jusqu'à la page 56, suriun format grand in-8° en très-petit texte. On n'eût point été privé d'une œuvre réellement précieuse, et qui témoigne chez l'auteur d'autant de bonne volonté et d'ardeur au travail que de connaissances acquises. En 1858, il avait été question de confier à M. Llerena un travail pareil sur la province de San-Juan. Cette bonne idée n'a pu malheureusement se réaliser.
Il est à remarquer que c'est la pauvre province de San-Luis, une des moins riches do la Confédération, sous l'administration d'un gaucho illettré, telle est du moins la réputation qu'avait le brigadier général D. Pablo Lucero, qui ait été la première, dans tout le bassin de la Plata, à palroner de pareils travaux et à f)ourvoir à leurs frais.
Hydrographie. — On ne compte qu'une seule rivière importante dans toute la province ; c'est le Rio-Quinto. (Voy. tome I, page 157.) Ce cours d'eau descend du cœur de la Sierra par une série de bruyantes cascades, se dirige à l'est, puis au sud-est, en faisant un vaste demi-cercle, et va se perdre dans la pampa, sous le 34® degré de latitude, en formant les baùados ou lagunes du Juncal^ ainsi nommées des plantes aquatiques qui y croissent. Tout ce canton est encore abandonné aux Indiens, contre lesquels le Rio-Quinto ne peut être une défense, car il est partout guéable. — Les autres rivières de la province sont le Rio de Conlara, qui arrose la vallée de Concaran, le ruisseau de San-Luis, qui fournit les eaux d'irrigation nécessaires à cette ville, les ruisseaux de Nogoli, de San-Franeisco, de Quinès, qui sont vite épuisés par leurs riverains. — Nous avons parlé du lac Rèbedero, vaste réservoir salin au sud-ouest de la Capitale (voy. tome I, page 178), reste probable d'une véritable mer intérieure, pareille à la Caspienne, qui a dû remplir, à une époque relativement récente, le bassin actuel des salines et une partie de ce que nous avons nommé la plaine intérieure Argentine. Le Rebedero fournit du sel à toute la province et nourrit de fort bon poisson. Lors des grandes eaux, Q reçoit une branche du Desaguadero et forme quelques baùados vers sa partie australe. On a remarqué une baisse assez sensible dans ses eaux depuis près de vingt ans. L'accroissement de population dans le pays en accroît aussi le déboisement, de là le dessèchement graduel des rivières. Il faut que l'on y prenne garde , si l'on ne veut ruiner les générations futures. La province de San-Luis manque d'eau, et quoique, grâce aux pluies qu'elle reçoit, la culture y soit possible sans irrigation, le succès des semailles non irriguées n'est jamais certain.
OROGRAPmE. — La Sierra de San-Luis, fraction du massif central de Gordova, occupe, comme nous l'avons dit, tout le nord-est de la province. Son bord occidental est le plus élevé ; depuis la Punta jusqu'à San-Francisco, le Pancanta et le Monigote élèvent leurs coupes décharnées à des altitudes de 4,500 à 2,000 mètres. Le Tomalasta, qui en a 2,200, domine tout le système. (Voy. tome I, page 228.) Le massif s'abaisse en pente douce vers l'orient, et se termine vers le nord par plusieurs chaînons dont le principal renferme la Quebrada de Santa-Barbara, par laquelle on pénètre, en venant des provinces du nord, dans l'intérieur de la chaîne principale. On trouve, près de Tomalasta et du Sololosta, des trachytes d'origine volcanique, mais nul
476 DESCRIPTION DKS PROVINCES.
cratère apparent. — Toute la chaîne est herbeuse sur ses croupe? ^*i ses plateaux; elle a quelques bois dans ses vallées. Quoique généi^^ilement gneissique et surtout quartzeuse , elle offre de la pierre à chaux, du marbre, et renferme de nombreux minerais d'or, de cui v re aurifère, de plomb et d'antimoine. — Au sud de la Punta de Sc^ji^ Luis^ ou mieux de Los Venados^ qui fut son premier nom, cône d«^ 1,400 mètres d'altitude qui termine le massif, se continuent qii.ol ques groupes isolés, tels que ceux du Lince^ du Tala^ deChaiantct^ et enfin celui de Varela^ voisin du lac Bebedero. — A l'ouest une au ti>; croupe granitique allongée du sud au nord, Y Alto Peticoso^ doiint^ naissance aux chaînes secondaires de Las Palomas^ du Gigante^ dp Las Quijadas^ qui bordent le Rio-Desaguadero et les lagunes de Gucinacache, et vont expirer dans les salines de la Rioja.
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Constitution physique du sol. — La plaine intérieure de Saii- Luis est recouverte d'une couche épaisse de sable granitique trè siriche en mica, et par conséquent d'un éclat tout particulier. A de t b^ lieues du pied des montagnes, le sol est purement argileux et souvtr *i^ salin, surtout en touchant à cette longue dépression connue sous ^^ nom de Cafiada de la Travesia, qui paraît être le lit à sec d'un énom ^^ courant d'eaux marines, lequel, venant du nord, se serait vidé dai le Bebedero.
Les puits que l'on creuse dans ces terrains donnent souvent de*^^ eaux saumâtres ; en se rapprochant des montagnes, l'eau est toujour."^ douce; aussi beaucoup d'estancias se sont établies autour de ceux qu oi ^ y a creusés pour abreuver les troupeaux. L'eau s'y trouve à une pro-^ ^ fondeur qui varie de 8 à 30 mètres. Cette terre argileuse est cepeu-^ ^ , dant assez légère et très-fertile. Dans le sud-est de la province, \kr^^ . terrain est plus frais, moins salin , Thumus plus abondant; les prai — ^ ^ ries naturelles y couvrent d'immenses espaces. Les bords du Kio — ^^^' Quinto, les plaines voisines ont un sol excellent pour la culture^"^ ^*^ comme pour le pâturage ; l'eau douce se rencontre à une faible pi^o^-^*^^ fondeur et y permettra toute espèce d'établissements, lorsque, rassurés^ '^'^^ contre les attaques des Indiens, les Puntanos se décideront à aller leî-s^"^^^ habiter. — Quant à la constitution géologique de la région monia^ gueuse, elle est en général formée par des roches métamorphique- :^ gneiss, feldspath, quartz... (Voyez d'ailleurs tome I, page 279. ) L»*??^ minerais métalliques variés abondent partout. Les sources elles rui seaux sont assez nombreux, mais, à Texception du Rio-Quinto, n'out pas beaucoup d'eau.
n y a quelquefois de^ treniblenienls di* terre dans la province de San-Luis; ceux de 1849 furent même assez forts pour renverser quelques maisons peu solides; mais, en général, ce phénomène est sîins gravité, et les habitants ne s'en préoccupent point. Le cœur de la montagne offre des traces de volcanicité, car le Tomalasta, le Sololosta, rintigua sont trachytiques comme les pics analogues de la
Veiba-Buena, Agua-del-Tala, la Cienega, etc dans la Sierra de
Cordova.
Climat. — Il tient à la fois, et de celui du littoral, et de celui de la pkiine intérieure. La position du massif central, au milieu de ^îisles plaines, y concentre les nuages qui viennent des régions diverses de l'horizon, et les pluies s'y montrent en toute saison, quoique principalement en été. Un phénomène assez remarquable est la formation des orages sur TAlto-Pencoso, comme si les vapeurs halancées entre la Sierra de San-Luis et les Andes étaient forcées de se i^umr et de se condenser sur cette croupe, qui n'a pourtant que 200 mètres de hauteur de plus que la plaine voisine, et (JOO d'altitude absolue au-dessus du niveau de la mer. En effet, lorsqu'il doit pleuvoir à San-Luis, c'est toujoui's à l'ouest et sur ce point que s'amoncèlentles nuages. De là ils s'avancent vers la plaine intérieunî et la Si»:rra. — Les vents dominants sont ceux du nord, ])uis ceux du àd ; par suite de la conformation du pays, ils se succèdent alternalivenient dans ces deux directions. L'hiver est extrêmement dt»ux, tt l'on n'a que des gelées superficielles, excepté dans la montagne où la température estenraisoVi directe de l'altitude. Les chaleurs di^ lété sont fortes, quoique l'air soit assez souvent rafraîchi par les 'orages et de petits coups de vent. Il grêle quelquefois alors près . de la montagne, mais jamais sur une grande étendue de terrain. L'automne et l'hiver y sont des saisons magnifiques, par la pureté du ciel et le calme de l'atmosphère. En somme, le climat est délicieux.
Le pays est aussi parfaitement salubre, les fièvres intermittentes y sont inconnues ; ce que l'on y trouve plus fréquemment qu'ailleurs, ce sont les affections rhumatismales. Elles y sont même accompagnées d'une débilité remarquable dans le système musculaire par suite des lésions dans l'innervation. On voit quelques goitres dans le département de 8an-Françisco. La pneumonie des Andes s'y montre parfois épidéaiquement, mais elle est moins grave que dans le nord.
Végétation. — La végéUition naturelle n'a rien de remarquable
et n'est réellement belle que dans les cantdhs bien arrosés, tels que la vallée de Concaran et les bords du Rio-Quinto. Partout ailleurs les alternatives de longues sécheresses et de pluies considérables, mais courtes, rendent chétive la végétation arborescente, qui se limite aux jarillas, aux breas, chaùars, piquillins, etc... enfin, à cette foule de mimosées particulières à la plaine intérieure. Le seul arbre un peu considérable de cette région est le quebracho blanc, et encore n'atteint-il guère plus de 8 mètres. Vers celle du* sud au contraire, dans les plaines du Rio-Quinto, croît le calden, espèce de caroubier d'une taille haute de 12 à 15 mètres, et qui forme un grand et bel arbre. (Voyez tome I, page 416.) Le palmier de Cordova se trouve près du bourg de San-Francisco, par une altitude de 800 mètres. La plaine du sud n'a que des herbages ; les montagnes ont leurs flancs couverts de broussailles; quelques gorges du versant austral possèdent de véritables bois, parmi lesquels domine le tala. Ce dernier arbre, l'algarrobo, le calden et le quebracho blanc, fournissent le bois de construction nécessaire à la province.
Agriculture. — Tous les végétaux importés d'Europe réussissent parfaitement. Le peuplier croît avec autant de vigueur qu'à Mendoza; l'oranger, le grenadier, le figuier, le pêcher, la vigne, donnent d'excellents fruits, et récemment on a introduit le poirier, le pommier, l'amandier, l'abricotier, qui se sont parfaitement acclimatés. Il en est de même des légumes; tous réussissent, si l'on veut se donner la peine de les cultiver. Le blé est d'un très-beau rendement, la luzerne foisonne; le maïs est, comme partout, la culture la plus répandue. — On pratique généralement l'irrigation; cependant il pleut assez dans le voisinage de la Sierra et de l'Alto-Pencoso, pour que l'agriculture y soit possible sans cette pratique. Mais les habitants savent que par l'irrigation ils assurent le succès de leurs récoltes, et fort sagement ils l'emploient partout où il y a de l'eau, non-seulement à l'aide de rigoles dérivées des ruisseaux , mais même de norias. San-Luis ne cultive que pour ses besoins; l'agriculture cependant peut y faire de très-grands progrès, carie sol et le climat sont favorables. Les quelques étrangers qui s'y sont établis ont fait des prodiges sous ce rapport. Nous appellerons surtout l'attention sur la viticulture qui y est très-facile et donnerait de grands bénéfices rien que par la consommation locale.
Animaux sauvages et domestiques. — Parmi les mammifères, les plus remarquables sont le guanaque et le couguar ou puma. Le
premier se rencontre aussi bien dans la montagne que dans la plaine ; l'autre aime les versants de la Sierra, où il est le fléau des nombreux troupeaux de chèvres qui y paissent. Le condor et le papa (Sarcoramphus papa), et une foule d'autres oiseaux de proie, sont également fort communs dans la montagne, où ils attaquent sans cesse les chevreaux et les agneaux, surtout au moment de leur naissance, si Ton n'a pas la précaution de surveiller les mères à l'époque du part. On trouve d'ailleurs dans les provinces presque toutes les espèces animales propres aux régions de la Plata. Il y a peu de poisson dans les rivières, elles sont trop torrentueuses pour en nourrir; le lac Bebedero seul en fournit.
Bétail. — Le bétail est fort nombreux et se reproduit en quantité dans la Sierra et les plaines du Rio-Quinto, où croît un fourrage natui'el, extrêmement abondant et de qualité supérieure. Chevaux, bœufs, ânes et mulets, moutons et chèvres , abondent partout. Les versants occidentaux de la Sierra et la plaine qui gît à leur pieds, sont surtout propres à l'élève des chèvres de très-belle race, dont on a fait une industrie presque spéciale dans cette province, et qui fournissent des peaux de qualité supérieure. Rien ne serait sans doute, si facile que d'y acclimater la chèvre d'Angora , et peut-être même celle de Cachemire, ce qui serait la source d'une incalculable richesse pour le pays. On commence à s'occuper du raffinement des races ovines. — Les Puntanos préfèrent l'élève du bétail à toute autre industrie.
Commerce et industkik. — En de pareilles conditions, on s'occupe naturellement et avant tout du soin des troupeaux. Si la plaine sèche et boisée du nord ne peut nourrir beaucoup d'animaux, en revanche, celle du sud offre un champ pour ainsi dire illimité aux pasteurs; de plus, il y a d'excellents pâturages dans la Sierra. D'un autre côté, les provinces de Mendoza et de San-Juan, essentiellement agricoles, produisent peu de gros bétail, et en ont besoin pour leur exportation au Chili. Elles en achètent donc aux éleveurs de San-Luis, pour l'engraisser dans leurs champs de luzerne, et Texpédîer, dans la saison favorable, de l'autre côté de la Cordillère. Le marché chilien restera ainsi constamment ouvert aux fermiers puntanos, car, par suite de la nature de ses terrains, des nécessités de l'agriculture et de l'accroissement de sa population , le Chili sera à tout jamais obligé de se fournir de bétes de boucherie dans la Confédération argentine.
En outre de son important commerce de bestiaux, San-Luis ex- porte des laines, des cuirs secs, des peaux de chevreau, des plumes •? d'autruche. On fabrique môme des maroquins de bonne qualité ^ dans deux établissements de la capitale. Ces peaux préparées et#î quelques cuirs tannés se vendent dans les provinces voisines et jus — * que sur le littoral. Les produits de l'agriculture se consomment suer j les lieux; ils sont môme insuffisants, car il faut encore tirer d^J Mendoza et de San-Juan des farines, des vins et des fruits secs. ^ Il fut un temps où l'on tissait un drap bleu léger pour pantalons m et robes, à l'usage de la montagne, où l'on fabriquait des ponchos. et des couvertures; cette industrie, particulière aux femmes, es^ tombée par suite de la grande importation de tissus similaires meilleur marché, venant d'Angleterre. Pour tout le reste, l'industrie locale est médiocrement avancée ; il y a peu de bons ouvriers, presque tout est à faire encore et une foule de métiers y font faute. — Les objets de fabrication européenne arrivent par la voie du Rosario et les caravanes de charrettes.
La branche d'industrie la plus lucrative sera un jour l'exploitation minière, qui n'est encore qu'à l'état d'enfance dans cette province. Nous avons traité en détail de ses richesses minérales. (Voyez tome II, page 439.) Depuis notre visite à ses carîtons miniers, en 1836, on a fait quelques travaux assez considérables, pour les lavages d'or de la Canada-Honda, et construit des fours pour l'extraction du cuivre, près de San-Francisco. Cependant, comme on n'a point mis de persévérance dans ces travaux, l'on peut dire que les dépôts métalliques de ces cantons sont encore intacts. C'est surtout le cuivre aurifère de San-Francisco qui nous paraît susceptible de l'exploitation la plus économique et la plus lucrative. On avait fini parle comprendre; malheureusement les événements politiques de 1861, 62 et 63 ont paralysé les bras, effrayé les capitaux, et tout est à recommencer.
Voies de commi.mcation. — La route principale est la grande route du Chili, dont Rosario et Mendoza forment les deux extrémités sur le territoire argentin ; San-Luis est situé à 80 lieues de Mendoza et 160 de Rosario; mais une rectification de cette route, tracée par ringénieur De Laberge, en 18S7, réduit beaucoup ces distances. (Voyez tome I, page 530.) On compte 90 lieues jusqu'à San-Juan en passant au nord des lagunes, 180 jusqu'à la Rioja parQuinès et les Llanos, 90 jusqu'à Cordova par Quinès, San-Pedro de los Sauces
PHOVIKCE DE SA>-Li;iS. 481
et Wono; et iOO par le Morro et Rio-Cuarto. Cette dernière route est carrossable, tandis que l'autre ne peut être faite qu'à dos de mulet. La Sierra est partout accessible, par des sentiers fort rudes, Ll est vrai, mais que Ton traverse à Taide d'excellents chevaux de montagne; il serait cependant d'absolue nécessité d'améliorer le sentier qui conduit de la capitale à la Cailada-IIonda , et d'en ouvrir un autre, de ce point à San-José del Morro, si l'on veut que ce riche canton développe davantage ses ressources; son approche est des plus difiiciles, et cela éloigne les mineurs. Quant aux routes du sud, elles se font à travers une pampa couverte d'herbe, et la seule amélioration à y apporter est de creuser, sur leur parcours, des puits qui fournissent de l'eau aux voyageurs. Les roules du nord de la province sont toutes accessibles aux chariots, et l'on rencontre, de loin en loin, des fermes où l'on peut faire halte. Lii vallée de Concaran a peu de chemins carrossables, mais le pays y est magnifique.
Population. — La province de San-Luis s'est peuplée tard. Poste avancé au milieu du désert, sa capitale, pauvre village entouré d'Indiens, a longtemps concentré toute la population d'origine espagnole. Celle-ci n'a absorbé que lentement les quelques tribus de Michilengues et Comechingones, qui vivaient dans la Sierra, et, avec le temps, se grossit d'un petit nombre de Guarpès et de Coyiniches, qui finirent par s'allier avec les colons. Aussi les traces de ce mélange du sang indien sont-elles un peu moins, apparentes dans la campagne de San-Luis que dans les provinces précédentes. Ce n'est que depuis le commencement de ce siècle que la popuktion a augmenté d'une manière remarquable. — Nous avons dit, dans le chapitre précédent, qu'en 1770 la population ne devait pas dépasser 4,000 âmes; le Congrès l'évaluait à 25,000 en 1823, chiffre évidemment exagéré. Un recensement incomplet en 1834 la portait à 32,000, et celui de 1837, opéré par ordre du gouvernement national, donne une somme totale de 37,602 habitante, sur lesquels 133 étrangers. On peut certainement aujourd'hui l'estimer à 43,000, car la reproduction naturelle a été considérable, ainsi que Tatteslent les registres des églises, et, de plus, il v a eu une immigration notable (1).
(1, Le gouvemeiDent provincial essa va en 1832 ilc faire un recensement. L'opération fui
et reprifeen 18S4, époque a laquelle elle donna les résultats suivants, lesquels
De fàreDt qu'approximatifs , ainsi qu'il est facile de s'en apercevoir : {DocHmenlCê
C<mf • AB6S5TI5B. — T. lU. 31
Les habitants de cette province sont de belle taille, très-robustei et renommés pour leur valeur. Braves et dociles, ils font d*excel lents soldats. Leurs guerres continuelles avec les Indiens du suc quittant de fois ont attaqué leurs frontières, les ont aguerris. Le saii est généralement beau et le tempérament vigoureux. Malheureux ment cette force est plutôt employée dans la vie médiocrement 1 borieuse du pasteur, que dans la culture du sol. Nous devons ci pendant dire que dans les départements du nord il y a quelque bons agriculteurs, et que Tirrigation y est comprise et pratiquée av( habileté. Quant aux arts mécaniques, nous avons indiqué plus hai
ofidales sobre el arreglo interior de la provincia de San-Luis. — Junio de 1855. Imprenta del Estado. Broch. in-8<>.)
départeme:«ts.
TOTAL
des habitants.