‹ Description géographique et statistique de la confédération ArgentineChapitre 34 sur 60 · DÉPARTEMENTS · texte numérisé non relu

DÉPARTEMENTS

Département de la Capitale

— del Saladillo

— de San- José-del-Morro ,

— de Renca

— de Santa-Barbara . . .

— de la Lomita (Quinès).

— de San-Francisco. . .

— de Nogoli

Totaux. .

La population a surtout augmenté — dans la capitale par l'immigration ; dans le départein

imOVINGE DE SAN-LUIS.

que presque tout était à faire. Ce qu'il faut à la province, c\îst une immigration active et honnête, qui enseigne par son exemple et l'industrie et le travail.

Gouvernement et administration. — La constitution de la province de San-Luis a été votée le 18 avril ISiili. — Elle établit un fML0uvoir législatifs confié à une chambre composée de treize rcprésontants, se renouvelant par tiers chaque année et nommés par t^onséquent pour trois ans. Us jouissent d'une indemnité annuelle. L.^s sessions ont lieu deux fois par semaine. — Le gouverneur <5ti.argé du pouvoir exécutif ^iîX nommé par la chambre provinciale, C>c^ur trois années, et ne peut être réélu avant un pareil espace de t^mps. Il lui est associé un conseil de gouvernement composé de <1 viatre membres : son ministre, le président de la chambre de justice,

membre du Cabildo et un ancien gouverneur. — Le pouooir ju-

ciaire est exercé par une chambre de justice, qui réside dans la c^si^pitale; ses membres sont nommés par le gouverneur, sur mie ï>x*oposition en triple, faite par la chambre des représentants ; leurs ïc> notions durent trois années. Les tribunaux inférieurs de première ■^iiistance sont dans les mains de la municipalité, qui nomme également les juges de paix; mais ils relèvent de la chambre de justice. Il y a un juge spécial pour ce qui concerne Tirrigation [Juez de oguas).

Dans chaque département il existe une municipalité placée sous

ï^«Ji Morro par la fondation du Fuert-Conslitucional, — et «lans la fertile cl paisible vallée de JMcaran.

Qaant au mouvement delà population, l'exanien des registres de la paroisse de la cayiitale Qt a donné les résultats suivants :

KXCLDVNT

PliRIODES.

BAPTtMES.

KNTLUREMB>TS.

des naissances

Sli; I.ES DÉI.FS.

I Période de 1800 à 1807 , huit ans. . .

j — de 1821 à 1825, cinq ans. . .

/ — de 1830 à 1838, huit ans. . .

1 — • de 1843 à 18ô4, douze ans..

5oos n'avons pris que des périodes où les re«,Mstres fussent complets. Nous savons bien qu'il a un certain nombre de décès qui n'ont pas dû être portés sur les livres , mais celte ex- ^ — différence entre le nombre des baptêmes et des enterrements n'en est pas moins très- — nble, et témoigne certainement de l'activité du mouvement ascensionnel de la popu-

A^k fin««-l -■«•■

484 DESCUIPTION DES PROVINCES.'

l'inspection de la chambre de justice. L'administration de la police et des écoles primaires est dans ses attributions. La police générale est confiée à un chef politique qui réside dans la capitale. Tu instruction publique inférieure est bien organisée : il y a des écoles primaires pour les deux sexes dans chaque chef-lieu de département et môme dans quelques districts; le nombre en augmente chaque jour. Pour rinstruction supérieure, il faut envoyer les enfants à Idendoza ou à Cordova.

La force armée se compose de la garde nationale et de la troupe de ligne qui garde la frontih^e indienne et qui a trois dépôts : la capitale, le Morro et Fuerte-Constitucional. Les corps de ligne sont des escadrons de la cavalerie connue sous le nom de grenadiers à cheval et dragons de San-Luis, qui jouissent d'une réputation remontant aux guerres de l'indépendance. Les milices concourent avec eux à la défense de la frontière. Le chiffre de la garde nationale pour les trois armes, infanterie, cavalerie et artillerie , monte à 6,000 hommes.

Culte et clergé. — La province est administrée par un vicaire général. Toutes les cures départementales sont pourvues ; quelques hameaux même ont des desservants. Leurs chapelles sont généralement entretenues par des familles pieuses qui pourvoient à tous les frais qu'elles exigent. Il n'existe aucun couvent.

Finances^ revenus^ budget^ terres publiques, — Les finances sont la partie faible de la province, dont le budget est cependant ordonné avec la plus stricte économie, et ne dépasse point 40,000 piastres. Les traitements des employés sont plus que modestes et leur nombre aussi réduit que possible. L'instruction publique est aussi bien dotée qu'on a pu le faire. — Le revenu, basé sur la contribution directe, la vente du papier timbré, les droits divers perçus par la police, l'aliénation des terres publiques, etc., atteint tout au plus 25,000 piastres. Il faut donc que le gouvernement national vienneau secours delà province. La vente des terres publiques peut devenir une branche importante et durable du revenu public , si l'on met quelque mesure dans leur aliénation, et si l'on a égard à leur valeur toujours croissante.

Elles sont d'une vaste étendue dans le sud et l'ouest; cette dernière partie est très-propre à l'agriculture, mais il faut l'imguer à l'aide de norias, ce qui ùte de la valeur à ces terres, tandis que dans le sud, des pâturages immenses peuvent admettre de suite de nombreux troupeaux ; on n'a à y redouter que les Indiens.

§ II. — Division administrative. — Départements. — Districts. — '

Centres de population.

La province de San-Luis est partagée en huit départements, lesquels eux-mêmes se subdivisent en districts. — Ces huit départements sont : la Capitale et sa campagne, au centre et au sud-ouest; le Saladillo et San-José-del-Morro^ à Test; Renca^ au nord-est; Sofita-Barbara et La Lomita^ au nord; San-Francisco et Nogoli^ à Fouest.

Le département de la Capitale est fort étendu, car il embrasse tout le sud de la province compris entre la Sierra, le Rio-Quinto et le Desaguadero. Il est en partie couvert de bois clair-semés , et n'a point de ruisseaux, excepté celui qui arrose la ville de San-Luis. On y trouve quelques sources et des filets d'eau dans les petits systèmes du Lince^ de Caazape, de Chalanta^ du Tala et de Varela, chaînes de collines qui s'échelonnent du nord-est au sud-ouest, jusqu'à l'extrémité sud du lac Bebedero. Le svstème de Las Palomas et XAlto- Pencoso n'ont point de sources; les habitants y profitent des pluies pour remplir leur represas ou mares artificielles, qui renferment ainsi une eau excellente. Sur le versant occidental de la Sierra de San-Luis, à trois lieues au-dessus de la capitale, une société d'actionnaires avait fait barrer une petite vallée pour y former un étang artificiel, dont l'écoulement bien ménagé eût pu fournir à l'irrigalion d'une lieue carrée d'excellent terrain. Malheureusement, la digue a cédé sous la pression des eaux, et ce grand et dispendieux trawl a été perdu. Nous ne savons s'il a été réparé , mais nous en doutons.

La campagne de San-Luis est divisée en trois districts, celui de Los-Chorrillos^ agréablement situé au pied du Cerro de la Punta, et arrosé par la charmante petite rivière de ce nom, dont les eaux alimentent les canaux de la capitale. Il y a de belles cultures et plantations dans cette vallée qui est des plus fraîches et des plus pittoresques par la beauté de sa végétation et l'aspect des montagnes qui Tenserrent. — Le district de Chalanta comprend toute la plaine du sud avec ses bois, ses terrains salins; celui du Desaguadero reuferme le lac Bebedero, la Sierra de Varela et l'Alto -Pencoso. Cette croupe a quelques belles cultures en céréales, vers le hameau de Los-

Chosmes; partout ailleurs on ne rencontre que de rares estancias, dont le bétail se nourrit tout autant des feuilles des arbres que du maigre pâturage qui croît à leur ombre.

San-Luis, située par 33" 17' de lat. S., 67« 47' de long. 0., 766* d'altitude, capitale de la province, est une petite ville fondée en 1S97 par don Martin de Loyola, gouverneur du Chili, à la pointe sud de la Sierra de ce nom, pointe qui portait alors le nom de Punta de los VenadoSy la pointe des chevreuils, d*où le nom de Puntanos, donné aux habitants de la province. Cette ville n*a de remarquable^ que sa situation fort pittoresque et permettant une vue immensessur le bassin en demi-cercle de vingt lieues de diamètre, qui s'étendj du Lince au lac Bebedero et à la chaîne du Gigante, en passant paai tous les petits chaînons isolément semés dans la plaine. Le pic de 1^ Punta^ qui surplombe la ville à trois kilomètres de distance, mesur^une altitude absolue de 1,400 mètres. De son sommet, facileme accessible, on embrasse la province presque entière. La ville de

Luis est assise dans une plaine dont la pente paraît insensible, ma

dont Finclinaison vers le sud-ouest est cependant assez forte, pui

qu'au lac Bebedero , situé à huit lieues plus loin, l'altitude n' plus que de 400 mètres. Le ruisseau de Los-Chorrillos fournit V nécessaire à ses plantations de peupliers, de saules, d'orangers, de gnes, de pêchers, etc. Le sol se compose d'un sable granitique gros grains, conservant parfaitement l'humidité et recouvrant, à mètre de profondeur, une terre argileuse meuble ; aussi la vé tion est-elle splendide; toute plante importée des climats tempéré réussit admirablement. — Cette capitale de province ne possède encore un monument public de quelque valeur ; son église est plus médiocres . Ce n'est que depuis quelques années que l'o

commencé à y bâtir des maisons particulières assez belles et qu^ commerce de détail a grandi. Sa situation est cependant fort av tageuse, par suite du transit pour Mendoza et le Chili , et dep quelques années on remarque un progrès réel à tous les points vue. — Population du département: 6,000 habitants, dont 4,000 s lement pour la capitale.

Département du Saladillo. — Ainsi nommé d'un petit r seau salé qui va se jeter dans le Rio-Quinto. Il embrasse le y sant austral de la Sierra et la grande plaine, figurant une en demi-cercle, dont la Punta, à l'ouest, et le Morro, à 1'

m PROVINCE DE SAN-LUIS. 487

Ê seraient les caps avancés. Le terrain en dehors de la Sierra est on-

m dulé, et n'offre que des pâturages. Il se partage en cinq districts :

■ Trapiche et Totoral sont dans la Sierra; le second n'a que des

I /er^mes à bétail, le hameau de Trapiche possède des mouUus broyeurs

f po ur le minerai et une petite fabrique de chapeaux. Le district de

^<jt$ario occupe la chaîne secondaire de ce nom, laquelle unit trans-

v^^ i^lement le massif central de la Sierra de San-Luis avec le sys-

^^ *ne du Morro qui se détache de la Sierra de Cordova. Le district

^ ■-■> Saladillo remplit la plaine fort ondulée qui s'étend entre ces

d «3ï ux chaînes. Le hameau et ancien poste militaire de San-Ignacio

*^*-* trouve dans la vallée du Rio-Quinto. Ce campement, car c'en était

""^*-^, plutôt qu un village, a été abandonné, en novembre 1836, pour

Jt^ Fort Constitutionnel, situé à Las-Pulgas, quinze lieues plus bas,

"-•^^^Jis une magnifique situation : il n'y reste que peu d'habitants. Le

*^^partement du Saladillo ne s'occupe guère que d'industrie pasto-

^•^^^-le. — Population : 4,000 habitants.

Département de San-José del Morko. — Il est limitrophe de la F^ ^*"^vince de Cordova et s'étend au sud de la Sierra du Morro, dont ^ extrémité australe, constituée par un morne de 2,000 mètres d'altide, surplombe le chef-lieu, jusqu'au Rio-Quinto dont le demi-cer- « forme sa limite vers la pampa. La chaîne du Morro fait commuiquer le massif de San-Luis avec celui de Cordova, par les chaînes se- *^ <iindaires du Ilosario et de Tiporque , qui vont vers l'ouest se réunir * ^ Vix systèmes du Tomaiasta, du Sololosta et de l'intigua. Toute cette ï^sartie septentrionale du département est exclusivement propre à -■- * industrie pastorale ; il n'y a que quelques vallées du district de Cii- ^^-^lato consacrées à la culture. San-José del Morro ^Ic chef-lieu, est un *'■ iUage situé à une altitude de 1,040 mètres ; aussi le climat y est-il rigoureux et les cultures souli'rent parfois du vent et de la grêle, nouveau district de Fuerte-Constitucional occupe les bords ferles du Rio-Quinto et leurs plaines verdoyantes semées de bouquets ebois formés de ce givmd caroubier qu'on nomme calden. Ce bourg, la fondation duquel nous avons assisté en novembre 1836, est devenu presque aussi important que la capitide, à cause de la feililité e son territoire, de l'abondance de ses eaux et de ses bois, et de la ^^ualité de ses pâturages. Autrefois, les deux rives du Rio-Quinto taienl peuplées jusqu'au Paso del Lechuzo, aujourd'hui Fort du Février, à IS lieues en descendant la rivière. On y comptait le Fort neux, rOratoire, la grande ferme de Las Pulgas et plusieurs autres

non moins importantes. Les attaques des Indiens en éloignèrent la population qui y est revenue dans ces derniers temps. Le Fort de la Constitution forme aujourd'hui l'extrôme limite sud, vers le territoire indien, et, grâce à la population civile qui s'y est réunie autour de la garnison, ne sera plus abandonné. Une foule d'estancias nouvelles se sont installées ; on a mis une notable étendue de terrain en culture, et, en cas d'une attaque sérieuse, la population pourrait se retirer dans l'enceinte fortifiée, dont les murailles en pisé sont parfaitement suffisantes pour résister à toute attaque des bandes indiennes. Les tribus du sud ont fait de ce bourg le centre de leur commerce avec les chrétiens ; c'est là qu'elles viennent opérer leurs échanges, et ce trafic est une source de bénéfices très-notables pour le canton.

Département de Renca. — C'est le plus peuplé de la province de San-Luis, celui dont la situation est la plus riante. Il embrasse la vallée de Concaran tout entière, laquelle, enserrée par la Sierra de Cordova à l'est, par celle de San-Luis à l'ouest, se compose d'un bassin central arrosé par une jolie rivière qui fournit à son irrigation et par tous les petits affluents venus des vallons secondaires qui y débouchent. Le bourg de Renca^ situé vers le milieu du département, est un des points les plus commerçants delà province et le centre des approvisionnements de toute la montagne ; on y échange tous les produits de l'industrie agricole et pastorale dont ce département est le siège, et surtout ses laines qui sont fort recherchées. — On compte, après celui du chef-lieu, six autres districts : La Estanziiela^ dans la montagne cordovaise; Manantial ^ dans la Sierra de Tiporque ; Santa-Rosa et Larca, villages agricoles dans de charmantes vallées; La Cfmz et Piedra-Blanca au nord, près la frontière de Cordova, dans le grand bassin désigné sous le nom de Caûada, qui commence au pied des montagnes de Chaquin-Chuna et de San-Javier. Tous ces cantons sont assez bien cultivés en blé, maïs, luzerne, arbres fruitiers. — Leur population, qui s'élève à 10,500 âmes, y vit dans une grande aisance.

Département de Santa-Barkara, à l'ouest du précédent, et tout à fait dans la Sierra, dont il occupe les plateaux. — Le district de la Caro/iw/ï renferme le village de ce nom situé au pied du Tomalasta, ceux de la Canada-Honda et de Cerros-Blancos^ toutes localités renommées par leurs lavages d'or. Ces vallées atteignent une altitude moyenne de 1,700 mètres. Les districts de San-Lorenzo^ Paso-

Grande^ Giizman et Rincon del Cannen occupent les plateaux qui s'inclinent vers le nord-est et leurs gorges. Santa- Barbara^ le cheflieu, est un hameau à rentrée de laquebrada de ce nom. Tous ces districts ne s'occupent que de l'industrie pastorale. Le pays est assez peuplé : 8,500 habitants.

Département de La Lomita, ou de Quinès. — Il occupe Textrémité nord de la Sierra de San-Luis et une partie de la Cailada, bassin que se partagent les deux provinces. Sa partie septentrionale touche aux limites de la Rioja et renferme la plaine aux puits ou balderia qui dépend du district de Quinès. Quinès est un petit village avec de belles cultures, au venant nord-ouest de la Sierra ; sur le versant nord on trouve le hameau de San- Antonio^ et au nord-est .dans la Cafiada, les districts de la Lomità et de Cautana. Tout ce département est généralement boisé et assez bien arrosé dans sa moitié orientale ; la végétation y est fort belle. On rencontre des paillettes d'or dans le ruisseau de Quinès. —Population : S, 000 habitants.

Département de San-Francisco. — Au sud du précédent, entre la Sierra de San-Luis et celle de LasQuijadas. Il se compose d'une vaste plaine, en partie boisée, au milieu de laquelle s'élèvent quelques coupes granitiques allongées et basses, telles que la Sierra de Las Sala- <faî, qui donne son nom à un district et possède quelques fermes à bétail. Le village de /f/c/-5ec(? est placé, comme Quinès, au pied de la Sierra principale et dans les mêmes conditions. Le bourg de Saji- Fr(m«5C0, beaucoup plus important, a été bAti sur la petite rivière de ce nom et au débouché de la Cuesta-del-Palmar, qui conduit aux mines d'or du Tomalasta et de ses environs. Son altitude' n'est que 800 mètres : aussi le canton est- il extrêmement apte à tous les genres deciilture, et par conséquent très-agricole. C'est à trois lieues sud de San-Francisco que se trouvent les mines de cuivre aurifère qui enrichiront unjouretce canton et la province. Situées dans une localité où tout abonde, accessibles aux chariots, elles ne présentent aucune difficulté à l'exploitation. — Déjà l'on y a commencé des travaux sérieux et bâti des usines. — Population : 4,500 habitants.

Département de Nogoli. — Analogue h celui de San-Francisco. Il en eslséparé parla petite Sierra de Socoscora^ dont les dépendances forment le district de ce nom ; on n'y trouve que des estancias. — ffogoli est un hameau de quelques maisons avec une chapelle ; le

ruisseau qui descend du Pancanta y arrose de magnifiques prairies artificielles. Plusieurs grands établissements de culture s'y sont formés récemment; de plus, les pâturages sont * excellents près de la Sierra et dans les grands bois des environs. A l'ouest, apparaît la Sierra décharnée du Gigante^ qui donne son nom à ce district fort délaissé, car le sol y est sec, aride, et ne nourrit que des bois demimosées épineuses. La Canada de la Travesia^ lit d'un vaste courant d'eaux salées, aujourd'hui à sec, montre dans cette région ses efflorescences blanchâtres et son sol désolé. La végétation du Gigante et de ses environs est presque nulle ; en revanche, cette chaîne a des marbres, de la pierre à chaux, des plâtres et une foule d'autres matériaux utiles. La route de San-Luis à San-Juan en longe les versants. — Population : 3,000 âmes.

§111. — Histoire abrégée de la province de San-Luis.

Il est douteux que l'empire des Incas se soit étendu jusqu'à la province de San-Luis. Les Indiens Comechingones et Michilengues , qui habitaient le massif austral argentin, avaient eu certainement des relations avec les Quichuas, ainsi que l'indiquent les noms de quelques localités : Tomalasta, Sololosta, Intiguasi, Rumiguasi, etc., etc.; mais rien n'établit que ces tribus aient jamais reconnu la suzeraineté du souverain de Cuzco. — Lors de la conquête et de la colonisation du Cuyo parles Espagnols, le territoire de San-Luis fut d'abord négligé ; ce fut seulement lorsque des relations s'établirent entre le Chili et la Plata par les Pampas, que l'on comprit le besoin d'établir une colonie avancée à un des endroits où il était le plus aisé de se défendre et où la supériorité des armes européennes, facilitée par les avantages de la position, rendrait un établissement inattaquable aux Indiens de la plaine.

Ce fut dans cette vue que D. Martin-Garcia-Oùez de Loyola, neveu du fameux saint Ignace de Loyola , fondateur de la compagnie de Jésus, gouverneur et capitaine général du Chili, mari de la princesse Doua Clara Beatriz Coya, fille unique et héritière de l'Inca Sayri- Tupac, le dernier descendant direct de sa race, — envoya, en 1397, ses officiers fonder, à la Pointe des Chevreuils {Punta de los Venados)^ à 80 lieues de Mendoza, la ville à laquelle on donna le nom de San- Luis. Longtemps ce ne fut qu'un simple fortin, dont la seule impor-

tfiLSce était de garder le défilé de la Punta. Ovallé ne le cite que pour

énloire, et Molina, qui écrivait en 1788, s'étonne que cette colonie

ait pas prospéré davantage malgré son avantageuse situation. —

lUX siècles se passèrent, et l'histoire de la lieutenance de San-Luis se

^sume dan la chronique fort monotone de ses combats avec les In-

lens et du progrès assez lent de ses établissements pour l'élève des

oupeaux.

La réunion du Cuyo à la vice-royauté de la Plata vint la réveiller 2 cette torpeur. On commença à exploiter les lavages d'or de la Cî^rolina et de la Caùada-llonda ; Renca fut fondée ; on peupla et Ton ïV>rtifia les rives du Rio-Quinto sur la lisière des pampas du sud. Le ï>«tys était en plein progrès, du moins relativement, lors des événe- ^^tients de 1810. San-Luis, en des circonstances pareilles , devait oi>éîr docilement au mouvement parti de la capitale de la vice- **oyauté ; elle y céda sans hésitation. Lors de l'organisation de l'expédition des Andes par le général San-Martin, elle envoya avec enthou- ^^^sme à l'armée libératrice la fleur de sa population. On y recruta, •-^^^itime nous l'avons dit déjà, ces fameux régiments de grenadiers à -t^evalet de dragons qui s'illustrèrent depuis par tant de combats, deis l'extrémité australe du Chili jusqu'à l'équateur. La guerre acharnée de 1817, entre les Espagnols et les indépen- ^nts du Chili, eut un contre-coup terrible dans les provinces de Uyo; elle y développa des haines ardentes entre des peuples de même ngage et de mêmes mœurs, haines qui se satisfirent par des persé- "Utions violentes contre les dissidents. En février 1819, la ville de -Luis fut témoin d'un épouvantable massacre, celui des officiers espagnols faits prisonniers à la bataille de Maipu et qui y avaient ^té internés. Sur le simple soupçon d'une révolte de leur part, la 'populace se rua sur ces malheureux et les égorgea presque tous; ceux ^ui restèrent furent l'objet d'un procès inique qui a flétri la mémoire de leur accusateur, un de ces fanatiques que les révolutions voient s'élever et dont le nom reste en exécration aux races futures. Cette sanglante tragédie porta malheur à San-Luis. La séparation de la province de Cuyo en trois fractions eut lieu l'année suivante ; le gouverneur Dupui s'en fut au Chili. Ses successeurs commencèrent à se disputer le pouvoir, et bientôt les querelles des Unitaires et des Fédéraux firent couler le sang par torrents. Par sa situation topographique^ par la nature de sa population , composée en majorité de pasteurs ignorants et hardis , la province se trouva mêlée à tous les troubles qui agitèrent Mendoza, San-Juan, la Rioja et Cordova ; elle

léine le contre-coup de ceux du Chili. En effet, les frères obligés de passer la Cordillère, vinrent chercher des alliés provinces argentines, et s'associèrent aux fédéraux ; Pin- [chef royaliste réfugié chez les Araucans , poussa les Pehuenîr les frontières de Mendoza et de San-Luis. Aveuglés par fassions politiques, tous les partis cherchèrent des auxiliaires les barbares du sud, et ceux-ci en profitèrent pour envahir et îr les terres des chrétiens. La province perdit ainsi tous les fus établissements du Rio-Quinto. Le calme qui régna de 1825 [28 commençait à guérir les plaies du pays, lorsque la grande Te des Unitaires et des Fédéraux, de 1829 à 1831, vint rallumer fcendie. San-Luis fut entraîné par l'influence de Quiroga dans *^ ^e

ites les péripéties de cette lutte, et, pendant que la plus grande

[rtie de sa jeunesse figurait dans les rangs de ce chef fameux, ses 5^^«*

lamps se virent livrés aux Indiens, qui vinrent assiéger le Morroet ^ r

lême la capitale. Les événements de 1840 et 1841 y produisirent les ^^

iiêmes résultats. De cette époque à 1832, un calme absolu, troublé ^

[seulement de temps à autre par les invasions indiennes, plana sur le ^^

pays. Le général D. Pablo Lucero, dévoué à la dictature de Buenos- ^'

Ayres, y commandait, et, comme la plupart de ses collègues des autres provinces, se perpétuait au pouvoir. J

La chute du général Rosas, à la bataille de Monte-Caseros , rendit aux provinces de l'intérieur une certaine vitalité ; l'organisation nationale de 18S3 fut chaleureusement accueillie à San-Luis. Nous avons déjà parlé de la reconnaissance géographique de toute la province exécutée alors par D. Juan Llerena sous les auspices du gouvernement local. En 18S3, la nouvelle constitution provinciale fut votée; en 1856 on rétablit la frontière du Rio-Quinto ; en 1857, il commença avenir quelques immigrants, et les Puntanos eurent le bon esprit d'établir une agence à Rosario pour faciliter des moyens de passage aux ouvriers étrangers qui voudraient venir dans la province. Les lavages d'or de la Caùada-Honda et de la Carolina furent fréquentés, et l'on y fit quelques travaux importants; on commença la construction de fonderies de cuivre à San-Francisco. En même temps on s'était mis en bonnes relations avec les Indiens, et la frontière était respectée. Jusqu'en 1861, le progrès général fut réel et continu.

Il en fut autrement à partir de cette triste année. Les troubles de San-Juan commencèrent l'agitation, qui fut consommée par la guerre du.littoral, puis par celle du nord dont les llanos de la Rioja furent

TEUUITOIUE INDIEN DU SLD. 493

le point de départ. Malgré son désir bien évident de rester en dehors de ces événements , la province de San-Luis y fut entraînée. La Capitale fut même assiégée un instant, en 1862, par le général Peflaloza; mais, dès 1863, tout y redevint tranquille, et la pacification générale, qui a eu lieu à la fin de cette année, a rétabli les choses sur leur ancien pied. Le progrès a repris, et si le pays reste en paix, il atteindra facilement et vite une haute prospérité. Nulle province, en effet, n'est plus fai^orisée que celle de San-Luis, car elle peut réunir les trois grandes industries les plus essentielles au progrès : l'agriculture qui fait vivre ; — l'industrie pastoi*ale qui exige peu de travail et donne de grands bénéfices ; — l'industrie minière qui , sous un petit volume , 'fournit des matières précieuses, facilement transportables et bien plus que suffisantes pour payer toutes les importations de la fabrication d'outrenoer.

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