‹ Description géographique et statistique de la confédération ArgentineChapitre 41 sur 60 · QUINZIÈME ET SEIZIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

QUINZIÈME ET SEIZIÈME SIÈCLE

QUINZIÈME SIÈCXE.

1400.— Yupanqui, dixième Inca, fait la conquête du Chili jusqu'au Rio-MauUc, ^^ i! est arrêté par les Promaucas.

1439. — Tupac-Yupanqui consolide la conquête du Chili jusqu'au pays des ucans; fait ensuite celle des provinces de Cuyu sur le versant oriental des Andes ouTre la route de la Cumbre. A la fin de son règne^ il commence- la conquête ^tx royaume de Quito, sous Téquateur.

i475. — Règne de Huayna-Capac. 11 termine la conquête du Quito et perfectionne le grand chemin des Andes qui mène do la ville de Quito à la vallée de Copayaypu (Copiapo) au Chili et aux provinces de Cuyu (Cuyo).

-1492. — Christophe Colomb découvre rAmérique (12 octobre).

1493-1500. — Voyages de Colomb dans Tarchipel des Antilles. — Occupation (M^^ nie de Haïti (1494). Un de ses officiers, Alonzo de Ojeda, en 1498, découvre i^^s:^ cAtes de l'isthme de Darien.

1493. — Bulle du pape Alexandre VI donnant à l'Espagne droit de conquête T toutes les terres situées à 100 lieues ouest du méridien des Açores, les déuvertes et conquêtes à faire en dedans de cette ligne appartenant au Portugal,

^ns les Canaries, découvertes depuis longtemps par les Espagnols (4 mai).

1494. — Traité de Tordesillas entre les couronnes d'Espagne et de Portugal, ligne de démarcation des possessions réalisées ou à réaliser entre les deux cou-

nnes est reculée à 370 lieues à l'ouest des îles du Cap-Vert (7 juin).

1500-1520. — Découverte et colonisation d£ la plus grande partie des iles eôies du golfe du Mexique. — Cuba est découverte en i508, et occupée en 't512, la Jamaïque Test en 1509 , les principales Antilles le sont dans les années vivantes. — Destruction de la race indigène dans ces iles, par suite des mauvais traitements que lui font éprouver les Européens, et des maladies importées de l'ancien monde, particulièrement la variole.

En 1501 , Rodrigo de Bastidas voit les côtes découvertes par Ojeda et le port de Cartbagène. — La même année, Ojeda revient d'Espagne pour continuer ses décoQveftes dans le fond du golfe du Mexique.

ordre de Francisco de Toledo, cinquième Tice-roi. La fille de Sayri-Tupac avait épouié aupamvaat D. Martin de Loyola , nommé plus tard gouverneur du Chili. La descendance directe mUt ôm Ineas est éteinte.

En 1502, à son quatrième et dernier voyage , Colomb voit les côtes de la Terre- Ferme y rile de la Trinité et le golfe de Paria.

En iSOSy Ojeda^ accompagné de Diego de Nicuesa^ obtient du roi la concession des terres qu'il a découvertes et auxquelles il donne le nom de Nouvelle-Andalousie. 11 essaye de les coloniser, mais meurt à la peine après avoir fondé la ville de Darîen. — Nicuesa fonde celle de Santa-AIaria la Antigua, non loin de la première. — Yasco Nunez de Balboa achève la conquête du pays, et le 22 décembre 1513 découvre l'Océan Pacifique. Nommé alors par le roi adelantado ou gouverneur gêné rai de l'isthme , il continue ses conquêtes et forme une province nouvelle sous k nom de Castille d'Or , d'après la quantité de métaux précieux qu'il y recueille. Autour de lui se réunissent une foule de hardis aventuriers , parmi lesquels les frères Pizarro , décidés à pousser leurs expéditions vers le sud. — Fondation de Panama en 1518 par Diego de Espinoza et Pedrarlas Davila, assassin et successeur de Nunez.

En 1512, Juan Ponce de Léon découvre la Floride, occupée en 1526 par Narvaea et parcourue alors par Alvar Nunez Cabcza de Vaca, plus tard adelantado du Paraguay. — En 1538, elle est colonisée par Hernando de Soto, Fun des conquérants du Pérou.

En 1517, Juan de Grijalva découvre les côtes du Mexique, Tlle de Sacriflcios e1 le port de la Vera-Cruz. — Velasquez , gouverneur de Cuba , y envoie Femand Cortez.

1500. — Découverte du Brésil et des côtes orientales de C Amérique dh Sud, — Pedro Alvarez Cabrai voulant, par les ordres du roi de Portugal D. Manuel, conduire une flotte aux Grandes-Indes par le chemin le plus court, est poussé par les vents alises de N. E. sur la côte du Brésil, et mouille, le 25 avril , par 16" 36' sud, dans une rade qu'il appelle Porto-Seguro, le Port sûr. 11 prend possession du pays au nom du Portugal et lui donne le nom de terre de Santa Cruz. Envoyant ensuite le capitaine Gaspar de Lemos faire part au roi de cette découverte, il continue sa route pour les Indes.

Le 26 janvier 1500, le navigateur espagnol Vicente Yan^ Pinzon, croyant aller aux Indes, découvre le golfe de Paria où débouche TOrénoque, et met le pied sur la terre des Guyanes, où il est mal accueilli par les Indiens et les combat.

Peu de temps après l'Espagnol Diego de Lepé débarque au cap Saint- Augustin, en terre brésilienne, d*où il est également repoussé par les indigènes.

1501. ~ Âmérico Vespucci , habile navigateur florentin, part de Lisbonne le 13 mai 1501, arrive à la côte du Brésil par b° de latitude sud, double le cap auquel il donne le nom de Saint-Augustin, touche à terre par 8* de latitude, puis continue sa navigation vers le sud; arrive, suivant son estime, par 32^*; là il débarque sur la côte pour faire du bois et de l'eau, et, reprenant sa route vers le sud, il atteint, à ce qu'il assure, le 52'^ degré (latitude du détroii de Magellan). Chassé de ces parages par les vents et le froid, le l'*" avril 1502, il reprend la route du nord, et touchantà Sierra-Leone, sur la côte d'Afrique, arrive à Lisbonne le 7 septembre 4502, après quinze mois de navigation.

1503-1506. — Les années suivantes, les Portugais continuent leurs explorations sur les côtes du Brésil. — Second voyage de Vespucci, qui découvre la

ie de Tous-les-Saints (Bahia). — Expédition de Francisco d'Almeida et de istan da Cunba, qui ne fondent aucun établissement.

1508. — L'Espagne envoie Vicente Yanez Pinzon et Juan Diaz de Solis faire découvertes sur la côte du BrésiL Les deux navigateurs abordent au cap Sainlmjgustin et longent le continent jusqu'au 40* degré de latitude. Solis et son com-* n prennent Tembouchure du Rio de La Plata pour un golfe, et retournent en pagne où on leur reproche de n'avoir pas fondé de colonie.

1513. — Vasco Nunez de Balboa découvre FOcéan PaciGque et apprend l'exisnce d'un grand empire civilisé (celui des Incas dans les régions du sud).

1514. — L'inca Huayna-Capac^ résidant alors à Quito, apprend que des élranblancs et barbus, montés sur un navire extraordinaire, sont apparus dans la

er de Touest, et le bruit se répand que la prédiction de Viracocha va se vérifier.

lois. -- Découverte du Rio de la Plata, — Sulis, nommé grand-pilote de

tille, est envoyé une autre fois avec deux n;iviros vers le nouveau continent.

près avoir touché aux Canaries et au Brésil, il reconnaît rentrée du Rio de la

Bâta et y pénètre en longeant la rive gauche jusqu'à Tile de Martin-Garcia. Il se

eten rapport avec les Indiens qui donnent à ce fleuve le nom de ParanaGuazu,

u grande. Débarqué à dix lieues est de la baie au bord de laquelle s'élève aujour-

hui Montevideo, il est massacré par les Indiens Charmas. Le ruisseau , théâtre

cette catastrophe, a pris depuis le nom d'Arroyo de Solis. Ses compagnons re-

ument au Brésil et de là en Europe.

1516-1530. — Les Portugais colonisent rapidement les cotes du Brésil sur 350 sues d'étendue, deFernambouc par 8° de lat. S., aux/iles de Saint-Vinceut et de inané (la Cananéenne), par 24® et 25\

i3i7-1521. — Découverte et conquête du Mexique par les Espagnols. Exploits de )rtè8. — Destruction de l'empire astèque qui avait duré trois siècles.

1519-1522. — Magellan (Fernando de Magalhaens). — Premier voyage auur dn monde. — Le navigateur, parti avec cinq navires, reconnaît les côtes du 1, l'embouchure du Rio de la Plata, les côtes de Patagonie, et, doublant le cap Vierges^ pénètre dans le fameux détroit qui porte son nom. U y voit des Indiens Tehuelches d'une taille remarquable, dont son historiographe Pigafetta fait des géants, traverse l'Océan Pacifique et aborde aux îles Philippines, oîi, s'étant mêlé aux querelles des indigènes, il périt dans un combat. La rictoria, le seul navire qui reste de sa petite escadre, double le cap de Bonne-Espérance et rentre en Espagne le 8 septembre 1522. Sébastien del Cano, qui en avait pris le commandement, estime à 15,000 lieues la route parcourue en ces trois années.

1523. — L'empereur Charles-Quint décrète qu'une capitation ou tribut de tant par tète sera établie sur les Indiens du nouveau monde (26 juin).

1534. — Établissement d'aventuriers poitugais à San-Viccnte et dans l'île de

la Cananéenne, par 24® environ de latitude sur la côte du Brésil. (Ce port est devenu celui de Santos.) — L*année suivante aurait eu lieu l'expédition d'Alexis Garcia jusqu'au Paraguay et aux Cordillères, d'où il aurait rapporté l'argent dont les Payaguas le dépouillèrent en l'assassinant, et qui fut offert trois ans après à Gaboto.

Pedrarias de Avila, gouverneur de la province de Darien, envoie Francisco Pizarro et Diego de Almagro faire des découvertes dans le sud.

1525. — Mort de l'Inca Huayna-Capac, après un règne de cinquante ans. Contre l'usage de sa famille, il partage l'empire entre ses deux fils, Huascar et Atahualpa. — Huascar était fils d'une de ses sœurs , qu'il avait épousée suivant l'usage des Incas. Atahualpa, au contraire , avait pour mère une étrangère , la fille du roi de Quito. Aussi une partie de la nation le considérait-ell£ comme bâtard , ce qui explique la guerre civile qui éclata plus tard au Pérou, et entraîna la ruine de la monarchie. — Atahualpa est créé roi de Quito, la dernière conquête de son père Celui-ci aurait, affirment tous les historiens de la conquête, annoncé à ses deui fils que les temps prédits par Viracocha étaient arrivé» et qu'il fallait bien ac cueillir les hommes divins venus de l'Orient. — Cette croyance , répandue dan; toutes les populations soumises aux Incas , facilita grandement leur soumissioi aux conquérants. Atahualpa règne à Quito, et Huascar à Cuzoo, sur tout le rest de l'empire.

Pizarre arrive à Tumbès (Guayaquil), entre en rapport avec les sujets de l'Inc et prend connaissance des richesses métalliques du pays. Faute de monde, il re tourne à l'île de la Gorgone, puis à Panama, où il arrive à la fin dé 1527.

1527. — Découverte des fleuves Parana et Uruguay. — Sébastian Gaboto, n à Venise et élevé en Angleterre, fait d'abord des voyages dans la mer du Nord vers le Labrador et le banc de Terre-Neuve, 1498-1515. — Ayant passé au service de l'Espagne en 1518, il est nommé maître-pilote (piloto-mayor), puis, en 1524, chef d^escadre, pour accomplir un voyage pareil à celui de Magellan et aller aux Moluques chercher des épices, tout en reconnaissant en route de nouvelles terres, s'il y avait lieu, but que se proposaient tous les navigateurs de cette époque. 11 part du port de Lepé, en avril 1526, avec quatre petits navires et touche à l'île de la Cananéenne, où quelques Portugais venaient de s'établir et où on lui parle de l'expédition d'Alejo Garcia dans les régions intérieures de Touest du continent. De là il gagne l'esiuaire du Rio de la Plata et s^arrête à Tîlc de Gorriti, près de Maldonado ; ici, la discorde se met dans ses équipages, deux navires se séparent de lui; renonçant au voyage des Indes, il se décide à continuer les découvertes commencées par Solis.

Reconnaissant les embouchures des fleuves Uruguay et Parana dont la réunion forme Testuaire de la Plata, Gaboto prend terre à l'arroyo de San-Juan , sur la rive gauche du fleuve, à 6 lieues N.-O. de la ville actuelle de la Colonia, et, le 15 février 1527, commence la construction d'un petit fort pour se protéger contre les Indiens Charmas qui habitaient le pays et avaient massacré, douze ans auparavant, Solis et quelques-uns de ses compagnons. Ce fut le premier point habité par les Espagnols dans le bassin de la Plata. 11 remonte ensuite le Rio-Parana par la branche la plus méridionale, celle de Las Palmas, qui a conservé le nom donné par ce navigateur, et, au mois de septembre^ arrive à fembouchure du Rio-

Carcanna (Tercero), à dix lieues au-dessus de la yille actuelle de Rosario. 11 constrait^ dans une tle qui a conservé jusqu'à présent le nom de Rincon de Gaboto, le coin de Cabot), le fort d'Espiritu-Sarito (Spiritus-Sancti), où il laisse une petite garnison. Continuant à remonter le Rio-Parana, il reconnaît Tembouchure du Rio- Paraguay, mais poursuit son voyage dans le Parana jusqu'à l'ile d'Apipé où il ^arrête à cause des rapides et par crainte de s'interner dans les terres qu'on disait découvertes et occupées par les Portugais. Dans ce voyage, il se trouve en rapport avec des Indiens Guaranis qui portent des ornements d'argent qu'ils disent TOiird'un grand empire situé à l'ouest. Ces Indiens étaient établis sur l'emplacement de ritati actuel et y faisaient de la culture. Gaboto leur achète des vivres, leun bijoux d'argent, et donne au Parana le nom de Rio de la Plata, rivière de l'argent.

1S28. — Au mois de mai, Gaboto entre dans le Rio-Paraguay. Une de ses embntations essaye de remonter le Rio-Vermijo, mais elle y est surprise par les Indiens Agaces, hardis et braves navigateurs qui tuent vingt-cinq Espagnols et leur font trois prisonniers.

Après son échec dans le Rio-Vermejo, Cabot revient à son établissement d'E&piritu-Santo, nommé aussi dans les chroniques du temps. Tour de Cabot (Torre de Gaboto). Delà il envoie en Espagne deux de ses lieutenants, Calderon et Bar. loque pour faire part au roi de ses découvertes et signaler les richesses etTimpor lioce du pays qu*il se proposait de conquérir. A l'appui de ses dires, ses envoyés portaient les échantillons de métaux précieux achetés aux Indiens. — L'empereur Charles-Quint décide qu*une expédition sera faite dans le Rio de la Plata.

1530. — Cabot, fatigué d'attendre Texpédition annoncée et craignant que les Portugais ne le préviennent pour la conquête du Paraguay , se décide à aller en Espagne en presser les préparatifs. — 11 laisse cent vingt hommes dans la forteresse d'Espiritu-Santo, sous le commandement de Nuiîo de Lara et fait voile pour l'Espagne. — Ceux-ci sont attaqués par les Timbus, qui les surprennent par ^ison^ et en partie massacrés.

1531. — Mosquera abandonne alors le fort d'EspiritU-Santo, que ruinent aus- ^ les Indiens, descend le Parana et s'établit sur la côte du Brésil, par 25^ de l^tude, à Ygua, dansla petite île de la Cananéenne, située à 20 lieues sud de San- ^'icente où les Portugais avaient déjà un établissement. — Ceux-ci veulent le ^oger de la nouvelle colonie; mais Mosquera, à l'aide des Indiens alliés et ^l'équipage d'un navire français surpris par lui, attaque et prend San-Vicente, pois, craignant la vengeance des Portugais, descend par mer vers le sud, et va ftirmer un établissement dans l'île de Sainte-Catherine où se réunissent autour ^ lai un certain nombre de colons et d'aventuriers.

1532. — Affaires du Pérou, — Rupture entre les Incas Huascar et Ata- ^Qalpa. Huascar veut être seul monarque de tout l'empire ; Atahualpa veut garder fe royaume de Quito et, si faire se peut, prendre le reste. Guerre entre les deux frères ; Atahualpa vaincu et fait prisonnier s'échappe de la forteresse de Cannar ^reprend l'offensive. Huascar, complètement battu à son tour et demeuré captif, périt assassiné un an après, lors de l'invasion du Pérou par Pizarre. Pendant cette guerre, une partie des provinces éloignées se détachent de l'empire.

i53d. — Conquête de l'empire du Pérou par Pizarre; assassinat d'Atahualpa. Les Espa^ols nomment inca, Manco, son frère, pour avoir un instrument entre les mains. Ils proûtent habilement de la légende de Yiracocha et des prédictions de Huayna-Capac pour amener les Indiens à Tobéissance et, sous leur pre>sion ^ Manco condamne toute résistance chez ses sujets. Soumission de tout le cœur d^ l'empire et de la région des plateaux aux Castillans. Conquête du royaume de Quito par Benalcazar^ de celui de Cuzco par Hernando de Soto. — Pizarre enti ^ dans la ville sacrée de Cuzco, pille le trésor royal et le temple du Soleil. — Mort inopinée de Tinca Manco , qui , las de son rôle , a abandonné les conquéranU , soulevé contre eux tout le pays et assiégé inutilement Cuzco devenu une ville espagnole. — La guerre continue dans les provinces éloignées sous la direction de Quizquiz , chef du sang royal. Les conquérants consolident leur pouvoir par la terreur, et des flots de sang coulent dans l'empire partout ravagé. — Sayri-Tupac, fils de Manco, échappe de leurs mains , se réfugie dans les montagnes et résiste plusieurs années. — En 1535, Pizarre fonde sur le Rimac, la ville de Los Reyes, depuis Lima. D'immenses quantités d'or et d'argent sont enlevées au Pérou et portées en Europe , où elles produisent une sensation prodigieuse et surexcitent la cupidité de tous les chercheurs d'aventures. Une foule d'hommes de tous les pars et surtout du vaste empire de Charles-Quint s'embarquent pour l'Amérique et vont y grossir les rangs des conquérants.

1534. — Conquête du Rio de la Plala. — Sur les nouvelles données par Gaboto, Charles-Quint songe à former une grande colonie dans le Rio de la Plita et nomme un des principaux officiers de sa maison, D. Pedro de Hendoza, adeUntado ou gouverneur général do tous les pays que l'on découvrirait jusqu'à la mer du Sud. — Mendoza devait faire l'expédition à ses frais, mais se rembourser par i^ butin ramassé dans le pays et un prélèvement annuel de deux mille ducats fai^ sur ses revenus futurs. — Ce capitaine part avec quatorze navires et 2,000 hooa -^ mes parmi lesquels beaucoup de seigneurs espagnols, italiens, belges et allemande -— L'expédition, sortie de Cadix en août 4534, arrive dans la Plata après u assez long voyage, dans lequel Mendoza, égaré par de faux rapports et la jalousi fait assassiner Osorio, son principal lieutenant, qui était Tàme de Texpédition.

1535. — Le débarquement s'opère sur la rive droite de la Plata à l'emboucha du Riachuclo, et le 2 février, Mendoza jette sur les bords de ce ruisseau les fonde--^ mcntsde la ville qu'il nomme Nuestra Scnora de Buenos-Ayres. — Querelles ave les Indiens Querandis maîtres de ces cantons. — Les Espagnols font une expédi- tion jusqu'au ruisseau de Lujan pour chercher des vivres ; ils sont battus par les Querandis et perdent beaucoup de monde, entre autres le capitaine Lujan, qui laisse son nom à cette rivière, et Diego de Mendoza, frère de l'adelantado. — Les Querandis bloquent le fort de Buenos-Ayres et essayent de le réduire par la famine, laquelle jointe aux maladies fait d'affreux ravages parmi les troupes et les colons.

1536. — Mendoza se résout à remonter le Parana pour chercher des vivres, il arrive à la Tour de Cabot et restaure cette forteresse où il avait déjà envoyé d'avance Juan de Ayolas, un de ses lieutenants qui était parvenu à conclure la paix avec les Timbus. Le général expédie alors Ayolas et Do.ningo Martiuez de Irala dans le haut du fleuve pour y chercher égalemcut des ressources et rc-

tourne à Boenos-Ayres qui reste toujours bloquée par les Indiens. — Sur ces nouvelles^ Mosquera évacue sa colonie de Sainte-Catherine^ et vient avec son monde à Buenos-Ayres oij il apporte des vivres.

i537. — A la fin de 1537^ Mendoza ne recevant de nouvelles^ ni d*Ayolas ni d *Kralay se décide à repartir pour l'Espagne ^ meurt en route. — En partant , il nomme Ayolas adelantado ou capitaine générai du pays, et Galan gouverneur de Buenos- Ayres.. — La colonie continue à se soutenir avec la plus grande difficulté ntre les Quérandis, dont les attaques empêchent les habitants d'organiser aune culture autour de leur ville.

Juan de Ayolas continue de remonter le Rio-Parana^ et entre dans le Rio-Para- .SXiay. Arrivé par 25^ 33' de latitude, à la Angostura , endroit où le fleuve est fort hci, il rencontre une flottille montée par les Indiens Agaces, qui lui livrent un lieux combat. Il les bat, débarque quelques lieues plus haut^ où il a un nouveau combat à soutenir^ et s'établit sur la rive gauche du fleuve. Le 15 aoùt^ il jette les fondements de la ville de l'Assomption {Asuncion) ; les tribus Guaranies du voisi viage font alliance avec les conquérants.

Ayolas se décide ensuite à gagner le Pérou par la voie du fleuve. 11 laisse un

£r<3nvemeur à l'Assomption pour défendre et consolider le nouvel établissement, et

i*^ monte le Rio-Paraguay jusqu'au port naturel^ qu'il désigna sous le nom de Can-

dÈ ^laria, situé par SO"" 40' de latitude, non loin de l'endroit où s'élève aujourd'hui le

Tt Bourbon. — Les récits des Indiens lui faisant espérer que l'on pourrait com-

uniquer avec le Pérou, en cheminant directement vers le couchant, il se résout à

iiter l'aventure ^ ordonne à son lieutenant Irala de l'attendre pendant six mois

port de Candelaria avec ses bâtiments, et lui-même s'interne dans le Chaco

ec une troupe choisie. Il arrive en effet jusqu'au versant oriental des Andes, où

fait beaucoup de butin ; mais au retour il est surpris par les Indiens Mbayas et

es et massacré avec tout son monde.

I$38. — Au bout de quatre mois d*attente, Irala, recevant par quelques Indiens

isia nouvelle queÂyolas a probablement succombé dans sou expédition, retourne

PAasomption. — On savait alors que Pedro de Mendoza était parti désignant

'^olas pour son successeur ; mais celui-ci ayant disparu, l'armée et la population

comment Irala adelantado.

1539. — La famine et la guerre avec les Quérandis continuant toujours à Bue- ^^los-Ayres, malgré les secours reçus d'Europe, on commence à Tabandonner. ^ijilan lui-même, qui y commandait, vient à TAssomption avec Cabrera récemment arrivé d'Espagne à la tète d'une petite expédition. Ces deux chefs font quelque cipposition à la nomination d'Irala, qui est conOrmée par la majorité des colons espagnols. — Irala décide alors l'évacuation complète de Buénos-Ayrcs et du fort d*EspiritQ-Santo, qu'il fait exécuter par Abreu, lequel ramène à TAssomption tout ce qui y avait survécu d'habitants. — Un dénombrement de toute la population démontre que de 30,000 Européens venus depuis douze ans dans la Plata, il n'en restait plus que 600 en état de porter les armes.

Les conquérants s'unissent aux femmes indiennes et il en résulte une race métisse; ils se mettent également à la culture des terres et le fort de l'Assomption devient une petite ville.

CONP. ABGB!<ITINE. — T. III. 36

Conspiration générale, dite du Jeudi saint, des Guaranis contre les Espagnols, découverte grâce à une Indienne, maîtresse d'un officier. Irala fait pendre les chef r de la conspiration et pardonne aux autres; cet acte de vigueur et de clémence ré tablit la paix, et la colonisation se développe rapidement. Les Indiens des environs de l'Assomption sont réduits en commanderies.

1540. — L'ignorance où Ton était en Espagne du sort d'Ayolas et de Tétat de E ^ Je colonie, pousse l'empereur à accepter les propositions d*Alvar Nunez Cabeza-d».f> — .-d Vaca, qui s'offre à continuer la conquête à ses frais, à la condition d'être nommcKs .mma adelantado , ou gouverneur du pays. Alvar Nunez organise une expédition e^ c

conséquence; il équipe quatre navires, recrute 400 soldats et, parti de Cadix! .aKJxi 2novembre, arrive à l'Ile de Sainte-Catherine, sur la côte du Brésil, le 24 marsl54^ -^-^Sii — Là, il apprend par des fugitifs de Buenos* Ayres que cette colonie a été é^acni^MLm 'uëe . et que tous les Européens se sont concentrés sur la ville de l'Assomption. 11 s ^ se décide à y aller par terre ; ses navires partent pour la Plata avec leurs équipage^^^^'cs; lui-même se met en route avec sa petite armée.

i54i . — Parti de Tembouchure de la rivière dltabucu, il se dirige directemcK '^^^^ à l'ouest, en prenant pour guide quelques Indiens, et traverse avec de grandes f^ tigues les forêts et les montagnes inhabitées de la province de Sainte-Catherine Au bout de dix-neuf jours de marche, il arrive dans les belles campagnes de C ritiba, où la bonne conduite de sa troupe et des présents distribués à propos 1l-7 concilient les nombreuses populations guaranies qui les couvrent; elles lui fournissent des vivres et des guides. Alvar donne à cette région le nom de province de Yera, en mémoire de celle où il était né. Arrivé aux bords du Rio Yguazu, il construit des canots pour descendre cette rivière,* pendant qu'une partie de sa troupe en suit les rives. Arrivé à la grande chute, nommée depuis, de La Victoria, il abaodonne sa navigation et descend par terre jusqu'en face du Parana, où des Guaranis, avec lesquels il fait alliance, lui font passer le fleuve et vont chercher ses embarcations, qu'ils portent en dehors des rapides et amènent sur le Parana. Dans ce long voyage, Alvar n'avait perdu qu'un seul homme qui s'était noyé et, grâce à sa prudence, n'avait eu aucun combat avec les Indiens. — Il embarque alors ses malades et les hommes fatigués sur sa flottille et des canots indiens, avec ordre de gagner TAssomption par le Parana et en remontant le Rio-Paraguay. Lui*même continue sa route , droit à Touest, à travers les épaisses forêts qui bordent le Rio- Monday, et arrive enlin à l'Assomption» le li mars 1542, après un voyage de cent trente jours.

1542. — Alvar Nunez est fort bien accueilli en sa qualité d'adelantado par le gouverneur intérimaire Irala et tous ses officiers; le reste de ses compagnons embarqués sur le fleuve arrivent un mois après. — Le nouveau gouverneur s'occupe d'abord de rétablir le colonie de Buénos-Ayres et y envoie plusieurs navires et une petite garnison. Il cherche en même temps à mettre de Tordre et delà discipline chez les soldats et colons de F Assomption, et se déclare le protecteur des Indiens. Ces mesures mécontentent la soldatesque espagnole, habituée jusque-là à une assez grande licence, et rendent le gouverneur impopulaire. Au mois d'août, arrivent enfin les navires qu' Alvar avait laissés à Sainte-Catherine ; les équipages racontent que le 31 octobre, veille de la Toussaint, ils ont éprouvé un tremblement de terre^

SEIZIÈHE SIÈCLE. 547

alors qu'ils étaient amarrés aux arbres de la rite du Rio-Parana^ et que Fécrouleneiit de la berge a coûté la vie à quatorze personnes coulées avec le bâtiment qu^cUes montaient.

Guerre contre les Indiens Guaycurus, les plus belliqueux de la contrée. Alvar les ba.*^ grâce à sa cavalerie, et les contraint à demander la paix. — Il attaque ensuite les Agaces, ancêtres des Payaguas actuels, navigateurs hardis et intrépides, qui lu! donnent beaucoup de mal pour les réduire. — Toujours préoccupé de trouver une bonne route pour lé Pérou, Alvar envoie Irala dans le haut Paraguay. Celui-ci pénètre Jusqu'au 18* degré de latitude, découvre un port assez convenable dans une grande IttC^une à l'ouest (sans doute le lac Mandiore ou le lac Yaiba actuel), qu'il nomme port des Rois^ du jour de l*Épiphanie où il y débarque, et pénètre ensuite assez a.^ant dans l'intérieur des terres. Il revient en février 1543, après un voyage des plus pénibles, à cause des pluies et des inondations. Il rapporte la nouvelle officielle du massacre d'Ayolas et de ses compagnons par les Mbayaset les Agaces, quatre années auparayant.

1543. — L*adelantado se décide à une grande expédition dans le haut du fleuve, toujours dans le but de trouver une route commode pour le Pérou. 11 emmène 400 soldats espagnols et 1,200 Guaranis auxiliaires, une flottille, et arrive au port <fe Los-Reyès au mois de novembre. De ce point il s'interne assez avant dans le Ptjs, du côté de l'occident, mais sans pouvoir arriver au Pérou, à cause du manque d'eau et de yivres, et retourne à Los-Reyès, pour de là tenter de s*élever plus ^ Qord en remontant le fleuve. Mais bientôt surviennent le temps des chaleurs et celui du débordement des rivières, qui fait du pays un vaste lac; Alvar avait atteint la région des lagunes de Xarayès , qu'il désigna ainsi du nom des Indiens <IQi habitaient ces cantons. La disette et les maladies le forcent à se retirer après une expédition aussi fatigante qu'inutile et qui mécontente profondément les Es-

^^4. — La discipline qu'avait imposée Alvar Nunez, les ménagements qu'il auit pour les Indiens, le peu de succès de sa dernière expédition, amènent une cons* pvatbn contre lui. Les plus acharnés de ses ennemis étaient surtout les employés ^^ trésor royal, qu'il avait destitués, et à la tète desquels se trouvait le comptable ^-•cérès. — Un malin donc, il est surpris par les révoltés, jeté en prison, ^^ l'on nomme à sa place Martincz de Irala adelantado provisoire, en attendant la ^^utiondu roi d'Espagne, auquel on expédie un rapport sur toute l'affaire. Au ^t de dix mois de captivité, pendant laquelle ses partisans, à la tête desquels ^t Salazar, cherchent vainement à le délivrer, il est embarqué pour l'Europe où ^*on renvoie également ce dernier. — Arrivé en Espagne, Alvar est soumis à un Conseil d'enquête, et ce n'est qu'au bout de huit ans que le procès se termine et que le roi lui fait rembourser ses dépenses et servir une pension.

1545. — Une nouvelle élection confirme, à la pluralité des suffrages, Irala dans a charge d'adelantado. — Il apaise )cs divisions de la colonie et retient les Indiens, qui cherchaient à profiter de ces dissensions pour expulser les Espagnols. Les Agaces sont battus en trois rencontres, et les Guaranis du nord sont détruits à Iptné.

Répartition des vaincus en commanderies de serfs perpétuels (Yanaconas)

ou temporaires (Mitayoi), ~ G&si le régime qui fut adopté, dans tout le bassin de la Plata, à Tégard des Indiens soumis.

1547. — La colonie pacifiée, Irala se décide à chercher une troisième fois le chemin du Pérou^ où^ sur le bruit des immenses richesses que renfermait ce pays, ses soldats avaient le plus vif désir de se rendre. 11 part au mois d'août avec 350 Espagnols , un grand nombre dlndiens auxiliaires^ et prend terre au port de Candelaria, où était déjà descendu Ayolas. (C'était à l'extrémité sud de la sierra de San-Fernando et en face du morne connu depuis sous le nom de Pan-de-Azocar.) 11 fait rester à ce poste deux navires sous la garde de cinquante hommes et ren-^ voie le reste de la flottille à l'Assomption ; lui-même s'interne dans le pays a^^^^ une troupe choisie. A l'aide de quelques guides indigènes, il suit la route qu'avai '^ prise Ayolas vers le N. C, traverse la province de Chiquitos, tout en soutenaim^ des combats acharnés contre les barbares de ces contrées , atteint ensuite le Ric^- Guapore, qu'il franchit sur un radeau et arrive enfin au pied des Andes. Là il rem. — contre des Indiens qui parlent espagnol et étaient au service d*un certain cap â.taine Pedro Anzurès qui venait de fonder la ville de Chuquisaca ; il apprend ^n même temps les troubles du Pérou, la révolte de Gonzalo Pizarro et le triompkm< du licencié La Gasca. — Irala ne juge pas à propos d'aller plus avant et détaclim e Nuflo Chavès pour aller jusqu'à Lima porter ses compliments à La Gasca» rinfo^K"mer de la déposition d'Alvar Nunez et de l'état de la colonie du Paraguay. — compagnons d'irala ne lui permettent pas d'attendre le retour de Chavès ; il vient donc au port de Candelaria par la même route, y trouve ses bâtiments bon état et regagne l'Assomption après une absence de trois années.

1549. ~ Francisco de Mendoza, qu'il y avait laissé pour gouverneur intéi maire, avait été remplacé par Abreu, son ennemi, et était mort sur Téchafaud; la véritable anarchie régnait dans la colonie. Irala, acclamé par tout le monde, Haut juger et exécuter Abreu et ses principaux partisans, et par ces mesures de riguemji r, rétablit la tranquillité.

1550. — Introduction des animaux domestiquas d'Europe au Paragisoi/ et dans la Plata. — Nuflo Chavès revient du Pérou, sans avoir perdu un seui homme ; sa petite troupe s'est même grossie de quarante Espagnols qu'il a rencontrés. — Il ramène les premières chèvres et brebis que l'on ait eues au Paraguay.

A cette même époque meurt Centeno, que La Gasca, en sa qualité de gouverneur du Pérou, avait nommé adelantado de la Plata , mais qui n'avait pu venir à soo poste.

Irala, maître de la situation et chéri de l'armée, se met sérieusement à Torganisation du pays ; il favorise l'agriculture, répartit de nouvelles tribus d'Indiens en commanderies , pousse au mariage avec les femmes indigènes ; sous l'empire de ces mesures, la population augmente notablement. — Premières expéditions dans la province de la Guayra, à l'orient du Paraguay.

1553. — A cette époque, deux Portugais, les frères Goes, amènent de Sainle- Catherine, par le chemin ouvert une première fois par Alvar Nunez, huit vaches et un taureau, souche de tout le bétail qui couvre aujourd'hui les régions pla-

tonnes. GaSte, rhomme qui avait soigné ces animaux pendant le voyage^ est récompensé par le don d'une vache, présent dont la valeur parut alors si ezorbit^skte que le proverbe en resta dans la Plata, a cher comme la vache de Gaête. »

SalasÈar a?ait été envoyé en Europe avec Alvar Nunez en 1544. 11, y réorganise E^ne nouvelle expédition pour la Plata, et, en 1552, vient rel&cher à Tiie Sainte- Catherine. La perte d'un de ses bâtiments l'oblige à rester à l'établissement portugais de San-Vicente, créé déjà depuis quelques années; mais brouillé «ivec les colons^ il se décide à aller fonder une colonie sur la terre ferme , près de Temt>€ucbure du Rio-San-Françisco, entre l'ile de Sainte-Catherine et le port de la Cananéenne. Au bout de deux ans la colonie est évacuée par ses habitants qui se retirent avec Salazar à l'Assomption, en 1553.

1S55. — En août^ arrivée du premier éfèque du Paraguay, D. Francisco de la Torre et de son clergé, — 11 apporte à Martinez de Irala sa nomination d'adelanudo, signée par Tempereur. — Devenu alors omnipotent , Irala étend ses conquêtes vers Test, et y envoie Nuflo-Chaves qui achève la conquête de la province de laGuayra^ de Tautre côté du Rio-Paranâ. — Fondation delà ville d'Ontiveros, SQF la rive gauche^ un peu au-dessus de la grande chute du fleuve.

I S56. — Andres Manso, parti du Pérou, descend dans les plaines du Chaco^ ooxninées depuis Uanos de Manto^ où il fonde un établissement sous le nom de Rioja. Mais^ quelques années après, en 15()0, surpris par les Indiens Chiriguanos^ il succombe avec presque tout son monde.

t 557. — Irala envoie Melgarejo pour compléter et consolider la conquête de la ^ ^ayra Melgarejo, trouvant le site d'Ontiveros mal choisi, en transporte la popu- ^tion trois lieues plus loin, à Fembouchure du Pequiry et y établit la colonie ^^s le nom de Ciudad-Réal de Ontiveros. Les Indiens des environs, au nombre de ^^>O00, sont réduits en commanderies ; il établit un giand nombre de villages ^^ réductions des deux côtés du Rio-Parana, et principalement vers les plaines de ' ^^. (C'est cette contrée qui forme aujourd'hui la nouvelle province brésilienne ^^ Parana.)

Irala voulant fonder une colonie dans le haut du fleuve, chez les Indiens Xa- ^jes, afîn de pouvoir maintenir toujours ouvertes les communications avec le ^rou, envoie à cet effet Nuflo-Chavès avec une flottille et une armée de 220 sol- ^ts espagnols et 3,500 Guaranis auxiliaires. — Malheureusement, aussitôt après le départ de Chavès, l'adelantado tombe malade et meurt à l'âge de soixante-dix ^Us, profondément regretté de la population et de Tarmée. — On peut considérer Uartinez de Irala comme le véritable fondateur de l'empire espagnol dans la l^lata. — En mourant, il nomme Gonzalez de Mendoza, son gendre, pour son successeur dans le poste d'adelantado, sauf ratification du roi.

1558. — Chavès, sans s'arrêter à fonder un établissement dans le haut du fleuve au port de Los-Reyes, comme cela avait été décidé avec Irala, continue sa route vers le nord et arrive à l'embouchure du Jauru qu'il nomme Puerto de los Perabazanès et y prend terre. De là il se dirige à l'ouest, vers le Pérou, et se rencontre avec Andrès Manso dans le pays des Indiens Trabacosis, aujourd'hui province de Chiquitos. — Ne pouvant s'entendre avec lui, il se dirige vers les Andes et se

rend à Ghuquisaca, déjà résidence d'une audience royale, puis à Lima où le marquis de Ganete, yice-roidu Pérou, lui donne la propriété du pays qu'il vient de déoouyrir et l'y nomme lieutenant du roi. Chavès revient alors retrouver son monde, et, en 4560, fonde la ville de Santa-Gruz de la Sierra, au sud-est de Remplacement de la ville actuelle. Un grand nombre d'Indiens, on le porte à 60,000, chiffre évi« demment exagéré, sont répartis en commanderies (encomiendas).

1559. — Gonzalès de Mendoza, successeur d'Irala, meurt presque aussitôt et remplacé par un autre gendre de ce chef, Juan Ortiz de Bergara , nommé à pluralité des suffrages. Les troupes de Ghavès, qui n'avaient pas touIu le suirreau Pérou et étaient restées chez les Xarayès, reviennent à l'Assomption. — Le^ Agaces se soulèvent et sont battus. — Les Guaycurus du Ghaco inquiètent l'As^ somption et sont repoussés avec peine. — Un soulèvement général des Indiens a. lieu dans la province de la Guayra où gouvernait Melgarejo ; Bergara envoie Ri* quelme à son secours, et ces deux capitaines viennent à bout de l'insurrection.

1564. — Nuflo-Ghavès revient de Santa-Gruz de la Sierra pour chercher sa famille, qu'il avait laissée à l'Assomption et 2,000 Guaranis Yanaconas qui lui appartenaient. Il est parfaitement reçu et persuade à Bergara de venir à l'audience royale de Ghuquisaca, pour se faire confirmer par elle dans son emploi. — Bergara, cédant à ces suggestions, se met en route avec l'évèque Gacérès, 300 Espagnols et 3,000 Indiens. Le voyage fut très pénible par suite du manque de vivres. On séjourna quelque temps chez les Indiens Itatinès qui se soumirent , et l'on gagna enfin Santa-Gruz, après avoir perdu beaucoup de monde. — Bergara, laissant là sa troupe, se rend à Ghuquisaca. (Gette ville, nommée aussi Gharcas, du nom des Indiens de ce canton, et depuis, la Plata, est la Ghuquisaca actuelle, capitale de la Bohvie). Là, ses ennemis l'accusent devant Taudience d'avoir abandonné son poste, compromis le salut de la colonie et sacrifié une foule de gens dans un voyage inutile. — L*audience ne décide rien, mais en réfère au vice-roi de Lima, qui destitue Bergara, et nomme Juan Ortiz de Zarate adelantado, sauf la ratification du roi.

4567. — Zarate passe immédiatement du Pérou en Espagne, après avoir nommé pour son lieutenant un des officiers de Bergara, Felipe Gacérès , qui retourne aussitôt au Paraguay. A Santa-Gruz, ce dernier est bien accueilli par Ghavès et Taide à apaiser une révolte d'Indiens ; mais quelque temps après Ghavès est tué par les indigènes, et Gacérès a bien de la peine à traverser le pays des Itatinès pour arriver enfin à l'Assomption.

1569. — Gacérès fait une expédition dans le bas Parana, dans le but d'y trouver un emplacement favorable pour une ville, Buenos-Ayres ayant été tout à fait abandonné. Il comptait rencontrer des secours que l'adelantado Zarate, récemment nommé par le roi, devait envoyer d'Espagne. N'ayant rien vu, il revient, au bout de six mois à l'Assomption, mais pendant ce temps Tévêque avait soulevé contre lui Tesprit de la population en l'accusant d'avoir été la cause principale des malheurs de Bergara dans son voyage au Pérou. Les esprits étaient fort divisés à ce sujet, mais enfin les ennemis du gouverneur l'emportent. Gacérès est saisi dans réglise même et jeté en prison où il reste un an, puis au bout de ce temps on

SEIZIÈBIE SIÈCLE. 551

i'expédie en Espagne, comme l'avait été, trente années auparavant^ AWar Nu nez Cail>ezade Vaca. On dît que, fort jeune alors, Cacérès avait été un des ennemis les pi tis acharnés de ce général, dont il devait un jour subir Tinforlune. Pressé par la iiâ^ine, l'évèque voulait le conduire lui-même en Espagne, mais on fut obligé de lâcher à l'île de San-Vicente oiî Cacérès fut mis en liberté parles colons espaols et portugais qui l'habitaient , et de là gagna TEspagne où il mourut ayant 'v^m:! sa conduite approuvée du gouvernement. Quant à l'évèque, il meurt lui-même San-Yicente.

1573. — Zarate n*arrivant point, Martin Suarez de Toledo, confident deTévêqueet

principal acteur dans la déposition du gouverneur Cacérès, se fait nommer adelan-

provisûire. — Ihenvoie iTuan de Gai'ay, gentilhomme biscayen, pour fonder

établissements dans le bas du fleuve. Garay, avec 80 Espagnols et 1,500 Gua-

3ftnis^ fonde à l'embouchure du Rio-Salado la ville de Santa-Fé de la Vera-Cruz,

w, quelques années après, est transportée au lieu qu'elle occupe aujourd'hui.

Garay se met avec ardeur à l'organisation de sa conquête et essaye de réduire

encomiendas les Indiens Quiloasas et Timbus de ces cantons , opération qui

se fait pas sans une vive résistance de leur part. — Un jour, pendant que

gens de Garay étaient retirés à bord de leur navire mouillé dans le Rio-Salado,

5 voient la campagne en feu et les Indiens fuir de tous côtés devant des hommes

cheval. C'étaient les Espagnols conquérants du Tucuman qui arrivaient enfin

bords du Parana; les deux conquêtes se donnaient ainsi la main. — Gero-

imo Luis de Cabrera, qui les commandait et venait de fonder Cordova, conteste en-

lite à Garay la propriété du territoire qu'il vient de parcourir; ils en réfèrent à

^aidelantado royal Zarate, qui venait d'arriver dans la Plata. Celui-ci déclare

ita-Fé dépendante du gouvernement du Paraguay, et Cabrçra retourne à

<yrdova.

Chronliine dn Tncnmaii.

1533- 1535. — Affaires du Pérou. — Deux causes puissantes avaient préparé

<9 chute de la monarchie des Incas : les divisions de la famille royale et la guerre ci-

^i^'iie entre Huascar et Atahualpa, qui en avait été la suite; la croyance générale que

^es temps prédits par Viracocha étaient arrivés, et que la domination des fils de

^Ïfanco-Capac devait être remplacée par colle des hommes blancs venus de l'orient.

--^ Les Espagnols profitent habilement de ces circonstances, et en trois années la

plus grande portion du pays a fait sa soumission à Pizarro et à ses lieutenants.

Ce qui restait de la famille du grand Huayna-Capac continuant de s'cntre-détruire,

le dernier de ses fils, Manco-Inca-Yupanqui, frère de Huascar, préfère se rendre

au conquérant, qui le fait, quelque temps plus tard, proclamer Inca, que de se

joindre à ceux qui soutiennent la guerre dans le royaume de Quito. Là, l'un des

princes du sang royal, Irruminavi, sous prétexte de venger la mort de Huascar,

détruisait la famille d' Atahualpa et se rendait odieux à tous par d'abominables

cruautés. — En 1534, Pizarro prend Cuzco, la capitale de l'empire, déjà évacuée

et pillée en partie par ses habitants, partage à ses soldats un énorme butin et fait

de cette capitale des Incas une ville espagnole. Fray Vicente de Valverde, qui l'avait

accompagné dans son expédition, en est le premier évoque. — En 1535 il fonde,

près de la mer^ la ville de Los Reyes (Lima), pour être plu; à même de communiquer avec l'Europe, et tenir en respect les nombreuses convoitises qui s'élèvent ~. autour de lui. Son frère Fernando, qu'il a envoyé, en 1534^ en Espagne, porter— au roi la nouvelle de sa conquêtes et une part des dépouilles de l'empire Inca, luis rapporte sa nomination de marquis de Los Atabillos et de adeianiado-mayor ou^ capitaine général du Pérou et pays circonvoisins. — Fort de Tautorité royale^ il dé — tourne les prétentions d'Almagro, qui l'avait aidé dans ses conquêtes et voulais^ avoir dans son gouvernement tous les pays au sud de Cuzco, et le pousse à s'ern»parer du Chili, pays qui passait alors pour très-riche en or et en argent.

i536. — Expédition d'Almagro au Chili avec une armée de 530 Espagnols 45,000 Péruviens auxiliaires commandés par Paulin, parent de Tlnca. — Il pass^ par Tupiza, les vallées de Jujuy et de Salta, où quelques-uns de ses hommes son^ tués par les Humaguacas ; Cbicoana, la vallée de Calcbaqui, et par la Cordillère de San-Francisco; atteint la vallée de Copayapu (Copiapo), ou les Indiens l'accueilli* rent comme qn envoyé de l'Inca. — Ses imprudences et ses cruautés froissent bientôt les populations, qui se soulèvent. Il pénètre pourtant dans toute l'étendue du pays soumis aux Incas, et jusque chez les Promaucas, qui le repoussent. Là, apprenant la position difûcile de Pizarro au Pérou, par suite du souljbvement général des Indiens, il y retourne par le désert d^Atacama et la Cordillère. — Manco, irrité de servir de jouet aux Espagnols, appelle tous les Péruviens autour de l'étendard sacré. Cuzco est assiégé et sur le point d'être pris : D. Juan, Tun des frères Pizarro, y est tué. Le siège, converti en blocus, est levé au bout de huit mois, et Manco, découragé, se retire dans les montagnes, en ordonnant à ses sujets de se soumettre aux Espagnols. — On dit que cette guerre coûta la vie à 500 Espagnols et 40,000 Indiens.

1537. — Rivalité d'Almagro et de Pizarro. — Almagro, de retour du Chili, alléguant des droits sur Cuzco, occupe par force cette ville, malgré la résistance des deux frères Fernando et Gonzalo Pizarro, et fait proclamer Inca, Paullu, qui Tavait accompagné au Chili. Francisco Pizarro traite avec lui, délivre ses frères; puis les deux rivaux ne pouvant s*entendre, un combat a lieu à Salinas (6 avril 1538). Almagro, vaincu et prisonnier, poursuivi par les hommes de Fernando, est mis en jugement et décapité à Cuzco, à l'âge de soixante-six ans; cette exécution excite une réprobation générale.

4538. — L'Inca Manco, retiré dans les montagnes, profite des dissensions des Espagnols pour recommencer la lutte; mais il est battu par Fernando et le capitaine général, qui vont coloniser la ville de Guamanga, située entre Cuzco et Lima. — 11 est à remarquer que, dans cette guerre, l'Inca et les chefs péruviens combattirent à cheval, armés de lances et d'armes espagnoles.

1539. — Pedro Anzurez est chargé, par Francisco Pizarro, de fonder une colonie espagnole dans le pays des Indiens Charcas. Il y établit, dans le district de Chuquisaca, la ville de Charcas [Ciudad de la Platà)^ aujourd'hui Chuquisaca.

1540. — Pizarro continue d'étendre le pouvoir espagnol, malgré la résistance des sujets de Tlnca. Mais en même temps les principaux chefs castillans, dont beau-

coup yeulent venger la mort d'Almagro, lui font une opposition tenace, et intri-

^nient en Espagne contre lui. Son frère Fernando, qui y est retourné pour com-

kMittre ces attaques^ obtient que la cour envoie le licencié Vaca de Castro avec des

f>leiDS pouvoirs pour décider les questions qui s'agitaient et la manière dont de-

^v aient être traités les Indiens que la bulle de Paul 111 venait de rébabiliter*

Le capitaine général profite de son omnipotence pour envoyer Pedro de Valdi-

^v ia reprendre la conquête du Chili abandonnée par Almagro. — Celui-ci fonde la

^^rille de Santiago, puis celle de Coquimbo^ et revient, après la mort de Pizarro,

^< faire conOrmer par Lagasca dans son commandement. Depuis ce moment, les

lp>royinces actuelles de Jujuy, Salta et Catamarca sont incessamment traversées par

A^is Espagnols, qui, du Pérou, se rendent au Chili.

1541. — Irrité de l'opposition qu'il sent grandir contre lui, Pizarro persécute vec acharnement tous les amis et partisans d'Âlmagro, qui se révoltent enOn et

" assassinent à Lima dans une émeute, pillent sa maison et nomment pour chef

roYisoire le fils d'Almagro. Celui-ci veut se faire appuyer par Vaca de Castro, que

commission royale rend tout-puissant ; mais les partisans de Pizzaro ont le

. AWarado, Belalcazar, gouverneurs de Quito et de Popayan, se mettent aux

rdres du commissaire royal.

1542. — Le fils d'Almagro refusant de se soumettre, une bataille sanglante a eu le 16 septembre 1542 entre ses troupes et celles de Castro. L'armée royale

iomphe, et le jeune chef, réfugié à Cuyo, est trahi, livré par ses derniers parti- Sy et périt sur le môme échafaud que son père. — Ces querelles, auxquelles indigènes sont forcément mêlés, soit comme auxiliaires, soit comme porteurs e bagages, amènent la mort d'une foule d'entre eux. En même temps, des malaies importées d'Europe, telles que la variole, font d'affreux ravages dans leur polation.

1843. — Sage administration de Vaca de Castro. — Paulin embrasse le chris-

Nanisme; ses sœurs et plusieurs filles d'Atahualpa épousent des gentilshommes

. Il protège les indigènes et fait observer les règlements que le gouver-

ement espagnol vient de promulguer en leur faveur. (Code en 39 articles, du

février 1543.) Une foule d'Indiens viennent résider dans les villes espagnoles et

^•a fusion des deux races commence.

1544. — Institution de la vice-royauté du Pérou. — Charles-Quint nomme Blasco-Nunez Vêla, capitaine de ses gardes, vice-roi, et ordonne l'installation d'une audience royale à Lima. — Le nouveau vice -roi marche sur les traces de Castro ; la protection qu'il accorde aux indigènes et son hostilité contre le système des commanderies lui aliènent les principaux Espagnols. Gonzalo Pizarro, retiré du côté de Cbarcas, profile de leur mécontentement pour réunir des partisans et occape Lima. Là, songeant à se rendre à peu près indépendant de l'Espagne, il déclare la guerre au vice-roi retiré à Quito. Le siège épiscopal de Lima, fondé en 1538^ est érigé en archevêché.

1545. — L'Inca Manco, réfugié dans les montagnes du sud, veut profiter une troisième fois des querelles des conquérants pour les expulser. Au moment où il

veut marcher sur Guzco, il est assassiné par un transfuge^ et son armée se dissipe.

1546. — Guerre entre Gonzalo Pizarro et le vice-roi; ce dernier est battu et tué (19 janvier). Son lieutenant Carvajal triomphe également dans le sud et conseille à Pizarro de se faire proclamer roi. Celui-ci préfère en référer au gouvernement espagnol sur sa querelle avec Vêla.

Découverte des mines de Potosi et fondation de la ville de ce nom. D'énormes quantités d'argent sont presque aussitôt mises en circulation,

i547. — A la nouvelle des troubles du Pérou, Charles-Quint envoie le licencié Pedro de la Gasca en qualité de président de l'audience royale de Lima et atec de pleins pouvoirs sur tout le pays, de l'isthme de Panama au Chili. — La Gasca est bien accueilli partout, excepté par Gonzalo Pizarro, qui veut faire des conditions. En conséquence le président le déclare rebelle et la plupart des chefs castillans Tabandonnent. — En septembre, le Callao et Lima sont occupés. Gonzalo, retirée Cuzco, ne s'en prépare pas moins à une résistance désespérée. Aidé de son lieut^ nant Carvajal, il bat complètement, à Guarina, Centeno, envoyé par La Gasca, et se trouve aussi fort que jamais (20 octobre).

1548. — Le président La Gasca se décide à marcher lui-même sur Gonzalo, et arrive, sans rencontrer d'obstacles, à 4 lieues de Cuzco. Devant les troupes royales, l'armée de Gonzalo, démoralisée, ne fait que peu de résistance (9 avril). Lui-même se rend à La Gasca, qui lui fait faire son procès, condamner et exécuter le même jour, avec Carvajal et ses principaux officiers. — Occupation de Cuzco et pacification du Pérou, grâce à l'habileté et à l'énergie du président.

Fondation de la ville de La Paz à mi-chemin entre Cuzco etCharcas.

Andres Manso descend dans les plaines à Torient des Andes, qui depuis ont porté son nom et y fonde quelques établissements, entre autres, une ville à laquelle il donne le nom de Nueva-Rioja, et le village de LaBarranca. — Engagé pins tard, après quelques discussions avec Nuflo-Chavès, dans une lutte avec les Chiriguanos, il est vaincu et tué par eux, et ses colonies sont détruites.

1549. — Institution des visiteurs de provinces par LaGasca, afin d'examiner la condition des Indiens qui sont déclarés libres et assujettis seulement à un tribut.

— Insistance et injonctions formelles du roi pour que les règlements soient observés.

La sage administration de La Gasca paciGe complètement le pays, et ce magistrat retourne en Espagne au commencement de i552, aussitôt après Tarrivée du nouveau vice-roi, Antonio de Mendoza. Il y est comblé de faveurs par la cooronne.

1552. — Premier concile de Lima; on y prend de nouvelles mesures protectrices à l'égard des Indiens, et l'on y proclame la bulle du pape Paul III, datant déjà de 1537 et expédiée sur les sollicitations des évêques du Mexique et de Guatemala, bulle reconnaissant la qualité d'homme des Indiens et leurs droits naturels.

— Or les colons espagnols s'étaient toujours obstinés à les présenter comme des êtres inférieurs, bons seulement à faire des esclaves, et ne comprenaient d'autre

système de gouTeraement avec eux que de les répartir en commanderies {encof^M^endoê). Cette mesure avait été générale dans toute l'Amérique espagnole.

4542-1580. ^ Conquête du sud du Pérou, du pays de Tucma et de la région Aodes par les colons militaires partis généralement de Cuzco.

i55d. — Le vice-roi Antonio de Mendoza étant mort au bout d'un an, de nouveaux troubles éclatent au Pérou. L'audience royale, aux mains de laquelle restait le p>ouvoir pendant les interrègnes, a à combattre la révolte de Francisco Hernandez Giroiiy qui s'était mis à la tète des mécontents. Cette rébellion était due aux mesurées prises pour sauvegarder les Indiens contreia cupidité des colons qui ne voulaient point renoncer à leurs commanderies. Elle est écrasée au bout de treize ncBois, et Giron est décapité à Lima, le 24 novembre i554.

1555. — Administration du vice-roi Hurtado de Mendoza. — Ses émissaires

persuadent à l'Inca Sayri-Tupac, frère de Manco, réfugié dans les montagnes de

^^ilca-Pampa, de reconnaître le foi d'Espagne. — Sayri fait sa soumission, re-

rB43iice à ses droits à la couronne des Incas, accepte le baptême avec sa femme, la

j:>Kinces8e Casi-Huarcay, petite-fille de Huascar, et reçoit, avec un traitement con-

^v^nable^ la propriété de la vallée de Yucay. Il meurt de chagrin trois ans après;

fiUe unique, dona Clara-Beatriz Coya, épouse alors D. Martin Garcia Onez de

i, plus tard gouverneur de Chili, dont descendent les marquis d'Oropeza et

Alcanizar, qui continuèrent à habiter le Pérou. C'est de la famille Oropeza que

irtit Tupac-Amaru, l'auteur de la grande insurrection indienne de 1780.

Abdication de Charles-Quint , empereur d'Allemagne et roi d'Espagne. Son Msj Philippe II, lui succède. Charles meurt trois ans après en 1558.

1557-4561. — Hurtado de Mendoza fortifie et fait respecter la vice-royauté. —

^ Pérou étant tranquille^ il envoie son fils Garcia de Mendoza, au Chili, avec

<s forces imposantes pour en terminer la conquête qui coûte des flots de sang aux

ois et où les Indiens araucanà s'illustrent par la défense la plus énergique.

<559. — Fondation de l'audience royale de Charcas pour les pays du sud et le ucuman que l'on commençait à coloniser.

1564.— >D. Diego Lopez de Zuniga y Velasco, comte de Nieva, meurt au bout ^*on an, et est remplacé par le président de l'audience, le licencié Lopez Garcia de Castro. -* Institution de l'audience de Quito (1565). Fondation de la monnaie de Lima (1566). Installation des jésuites dans la capitale (1567).

1569. — D. Francisco de Toledo, comte d'Oropeza, nommé vice-roi par Philippe U, arrive à Lima le 26 novembre 1569. Poussé, dit-on, par Martin Garcia de Loyola, gendre de l'Inca Sayri, il cherche à s'emparer du frère de celui-ci, le prince Amaru, qui, réfugié dans ces mêmes montagnes de Vilca-Pampa, y restait inotTenâf, mais soutenant toujours les droits de sa couronne qu'il n'avait pas résignés. Le seul rejeton direct des Incas est pris par trahison avec toute sa famille et tondait à Cuzco, où on lui fait son procès. Il est enfin décapité en pleine place

chesses immenses. Aguirre s*y refuse, et une conspiration contre lui en est k résultat. Il est envoyé à Taudience de Charcas, sous l'accusation de tyrannie, par Diego de Heredia et Juan de Barzocara, chefs du complot. *

1567. — Les deux rebelles fondent la ville de Nuestra-Senora de Talaven, plus connue sous le nom d'Esteco> sur le Rio-Salado, près de Fembouchure du torrent de las Piedras, et y répartissent 8^000 Indiens en commanderies. Cette colonie devient extrêmement prospère.

1568. — Le capitaine Médina^ ami d'Aguirre^ renverse le pouvobr d'Herediael de Barzocara^ et est approuvé par l'audience royale de Charcas^ qui le nomme goavemeur du Tucuman ; sous son administration la colonisation fait des progrès.

1569. — Pacheco^ gouverneur intérimaire, envoie Juan-Gregorio de Bazao faire . une expédition de découverte dans le Çhaco. Celui-ci, avec quarante hommes, le

traverse directement de l'ouest à Test, reconnaît le fleuve Parana et revient à Santiago sans avoir perdu un seul homme.

1570.— Troubles dans le Tucuman |par suite du retour de Fanden gouvemeor Aguirre, rétabli dans ses fonctions par l'audience de Charcas.

1572. — Le vice-roi du Pérou nomme D. Luis Geronimo de Cabrera, gouvemeor du Tucuman. ^ Cabrera fait diverses expéditions le long des Andes jusqu'aux fillées de San-Francisco et parcourt la sierra de Cordova. — Le 6 juillet 1573, il jette les fondements de la ville de ce nora^ distribue les indiens Comechingones en commanderies et s'avance à travers les pampas, jusqu'au Parana où il se trouve en contact avec Garay^ occupé à la fondation de Santa-Fé (i).

Chronliiiie dn Rio de la Plata.

1573. — Pendant que Garay est occupé à fonder Santa-Fé, il reçoit des lettres de l'adelantado Zarate, qui était enfin arrivé d'Espagne avec une petite flotte.— Ce dernier lui annonce que, des 500 hommes qu'il a amenés, il en a perdu beaucoup

(1) Ldrsquc l'on voit toutes ces iddications de villes fondées, puis abandonnées dans le bassin de la Plata, pendant le cours du seizième siècle , il ne faut pas s'imaginer que ce fussent des villes à la façon européenne , comme celles que l'on rencontre aujourd'hui dans l'Amérique du Sud. Alors, on n'avait ni assez de temps, ni assez de bras, ni assez de goût do confortable pour élever quelque chose de semblable. On se contentait d'une enceinte en ptf?< de toits en paille ou en roseaux revêtus de terre, de murailles de briques crues ou desimpk terre battue. Ce ne fut que dans le courant du dix-huitième siècle que s'élevèrent des catsr tructions un peu monumentales.

Les Indiens répartis en commanderies habitaient les environs de ces villes, où ils se UnwfA à Tagriculture. Le nombre en est généralement exagéré par les historiens du temps.

Parfois même, quelques hardis conquérants s'établissaient seuls loin des centres de popo' laiion, au milieu de tribus indiennes qui, les regardant comme de race supérieure, n'bési' taient pas à leur obéir. Ils leur inspiraient d'ailleurs une terreur profonde par leur kravooit presque surhumaine et leur indomptable énergie.

aria disette et les maladies, et que les Indiens Charruas viennent encore de lui en oer 80 à l'arroyo de San-Juan, dans la Bande orientale^ où il cherchait à fon- 1er UD établissement. — Garay lui envoie des vivres et va bientôt en personne le ecoarir. Tous deux remontent le Rio-Uruguay, entrent dans le Rio-Negro^ où ils oodent le bourg de San-Salvador, et donnent à ce canton le nom de Nouvelle- )iscaye.

1574.— Zarate et Garay se dirigent ensemble sur l'Assomption^ où ils trouvent Mit en désordre^ par suite de la déposition du gouverneur Gacérès. — En ne ca- :liant pas sa désapprobation pour de pareils actes, Zarate encourt i'animadversion ks meneurs ; son administration en devient difficile, et il meurt à la peine. ToutefoiSy avant de mourir^ il désigne, ainsi que la cédule royale lui en donnait le droit, son neveu Mandieta pour son successeur provisoire, à Garay qu'il nomme Km exécuteur testamentaire^ et lui donne en outre la tutelle de sa fille Juana^ resiée au Pérou. Le titre d'adelantado est assigné à l'époux futur de Juana.

1575. — Garay se bâte de passer à Charcas pour faire connaître ces conditions à la fille de Zarate. Celle-d épouse alors le licencié Juan Torrès de Vera, malgré le Tîœ-roi de Lima^ D. Francisco de Toledo, qui voulait la marier avec une de ses créatures. Le vice-roi, irrité^ fait conduire Vera à Lima^où il le garde prisonnier ; Ganj. pour ne pas éprouver le même sort, retourne en toute hâte au Paraguay. —La nouvelle administration et la tyrannie de Mandieta avaient soulevé la popuiMioQ contre ce dernier; une émeute le force à fuir en Europe. En route il s'artète sur les côtes du Brésil, où il est tué par les Indiens.

1576. — Garay est reconnu par la colonie en qualité de gouverneur provisoire, ^ se concilie les sympathies générales par sa prudence et son activité. — La co- ^e de San-Salvador, sur l'Uruguay, trop isolée et en butte aux attaques incessantes des Gharruas, est abandonnée, mais celle de Santa-Fé prospère rapidement.

U vieux capitaine Ruiz Diaz Melgarejo est envoyé dans la province de la Guayra pour y raffermir le pouvoir espagnol attaqué à la fois par les Indiens et les Portugais. -— il fonde la yille de Espiritu-Santo, sur les bords du Parana, par 23" QBTiron de latitude sud, et établit un peu plus au nord , mais à l'ouest du fleuve , kg villages de Perico^^uazu et de Jesuy.

1578. — » L'Anglais Francis Drake, voulant se venger des Espagnols qui avaient Sttison navire dans le golfe du Mexique, se décide à une expédition de corsaire <iui le Pacifique. 11 visite le Rio de la Plata, la côte de Patagonie, traverse le détroit ai Magellan et est emporté par les vents jusqu'à l'extrémité de la Terre de Feu ; poiailpanrientàgagner les côtes du Ghili, qu'il pille, et retourne en Angleterre, diugé de butin.

1679. — Le vice-roi du Pérou, Toledo, envoie D. Francisco Gamboa de Sar- Qiento à la poursuite de Drake, avec la mission d'étudier le détroit. Sarmiento, iOQ exploration terminée^ va en Espagne et décide le roi Philippe 11 à en tenter la colonisation. On le nomme gouverneur des terres magellaniques, et il mei à la Toile avec une escadre de vingt-trois petits navires et des colons. Des contrariétés

sans nombre contrecarrent cette expédition. Enfin il arrive au détroit et foDde, rextrémité australe de la Patagonie, les deux colonies du nom de lésus et San-Felipe. Obligé d'aller au Brésil chercher des vivres pour ses colons, il pris par les Anglais, et les habitants de ces deux établissements périssent de in sère. Candish voit les derniers en ^586 et en sauve quelques-uns. — Ije liea où passa cette catastrophe a gardé depuis le nom de Port-Famine, qui lui fut don par le navigateur anglais.

1579. — Melgarejo, dans les plaines de Xérès et sur les bords du Rio-Mbotete3r ^ fonde la ville de Xérès au milieu des Indiens Itatinès. ^ Cette ville est abandonnée» quelque temps après, par les Espagnols à cause des inondations auxquelles le pays était sujet, et ils en bâtissent une autre, du même nom^ près du Rio-Pardo, dams la sierr^ de Camapuan^ ^ Cette seconde Xérès fut ruinée plus tard par les Portugais.

1580. — Le Paraguay étant pacifié, Garay se résout à rétablir Tancienne colonie de Buénos-Ayres. — Avec soixante soldats espagnols choisis et des Indiens auxi* liaires, il s'établit au nord du Riachuelo, là où est le fort actuel. — La ville prend le nom de Puerto de la Santisima Trinidad de Buenos-Ayres, du jour de la Saint^ Trinité où la cérémonie s'accomplit, le il juin 1580. — Les Querandis, qui veu' lent s'opposer à l'établissement des Espagnols, sont battus en di?erses rencontres, et, renonçant à la lutte, se retirent dans le sud. Les Guaranis de San-Isidro et de las Couchas sont réduits en commanderies et partagés entre les conquérants.

1 580. — Annexion du Portugal à VEspagne sous le régne de Philippe IL — Les Portugais de l'intérieur du Brésil protestent contre cette annexion.

Mamelucos. — La population portugaise de San-Vicente, établissement fondé sur la côte, en 1532, et où les Espagnols avaient relâché si souvent, s'était étendue vers Pouest. — En 1554, la ville de Saint-Paul (San-Paulode Piratininga) avait âè fondée par le Père jésuite Anchieta. — Cet apôtre du Brésil, uni au Père Nobreja» son émule , avait prêché TÊvangile parmi les Indiens et formé un grand nombie d'aidées (villages) et de réductions. — Les Portugais s'unirent aux femmes iih* diennes, principalement des tribus Gnayanazes, Carijos, Tamoyos et Tupis, d'origine guaranique. Bientôt la traite y importa d'Afrique des noirs de tout âge et de tout sexe. De ces mélanges sortit la race énergique de Mamelucos (mamelucks), ainsi nommés de leur teint foncé, moitié chrétiens, moitié sauvages, qui fut Tortglne de la population de la province de Saint-Paul. — La traite des Indiens et leur réduction en esclavage furent de bonne heure admises en principe dans cette pro* vince; de là, la guerre acharnée qu'elle fit aux tribus guaranies que les Espagooli avaient organisées en commanderies dans la province de la Guayra et dans le baat Paraguay. Dans le cours d'un siècle, de 1580 à 1680, les Paulistes repoussèrent les Espagnols de l'autre côté du Parana et du Rio-Ivinheima, et détruisirent les villes, commanderies et missions formées à l'est de ces deux limites. — Pendant les soixante ans que le Portugal fut violemment réuni à l'Espagne, de 1580 à 1640, les Paulistes formèrent une sorte de république indépendante.

1580-1590. — Missions. — Arrivée des Jésuites dans le Tucumanoù les col déjà précédés des Pères de la Merci et des Franciscains. — Dans le Paraguay, Stn-

Francisco Solano et le Père Lois Bolanos commencent leurs travaux apostoliques. —Quelques Pères jésuites viennent à l'Assomption et à Buenos-A^fres. — Le gouvernement espagnol fa?orise de tout son pouvoir l'établissement des Missions chez les indigènes.

I58L — Le premier chargement de produits de la Plata, tels que sucre^ cuirs, est expédié en Espagne. — Garay relourne au Paraguay et s'arrête une nuit près de l'ancien fort d'Espiritu-Santo. Surpris dans son sommeil par les Indiens Minuanes, il est assassiné avec quarante des siens. — Après Irala, Gai:ay est le capitaine qui a le plus contribué à l'établissement de l'empire espagnol dans la Plata.

Garay a pour successeur Alonzo de Vera y Aragon , surnommé Face de Chien (Cara de perro), à cause de sa laideur. — Celui-ci pacifie les cantons de Santa-Fé soulevés à la suite de la mort de Garay et réduit les Minuanes en encomiendas i (oommanderies).

1585. — Après diverses expéditions dans le Chaco, Vera, pour contenir les Indiens sou oiis^ bâtit sur la rive droite du Rio-Vermejo la ville de la Conception de Boena-Esperanza qui subsiste jusqu'en 1630.

1587. — La ville de Buenos- Ayres commence à se développer. — Le corsaire anglais Thomas Candish la menace, mais est obligé de se retirer devant la bonne contenance de ses habitants. Ce marin visite ensuite les côtes de la Patagonie, reconnues en 1520 par Magellan, et pénètre dans le détroit où il trouve les débris de la coloDie fondée par Sarmiento.

Juan Turrès de Vera, époux de Juana, fille de Zarate, et adelantado légal du Paraguay^ arrive enfin dans son gouvernement après avoir été longtemps retenu au Pérou. — Bien accueilli par la population, il s'occupe d'étendre la domination espagnole sur les Indiens habitant entre le Parana et l'Uruguay.

1588. — Par ses ordres, Alonzo de Vera, dit le Tupy, pour le distinguer de l'antre Alonzo de Vera, dit Cara de perro, prédécesseur de Juan Torrès, va fonder la ville de Corrientes. —Les Espagnols, vivement pressés par les Guaranis des environs, voicn^la foudre tuer les assiégeants occupés à essayer de brûler la croix plantée près de leur camp; cet événement, considéré comme miraculeux, amène la soumission des tribus voisines et leur réduction en encomiendas.

Peste. — Une peste terrible ravage toute TAmérique du Sud ; elle commence sur les bords du golfe du Mexique, arrive jusqu'au sud de Buénos-Ayres, et rrq»pe à la fois les blancs et les Indiens. — H y a toute apparence que c'était une Marlatine épidémique; les chroniques de l'époque parlent du mal de gorge et du transport au cerveau qui l'accompagnaient.

1590. — L'établissement de Buenos-Ayres continue à prospérer, et un certain commerce s'y établit. — Les réclamations intéressées de négociants de Séville et de Malaga arrachent au gouvernement espagnol Tinlerdiciion de tout cooimerce direct entre la métropole et la Plata : — Tous les objets manufacturés doivent être importés par la voie du Pérou et du Tucuman. — Ces mesures entravent slnguUèicment la prospérité de la colonie.

ikAaBxniia. — t. ui. 30

1691. — Gouvernement d'Hernandarias (Fernando de Arias), né au Paraguay. — La colonie jouit de quelques années de tranquillité. — Introduction des missionnaires, jésuites et franciscains pour évangéliser et réduire les Indiens. — On renonce aux expéditions militaires contre eux et on cherche à ne plus employer que la persuasion. — Missions exploratrices dans la Guayra et le haut Uruguay.

1589-1600. — Expéditions diverses de marins européens sur les côtes de Pata.gonie, dans le détroit de Magellan et sur les côtes de TOcéan Pacifique. — Voyages des capitaines anglais John Ghidley et Andrew Mérick (1589). — Second voyage de Candish (1592), qui s'approche des îles Malouines. — Expédition de Richard Hawkins, qui visite le Rio de la Plata, traverse le détroit et va se faire prendre par les Espagnols sur les côtes du Pacifique (1594). — Olivier Van-Nooft marin belge, débarque sur les côtes de Patagonie et y a un engagement avec les Indiens (1598). il entre ensuite dans le détroit et fait le tour du monde. — Eipédition de Sebald de Wart, qui revient en Europe sans avoir traversé le détroit. D touche aux mêmes points qu'Olivier (1599).

1598. — Mort du roi d'Espagne Philippe II, à Page de soixante-douze ans, après quarante-trois de règne. Son fils Philippe III lui succède — Commencement de la décadence de l'Espagne, épuisée par ses guerres avec le reste de l'Europe, et éf mauvaises mesures intérieures (12 septembre).

1602. — Le commerce de Buenos-Ayres continuant à grandir, ses négociant* font d'énergiques réclamations contre le régime qui leur est imposé. — On leur permet alors d'exporter annuellement 2,000 fanègues de blé, 500 quintaaide viande salée et 500 de suif, pour les établissements portugais de la côte de Gainée, alors annexés à l'Espagne. .

1612. — Pendant l'administration de D. Diego Martin de Negron, gouverneur, D. Francisco de Alfaro , auditeur de Taudicnce royale de Charcas , est envoyé par la cour de Madrid pour examiner le système des cncomiendas. ^ Celui-ci publie en conséquence les ordonnances connues sous son nom , qui modifient ce systèrDC et Tabolissent en partie. — Ces ordonnances , fort mal accueillies par les possesseurs d'encomiendas, ne sont qu'incomplètement observées, et les gouverneurs sont obligés de fermer les yeux. On rencontre pour leur exécution les mêmes difficultés qu'au Pérou.

1616. — Expédition de Jacques Lemaire et de Jérôme Cornélius Schouten, marins hollandais. — lis découvrent l'île des Etats et le détroit qui porte le nom de Lemaire.

1618. — Fondation du bourg de Santo-Domingo de Soriano , sur le Rio-N^^ dans la Bande-Orientale, par des religieux franciscains. C'est le premier point définitivement occupé dans cette province, dont les Charruas défendent invinciblement l'approche.

1618. — Nouvelles réclamations de la part du commerce buénos-ayrien. — ^

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permet TenToi direct en Espagne dé deux navires de cent tonneaux chacun, charités de produits du pays, à échanger contre des produits de la métropole. — Les consulats commerciaux de Séville et de Cadix protestent encore contre cette mesure ; ils obtiennent qu^une douane intérieure soit établie à Cordova , et qu'un droit de 50 pour 100 frappe tout objet manufacturé européen , que l'on voudrait întemer de Buenos- Ayres au Tucuman par cette voie. — En même temps , on interdit l'exportation des métaux précieux du haut Pérou par voie de Tucuman et de Buenos-Ayres.

1619. ^ Le roi d'Espagne Philippe 111, voulant établir une communication directe de l'Espagne avec les côtes du Pacifique, par le détroit de Lemaire, envoie les frères Nodal reconnaître la Terre de Feu. Ceux-ci doublent le cap llorn, attei- ^paentau sud jusqu'à l'Ilot de Diego Ramirez , par 56» 40^, font le tour de la Terre de Feu, et, revenant par le détroit de Magellan, retournent en Espagne sans aToir f>«rdu un homme.

1620. — Sur les sollicitations d'Hernandarias , nommé pour la troiv«iëme fois gouverneur des possessions espagnoles dans la Plata , la cour de Madrid se décide à. les diviser en deux gouvernements : celui de Paraguay et celui de Buenos-Ayres, <S.cpendants, comme celui du Tucuman, de la vice-royauté du Pérou et de Tau-

<Uence de Charcas.

Chronliine du Tncmnaii.

1574. — GoDzalo Abreu y Figueroa, nommé gouverneur du Tucuman en rem- 1^ lacement de LuisGeronimo de Cabrera, dont le temps est terminé, va à Cordova,. ^^ empare par trahison de son prédécesseur et le mène à Santiago , où il est con- ^^amné à mort sous la fausse accusation de rébellion. — Mécontentement général ; ^^sCalchaquis se soulèvent de nouveau et luttent quelque temps avec des fortunes diverses. Grâce à Gaspar de Médina, Abreu triomphe de l'insurrection. ,

1578. — Expédition d'Abreu dans le sud, à la découverte de la ville fabuleuse k>s Ccsares. Il revient sans avoir trouvé autre chose que des plaines désertes et voir fatigué son monde inutilement.

1580. — Hernando de Lerma succède à Abreu. — Son premier soin est d'accuson prédécesseur de trahison et d'excès de pouvoir. — Abreu est mis à la tor-

t.Qre; itn'y succombe pas, mais meurt quelque temps après dans sa prison.

1581. — Érection du Tucuman en évèché dont le siège est établi à Santiago-del- Eslero. — Le franciscain Fray Francisco de la Victoria en est le premier évèque.

1582. — Lerma fonde la ville de Salta dans la vallée qui porte son nom , afin de contenir les Calchaquis et les Humaguacas (17 avril).

1584* — Abhorré pour ses cruautés et sa tyrannie , sur iCS plaintes de ses administrés^ Lerma est décrété d'accusation par Faudience de Charcas. Conduit à cette ville, il y meort en prison.

1585. — Soulèvement des Indiens de la province de Cordova, apaisé par Tristan de Texeda.

1589. — Juan Ramirez de Velasco est nommé gouverneur du Tucuman par le vice-roi du Pérou. — Sous son administration, saint François Solano évangéllse le Tucuman; des missionnaires franciscains et jésuites s'occupent avec zèle de la conversion des Indiens, jusqu'alors abandonnés à la discrétion des commandeurs (encomenderos). — Velasco cherche à conquérir les tribus Calchaquies plutôt par la douceur que par la force des armes. — Soumission des tribus habitant le revers oriental des Andes et la vallée de Famatina.

2 1591. — Fondation delà ville de San-Bemardo de Tarya dans. la vallée de œ rtom^ par ordre du vice-roi du Pérou^ pour arrêter les incursions des Chiriguanos. — Un collège de missionnaires y est établi.

1592. — Le gouverneur Velasco bâtit la ville de Jujuy , presque à l'endroit où s'élevait celle de Neiva, afin de contenir les Indiens de la vallée d*Humaguaca, qui avaient ruiné cette dernière ^ et charge son lieutenant Alganaraz de la garder. - 11 fonde ensuite la ville de Madrid de las Juntas, sur le Rio-Juramento , non ioio d'Esteco et à la bouche du torrent de las Piedras.

1595. — Pour assurer la domination espagnole sur le versant oriental des AndeSj Velasco élève la ville de La Rioja dans le pays des Indiens Diaguitas. — Soumission des Indiens Juris et Escalonis qui habitent la plaine située entre les Andes el la sierra de Cordova. — Saint François Solano y baptise un nombre considérable dMndigènes.

1596. — Gouvernement de Zarate, puis de Mercado Penaloza^ qui répriment les soulèvements des Calchaquis y et envoient des secours à Buenos- Ayres menacée par les Anglais.

1596. — D. Martin de Loyola , gouverneur du Chili^ vient visiter la province de Cuyo et fonde la ville de San-Luis de la Punla à Textrémité sud de la Sierra de ce nom, dite Punta de los Venados y dans un canton occupé par les Indiens Micbilengues. — Cette province compte alors trois centres de population agricole : San- Juan, Mendoza et San-Luis. — Son histoire appartient à celle du Chili y dont elle fait partie jusqu'à la création de la vice-royauté de la Plata , 180 ans après, en

1599. — Les Araucans du ChiU se soulèvent contre les Espagnols. Ils détruisent les sept villes de Valdivia, Impérial, Angol, Santa-Cruz , Osorno , Chillan et Gon* cepcion, et en emmènent les habitants en captivité. Le gouverneur Garcia Oôezde Loyola est battu et tué. Le souvenir de cette victoire est resté chez les Indiens Araucans et Pampas.

Moite de 1m chroniiiae dn TnemiiAB.

idOti. — Gouvernement de Alonzo de Ribera. — 11 est troublé par l'agitation s Calchaqais, décidés à refuser Tobéissance aux encomenderos.

1607. — Ribera fonde la ville de San-Juan de la Ribera dans la vallée de Lon-

)s, laquelle subsiste peu de temps ^ et fait évacuer Madrid de las Juntas pour en

unir la population à celle d'Esteco. — Insurrection des Indiens de la province

CordoYa. — Luis de Paso, lieutenant de Ribera, après avoir réprimé cette insur-

■"edion, cherche infructueusement dans le sud la ville de los Cesarès.

1609. — L'évèque du Tucuman, D. Fernando de Trejo, fonde à Santiago del tero le collège de Loreto, pour l'éducation de la jeunesse, et en confie la direcaux Jésuites. — L'incendie de la cathédrale de Santiago, qui a lieu cette même née, oblige Tévêque à transporter momentanément le siège del'évêché à Corci o^^a. — Trcjoyfonde également le collège de Saint-François-Xavier, avant de ^Coumer à Santiago.

^612. ^ Alonzo de Ribera fait promulguer les ordonnances d'Alfaro^ qui modi- RcMil profondément le régime des encomiendas. — Mécontentement des colons pagnols^ qui ne s'y conforment qu'incomplètement.

-1613. — L'évêque Trcjo fonde Tuniversité de Cordova, à laquelle il lègue tous biens ; celle-ci, toutefois, ne fut reconnue, par ordonnance royale, qu'en 4622. Le collège de Saint-François-Xavier est fondu avec elle et les Jésuites sont char- ^s de sa direction.

1621. — Mort du roi d'Espagne Philippe 111, et avènement de Philippe IV.

1623. — Le !«' mai, une inondation du Rio-Primero dévaste la ville de Cor-

1627. — Gouvernement de Felipe Albornoz et commencement de la grande

^>ierre des Calchaquis, provoquée par Timprudence du gouverneur qui maltraite

*^ur«cnToyé8. — L'insurrection s'étend à toutes les vallées des Andes, depuis Jujuy

îtisque au-delà de la Rioja. — Plusieurs défaites éprouvées par les Indiens ne les

^éeouragent pas , et les Espagnols sont obligés do se renfermer dans leurs villes,

^i sont étroitement bloquées par l'ennemi ; la famine«et les maladies déciment

U population. — Des troupes venues du Pérou dégagent enfin les Espagnols du

tocuman, et Luis de Cabrera, après plusieurs victoires, finit, au bout d'une lutte

sanglante de dix années, par faire la paix avec les indigènes. — Des missionnaires

jésuites sont envoyés pour les instruire , et le régime des commanderies est en

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