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émigrer poar celle de Salta. — Une partie des terres des Calchaquîs sont parta-
aux Espagnols. On distribue les auxiliaires dans des villages où on leur four-
it des instruments d'agriculture ; quelques tribus seulement sont réparties en
comiendas. — La nation des Âcalians réfugiée dans ses montagnes est la derîère à se soumettre ; les plus braves, retirés dans une petite forteresse de la vallée ""Anucan tuent leurs femmes et leurs enfants et se précipitent du haut des rochers
ur ne pas tomber aux mains de Tennemi. Quelques familles sauvées de ce désont envoyées à Buenos-Ayres et réunies avec les Quilmès. — Fin des guer-
scalchaquies et soumission complète des Indiens de ces vallées; ils embras-
nt tous le christianisme et finissent par se fondre avec les Espagnols.
1670. — Angel de Peredo, successeur de Mercado, fait une série d'expéditions ans la partie du Chaco voisine des provinces de Salta et de Tucuman et soumet
omentanément quelques tribus.
1671. — Le 31 janvier, une inondation du Rio-Primero, jointe à celle du ruisdu Sud menace une seconde fois Texistence de la ville de Cordova. — Pour
rotéger la ville, Peredo fait construire la digue (murallon) qui existe encore aujourd'hui.
1682. — Plusieurs expéditions dans le Chaco n'ont produit que la destruction de ^^^bus indiennes, sans les rapprocher des Espagnols, ni assurer la frontière ; Fer- ^nando de Mendoza se décide à tenter la voie des missions. — Deux pères Jésuites S4)Dt envoyés aux Mocovis ; mais l'un est assassiné par eux, et l'autre obligé de se x-etirer.
1683. — Mendoza , à l'aide d'un groupe d'habitants tiré de Londres, fonde «fcu pied de la SieiTa d'Ambato, la ville de San-Fernando de Catamarca. — Les lodiens de cette vallée sont partagés en encomiendas mitayas.
1692. — Ruine complète de Nuestra Senora de Talavera ou Esleco par un temblement de terre suivi d'une inondation du Rio-Juramento (Salado). — Une iMfflie de la population périt, l'autre se réfugie à Tucuman.
159$, — Prospérité de la ville de Cordova. — Le docteur Duarte de Quiroz consacre toute sa fortune à la création du collège de Monserrate dont il confie la direction aux Jésuites. — Ceux-ci possédaient déjà les collèges de Saint-François- Xavier, qui se fondit avec celui de Loreto^ et tous les deux réunis avaient serv de base à l'université.
Clironique du Paraicnay et des MiMions.
1621. — Manuel Frias, qui avait épousé la fille du vieux conquistador Ruiz Diaz
de Melgarejo, est, après la séparation de Buenos-Ayres, le premier gouverneur
du Paraguay qui comprenait alors le Paraguay proprement dit, les Missions de la
* Guayra, du Paranaetdu haut Uruguay et la province actuelle de Corrientes. — Les
tracasseries de Tévèque Fray-Tomas de Torrès gênent d'abord son administration
et il est obligé d*en référer à Taudience de Gharcas^ qui blâme la condaite €Î€r^ Torrès. — Guerre avec les Guaycurus du Chaco.
1622. — Les missionnaires jésuites établissent un grand nombre de réductions ^ dans la province de la Guayra^ et sur le haut Uruguay.
1628. — LesMamelucos de Saint-Paul commencent leurs incursions dans la province de la Guayra et y enlèvent une multitude de Guaranis, qu'ils vont vendre comme esclaves dans la province de Rio de Janeiro. — Le gouverneur Cespedes est accusé d'être de connivence avec eux. — Plaintes des missionnaires complètement abandonnés à ces attaques. — Famine et épidémies parmi le» Indiens. — Au dire des historiens de l'époque, ()0,000 Guaranis sont enlevés comme esclaves par les Paulistes et, de 100,Q00 habitants, chiffre auquel on élevait la population de la Guayra, il n'en reste plus que 12,000 avec lesquels le père Montoya se décide à abandonner la province et à aller s'établir au-dessous de l'Y- Guazu,en 4631.
Sur les plaintes unanimes des Paraguayens, Cespedes est appelé à l'audience de Charcas pour rendre compte de sa conduite^ et il y est condamné à 12,000 pia<itres d'amende envers le trésor.
Les incursions des Mamelucos jointes à celles des Indiens Tupis, avec lesquels ils avaient fait alliance, désolent les villes de Yilla-Rica, Espiritu-Santo et Ciudad- Réal de Ontiveros qui unissent par être abandonnées par leur population privée des Indiens Yanaconas et Mitayos dont le travail la faisait vivre. — Il faut remarquer, que dans le principe, les colons virent avec plaisir les incursions des Mamelucos, qui empêchaient les Jésuites d'établir leurs réductions et d'attirer ainsi à eux les Indiens de leurs commanderies. La cause de l'hostilité des propriétaires contre les missionnaires a toujours été l'opposition de ces derniers au servage que les colons avaient imposé aux Indiens.
1635. — Martin Lopezde Balderrama fonde, au centre du Paraguay, une autre ville de YiUa-Rica où se rendent les fugitifs de la Guayra.
Pedro de Lugo Navarra reçoit d'Espagne, l'ordre de défendre les Missions, et d'armer les Indiens fidèles. Avec Taide des Guaranis de l'Uruguay, il bat les Mamelucos et les Tupis, et ceux-ci n'osent plus faire aucune tentative sur les Missions au sud de TY-Guazu, où les exilés volontaires de la Guayra avaient trouvé un asile. — Les Pères Jésuites y commencent l'organisation de leur grande province des Missions de l'Uruguay et du Parana.
1640. — Révolution du Portugal qui se sépare de l'Espagne sous la direction de Pinto-Ribeiro. — Avènement de la maison de Bragance. — Le duc de ce nom est proclamé roi sous le nom de Jean IV. Toutes les colonies portugaises se rangent sous son obéissance, (l*^"" décembre.)
1641.— Gouvernement d'HineSlrosa. — Les Guaranis des réductions lui prêtent secours contre les Guaycurus et les Mamelucos.
4544, — Troubles à l'Assomption par suite derhostilité de l'évèque Cardenas contre les Jésuites. Il parvient à fermer leur collège et à les expulser de la ville. Ceux-ci se retirent chez leurs compagnons des Missions du Parana.
DIX^EPTIÈME SIÈCLE. ôGO
i 648. — Établissement de la capitation sur les Indiens par ordre du vice-roi du Pérou^ Salvatierra (une piastre par tète). Cette mesure est appliquée dans toute r Amérique du Sud espa^ole. — Sa perception est organisée aux Missions en 1649.
i 650. — Le nouveau gouverneur D. Sébastien de Léon y Zarale envoie l'évéque SL Charcas pour y rendre compte de sa conduite et rappelle à l'Assomption les Fortes de la compagnie de Jésus.
1652. — Zarate^ qui s'était servi des Guaranis des Missions dans sa lutte contre Vévèque, les emploie encore contre les Payaguas, les Mamelucos et lesTupis, qui sont tous repoussés. — Une autre tentative des Mameluc(»s sur les Missions des Itat.inès dans le haut Paraguay échoue également.
i 654. — Peste, — Epidémie meurtrière qui dure deux ans dans toute la Plata ; elle fait de grands ravages parmi les Indiens. — Tout porte à croire que c'était une variole des plus malignes.
1657. — L'audience de Charcas envoie visiter la nouvelle province des Missions qui commence à prospérer. Les Jésuites songent à pratiquer leur système dMsolement à Tégard des Espagnols.
1660. — Gouvernement de Sarniiento. — Le soulèvement des tribus du nord du Paraguay est réprimé avec la dernière sévérité. Supplice des principaux chefs.
1662. — Les Guaycur us attaquent les Missions formées chez les Itatinès^au nord du Paraguay; ils sont repoussés par les Guaranis.
i665. — Nouvelles attaques des Guajcurus et des Payaguas contre les établissements espagnols; Andino les rejette dans le Chaco.
1671. — Invasion des Indiens Mbayas^ qui saccagent les Missions franciscaines ^e Tobaty, Arecaya, Atira et autres villages jusqu'aux environs de FAssomption. — *^^s sont repoussés avec beaucoup de peine. Le nord du Paraguay est ravagé par ^Ux pendant six années.
i676. — Premier recensement de la population des Missions jésuitiques du Pa- ^^na et de l'Uruguay; il donne 44,037 Indiens sujets à la capitation qui était d'une piastre par tète^ de 18 à 50 ans.
Lefit Mamelucos de Saint-Paul recommencent leurs incursions dans la Guayradéjà îort dépeuplée^ et passant le Rio-Parana, pénètrent jusqu'à l'intérieur du Paraguay. Destruction complète de Villa-Rica qui est définitivement évacuée par les Espagnols; les villages de Maracayu, Terecani^ Ibirapaya, Candelaria, Jesui, établis depuis 1588> sur la rive droite du Parana^ sont également détruits et abandonnés. La plupart des Indiens qui les habitent sont emmenés en esclavage.
1678. — Les Guaycurus et les Payaguas mettent la colonie du Paraguay à deux doigts de sa perte. — Les Espagnols s'en débarrassent par une trahison. Attirés à l'Assomption pendant une trêve, et gorgés de liqueurs fortes, les principaux guer-
570 CHRONOLOGIE DE L'HÎSTOmE DU BASSIN DE LA PLATA. .
riers de ces deux nations sont égorgés pendant leur sommeil. Ce massacre mit pour quelque temps fin à la guerre.
1684. — Nouvelle invasion des Mamelucos. Ruine définitive de Xérès dans le pays des Itatinès.
1688. — Le nouveau gouverneur, Alonzo de Montfort relève enfin le Paraguay de la faiblesse où il était tombé; il repousse les Guaycurus et les Mamelucos êtretablit la paix dans le pays.
1690. —Les Jésuites commencent leurs Missions des provinces de Moxos et de Chiquitos, Missions qui existent encore aujourd'hui et sont gouvernées par les Franciscains.
ChroBlqne de BaeBos-Ayrcs.
1021 . — Aussitôt après le partage des établissements du Rio de la Plata en trois gouvernements : Paraguay, Buenos-Ayres et Tucuman, le roi Philippe 111 obtint du pape Paul V la bulle d'érection de3uenos-Ayres en évêché. Fray Pedro deCarranza occupe le premier ce siège épiscopal.
1624. — Le gouverneur, D. Francisco Gespedes, se croyant menacé parles HoV landais, alors maîtres d'une partie des côtes du Brésil, fortifie Buenos-Ayres d# devenue une ville importante.
1631 . — Les Indiens Frentones, Lenguas, Hohomas, etc., des environs de la Oodoepcion-del-Vermejo se soulèvent contre les Espagnols et les massacrent — D^ truction de celte ville, qui n'a point été réoccupée depuis. Le nouveau gouverneur^ De Avila envoie des troupes contre eux ; mais, fatiguée par la longueur du chemin, l'expédition échoue.
Querelles entre Benavidès, successeur d' Avila et Févèque de Buenos-Ayres qui finit par l'excommunier. Le cabildo parvient à réconcilier les deux adversaires.
4638. — Les habitants de Gorrientes soumettent les Indiens Caracaras, voisin» de la lagune Ibera, qui étaient v^us les attaquer. L*bistorien Lozano affirinr que l'on poursuivit les vaincus jusque dans les îles de la lagune où ils habitaient.
1639. — Gam pagne contre les Indiens du Ghaco qui attaquent les environs de Santa- Fé. Fondation du fort de Santa-Tcresa sur la lisière du Ghaco.
4640. — Les Mamelucos et les Tupis, accourus du nord pour envahir les nouvelles Missions de l'Uruguay, sont complètement défaits par les Guaranis chrétiens, aidés de quelques troupes que le gouverneur Ventura Mujica a envoyées de Buenos-Ayres. — Les habitants des Missions commencent à s'aguerrir.
4 649. — Établissement à Buenos-Ayres de la capitation sur les Indiens» ordonnée par le vice-roi du Pérou Salvatierra.
1665. — Une petite escadre française fait des démonstrations contre Buenos- Ayres; elle est repoussée par le gouverneur Baigorri, aidé des Hollandais, qui venaient de faire alliance avec l'Espagne.
La contrebande commence à se faire sur une grande échelle sur les côtes de la Plata. Elle est favorisée par les habitants du pays^ que les règlements commerciaux auxquels ils sont assujettis privaient des objets manufacturés les plus nécessaires, ou ne leur permettait de les obtenir qu'à des prix exorbitants.
1664. — Fondation d'une audience royale à Buenos- Ayres, audience qui est abolie neuf ans après, en 1673.
1680. — Les Portugais s'établissent à la Golonia del Sacramento, dans la Bande- Orientale^ en face de Buénos-Ayres^ et y bâtissent un fort. Le gouverneur Garro les en expulse par la force; mais, Tannée suivante, la cour de Madrid ordonne la restitution de cette place au Portugal, en conséquence du traité de Badajoz.
1692. .— Le port de Buenos- Ayres est menacé par les Français, qui se bornent à des descentes sur divers points de la côte, sans attaquer la ville. -— La paix de Riswick, en 1697, rétablit la sécurité sur les côtes de l'Amérique espagnole.
Cnhroniqwe d« Taei
1700. — Le siège de l'évèché de Tucuman est transféré de Santiago-del-Estero à Cordova.
1707. — Estevan de Urizar, gouverneur du Tucuman, fait une grande expédition dans le Ghaco. — Les Indiens Ojotas et Lules font alliance avec les Espagnols, reçoivent des missionnaires jésuites, et acceptent l'établissement des deux forts de Balbuena et de Miraflorès sur le Rio-Juramento. — Les Tobas, les Mocovis, les Chunupis et les Vilelas se retirent du côté du Rio-Parana et du Bas-Yerroejo.
1 721 . — Voyage du père Patino sur le Pilcomayo pour reconnaître s'il est navigable. — Les contingents de Tucuman et de Ghiquitos, qui devaient gagner, par le désert, le haut de cette rivière pour y recevoir le P. Patino, ne peuvent même arriver jusqu'à ses rives.
1727. — Les indiens du Ghaco ravagent les frontières de Salta, de Tucuman et «le Cordova. — Destruction des réductions de Balbuena et de Miraflorès.
1730. — Le gouverneur Aracache se décide à faire une grande expédition dans le Ghaco. Il bat partout les Indiens, mais la plupart des tribus échappent, par suite de la mobilité de leurs mouvements. — Les Mocoyis reviennent menacer tes environs de Salta et sont repoussés.
174i. — Expédition de Mantizo dans le Chaco. Les Indiens fuient devant lui et perdent peu de monde. — Troubles civils dans le Tucuman; les habitants de Cordovai se soulèvent contre leur gouverneur, Estevan de Leon^ et la tranquillité se rétablit avec peine.
1746. — Campagne de D. Félix Arias contre les Mataguayos du Rio-Vsnnejo, qui font leur soumission.
n46. — Les Abipones de la frontière de Cordova viennent attaquer les environs de cette ville. Battus par les habitants^ ils consentent à recevoir des missionnaires. — En 4749, le fort de la Concepcion de Abipones sur le Rio-Dulce est fondé ; on y joint une réduction confiée aux Jésuites.
4748. — Création de la charge de lieutenant royal pour la province de Cordova, dont l'importance augmente chnque jour.
1750. — Construction du fort de Pitos sur le Rio-Juramento pour contenir les Indiens du Chaco. — Les milices du Tucuman se refusent au service militaire régulier que le gouverneur Tinco veut organiser pour leur faire combattre, à tour de rôle, les barbares du Chaco.
4755. — Le gouverneur Pestaiîa rétablit le calme dans le Tucuman. Sous son administration, la vallée du San- Francisco commence à se peupler; on y élève plusieurs forts, et les barbares sont rejetés de l'autre côté de la Sierra del Alumbre.
1757. — Joaquin Espinosa visite tous les forts de la frontière du Chaco et en crée de nouveaux. — Expédition contre les Mataguayos des bords du Vermejo.
1 759. — Grande expédition d'Espinosa dans l'intérieur du Chaco. — On découvre la Senda Macomita, sentier à travers les bois, par lequel les Indiens du Vermejo faisaient leurs invasions dans la province de Tucuman. L'indocilité de ses milices Tempêche de pénétrer très-avant, et il s'arrête à l'endroit nommé depuis Tren de Espinosa, — Traités de paix avec les Indiens; Texpédition n'a d^ailleurs trouvé nulle part de la résistance.
1764. — Le gouverneur Campero envoie le général Errescaela avec 80 hommes pour pénétrer jusqu'à Corrientes à travers le Chaco. Errescaeta arrive à la lagune de Cangayé et se voit obliiié de rétrograder devant i'attitU'Ie menaçante des ludions.
1768. — Expulsion des Jésuites de. tous les domaines espagnols, -r- Dispersion de leur belle bibliothèque de Cordova. — Leur collège de Monserrate est mis dans les mains des Franciscains ; il en est de même de leur maison de Tarija dans les terres des Chiriguanos.
4769. — Troubles à Salta, occasionnés par les concussions du gouverneur Campero. — Matorras est nommé son remplaçant; lui-même est appelé à Bucnos- Ayres pour rendre compte de sa conduite.
DlX-HUlTlÈME SIÈCLL. 673
iirande expédition de Matorras au Chaco.— Ce gouverneur parti de Salla, atteint a.u Vermejo en suivant le versant oriental de la Sierra del Alumbre, et longeant cette rivière, arrive à 50 lieues de Corrientes, où il reconnaît remplacement de Tancienne ville de la Concepcion-del- Vermejo (fondée en 1585, détruite en 1630). — I-Vxpédition est pacifique, mais n'amène d'autres résultats qu'un arrêt momentané dans les incursions des indiens.
1776. — Création de la vice-royauté de la Plata. - Zeballos en est le premier vice -roi.
1777. — Le Tucuman est partagé en deux intendances : — celle de Salla, comprenant Salta, Juju y, Tucuman, Santiago-del-Estero et Catamarca; celle de CordoYa, renfermant Cordova, La Rioja, San-Juan, Mendoza etSan-Luis. — En conséquence les trois derniers départements, qui formaient la province de Cuyo, sont distraits de la capitainerie générale du Chili, dont ils avaient dépendu jusqu'alors, pour être attachés à la juridiction de la Plata.
1779. — Les PP. Franciscains Manuel Chonca et José Ocana fondent la mission de Zenta sur la rivière de ce nom, à trois lieues de sa jonction avec le Rio- Vermejo. Ils y réunissent des Indiens Vejoses et Mataguayos.
1780. — Soulèvement des Indiens du haut Pérou sous la conduite de Tupac- Amaru, marquis d'Oropeza, descendant de la famille des Incas. Cette révolte, provoquée par les malversations des agents fiscaux et leurs injustices à Tégard des 'ndiens, est éteinte dans des flots de sang. La révolution gagne les provinces de Jujuy et de Salta, où une partie des Indiens d'origine quichua, qui les habitent, essayent un mouvement rapidement comprimé par les milices du pays. — Supplice de quelques insurgés.
Administration de Tintendant Andrès Mestre dans la première section du Tucu- *^^.5m. Il s'occupe de fortifier la frontière du Chaco et d'étendre les établissements ^V^rétiens. — A partir de ce moment, se multiplient les tentatives pour ouvrir une
•ute directe des provinces du nord au Parana, à travers le désert.
Le colonel Gabino Arias fait, par terre et à ses frais, une expédition dans le
laco. — Il fonde, au milieu d'Indiens amis, les réductions de San-Bernardo et de •^ Cangayé sur les rives du Vermejo. — Il y est rejoint par les PP. Morillo et l^apa, ^^squels, avec Taidede D. Adrian Cornejo, ont jeté une embarcation sur le Rio de ï^-odesma, puis descendu le Sau-Francisco et le Vermejo. — Lui-même se rend par
LU à Corrientes.
1785. — Fondation de la maison ou collège des Orphelines à Cordova par revécue San-Alberto.
1790. — Le colonel Adrian Cornejo s'embarque sur le Vermejo et descend ïa rivière tout entière jusqu'à Corrientes. Il laisse le journal détaillé de son voyage.
1792. — Pizarro, successeur de Mestre, établit le fort qui porte son nom, près tie la jonction du Vermejo et du San-Francisco, et continue Torganisation de la Crootière si bien commencée par son prédécesseur.
bU CHRONOLOGIE UE LHISTOIRK DU BASSIN DE LA PLATA.
1793. — Le marquis de Solnremonte^ intendant de la seconde Mction du Tacuman^ embellit Cordova. — Travaux de l'aqueduc et de la promenade par l'ingénieur Lopez^ qui les termine à ses frais.
* 1794. — Le lieutenant-colonel Ëspindola va de Corrientes à San-Fernando del Valle, en vingt jours avec une faible escorte, en traversant tout le Chaco. De là il passe à Jujuy, et de Jujuy retourne à Corrientes par le même chemin, sans perdre un seul homme et en conservant de bonnes relations avec les Indiens.
L'intendant Pizarro fonde la ville d*Oran, qui absorbe la Mission de Zenta. — Prospérité du Tucuman.
1795. — Sobremonte fonde le village de la Carolina dans la Sierra de San-Luis, dont on commence à reconnaître les gîtes aurifères. — 11 restaure le fort de San- Carlos dans la province de Mendoza et celui de Guandacol dans les Andes de la Rioja.
Chronique dn Parairvmy.
1722.— Troubles dits des Jésuites et d'Antequera au Paraguay. — Le gouverneur Reyes est accusé d*abus de pouvoir devant l'audience de Charcas. Antequera, en qualité de protecteur des Indiens^ emploi de création déjà ancienne, est envoyé par elle pour informer sur cette affaire , et se montre très-hostile à Reyes, qu'il accuse d'être soutenu par les Jésuites. Celui-ci est en conséquence condamné à one forte amende et s'enfuit à Buenos- Ayres; le vice-roi de Lima nomme Antequera son remplaçant. Cependant Reyes trouve moyen de se justifier aux yeux du viceroi, qui lui rend son commandement. 11 retourne alors au Paraguay, mais en ayant soin de traverser les Missions qui lui sont favorables et d'y prendre une escorte; celle-ci, toutefois, n'est pas suffisante pour le faire respecter d*Antequera, et il est obligé de se retirer à Corrientes, d'où celui-ci le fait enlever et le met en prison.
Le yice-roi du Pérou charge D. Mauricio Zavala, gouverneur de Buenos-Ayres, de terminer ce différend. Celui-ci ne trouve rien de mieux à faire que de nommer un nouveau gouverneur, Garcia Ros, charge de prendre en ses mains l'administration. Ros, prévoyant la résistance d'Antequera, se fait accompagner de quelques troupes recrutées dans les Missions, mais il échoue deVant la résistance de son antagoniste et se replie sur Buenos-Ayres. Antequera, triomphant, s'empresse d'expulser les Jésuites de FAssomption ; cette mesure est vivement blâmée par révèque Palos qui venait d'arriver et que le vice-roi chargeait d'informer sur tous ces troubles. En conséquence, Antequera est appelé à Lima, pour y rendre compte de sa conduite, et dans le cas d^une résistance de sa part, le gouverneur de Buenos- Ayres, Zavala, est chargé de l'y contraindre.
Antequera, après avoir essayé de résister, se soumet, et Reyes est rétabli dans son gouvernement, lise rend alors à Luna, où il reste quelques années en prison, le procès traînant en longueur. Cependant de nouveaux troubles éclatant au Paraguay et son nom s'y trouvant mêlé, le vice-roi fait activer l'instruction dont le résultat est une condamnation à mort pour l'accusé.
La nouvelle de Texécution d'Antequera soulève l'opinion au Paraguay, où il avait
DIX-HUITIÈMI;: SIÈCLE. ô7S
coQsenré de nombreux partisans. Le peuple accuse les Jésuites d'être la cause principale de cette catastrophe, et une émeute les poursuit jusque dans leur collège de l'Assomption. — Cette affaire a duré près de dix années, de 4722 à 1732, et laisse de pénibles souvenirs dans le pays.
i733« — En effet les troubles' continuent. L'évèque Palos est repoussé par le peuple de l'Assomption comme partisan des Jésuites ; les mécontents veulent même faire une expédition sur les Missions pour y poursuivre ces religieux. Ces événements déterminent les autorités espagnoles à prendre dés mesures énergiques. Arreguy, évèque de Buenos- Ayres, et un nouveau gouverneur, Ruiloba, sont envoyés pour pacifier le pays. Ruiloba est assassiné pendant une entrevue avec les chefs des révoltés : ce crime amène une réaction , à la suite de laquelle les Paraguayens acceptent Tévèque Arreguy pour gouverneur provisoire ; mais, son autorité étant contestée, le vice-roi ordonne à Zavala de rétablir à tout prix l'autorité royale. Zavala y réussit à Taide des Indiens des Missions. Les principaux insurgés sont pris et passés par les armes, et, en 1735, il entre en maître à l'Assomption. L'évèque Palos est rétabli sur son siège épiscopal ; les Jésuites sont réinstallés dans leur collège et leuris propriétés. Les Paraguayens sont déclarés déchus du droit qu'ils avaient de nommer eux-mêmes leur gouverneur, en cas de vacance imprévue de remploi et jusqu'à ce qu'il y fût pourvu par l'autorité royale. — Ces teoables, dits des Comuneros^ amenèrent la destruction du reste d'autonomie que le Paraguay avait hérité de ses premiers conquérants.
i 7i0. — Le gouverneur Moneda essaye de restaurer la prospérité du Paraguay, fort diminuée par les troubles des années précédentes , et les incursions des In- ^i^iens qui en furent la conséquence. — Fondation du bourg de la Ëmboscada près ^lie la chaîne centrale du Paraguay, composé de nègres et mulâtres libres, as- "^reints seulement au service militaire pour défendre la frontière. — Réduction des Xndiens Payaguas et Tacumbus, qui consentent à se fixer dans les environs de ^'Assomption, où ils ont toujours vécu en paix jusqu'à l'époque actuelle.
1747. — Larrazabal, successeur de Moneda, continue à repousser les Indiens ^ui désolaient la frontière et fonde plusieurs bourgs et villages.
1749. — Justes- réclamations du Paraguay au sujet des mesures vexatoires qui ^t*èTent son commerce, telles que : droits excessifs sur l'exportation de la yerba- •^té, obligation d'aller à Santa-Fé comme port unique, et de conduire de là, par ^^ire, les chargements jusqu'à Buenos-Ayres, etc., etc.... — Le vice-roi de Uma ^^ tient pas compte de ces réclamations, et cette indifférence irrite profondément les esprits encore émus de la guerre récente des Comuneros.
1750. — La culture du tabac commence à prendre de l'importance dans la t^rovince.
Affaires des Missions,^ Guerre dite des Jésuites. — Le Paraguay n'y prend point part ; tout se passe de l'autre côté de l'Uruguay, dans les Missions orientales, dont les habitants se soulèvent contre l'incroyable traité de Madrid qui les dépouille de leurs propriétés et les expulse de leur pays pour le donner aux Portugais. — - Juste mécontentement de toute l'Amérique espagnole à ce sujet.
ChroBiqwe de BaéBOi-Ayre*.
1 700. — événement de la Maison de Bourbon au trône d^ Espagne et des Indes, — Pendant près de deux siècles, la France et PÈspagne ont été en guerre. — Les corsaires français ont, nombre de fois, inquiété les colonies espagnoles, et de 1660 à 1690, les côtes du golfe du Mexique ont été désolées par les flibustiers dont la plupart étaient Français. La décadence de TEspagne, commencée sous Philippe ill^ se continue sous Philippe lY, et se consomme sous Charles II, dernier souveraio de la maison d*Âu triche, qui, mourant sans enfants, appelle à sa succession Philippe V^ f)etit-fils du grand Louis XIV, et petit-fils également de Philippe IV, dont la fille avait épousé le roi de France en 1660, mariage qui avait amené la célébration du fameux traité des Pyrénées. — L'acceptation de la couronne d'Espagne pour son petit-fils amène une guerre européenne dans laquelle la France, presque seule contre tous, éprouve de grands revers, mais n*cn parvient pas moins à assurer le trône de Philippe V, vaillamment soutenu d'ailleurs par la majorité de la nation esp&r gnole. — Pendant cette lutte, qui dure de 1704 à 1713, Tarchiduc d'Autriche Charles, compétiteur de Philippe V, est un instant proclamé roi. La bataille d'Almanza gagnée sur les alliés en 1707, par le maréchal dcBerwick, rétablit les affaires du jeune roi, qui achève de triompher enfm par celle de ViUa-Viciosa, gagnée par le duc de Vendôme en 1709, succès qui prépare la paix d'Utrecht.
Pendant cette période, les Anglais ont obtenu du gouvernement intérimaire des conventions commerciales avantageuses, et occupent Gibraltar (1704), qu'ils ont gardé. La France, devenue une alliée, obtient de pouvoir commercer sur les côtes du Pacifique. C'est alors que le P. Feuillée et Frezier font un voyage scientifique au Chili. A partir de cette époque, on commence à avoir quelques communications moins rares avec les possessions espagnoles des côtes sud- américaines.
1701. — Par l'article 50 du traité de 1701 entre les couronnes d'Espagne et de Portugal, la possession de la colonie del Sacramento est confirmée au Portugal, ainsi que celle d'une partie du territoire de la Bande Orientale. Ce port devient le foyer d'une contrebande très-active.
1702. — Première admission légale de la traite des esclaves noirs dans la Plata. La compagnie française de Guinée obtient un privilège exclusif de dix ans pour leur inttoduction.
1705. — La place de la Colonia est évacuée par les Portugais, après un siège où les Guaranis des Missions se sont distingués d'une manière toute particulière.
1713. — Paix d'Utrecht, qui met lin à la guerre européenne, suite de l'avéncnieiit de la maison de Bourbon au trône d'Espagne.
Un article du traité rend au Portugal la souveraineté de la.' Colonia avec un territoire d'une portée de canon seulement (2,000 mètres) autour de la ville.
Asiento de Negros, ou convention avec l'Angle teiTe pour l'importation des noirs dans ses colonies espagnoles pendant trente ans, de 1713 à 1743, k raison de 4,800 par an. — Cette puissance obtient la permission d'établir un dépôt à
Buenos- Ayres, d'où les esclaves sont expédiés dans tous les pays de la Plala et jusqu'au Pérou. Ces mesures donnent à TAngleterre le monopole de la traite des ïï^gres.
i 116. — Les Portugais rentrent en possession de la Colonia, après s'être engagés par les traités à ne permettre ni favoriser la contrebande ; mais ce commerce clandestin ne fait au contraire qu'augmenter, par suite des besoins des pays et de la
inivence générale.
1717. — Bruno Mauricio de Zavala est nommé, par l'Espagne, gouverneur de Buenos-Ayres, avec la mission expresse de faire respecter les articles du traité «llJtrecht, relatifs à la contrebande sur le littoral sud-américain. U poursuit, en effet, avec une extrême activité, tous les navires européens qui venaient charger «les cuirs et importer des marchandises dans la Bande-Orientale, et surveille a^ttentivement les Portugais de la Colonia.
1723. — Les environs de Santa-Fé sont ravagés par les barbares du Ghaco. Za* ^ala va au secours de cette ville, repousse les Indiens et établit quelques fortifications sur la frontière du nord pour les contenir.
1724. — Les Portugais s'établissent dans la baie de Montevideo et commencent à y bâtir un fort. Zavala les en expulse et songe à peupler la Bande-Orientale.
1726. — Fondation de la ville de Montevideo par Zavala. Il la peuple à l'aide <le familles venues des îles Canaries et la fait défendre par des auxiliaires indiens appelés des Missions de l'Uruguay. Ce nouvel établissement, grâce à son heureuse situation, se développe avec rapidité.
1728. — Abolition de la convention pour la traite des noirs avec l'Angleterre. ^^Espagne les importe elle-même.
1732. — Nouvelle expédition de Zavala dans le Chaco. Son lieutenant Francisco- ^vier Echagûe défend Santa-Fé et en nettoie les environs de tous les maraudeurs indiens qui étaient venus de nouveau les infester. Zavala, à son retour du Paraguay, en 1755, meurt dans cette ville.
1736. — Nouvelle rupture entre le Portugal et l'Espagne au sujet de la posses- Mon de la Bande-Orientale. Salsedo, successeur de Zavala, assiège la Colonia. La paix de 1737, entre les deux couronnes, met fm aux opérations militaires, qui avaient duré deux années.
1738. — Les Portugais commencent à coloniser la province de Rio-Grande du sud. — Fondation de Porto Alegre.
1739. — L'extension des établissements chrétiens dans le sud de la ville deBuénos-Ayresamène une rupture avec les Indiens Pampas restés jusque-là pacifiques. — On tente sur eux l'action des Missions. — Les Pères jésuites Manuel Quirini et
0011F. ABOBlfTIKK. — T. III. 37
Mathias Strobl fondent la réduction de la Conception, au nord du Rio-Salad< deux lieues de la mer et du cap Saint-Antoine.
1740. —Fondation de la Réduction de l^aint-François-Xavier (San-Javicr) cr^b les Mocovis, au nord de Santa-Fé^ sur la demande de ces indiens.
1741. — Traité atecles Indiens du sud^ qui se retirent de l'autre côté du ^R.i< Salado et consentent à recevoir des missionnaires.
1744. — Un recensement de la province de Buenos- Ayres lui donne pour la wih* et la campagne 17,284 âmes.
1745. — La contrebande continue à se faire sur les côtes de la Bande-OrienU.^^^ occultement protégée par les Portugais. L'attention de l'Europe commence à s veiller sur l'importance que peuvent avoir un jour les régions de la Plata pour commerce du monde entier; — divers navires français et anglais viennent coi mercer dans le fleuve^ malgré la chasse incessante que leur donne l'autorité es gnole de Buenos- Ayres.
17/i6. — L'Espagne ordonne une reconnaissance des côtes de Patagonie, jusqu'au ^ détroit de Magellan, par le Père Quiroga^ jésuite célèbre par ses connaissances en hydrographie^ et qui avait déjà fait celle du Rio-Paraguay ; on lui associe les pilotes Varela et Ramirez. L'expédition parcourt toute la côte orientale du continent; au sud de Tembouchure de la Plata^ sans rencontrer aucun endroit propice pour une colonie maritime.
1747. — Les Pères jésuites Cardiel et Falkner fondent la mission de la Virgen dcl Pilar, au pied de la Sierra del Yulcan^ entre ces collines et la mer, au milieu des Indiens Aucas. — L'année suivante une autre réduction^ sous le nom de la Virgen de los Oesamparados est fondée par les Pères Balda et Vilcrt, sur les bords du Rio-Golorado. — Les ruines de ces deux missions se voient encore aujourd'hui. La première est près de la lagune dite de los Padres^ qui communique à l'Océan ; Tautre est perdue dans le territoire indien du sud, à Touest de Bahia-Blanca.
1748. — Andonaégui, gouverneur de Buénos-Ayres, hâte la construction des fortifications de Montevideo et élève également quelques défenses autour de Maldonado, qui venait d'être fondé. 1 /importance de la Bande-Orientale augmente rapidement, et la campagne commence à se peupler d'eslancias ou fermes à bétail.
Établissement du monopole du tabac au profit du gouvernement de la métropole. Cette mesure mécontente profondément les habitants de la Plata*
1749. — Fondation de la réduction de San-Geronimu^ à Tembouchure de TArroyo del Rey, dans le Parana, en face de la ville actuelle de Goya, par le jésuite Diego Hervegoso aidé du lieutenant de troupes royales, Mujica.
1750. — Guerre avec les Indiens Gharruas et Minuanes habitant la Bande-Orientale. Quelques-uns se soumettent et se confondent avec les habitants de race européenne.
DIX-HUITJÈME SIÈCLE. ' 579
Fondatioii de la réduction de Cayasta, près de Sanla-Fé> par Mujica qui la confie ttix Pères Franciscains.
A la même époque le gouverneur Andonaegui fonde celle de San-Femando^ Vautre côté du Parana^ en face de Corrientes^ et la met sous la direction des ^suites.
1750. — Traité du 13 janvier 1750 à Madrid^ qui cède au Portugal les Missions rientales en échange de la Colonia et établit une nouvelle ligne de démarcation ntre les possessions des- couronnes d'Espagne et de Portugal. L'Uruguay et l'Ibiny doivent former la limite nord-ouest.
1751 - 4756. — Mécontentement des Indiens et leur résistance. Guerre dite guamitique ou des Jésuites. — Invasion de leur territoire par Tarmée combinée des SHntugais et des Espagnols, et combat de Gay-Baté. Les Guaranis se soumettent ;
commencement de l'évacuation des Missions; la mesure traîne beaucoup en
^■ongueur. — Ce traité et cette guerre ont été vus avec une profonde répugnance tous les habitants de la Plata^ et même par toute TAmérique espagnole.
1752. »- Premiers travaux des commissaires pour la démarcation des limites. Ces opérations amènent des résultats précieux pour la géographie de ces régions; toutefois les rivalités et la mauvaise volonté des commissaires^ dominés par leur
désir de gagner chacun du terrain^ font durer ces travaux un temps infini et n'en l)enDettent pas la conclusion.
1753. — Mort de Ferdinand VI et avènement de Charles III. Il accède au Pacte dt famille conclu entre les diverses branches régnantes de la maison de Bourbon et 88 trouve entraîné dans une guerre contre l'Angleterre, pendant laquelle l'Es- IMigne fait des pertes considérables dans le golfe du Mexique. — Les Français sont ^misdans l'Amérique du Sud. — Guerre de Sept ans, commencée en 1756 et Icnninée en 1763, fatale à la France et à toute l'Europe. L'Angleterre y gagne le Cinada.
1761. — Charles 111 annule, à la satisfaction générale des habitants de la Plata, le Mté de limites^ origine de la guerre des missions , et les Indiens sont rappelés <hD8 les septbourgs des réductions orientales^ qui n'avaient été évacuéesqu'cn partie.
1762. — Établissement de la compagnie Manduineta à Buenos-Ayres. Protégée pirnn privilège obtenu du gouvernement, elle monopolise l'exportation des cuirs et oblige les habitants à ne vendre qu'à elle et à des prix fixés par elle-même. Le iDécontentement général force le cabinet de Madrid à annuler ce privilège au bout de quelques années.
Guerre entre l'Espagne et le Portugal, à la suite de la rupture du traité de 1750. —Le gouverneur de Buenos- Ayres, Zeballoi", assiège et prend la Colonia. Les Portugais se fortifient sur la frontière orientale et élèvent les places de San-Gonzalo et de Santa Teresa.
Zeballos fonde le village de San-Carlos, situé à deux lieues de San-Maldonado.
1763. — Traité de Paris, qui met lin à la guerre de Sept ans en Europe. —
Paix entre TEspagoe et le Portugal qui rentre en possession de la Golonia^ maii abandonne à l'Espagne tous les autres territoires contestés.
176i. — Une expédition française commandée par Bougainville/occupc les Ile Malouines. Sur les réclamations de TEspagne, la France les restitue à cette puis sance^ à la condition d'être remboursée des frais d'occupation évalués à 120^00( piastres.
Établissement de paquebots périodiques d'un très-fort tonnage, qui partent d la Corogne^ portent des marchandises espagnoles à tous les ports des Colonies e rapportent en échange leurs produits.
1765. — L'ile de Cuba est admise à commercer librement avec la Plata.
1767. — Les Portugais continuent à se fortifier dans la province de Rio-Grand et à y conquérir du terrain. Ils étendent leur frontière jusqu'à la Sierra del Tapé malgré les réclamations des Espagnols.
1768. — Expulsion des Jésuites de toutes les possessions espagnoles. — Achar nement du gouverneur de Buenos-Ayres^ Bucareli^ contre ces religieux.
1774. — Ministère Galvez en Espagne. On admet en principe que toutes le colonies espagnoles sont admises à commercer librement entre eiles^ mais qu'elle ne peuvent consommer que des produits espagnols.
1775. — Guerre entre les Espagnols et les Portugais dans la province deRio- Grande, par suite des empiétements de ces derniers. Elle se fait mollement et sans grands résultats.
1776. — Érection de la vice-royauté de la Plata, avec Buenos-Ayres pour cheflieu.
Jusque-là, les trois gouvernements de Buenos-Ayres, du Paraguay et de Tucuan^ avaient dépendu de la vice-royauté de Lima, dont le siège était à près d( 1000 lieues de Buenos- Ayres. — La province de Cuyo est annexée à la viceroyauté, ainsi que le Haut-Pérou. Zeballos est nommé vice-roi et capitaine généra des provinces de la Plata.
1777. — Nouvelle guerre entre le Portugal et l'Espagne. — Grande cxpéditior espagnole contre Rio-Grande. — Occupation de Tile de Sainte-Catherine. LaColonis est prise d'assaut. — Ces mesures vigoureuses amènent une paix immédiate qui est signée au mois d'août à Saint-Ildefonse, paix suivie d'un traité de limiter définitif, qui complète celui de 1750.
Zeballos ordonne la fondation au Paraguay des villages et fortins d'Humaita el de Curupayli, sur la rive gauche du Rio-Paraguay, juridiction de Corrientes. pour défendre le passage de la rivière contre les incursions des Indiens du Chaco.
1778. — Juan José de Vertiz succède à Zeballos dans la vice-royauté de la Plata. Le ministère Galvez, en Espagne, fait promulguer le nouveau tarif, et le
man
code commercial récent, dit règlement du commerce libre avec la métropole et les. colonies, toutes les entraves douanières qui Tavaient gôné jusqu'à présent étant enlevées. Mais ce commerce reste exclusif avec l'Espagne et ses colonies , et demeure fermé aux autres nations.
Prospérité commerciale de la Plata. — Un recensement de la ville et province àe Buenos-Ayres donne 37,600 âmes.
i779. — Colonie de San-José, formée d'abord dans la péninsule de ce nom, puis transportée au port Désiré sur la côte de Patagonie par Juan de la Piedra envoyé I>ar Vertiz. Elle est abandonnée au bout de deux ans.
1780. — Fondation de la colonie de Carmen ou Palagonès, sur le Rio-Negro, à 12 lieues de son embouchure, par Anlonio-Viedma.
Suppression par le vice-roi Vertiz^ du dépôt forcé à Santa-Fé, pour tous les objets d'importation ou d'exportation qui formaient le commerce du Paraguay. Cette province est autorisée à commercer librement avec Buenos-Ayres et Montevideo.
1782. — Voyage d'exploration du pilote Villarino,dans le Rio-Nogro de Patago- Tiie. 11 le remonte jusqu'au pied des Andes et à la jonction du Rio-Catapulîcbe.
Commencement des travaux des commissaires espagnols et portugais, chargés delà démarcation des limites entre les deux couronnes d'Espagne et de Portugal, inconséquence du traité de Sainte- lldefonsc. — Félix de Azara fait partie de la commission.
i783. — Création d'un collège d'instruction supérieure à 1 Assomption au Paraguay. Fondation du collège de San-Carlos à Buenos-Ayres.
Création des intendances de Cordova et de Salta, puis de celles de Cuvo et du Paraguay.
Un recensement de l'intendance du Paraguay, fait par ordre de D. Pedro de Melo de Portugal, donne le chiffre de 93,972 âmes.
Paix entre l'Espagne et l'Angleterre, à la suite de la reconnaissance de l'indé- Pendance des États-Unis de l'Amérique du nord. — A la suite de cette paix, le commerce entre l'Espagne et ses colonies croît rapidement; la valeur des exportations de la Plata pour la métropole s'élève annuellement à 1,400,000 piastres
1785. — Création deTaudience de Buenos-Ayres, pour obvier aux inconvénients qui résultent de l'éloignemcnt de celle de Charcas (Chuquisaca).
I7tj3. — Les commissaires, pour la démarcation des limites, continuent leurs travaux, mais rencontrent les mêmes difficultés que ceux de 1750. On ne s'entend qu'imparfaitement sur la désignation de certaines rivières et sur certaines longitudes astronomiques.
i789. — Expédition scientifique de Malaspina sur les côtes de Patagonie, le détroit de Magellan et toutes les cotes de l'océan Pacifique. Les résultats n'en sont jMMiit publiés. .
tSî CHRONOLOGIE DE L'HISTOIRE DU BASSIN DE LA PLATA.
\ "Vi>. — Organisation d'une compagnie espagnole pour la pèche de la baleine, ^ir le^ cotes de Patagonie. Elle se dissout quelques années après^ sans avoir pto- Uuil vit grands résultats.
1791. — Le commerce de Buenos- Ayres est autorisée trafiquer directement avec r vfhque pour l'importation des esclaves. Un assez grand nombre de noirs sont ainsi introduits dans la Plata.
1794. — Création du consulat commercial à Buenos-Ayres^ par le vice-roi A.rTeilundu. Cette corporation, tout en veillant au maintien des monopoles commerciaux en faveur delà mère patrie, s'occupe de favoriser Tagriculture et de répandre Tiustruction publique.
Travaux géographiques de Souillac, Espinosa etBauza, membres de lacofflnIi^ Hion des limites^ dans les Pampas du sud^ la cordillère des Andes et sur la route do Chili.
4795. — Azara propose une nouvelle organisation de la frontière du sud de Buenos- Ayres^ de Tautre coté duRio-Salado.
1796. — Un recensement général des deux gouvernements de Buenos-Ayres cl du Paraguay donne 170,832 âmes pour Buenos-Ayres, et 97^480 pour le P»raguay.
L'Espagne déclare la guerre à l'Angleterre; cette dernière puissance songe à révolutionner les colon ies^espagnoles, et à en occuper quelques-unes. — DémaT' ches du Vénézuélien Miranda, à ce sujet, à Paris et à Londres. Fermentation des esprits en conséquence de Témotion produite par les événements de la révolution francise.
4799. — Le vice-roi D. Pedro Melo de Portugal termine les fortifications ^ Montevideo.
Chronique de lu Tice- royauté de la Plata.
1801. — Conquête des missions orientales par les Portugais. L'Espagne, eavloppée dans la guerre européenne, ne peut que prolester contre celte usurpatio^^
1804. — Introduction de la vaccine dans la Plata, par les soins du tCT^ Charles IV.
1805. — Une flotte anglaise menace Buenos Ayres.
Le marquis de Sobremonte, récemment nommé vice-roi, fait des préparatifs de^ défense et appelle aux armes toutes les milices du pays.
Voyage de Luis de la Cruz, à travers le territoire indien du Sud^ depuis le fort de Ballenar au Chili, par le Pas d'Antuco dans la Cordillère des Andes, jusqu'à
JfellncQé, où il arrive» sans aucun accident» en avril 1806. La guerre avec les Anglais empêche qu'on ne recueUle les fruits de cette exploration» qui avait pour but d'ouvrir un chemin direct, plus court et plus commode, de Buenos-Ayres aux ports du Chili.
1806. — Une escadre anglaise, aux ordres du commodore Popham, part le 25
J tiin du cap de Bonne-Espérance» et débarque inopinément le général Beresford et
'•-500 hommes qui s'emparent par surprise delà ville de Buenos-Ayres, le 27 juillet.
— ^Sobremonte, qui n'avait pas su organiser ses milices» s'enfuit à Cordova» et Tar-
mée anglaise occupe militairement la capitale de la vice-royauté.
Le capitaine de vaisseau Jacques de Liniers» gentilhomme français» depuis longt€nips au service de TEspagne, forme le projet de reconquérir Buenos-Ayres. 11 passe à Montevideo» recrute du monde dans la Bande-Orientale, prend la troupe de ligne de la garnison de la Colonia et vient débarquer à Las-Conchas. La faible j^mison anglaise est attaquée de tous les cotés et forcée de capituler» le 12 août» après un combat sanglant où elle perd un quart de son effectif.
Cependant l'escadre de Tamiral Popham occupait la rivière, et les navires espagnols n'étaient pas en état de tenir contre elle. L'amiral Sterling, qui vient relever Fopham» amène de nombreuses troupes de débarquement» et Maldonado , après une vive résistance» est occupé; le général Samuel Achmuti commence le siège de ^fontevideo.
i807. — Le 12 février» Montevideo est enlevé par les Anglais qui prennent ensuite la Colonia et se trouvent, par conséquent, maîtres de toute la Plata. Sobremonte» accouru de Cordova à Montevideo et qui s'était chargé de la défense » est regardé comme cause de la chute de cette ville par son impéritic. L'audience royale de Buenos-Ayres le déclare déchu de son pouvoir» et le décrète d'accusation. Il est remplacé par Liniers, nommé capitaine général de la vice-royauté.
Enhardis par leurs succès» les Anglais veulent réoccuper Buenos-Ayres et par tent de Montevideo avec une escadi*e de 71 navires, portant 12»500 hommes de t*t>upes. L'investissement a lieu par le sud , malgré la vive résistance opposée par ^^s troupes argentines aux premières opérations. Le 5 juillet, le général Whitelocke ^nte une attaque générale sur la ville; mais celte attaque échoue devant le soulèvement de la population entière» animée par la valeur de Liniers et de ses officiers» la plupart sud-américains. Les Anglais perdent 2,000 hommes et se voient 'orcés de reculer. Par la convention du 7 juillet, les hostilités cessent de part et ^^autre» mais à la condition, pour les troupes anglaises» d'évacuer tout le territoire ^^ la Plata et de renoncer à toute tentative nouvelle d'occupation.— Cette victoire ^OQne aux habitants de la Plata la conscience de leur valeur et de l'importance ^^ leur pays. — Liniers est nommé vice-roi.
ig08. — 27 janvier. — Arrivée de la famille royale de Portugal avec le roi Jean VI, ^U Brésil, colonie qui devient ainsi métropole par la présence du monarque. — Cet événement facilitera plus tard la fondation de l'empire constitutionnel du Brésil. Élévation de Joseph Bonaparte au trône de TEspagne et des Indes, par suite de ^'abdication de Charles IV et de la renonciation forcée de Ferdinand Vil» déjà ^ommé roi d'Espagne» à ses droits. Les colonies espagnoles se déclarent pour Ferdinand Vil.
La mission (te i*envoyé deNapoléon^ M. de Chastenay^ pour la Plata^ afin de faire reconnaître le roi Joseph^ échoue complètement. Lijiiers le fait mettre en prison et Ferdinand VU est solennellement proclamé. La résistance qui s'organise en Espagne contre l'invasion française a son contre-coup dans les colonies^ qui toutes restent attachées à la dynastie ancienne. — L'Angleterre^ l'Espagne et le Portugal^ s'unissent contre Napoléon.
Ces graves événements amènent une grande agitation dans la Plata. Elio^ gouverneur de Montevideo, jaloux deLiniers^ Français do nation^ et que la gloire acquise dans la récente guerre signalait à l'admiration publique, cherche à le rendre suspect comme partisan déguisé de Napoléon. — En même temps^ le prince régent de Portugal^ alors réfugié au Brésil par suite de Toccupation de sa capitale par les Français^ essaye de faire valoir les droits de sa femme la princesse Garlota, fille de Charles IV^ au trône d'Espagne et des Indes qu'il regarde comme vacant. Appuyé parles Anglais, il menace d'employer des mesures coercitives pour se faire reconnaître. Mais le vice-roi Liniers oppose une fin de non-recevoir énergique à ses prétentions.
1809. — Les partisans d'Elio^ la plupart Espagnols^ veulent former une junte^ à l'imitation de celles d'Espagne^ et exiger la démission de Liniers. Le peuple et « les milices qui avaient contribué à la défense de la ville prennent leparti du vice- roi. Celui-ci rétablit l'ordre à l'aide des troupes sud-américaines; les chefs du mou- * vement Alzaga^ Villanueva^ Santa-ColomaetNeira sont exilés au Carmen^ sur le s Rio Negro de Patagonie.
i4 janvier. — Traité de paix entre l'Angleterre et l'Espagne et réunion de ^ leurs armes contre la France. — Ouverture des ports espagnols aux navires an- glais.
22 février.— La Junte centrale d'Espagne fait publier un décret royal déclarant J
les provinces américaines égales en droits à celles de la métropole. Cette déclara
tion est mal accueillie par les Espagnols de ces mêmes colonies qui cherchent à la -J cacher aux populations.
La Junte de Séville^ qui représente l'autorité royale légitime, se défiant de Liniers qu'elle comble toutefois d'honneurs et de distinctions^ nomme pour vice-roi de la Plata don Balthazar Hidalgo de Cisneros; Francisco Xavier Elio est chargé de la sou&-inspection générale de Tarmé eet Vicente Meio du gouvernement de Montevideo.
Elio fait aussitôt rappeler les exilés du Carmen, pour faire de l'opposition à Liniers.— Le 30 juin, Cisneros arrive à Buenos-Ayres et y trouve une fermentation sourde, avant-coureur certain des révolutions.
25 mai. — Les prétentions de la princesse Charlotte, fille de Charles 111, mariée avec Jean VI, roi de Portugal, réfugié au Brésil à cause de l'invasion de ses États par l'armée française, déterminent une manifestation de fidélité en faveur de Ferdi • nand Vil par les autorités espagnoles de Chuquisaca. — Bientôt les Sud-Américains cherchent à profiler de ce mouvement pour le faire tourner en faveur de Témancipation. Le vice-roi de la Plata envoie le général Nieto [)Our rétablir la tranquillité. Les autorités espagnoles s*empressent de se mettre sous ses ordres et les pa-
trlotes sont poursuivis, persécutés et forcés de renoncer à leurs projets d'émanci- |>a.tion.
Septembre. — Sur les instances des habitants de la province de Buenos-Ayres, représentée par la Commission des propriétaires ( Comision de Hacendados), le >ice-roi déclare libre le commerce avec TAnglelerre. Cette mesure, par suite de rétablissement de droits de douanes sur l'entrée et sur la sortie^ donne d'amples ressources au gouvernement.
Le parti sud-américain commence à songer, sinon à sa séparation totale de là mère patrie^ au moins à une indépendance administrative complète. Des sociétés se<n^tes se forment dans ce but.