‹ Description géographique et statistique de la confédération ArgentineChapitre 44 sur 60 · G02IF. ARGENTINE. — T. III · texte numérisé non relu

G02IF. ARGENTINE. — T. III

commencée se former. Le parti centraliste l'emporte et nomme un directeur si préme, D. J. M. Puyrredon, en chargeant Balcarce de continuer proTisoiremei ses fonctions à Buenos- Ayres (3 mai 1816).

Puyrredon confie l'armée du Nord à Belgrano» et fait envoyer des renforls l'armée des Andes» que forme San-Marlin à Mendoza.

L'indépendance des Provinces de la Plata est proclamée le 9 juillet {Acta de if dependencia nacional).

Le nouveau directeur exagère la centralisation et cherche à discipliner les pro vinccs. Cette conduite excite des résistances furieuses. Artigas dans la Bande Orientale^ Ramirez dans TEntre-Rios, Stanislas Lopez à Santa Fé^ Carrera e Bustosà Cordova^ Guêmes à Salta, enfin tous les chefs [caudillos ) qui, dans le provinces, avaient combattu pour l'indépendance et avaient conquis une influeno absolue sur les populations des campagnes, se mettent en opposition avec le nou veau gouvernement et ne cherchent qu'à échapper à la tutelle de Buénos-Ayres Cette opposition confirme Puyrredon dans l'idée d'établir une monarchie constitu tionnelle dans la Plata^ à l'aide d'un prince emprunté aux maisons royales d. l'Europe.

Bande-Orientale et Missions. ^ Profitant de la lutte d' Artigas avec le goa vernement argentin, les Portugais, sous prétexte de sauver la Bande-Orientale <E l'anarchie, envahissent le pays. Artigas, pour leur résister, envoie son fils adopV Andrecito lever des soldats dans les Missions occidentales, et envahir celle de rive gauche de l'Uruguay. — Siège de San-Borja (septembre 1816). Le généc portugais, Chagas, après avoir repoussé Andrecito, passe l'Uruguay, en janvi 1817, et ruine les Missions. Sac et incendie de Yapeyu . La Cruz, Santo-Tomé, enfin des dix bourgs fondés par les jésuites entre le Parana et l'Uruguay. Dis persion des Indiens. — Francia, récemment nommé dictateur du Paraguay, fe évacuer et incendier les cinq Missions de la rive gauche du Parana, pour ne poir avoir de querelle avec les Portugais.

1817. — En même temps qu'une colonne portugaise détruit les Missions, ue autre colonne, commandée par le général Lecor, entre dans la Bande-Orientale ■ occupe Montevideo, fatigué de la guerre^ à la suite d'une convention, dans la quelle il est stipulé que l'occupation de la province sera seulement provisoire, f que l'armée portugaise reconnaîtra toujours les autorités locales.

Artigas se retire dans l'Enlre-Rios, où il s'allie avec Ramirez, devenu le chef d celte province, et Lopez, de Santa-Fé. 11 occupe la province de Corrientes et con tinue ses hostilités contre Buenos- Ayres, tout en maintenant des intelligences dai la Bande-Orientale, pour y combattre les Portugais. Les nécessités de sa positio l'obligent à frapper des droits considérables sur les navires qui passent par Coi rientes, pour le commerce du Paraguay, et le mettent en hostilité avec Francia

Paraguay. — I^ Paraguay, qui s'est tenu à part, depuis le traité du 12 octobr 1811 avec Buenos-Ayrcs, a déposé le gouverneur espagnol Velasco (3 avril 1811) puis déclaré son indépendance en nommant une commission executive, composé de trois membres. Cette commission a été remplacée par deux consuls, Fulgencio

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Yegros et Gaspar Francia. Ce dernier, au commencement de 1817, se fait nommer dictateur à vie, et commence ce système d'isolement qui ne fmit qu'à sa mort, a^TÎTée en 1840.

Guerres (VÂrligas. — En 1818, Andrecito renouvelle la guene dans les Missions; il est défait à San-Carlos (29 mars). Artigas continue mollement ses hostilités contre Buenos-Ayres, mais fait avec ardeur des préparatifs pour rentrer dans la Bande-Orientale. — En 1819 (août), Andrecito surprend San-Nicolas ; défait, p€u de temps après au passage de Tlcabagua, il est pris et envoyé à Rio de Janeiro, où il meurt en prison.

José Artigas, en même temps, rentre dans la Bande-Orientale et la soulève de nouveau contre les Portugais. — Courage et exploits de ce chef célèbre. Enfin, battu par eux au Paso del Catalan (22 janvier 1820), il est forcé de se réfugier dans PEntre-Rios, où il demande Tappui de Ramirez. — Ramirez, fatigué de la guerre et voyant le pays épuisé, ne peut lui donner aucun secours, et bientôt, irrité de ses exigences, Texpulse de la province. Artigas, suivi de quelques fidèles Indiens, se réfugie dans les Missions ruinées et se présente au Paso d'itapua, demandant un asile à Francia. Le dictateur le fait interner à Curuguali, où il séjourne jusqu'à sa mort. — En 1850, Artigas vient mourir à l'Assomption, à l'âge de 90 ans.

Armée du Nord. — A la fm de 1816, le général Rondeau, ayant voulu reprendre Toffensive contre les Espagnols, est battu à Viluma ; les Argentins renoncent alors à toute nouvelle tentative contre le Haut- Pérou, dévasté par une guerre de six années. De lassitude, les deux partis cessent les hostilités ; mais les provinces de Salta et de Jujuy restent indépendantes.

1817. — Expédition argentine au Chili et au Pérou, — 17 janvier. — L'arïnée des Andes est enfin organisée, et San-Martin part de Mendoza. Il franchit les

^ndes au paso de los Patos, avec un corps de 5,000 hommes, et bat complètement les Espagnols à Chacabuco (12 février). — Le 5 mai, le général O'Higgins, à la tête des patriotes chiliens, gagne la bataille de Penco. — Le Chili s'insurge tout entier contre les Espagnols; occupation de Santiago par les Indépendants. — La guerre continue toute Tannée avec des chances diverses. — Le 6 décembre, le général argentin Las-Heras prend la ville de Talcahuano.

1818. — Après un grave échec éprouvé à la Cancha-Raya<la, près de Talca, le 19 mars, et après avoir vu son armée presque complètement dispersée , San- Martin gagne, le 5 avril suivant, la bataille de Maipo,oii Tarmée espagnole, commandée par Osorio, est mise dans une déroute totale. Cette victoire assure Tindépendance du Chili, et permet de préparer l'expédition du Pérou.

Provinces argentines. — Gouvernement de 1817-1820. Puyrredon. — A compter du départ de l'armée des Andes, les provinces argentines renoncent à toute expédition nouvelle contre les Espagnols, qui d'ailleurs ne les menacent plus, et sont absorbés dans leurs guerres civiles.

Le directeur, s'appuyant sur le congrès qui vient de l'élire, cherche d'abord à fortifier l'autorité, en la centralisant le plus possible. 11 combat l'idée fédérale qui

a grandi dans toutes les provinces, mais qui y est mal comprise^ et essaye de ren- ▼erser les chefs (caudillos) qui, sous ce prétexte, n'y ont mis que leur autocratie. Par ses soins, la province de Corrientes se sépare d'Artigasen 1818, mais est récu« pérée bientôt par ce chef infatigable, qui y rassemble de nouveaux éléments pour sa guerre contre les Portugais, maîtres de la Bande-Orientale. Buénos-Ayres reste désormais étranger à cette lutte, dans laquelle Artigas finit par succomber^ après avoir combattu quatre années.

Le Congrès publie en vain, le 3 décembre 1817^ un règlement provisoire pour rélectiondes députés, qui doivent former un nouveau congrès constituant; il est impossible de le' mettre partout à exécution, au milieu de Tanarcbie générale. Puyrredon parvient cependant à faire nommer un nombre suffisant de représentants, pour former un congrès, qui s'ouvre à Buénos-Ayres, en février 1819, et fait une constitution moitié unitaire, moitié fédérale. — Cette constitution est promulguée le 30 avril suivant, et rencontre une vive opposition.

Le directeur, craignant la dissolution du pays, n'y voit pas de meilleur remède que le système monarchique, et en cela il est d'accord avec un grand nombre des principaux citoyens qui, déjà, ont partagé ces idées au congrès de Tucuman. — Négociations secrètes avec le Portugal, pour établir un prince de la maison de Bragance. — Cette combinaison ayant échoué, on songe à employer les bons offices de la France. — Cette puissance propose le prince de Lucques, appartenant à la maison des Bourbons d'Espagne. Le congrès se montre disposé à accepter cette combinaison, sous la condition que le monarque élu épousât une princesse du Brésil et fût tenu de réunir toute l'ancienne vice-royauté de la Plata en un seul faisceau, ce qui eût formé ainsi une vaste et respectable monarchie constitutionnelle.

Quelque chose de ces négociations ayant transpiré dans le public, une opposition furieuse s'élève contre Puyrredon. Le directeur croit devoir alors donner sa démission.

Établissement de ^autonomie des provinces, — Avec Puyrredon, tombe le système de Tunité absolue, qui n'était que la continuation de Tautorité centrale du vice-roi à Buénos-Ayres, avec Tautonomie du pays en plus. — Le système de la fédération triomphe dans toute la Plata. L'ancienne vice-royauté est partagée en quinze provinces, le Haut-Pérou étant aux mains des autorités espagnoles. Dans chaque province domine un gouverneur particulier, qui n*a généiaiement d'autre souci que de se perpétuer au pouvoir.

1820. — Troubles de Buenos- Ayr es. — Une sorte d'anarchie succède à Buenos-Ayres au gouvernement de Puyrredon. — Manuel Sarratea, nommé gouverneur et soupçonné d'hostilité contre les provinces, est attaqué par celles de Santa- Fé et d'Entre-Rios, qui marchent sur la capitale et repoussent le colonel Dorr^o. — Un traite a lieu, à la Capilla del Pilar (23 février), entre Ramircz, Lopez et Sarratea, dans lequel le principe de la fédération est soleimellement proclamé. On y stipule l'admission d' Artigas, dans le cas où les trois provinces se décideraient A la guerre, pour reconquérir la Bande-Orientale. La nouvelle administration de Buéuos-Ayres s'engage, en oulre, à faire une enquête sur les négociations entamées par le directoire précédent avec les différentes cours d'Europe.

Ces résolutions, connues du public de Buénos-Ayres, commentées, dénaturées et

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calomniées par la presse, continuent à discréditer le gouvernement, et Tanarchie Tègne plus que jamais dans cette ville. Dorrego, qui avait succédé à Sarratea*, en qualité de gouverneur, est déposé par la môme junte électorale qui l'avait élu et remplacé par le général Martin Rodriguez, qui parvient à établir un peu de tranquillité.

V octobre 1820. — Une émeute, patronnée par le Cabildo et favorisée par la garde nationale^ essaye de renverser Rodriguez; il la réprime à Taide des troupes de ligne et des milices de la campagne, dont un régiment, celui des Colorados, est commandé par un cstanciero, nommé D. Juan Manuel de Rosas. En récompense, Rodriguez le nomme colonel de cavalerie.

1819-1822. — Campagne du Bas-Pérou, — Pendant que la guerre civile continuait dans les provinces argentines et que le Haut-Pérou se taisait, retombé aux mains des Espagnols, les bataillons argentins, organisés à la fin de 1816, par San- Martin, dans la province de Cuyo, continuaient à travailler à l'indépendance de l'Amérique du sud. Mais, dès que cette armée eut passé les Andes, elles n'eut plus guère de relations avec les provinces de la Plata, et vécut sur le pays où elle combattait. — Le Chili est conquis par 1ns Argentins et les patriotes soulevés contre les Espagnols, dans le courant des années 1817 et 1818.— Le.'î février 1819, un traité a iieu entre cette république et les Provinces unies, pour porler la guerre au Pérou. L'année 1820 se passe en préparatifs; en 1821, une flotte chilienne porto au centre des possessions espagnoles du nouveau monde San-Martin, commandant Tarmée alliée et ses troupes. Le 6 juillet 1821, le victvroi I^cerna évacue Lima, qui est Occupée par San-Martin, bientôt nommé Protecteur par la reconnaissance des Pél'uviens. L'indépendance du Pérou est proclamée dans un congrès, convoqué par les soins du Protecteur, pendant que les forces espagnoles se replient à la fois sur l*ïk|uateur et leHaut-Pérou, devenu leur base d'opérations.

En 1822, San-Martin, fatigué des clameurs des factions qui s'élevaient autour

cie lui et prévoyant la guerre civile, à laquelle il veut rester étranger, se retire au

Clliili. Les troupes argentines restent au Pérou et continuent à prendre part à la

lutte que le général colombien Bolivar continue contre les Espagnols, l^ victoire

clfî Pinchincha, à laquelle elles contribuent sous les ordres du Colombien Sucre

C^4 mai 1822), affranchit l'Equateur. La guerre continue jusqu'en 1825 entre les

espagnols et les Indépendants; quelques officiers et soldats argentins restent

dans les armées de Bolivar,qui écrase enfin la ténacité espagnole, par les victoires

de Junin (24 août), d'Ayacucho (9 décembre 1824), et la capitulation du Callao,

imposée au général Rodil, le 23 janvier 1826. — La chute de cette place, dernier

boulevard espagnol dans rAmérique du sud, termine enfin la lutte entre les His-

pano -Américains et l'ancienne métropole.

Le! i août 1825, le Haut-Pérou, où la guerre avait été si ardentedans le principe et où, après un intervalle de quelques années de tranquillité, elle avait fini par se concentrer, se constitue en république particulière sous le nom de Bolivie , du nom du général Bolivar, dont les dernières vict<)ires ont enfin décidé la retraite de l'ennemi. — H est à remarquer, qu'à partir de 1820, la guerre s'est entretenue dans le pays avec Taide des ressources locales, et que l'Espagne, déchirée ellemême par les révolutions, n'a rien pu faire pour retenir cette partie de ses colonies qui allait lui échapper. Ses généraux et ses of6ciers ont trouvé dans les anciennes garnisons espagnoles et dans la population du pays les éléments à

l'aide desquels ils ont pu résister quinze années (1810-1825), au soulëTement du parti patriote, qui comprenait l'immense majorité de la population. La guerre a donc toujours dû avoir les caractères d'une guerre civile.

1821. — Provinces de la Plata. — Sous Tadministration de Rodriguez^ Buénos-Ayres^ isolé des autres provinces et enfin tranquille^ commence à développer ses éléments de prospérité.

Les provinces, à l'ouest du Parana, essayent de former un nouveau congrès, pour s'organiser sous la forme fédérale ; mais le nombre des députés réunis à Cordova, choisie pour siège de ce congrès, étant insuffisant pour donner à cette réunion le caractère d'une véritable représentation nationale, l'opinion qui prévaut est de compléter Torganisation particulière de chaque province, pour se réunir ensuite et voter une constitution générale. Avant de se séparer, les députés réunis conviennent de charger Buénos-Ayres des relations extérieures des provinces de la Plata.

Le«général portugais Lecor,qui tenait garnison à Montevideo depuis quatre ans, déclare la Bande-Orientale réunie au Brésil^ sous le nom de province Gisplatine.

Le Portugal offre de reconnaître Tindépendancc des Provinces unies, si elles veulent se désister de toute prétention sur la Bande-Orientale. La négociation échoue.

La province de Buénos-Ayres organise son système de gouvernement particulier : — Chambre de députés élective, gouverneur également électif. — Elle décrète rétablissement du gouvernement représentatif républicain, rinviolabilité de la propriété, la liberté de la presse, etc., etc. Règlements intérieurs pour le clergé, les écoles, les hôpitaux, etc., etc. — Ministère de Bcrnardino Rivadavia, chargé des affaires étrangères et de l'intérieur. — Commencement de Tiitimigration européenne.

1822. — Révolution du Brésil, — En 1808, le roi de Portugal Jean VI, expulsé de Lisbonne par la conquête française, s'était réfugié au Brésil avec toute sa cour et les principaux de la nation. Son premier soin, en débarquant à Bahia (23 janvier 1808), fut de déclarer libre le commerce du Brésil avec toutes les puissances alliées du Portugal. Établi à Rio de Janeiro, il continua de développer les ressources du pays, qui eut ainsi un gouvernement complètement indépendant de la métropole. Jean VI retourna en Portugal (7 njars 1821), laissant son fils D. PciJro comme régonldu Brésil. Les cortès portugaises voulurent encore gouverner directement ce pays ; mais Tindépendance totale de la métropole était dans l'esprit de tous les natifs. — Le 13 mai 1822, la municipalité de Rio de Janeiro, aux acclamations du peuple, nomma D. Pedro prince régent constitutionnel et défenseur perpétuel du Brésil. Le mécontentement des Portugais fut bravé par les Brésiliens, qui, le 21 septembre suivant, acclamèrent D. Pedro empereur du Brésil, consommant ainsi la séparation totale entre la colonie et la métropole. Les Portugais résistèrent mollement à ce mouvement général, et, dans le courant de Tannéo suivante, toutes leurs troupes évacuèrent le pays. — Le 25 mars 1824, la constitution de l'empire fut proclamée, et, le 29 août suivant, un traité entre le Portugal et le Brésil ratifie l'indépendance do ce dernier et établit les relations entre les deux peuples sur un pied d'égalité parfaite. — Ces deux grandes mesures. Téta-

^Hssement de la monarchie constitutionnelle et la paix immédiate avec le Portu- ^1, sauyent le pays de la guerre civile.

^820-1823. — Révolution d'Espagne. — La guerre civile, qui règne en Espa-

STà«de i820 à 1823, par suite de la réunion desCortès et de l'opposition, entre le

P^ïti absolutiste et le parti libéral, empêche la mère-pairie de faire les efforts néces-

^^^ires pour conserver ses colonies sud-américaines, i— Lors du rétablissement de

^^rdinand VU, à la suite de l'intervention française, la métropole affaiblie ne

ï>^ut envoyer aucun secours aux forces espagnoles qui combattaient encore pour

^1 le en Colombie et au Pérou. — Quant aux provinces de la Plata, TEspagne y avait

Renoncé depuis longtemps et paraissait être résolue de les laisser plutôt en proie à

l^ambition du Portugal. Cependant le libéralisme des Cortès espagnoles ne s'étend

l>as jusqu^à accepter l'indépendance des colonies transatlantiques, et, comme

l*avaient fait les Cortès portugaises, elles protestent contre leurs tentatives d'éman-

oipation complète ; leurs envoyés qui vinrent à la Plata en 1823 déclarèrent qu'ils

rà'*avaient pas faculté pour reconnaître purement et simplement l'indépendance

cJes Provinces-Unies, comme l'exigeaient les Argentins.

Négociations de BuénoS'y4yr€s avec P Espagne, — Rivadavia, ministre du gouverneur Las-Heras, lequel, à l'époque légale, avait succédé à Rodriguez, essaye cie négocier avec les Cortès et la Junte de Cadix la reconnaissance de Tindépendance ^e la Plata et des autres anciennes colonies espagnoles. — En même temps, il fait "^oter par la Chambre des représentants un subside de vingt millions de piastres :tfortes qui seraient fournis par tous les États sud-américains à la mère-patrie pour :;y soutenir le parti libéral en lutte avec le parti absolutiste (22 juillet 1823.) La 'vapidilé avec laquelle l'intervpniion française étouffe la révolution espagnole empêche la réalisation de ce vote, qui n'était d'ailleurs émis que sous la condition •d'une reconnaissance complète de l'indépendance argentine, et amène une certaine hostilité de la part de la France.

1820-1824. — État des provinces, — Pendant que Buénos-Ayres est tranquille, les provinces continuent à être agitées^ et leurs chefs se font la guerre. — Dans TEntre-Rios, Ramirez, qui s'est séparé d'Artigas, qu'il a forcé de se réfugier au Paraguay, succombe en combattant Cordova où commandent Carrera et Bustos. — Ëstanislao Lopez établit son influence à Santa-Fé et devient en quelque sorte le chef du parti fédéral. Ibarra domine à Santiago. — Quiroga et Francisco Aldao commencent à figurer dans les troubles des provinces de Cuyo et de la Rioja.

J82I . — Buénos-Ayres, — Le gouvernement de Rodriguez donne quelque attention à l'ancienne colonie de Patagonès ou Carmen, sur les bords du Rio-Negro: De nouveaux colons y sont envoyés et des terres leur sont distribuées.

Expédition du général Rodriguez, dans le Sud, pour donner de la sécurité aux frontières, en traitant avec les Indiens. Les Ranqueles et les Pehuencbes se refusent à traiter et sont repoussés. — Fondation des forts du Tandil et de Bahia-

Blanca.

Création de la Banque d'escompte au capital d'un million de piastres par des capitalistes de Buénos-Ayres. (Ce fut l'origine de la monnaie de papier de cette province. )

i823. — Le général de Las Heras succède à D. Martin Rodriguez en qualité de gouverneur. — Paix et tranquillité de Buenos- Ayres.

Le gouvernement des États-Unis de l'Amérique du Nord reconnaît l'indépendance des Provinces-Unies de la Plata.

Le gouvernement de Buénos-Ayres, inspiré par Rivadavia^ envoie un agent auprès des gouverneurs de provinces pour les inviter à l'union avec l'ancienne capitale de la vice-royauté et à constituer enfin une nation argentine (23 mai). Cette ^ démarche prépare les esprits à l'idée d'un Congrès général constituant.

1824. — Affluence des immigrants européens dans la Plata. Le gouvernement ^^-^^i de Buenos-Ayres envoie des instructions, à ce sujets à tous ses agents à l'étranger; ^ «^ . il en faitmème venir directement.

Emprunt d'un million de livres sterling, négocié à Londres à 60 0/0 effectif^ ^.M-ziiî et 6 0/0 d'intérêt. Cette somme devait être employée à la création d'un port àLs ^ à Buenos-Ayres, à celle de villes sur les côtes de l'Atlantique, enfin à fomenter Tim — c^x^Mnmigration européenne. — La guerre avec le Brésil, de 1826 à 1828, changea ls€ la

destination de ces fonds qui furent employés à la soutenir.

Les mesures prises par l'administration de Las-Heras, dont Aivadavia estràme^:» tf:x-xne, déterminent les provinces à se réunir en Congrès général constituant. Leurs dé ^^.S^ députés arrivent à Buénos-Ayres et le Congrès s'ouvre le 2 décembre 1824. — Sys^ "^^SjfS' tème unitaire et système fédéral en présence.

1825. — Le ministre anglais Canning déclare à l'Europe que l'intention du gouK# o^'S^^' vemement anglais est de reconnaître l'indépendance des anciennes colonies espajs^^i^'^p^' gnôles qui se sont émancipées (!<' janvier).

Traité d'amitié, commerce et navigation entre l'Angleterre et les Provinces-Unie^ î ^* Unn approuvé par le Congrès national constituant^ le l'*" février.

La majorité des provinces argentines finissent par envoyer leurs députés ai JB^ ^^s Congrès où s'agite longuement la question de l'unité et de la fédération. — Aprèîi**^ -^^ de longs débats, on se prononce en faveur de l'unité, à la condition que cette so\uk3 lo^ tion sera ratifiée par les provinces, la Constitution devant être soumise àleus^^* acceptation avant d'être promulguée.

Affaires de la Bande-Orientale, guerre avec le Brésil. — Depuis 1817, 1*1- «- . ^ Bande-Orientale était aux mains des Portugais, lesquels, en 1820, avaient fini pas^^^ ^^ occuper Montevideo fatigué de la guerre. En 1821 le général Lecor, gouverneuE*^^ ' de la place, avait déclaré la Bande-Orientale réunie au royaume de Portugal. 1^^^ Brésil et Algarves, et avait fait ratifier celte décision par un Congrès formé d^t* députés orientaux réunis par ses soins. Lors de la révolution du Brésil, les Cortès.^^^ portugaises déclarèrent nul le traité d'annexion au Brésil, et donnèrent à' LecoH^^ l'ordre de conserver Montevideo sous fauiorité de la métropole. Le général préféra suivre le sort du Brésil et se rangea sous les ordres de D. Pedro. — Legou vemement brésilien essaya en vain de faire ratifier par les Provinces-Unies 1' nexion de la Bande-Orientale ; celles-ci refusèrent même de reconnaître l'indépeu:^dance du Brésil jusqu'à ce que la province Gisplatine leur fût restituée. Ces fins non-recevoir données de part et d'autre mirent beaucoup d'aigreur dans its relTi tions des deux gouvernements. En même temps, la haine nationale qui entre les habitants de race portugaise et ceux de race espagnole, faisait suppOi

împsLtîeininent à ces derniers la domination brésilienne. Cette impatience était

^^^iragée et excitée par le gouvernement de Buénos-Ayres qui n^abandonnait pas

^ Vues sur Montevideo.

ï^nfin, au mois d'avril 1825, le général oriental Lavalleja part de Buénos-Ayres

*^^ trente^eux compagnons d'aventure et va débarquer dans les environs de la

^^onia. A son appel, toute la campagne se soulève. Le colonel Fructuoso Rivera

^^^ental abandonne Tarmée brésilienne et vient se joindre à ses compatriotes. Les

^ï^ésiliens, battus dans plusieurs escarmouches, sont obligés de concentrer leurs 'orces.

14 juin. — Une assemblée populaire réunie au bourg de la Florida déclare la î^t^)vince Cisplatine déliée des serments prêtés au Brésil et nomme pour gouverneur provisoire le général Lavalleja. — Le 20 aoiit suivant, un Congrès formé de ^*^présentants orientaux ratifie la déclaration de la Florida et proclame nuls les faites d'incorporation au Portugal et au Brésil.

Victoire du général Rivera sur les Brésiliens au Rincon de Las-Callinas C^O septembre).

Les Brésiliens sont encore battus sur les bords du Sarandi par le général Lavalï«3ja(12 octobre).

Novembre. — Le gouvernement provisoire de la Bande-Orientale envoie deux députés au Congrès national constituant réuni à Buénos-Ayres. Le Congrès les ^^oit, déclarant le pays qui les envoie admis au sein delà république Argentine. 1" décembre. — Le gouvernement argentin déclare au Brésil sa volonté immualole d'accueillir et de conserver une province qui a toujours fait partie des domaines ^E^pagnols de la Plata. — L'empereur D. Pedro répond qu'il perdra plutôt sa cou- ^x>nne que de rendre la Bande-Orientale. — Manifeste du 10 décembre, et décla- ^K^tion de guerre.

1826. — 1*"' janvier. — Le Congrès constituant accepte la guerre. — Des levées

^e font dans l'intérieur et l'on organise une armée. — Ces levées d'hommes sont

jpeu populaires dans les -provinces, fatiguées déjà par les guerres précédentes. —

l\)ur leur échapper la province argentine de Tarija se sépare de la république

Argentine et s'unit à la Bolivie.

L'année 1826 se passe en combats acharnés de part et d'autre. Les Brésiliens ne peuvent conserver que Montevideo, grâce à ses fortifications, et le terrain que foule leur armée. — Le Brésil déclare le blocus de Buénos-Ayres. — Buenos Ayres équipe une petite escadre qu'elle met aux ordres de l'amiral Brown qui bat l'escadre brésilienne en détail, mais ne peut cependant lui faire lever le blocus. Ce blocus, qui dure de janvier 1826 à septembre 1828, fait un mal immense au commerce argentin.

La guerre oblige le gouvernement à disposer des fonds de l'emprunt anglais.

D. Bernardino Rivadavia est nommé Président de la République argentine (7 février 1826). — Les mesures adoptées par le Congrès sont vivement combattues dans plusieurs provinces. — La constitution est regardée comme trop unitaire, et les chefs (caudillos) qui se sont élevés dans l'intérieur, et dont elle annule le pouvoir, se disposent à la combattre.

24 décembre. — Promulgation de la Constitution unitaire ; elle est repoussée par quelques provinces, telles que Cordova, la Rioja, Mendoza, San -Juan et San-

1827. -— Conlinuation de la guerre avec le Brésil. — Brown remporte sarlcs impériaux un brillant avantage à Tile du Juncal, dans le bas Uruguay (8 jantier^ La partie de l'escadre brésilienne internée dans le fleuve est obligée d'y rester par suite de Toccupation de File Martin-Garcia que Brown fortifie soigneusement

Une tentative de débarquement par les Brésiliens à Patagones est repoossée e^ une partie de leurs troupes est faite prisonnière (7 mars). L'escadre aiTgenlir»< force le reste do l'escadre brésilienne à fuir après avoir perdu plusieurs n^ vires.

20 février. — Bataille d'Ituzaingo. — L'armée brésilienne, commandée par marquis de Barbacena^ est complètement battue par les années argentine et ori^j taie aux ordres du général Alvear. Après cette bataille, qui a été des plus s2l.^ glantes, les belligérants mènent mollement leurs opérations.

L'amiral Brown essaye de faire lever le blocus de Buenos- Ayres et combat I^^ cadre brésilienne très-supérieure en force; il perd deux navires (9 avril).

Les deux parties, lasses de la guerre, entament des négociations (mai iS^T I). Manuel José Garcia est envoyé au Brésil et signe un traité qui abandonne b Province cisplatiné à l'empire, à la condition pour celui-ci de reconnaître k République argentine. — Le traité est repoussé avec indignation par le CoQgiè et la guerre continue. — Épuisement des deux États.

lassitude et mécontentement produits dans l'intérieur des provinces argentines par suite de la continuation de la guerre. — Nouvelles querelles entre les Unitairw et les Fédéraux. — Rivadavia fatigué donne sa démission de la présidence (7 juillet 1827). — Le Congrès se dissout et Ton revient au système fédéral de 1820.- La province de Buénos-Ayres et la Bande Orientale continuent la guerre contrele Brésil, qui occupe toujours la Colonia et Montevideo.

1828. — Avril. — Le général oriental Rivera fait une expédition dans les Missions orientales usurpées par les Portugais en 4801 et en enlève la population. Cette razzia détermine la ruine des six bourgades de San-Nicolas, San-Angel, San- Juan^ San-Miguel, San-Luis et San-Lorenzo^ qui subsistaient encore. Sao-Borjt seul conserve de la population.

Nouvelles négociations pour la paix. Elles se terminent par la convention préliminaire signée à Rio de Janeiro le 27 août, sous la médiation de l'Angleterre,» laquelle vient ensuite se joindre la France. La Bande-Orientale est érigée en État indépendant sous le nom d'État-Oricntal de l'Uruguay. Cette indépendance est placée sous la garantie des parties contractantes, l'Empire et la République argentine. —La convention est ratifiée à Rio de Janeiro^ le 30 août, et à Montevideo, le 4 octobre suivant.

24. — L'assemblée constituante du nouvel État-Oriental se réunit à San-Joséet nomme le général Rondeau comme gouverneur et capitaine-général provisoire de l'État, et D. Joaquin Suarez pour son suppléant.

1829. — Le 23 avril 1829, la garnison brésilienne évacue enfin la ville de Montevideo, dont les fortifications, en conséquence de la convention préliminaire de paix, sont démolies.

1*' mai. — Établissement du gouvernement provisoire dans la ville de Montevideo. — Réunion d'un Congrès national constituant qui élabore la Constitution orientale et la sanctionne le 10 septembre.

1830. — il avril. — Le général Rondeau donne sa démission et est remplacé ^r le général D. J. A. Lavalleja.

26 mai. — La Constitution de i'Ëtat-Oriental est approuvée à Rio de Janeiro par ss plénipotentiaires brésiliens et argentins.

f S juillet. — La Constitution est solennellement proclamée à Montevideg et con- Lcrée par le serment populaire. {Jura de la Constitucion,)

22 octobre. — Réunion de la première assemblée législative ordinaire composée u sénat et de la chambre des représentants.

24 octobre. — Le général D. Fructuoso Rivera est nommé premier président >nstitutionnel de TÉtat-Oriental de l'Uruguay.

Jiépublique argentine. — Querelles des Unitaires et des Fédéraux. — Dès 1826, autorité du Congrès et du président Rivadavia avait été méconnue dans plusieurs 'Povinces. —Le colonel Lamadrid, chargé d'y recruter du monde pour la guerre outré le Brésil, en avait mécontenté quelques-unes par son trop de zèle dans cette nissiun.— Quiroga s*étaitmis à la tète de l'opposition armée^ et, après avoir battu ..amadrid, avait occupé les provinces de Cuyo où il commandait en maître, et excia.it le reste contre le Congrès. — A Buenos-Ayres la présidence ne rencontrait ^as moins d^opposition, dont les chefs avoués étaient les colonels Rosaset Dorrego. — Bivadavia, pour ne pas servir de prétexte à une guerre civile qu'il voyait naître, lonne sa démission et s'exile volontairement en Europe (7 juillet 1827). Le Con- EX^ se réunit, et Ton revient au système qui a précédé la tentative unitaire le 1825. D. Vicente Lopez, qui a un instant remplacé Tautorité de Rivadavia, en [cialitéde gouverneur intérimaire, a le chef d(; Topposition, Dorrego, pour succeseur (13 août 1827).

Sous l'administration de Dorrego, Buenos-Ayres continue à être chargé de la *i présentation extérieure de la République. Pour rester en paix avec les provinces, ^Ji lui reprochent de monopoliser la douane et par conséquent les ressources du ^^S^y elle consent à leur payer des subsides. — Le système fédéral prédomine 'Partout, grâce à l'énergie et à la ténacité des chefs qui le représentent ; Lopez est •^^ut-puissant à Santa-Fé, Bustos à Cordova, Quiroga dans tout l'ouest de la Répu- ^l^ique. — Ibarra domine et s'isole à Santiago del Estero.

1828. — Agitation à Buenos-Ayres fomentée par les violences de la presse des A eux partis. — Dorrego nomme J. M. de Rosas général de la campagne et s'appuie ^wrlui. — Les Unitaires font une opposition des plus vives à ces mesures.

Novembre. — Retour de Tar niée argentine qui, par suite de la convention préiîmioaire de paix, évacue la Bande-Orientale. Formée sous la présidence de Rivadavia et composée d'un certain nombre de chefs qui ont fait la guerre de Tindépendancc^ en Bolivie, au Chili, au Pérou, et dernièrement au Brésil, elle voit avec le plus vif mécontentement la dernière révolution et le triomphe du parti fi'dérâl.

!•' décembre. — Révolution militaire à Buenos-Ayres; le général Lavalle se met à la tête des mécontents et le gouvernement de Dorrego est renversé.Celui-ci s'enfuit dans la campagne et réunit quelques troupes de ligne, des milices et des Indiens. 11 est battu, fait prisonnier au combat de Navarro (13 décembre), et Lavalle le fait fusiller. — Cette exécution inhumaine et inutile provoquera d'effroyables représailles et fera couler des flots de sang.

i829. — Unitaires et Fédéraux aux prises; première grande gverredxiOt — La mort de Dorrego eicite une fureur inexprimable dans le parti fédénL- Le général Rosas réunit les milices de la campagne^ Estanislao Lopez celles de Santa-Fé ; tous deux attaquent Lavalle^ que la Chambre des représentants tienidi nommejr gouyerneur. Lavalle remporte d'abord quelques avantages, maislaciialerie légère de ses adversaires et leurs corps de partisans (Montoneras) niiDcnt son armée en détail. Après l'échec du Puente del Marquez, il est obligé de sera* fermer dans la ville où les Fédéraux viennent l'assiéger.

I^ gouvernement de Buenos-Ayres forme un corps de garde nationale étrangèie sous le nom de Bataillon de Tordre. Les consuls étrangers protestent cootte cette mesure. — Résistance du consul français, M. de Mandeville, à l'armement de ses nationaux.— M. De Venancourt, commandant la station française de laPlttty à l'instigation de M. de Mandeville, confisque la flotte argentine pour obliger legoivernemcnt à licencier les Français armés (mai 1829).

Lavalle, ne voyant plus de résistance possible, capitule et se retire dans la Buld^ Orientale. Réaction fédérale. — Première émigration du parti unitaire. —Le général Viamont est nommé gouverneur de Buenos-Ayres.

Pendant que le parti unitaire éprouve cette défaite sur le littoral, il est plus heureux dans les provinces où le général J.-M. Paz s'est mis à sa tête. Celui-ci chiSK le gouverneur Bustos de Cordova, et fait de cette ville le centre de la résisttitt contre les chefs fédéraux. Quiroga, avec les milices de Cuyo et les cavaliersdei Llanos de la Rioja, accourt pour repousser Paz. 11 est complètement battu ik'hr blada, aux portes de cette ville, après un combat des plus acharnés qui duredeoi jours (22 et 23 juin 1829). Quiroga s'enfuit dans l'ouest pour s'y refaire ok armée. Paz fait entrer les provinces du nord dans la ligne unitaire; Salta etToco* man lui envoient des secours.

1830. — La Rioja, à moitié dépeuplée, San*Juan, Mendoza et San -Luis, ont, de gré ou de force, fourni une nouvelle armée à Quiroga; le général Villafaneloi amène les milices de Catamarca. Avec toutes ces forces, le chef fédéral envahit de nouveau la province de Cordova, mais il est complètement défait par le géoéral Paz à Oncativo, poste à 15 lieues ouest de Cordova. Il se réfugie alors àBuenof' Ayres, et tout le nord de la République obéit à Paz. Cependant il reste dans toutes ces provinces de nombreux corps de partisans qui harcèlent son armée. La guerre civile est partout.

Pendant que Ton se bat dans les provinces intérieures, cellesdu littoral cherchent à s'unir entre elles. Par des traités particuliers (27 février, 23 mars, 3 mai 1830)» les provinces de Santa-Fé, Corrientes, Entre-Rios et Buenos-Ayres, décident quoDC Convention, formée seulement de députés des quatre provinces, se réunir»^ Santa-Fé afin d'y organiser une ligne offensive et défensive. Cette réunion ipwj^ résultat le traité, dit Quadrilatero^ du 4 janvier 1831, qui stipule que la repr*" tentation extérieure sera confirmée à Buenos-Ayres, que les parties contractante* seront parfaitement maîtresses de se gouverner à leur guise sous le régime rcp** sentatif, et que toutes les autres provinces qui demanderaient à faire partie de l'union, y seraient admises suivant le système fédéral.

1831. — Les chefs fédéraux, Rosas et Lopez, organisent une grande expédition contre Cordova. Quiroga est chargé d'aller de nouveau révolutionner les province

le l'ouest^ où il a conservé toute son influence. En conséquence, il occupe Rio- 'Uarto et y fait fusiller le colonel Pringles, un des officiers les plus distingués de I guerre de l'indépendance. 11 prend ensuite la yille de San-Luis, où il réunit quelaes milices à Taide desquelles il bat le général unitaire VidelaCastiUo au Rodeoe^Chacon^ près de Mendoza. Ce succès lui rend les provinces de Mendoza, de Sanuan et de la Rioja, où il fait couler des flots de sang. 11 marche ensuite sur Tunman, où commande Lamadrid, qui est complètement battu et voit son armée étruite à la Ciudadela, aux portes mêmes de la ville.

L'expédition partie de Buenos-Ayres arrive près de Cordova, où se tenait Paz vec son monde. Une bataille générale allait décider du sort de la république, lorsue le général unitaire, tombé par mégarde dans un avant-poste ennemi, est fait risonnier et envoyé à Santa-Fé. Son armée se dénioralise et se débande ; le reste e ses soldats se replie sur Tucuman et se joint à Lamadrid dont ils partagent la éfaite à la Ciudadela.

Triomphe complet des Fédéraux , et réaction violente contre les Unitaires dans JUtes les provinces.

Province de Buenos-Àyres. — Le 6 décembre 1829, D. Juan Manuel de Rosas été nommé par la Chambre des représentants gouvemeur de la province de luenos-Ayres, en remplacement du général Viamont, et cette nomination a été ccaeiUie avec un enthousiasme frénétique par les fédéraux de la province. La •hambre, entraînée par l'esprit du temps, approuve solennellement sa conduite epuis rinsurrection du 1** décembre de Tannée précédente, le nomme brigadierénéral, et le déclare le restaurateur des lois et dçs institutions de la province de uenos-Ayres. — L'administration du nouveau gouverneur est modérée; il cherche réconcilier les partis, mais, ne pouvant y réussir, 11 essaye infructueusement de * faire donner des facultés extraordinaires. Le traité quadrilatère du 4 janvier et > conclusion de la guerre fédérale dans les provinces signalent sa première ^ministration.

1832. — Profitant des dissensions qui dévoraient les Argentins, les Indiens ^ sud. Pampas, Puelches, Huilliches, Tehuelches, Ranquels et Pehuenches, ont ^t de nombreuses incursions sur les terres de Buenos-Ayres, de Cordova, de ^ui-Luis et de Mendoza, enlevé d'immenses troupeaux, assassiné les habitants et mmené de nombreuses familles en captivité. Ces provinces se liguent enfm pour ^ur faire la guerre.

7 décembre. — Le temps de sa magistrature expiré, Rosas fait nommer gouverneur de la province de Buenos-Ayres le général Balcarce, qui représentait le parti fédéral, et lui-même part à la tôte de l'expédition contre les Indiens.

Établissement de la ligne régulière mensuelle de paquebots à voiles anglais, do ^uthampton à la Plata, qui touchent aux ports principaux du Brésil, Fernambouc, Bahia, Rio-de-Janeiro.

1833. — Toute l'année 1833 est employée à l'expédition du désert. Les Indiens sont refoulés de l'autre côté du Rio-Negro. Les généraux Pacheco et Benavidès nettoient le sud de San-Luis et arrivent jusqu'au Rio-Colorado. De nombreux cap« tifs sont délivrés. Cette expédition donne une dure leçon aux Indiens, et rétablit la sécurité sur toute la frontière de Buenos-Ayres.

Rosas et son armée passent Thiver à Bahia-BIanca, dont la colonisation se développe lentement. Le pilote Descalzis remonte le Rio-Negro jusqu'au-delà de rilc de Choléechei.

Faute d'observations astronomiques suffisantes, cette expédition^ qui aprait pu^, donner des connaissances exactes sur la région du sud el le territoire des Indiens^ « est à peu près sans résultats pour la science.

Le général Balcarce devient odieux au parti dont Rosas est le chef. Les lois d*é-^ puration et de surveillance, celle abolissant la liberté de la presse^ promulgucg^^ sons Tadminlstration précédente^ sont rapportées^ et^ le 8 juillet iSâS^ laChambnv^ des représentants nomme une commission chargée de préparer un nouveau proj^ j de constitution. Opposition violente du parti ultra-fédéral^ lequel^ soutenu secr»^ -3 tement par Rosas^ rend toute administration impossible.

4 novembre. — Retraite du général Balcarce^ qui est remplacé par le Vi^raont. Celui-ci se heurte contre les mêmes difficultés que son prédécesseï Topposition entre le parti de la ville et celui de la campagne devient de plus plus évidente; et les efforts de Viamont pour concilier entre eux. les homi influents des divers partis qui divisent la province, échouent. L'influence du néral Rosas domine exclusivement.

1834. — Rosas continue à absorber toute Tautorité. De nouveaux troubles c=:»}i lieu dans les provinces du nord. La province de Jiijuy^ séparée de fait depuis lormg' temps de celle de Salta^ est enfln reconnue par la législature de cette denii^^ province (4 décembre). — Quiroga, retiré depuis quelque temps à Buenos-Ayre5^ est chargé d'aller apaiser les tnyibles du nord.

1835. — Le gouvernement étant devenu impossible à Buenos-Ayres, tous les partis se réunissent pour supplier Rosas d'accepter le pouvoir. H y consent^ à la condition qu'on lui accordera des pouvoirs extraordinaires^ c'est-à dire la dictature-(si^ma del poder publico) pour cinq années. La Chambre des représentants accède à toutes ses exigences, et sa longue dictature commence (7 mars).

Le général Quiroga^ en route pour les provinces du nord^ est assassine avec toute sa suite près de Cordova, dans le ravin de Barranca-Yaco^ par Santos-Perès^ envoyé, dit-on, par le gouverneur Reynafé. Les partis accusent Rosas d'avoir été rame de ce complot, afin de se débarrasser d'un rival. Reynafé et son frère sont mis en jugement et fusillés. Le gouverneur de Santa-Fé, Cullen, impliqué dans ce procès, sVtait réfugie chez le gouverneur de Santiago-del Estero^ Ibarra. Livré par ce dernier, sur la réquisition de Rosas, il est également fusillé.

1836. — Rosas rappelle les Jésuites et leur rend le collège qui*leur apparteuait en 1707, époque de leur expulsion.

1837. Rupture avec la Bolivie, occasionnée par la réclamation de la proTince de Tarija. Expédition malheureuse du général D. Gregorio Paz. Le général Santa- Cruz, président de la confédération Peru-BoUvienne, qui a donné Thospitalité à quelques émigrés unitaires, devient le sujet d'une inimitié ardente de la part de * J.-M. de Rosas.

Assassinat du général Heredia, gouverneur à Tucuman ; Rosas en accuse à tort le parti unitaire. La tranquillité se rétablit dans les provinces;- le parti fédéral

domine partout et s'appuie sur le gouverneur de Buenos-Ayies, devenu en réalité 'e maître de tout le pays.

Relations avec la France, — Après la révolution de juillet, la dynastie d'Orléans s'était hâtée de reconnaître Tindépendancc des colonies espagnoles, reconnaissance retardée par le gouvernement de la restauration, à cause de ses reialions avec la famille royale d'Espagne. Les agents diplomatiques envoyés par la Prance se trouvèrent, presque dès le principe, en hostilité avec le gouverneur de Buenos-Ayres, qui se refusait à reconnaître Tun d'eux (M. Laforèt), sous prétexte qu^il avait offensé un État américain, le Chili. M. Laforèt avait effectivement obtenu le redressement de quelque grief de la part de cette république. — Cette susceptibilité a pour but de le poser en défenseur scrupuleux des droits sud-américains; il invente V Américanisme ou patriotisme étroit et exclusif, posant la patrie avant la justice et le bon sens, théorie qui devait plaire aux masses ignorantes et envieuses dont il personnifiait les instincts et les tendances.

L'emprisonnement illégal de quelques Français (affaire Bâcle et Lavie) amenèrent des représentations, non écoutées, de la part des agents consulaires du gou- -vemement de Louis-Philippe. Une négociation, infructueuse à ce sujet, produisit enfin une rupture en \ 838, et le blocus des côtes de la République argentine par l'escadre française.

1833. — Affaires de la Bande-Orientale. — Le pays, après vingt années d'a- ^tation , était enfin indépendant et constitué. Le général D. Fructuoso Rivera -avait été nommé, en 1830, premier Président constitutionnel. Lavallcja, le chef des trente-trois, mécontent de n'avoir pas eu la première place, s'insurge en 1833,

mais, ne se trouvant point soutenu, il prend le chemin de Texil.

1834. — Le général D. Manuel Oribe succède au général Rivera.

1835. — Commencement de l'immigration basque à Montevideo. La nouvelle ville se construit.

Révolution de la province de Rio-Grande-do-Sul au Brésil. République de Pira- " tinim, qui subsiste neuf années. Quelques Européens, tels que Zambeccari et Garibaldi, y figurent.

1836. — Querelle entre les généraux Oribe et Rivera. Ce dernier, commandant de la campagne, est destitué de ce poste, où sa présence est considérée comme incompatible avec la sécurité du gouvernement, et se révolte contre Oribe./ Battu à La Carpinteria, il est oblige de se réfugier au Brésil.

1838. —Rivera recommence la guerre contre Oribe, et est secondé par les émigrés buenos-ayriens , lesquels, hostiles à Rosas, se sont réfugiés à Montevideo, mais ne trouvent point dans le gouvernement d'Oribe Tappui qu'ils désiraient.

Oribe est battu au Palmar, et Rivera vient camper aux environs de Montevideo. Oribe cherche à s'appuyer sur Rosas, niais cette manœuvre lui rend hostiles les agents français engagés dans une lutte contre le dictateur de Buenos-Ayres. La position n'étaiit plus lenable, il donne sa démission (23 octobre) et s'embarque pour l'autre rive de la Plata. Deux mois après, à Tinstigation de Rosas, il retire

sa démission, et, protestant contre la révolution qui l'a renversé, se déclare le président légal de TÉtat oriental (18 décembre).

1838. — affaires de Buenos- Ayres, — Seconde grande guerre civile. — Le blocus français a commencé en mars. Cette mesure, en froissant profondément le dictateur^ a amené une baisse considérable dans la monnaie de papier et une crise commerciale violente. Rosas s'en prend à ses adversaires politiques, et commence contre eux cette guerre implacable qui ne cessa plus. — Adoption des devises fédérales — £n réalité, à partir de cette époque, les significations politiques j

sérieuses des mots Unitaires et Fédéraux s'effacent; il n'y a plus que deux classes 4 de citoyens dans la république : les ennemis du dictateur, qu'il flétrit du nom de ^

sauvages Unitaires; ses partisans, désignés sous le nom de Fédéraux. Les Argen

lins réfugiés à Montevideo, profitant des différends qui existent avec Rosas^ cher — chent à amener les agents français à soutenir leur parti ; ils n'y réussissent.^ qu'incomplètement, mais parviennent à entraîner le gouvernement orientaL

1839. — Après de longues hésitations, et voyant que Rosas veut se servir d'Oribe pour intervenir dans l'État-Oriental, le président Rivera déclare officiellement la guerre au gouverneur de Buenos -Ayres (12 mars).

La province de Corrientès se soulève contre Rosas, qui envoie pour la réduire le général Echagûe à la tète des Entre-Rianos. Les Gorrentinos sont complètement défaits à Pago-Largo , et leur gouverneur, Beron de Estrada, est tué dans le combat.

Avril. — Rosas fait mettre en liberté le général unitaire D. José-Maria Paz, détenu depuis huit ans, d'abord à Santa-Fé, puis à Buenos- Ayres, espérant peutêtre rattacher à son parti. Celui-ci se borne à vivre à Buenos-Ayres en simple particulier.

Juillet. — Le général Lavaile, ancien chef du parti unitaire, et retiré depuis longtemps à la Colonia, dans la Bande-Orientale, se décide à se mettre de nouveau à la tète de l'insurrection contre Rosas. Aidé par le président Rivera et un peu par les agents français, il porte son quartier général à l'île de Martin-Garcia, et appelle tous les Argentins à la guerre.

Grande agitation à Buenos-Ayres. Pour combattre ses adversaires, Rosas y crée un système de terreur impitoyable. — Organisation de la société populaire restauratrice (Mashorca). — Conspiration du colonel filaza. — Le D' D. Mariano Maza, président de la Chambre des représentants, est assassiné dans les bureaux de la chambre, et le colonel, son fils, fusillé le lendemain (27 juin).

Août. — Nouveau soulèvement des Correntinos, qui prennent pour leur gouverneur D. Pedro Ferré. Celui-ci appelle le général Lavaile au commandement de l'armée correntine.

Septembre. — L'armée entre-rianc, sous les ordres du général Echagiie, envahit la Bande- Orientale et vient menacer Montevideo. Les agents français arment leurs nationaux et font descendre 400 marins de l'escadre pour défendre la ville.

Novembre. — Insurrection du sud de Buenos-Ayres contre le dictateur. Ce soulèvement, fait par un grand nombre de fermiers (estancieros) du sud, sous la direction de D. Pedro Caslelli, est écrasé par D. Pedro Rosas, frère du générai. Castelli est tué dans le combat et la terreur achète de réduire tout le pays à Tobéissance (9 novembre).

29 décembre. — L'armée du général Ëchagûe est complètement battue par Riyera à Cagaocha. Pacification de la Bande-Orientale. — Prospérité de Monte- ^i<leo, qui, par suite du blocus de Buenos-Ayres et des troubles de la République a.rgentine> concentre dans son port toutes les affaires commerciales de la Piata.

1840. — Continuation du blocus par la France et obstination de Rosas à ne pas ^er. — Ses adversaires continuent^ de leur côté, à faire de la propagande contre i dans toutes les provinces^ et surtout dans celles du nord. La province de Corrientes déclare la guerre au gouvernement de Buenos-Ayres, t annonce qu'elle se met à la tète de la croisade contre la dictature. (Manifeste du •'janvier 1840.)

Avril. — Les provinces de Tucuman^ la Rioja, Catamarca et Salta se déclarent outre Rosas. — Le général Paz s'échappe de Buenos-Ayres et se réfugie à Monteideo. — Règne de la terreur à Buenos-Ayres; nombreuse émigration pour la nde-Orientale.

Mai. — Le général Lavalle emmène les troupes correntines vers la province de -Fé, malgré le gouverneur Ferré, qui voulait les conserver à Corrientes. Ce dernier, dans une proclamation ardente, le flétrit du nom de traître^ pour avoir emmené l'armée sans la permission des autorités de la province. Sépare de I^valle, *'erré va à Paysandu conclure un traité avec Rivera pour continuer la guerre contre ^ 5. (Août 1840.)

expédition de Lavalle. — L'escadre française transporte Lavalle et ses Cor- *entinos sur la rive droite du Parana. — Combat douteux du Sauce (6 août). — ^-■^valle est plus heureux au combat de Las Puntas del Tala, où il bat le général Aïigcl Pacheco et le colonel Hilario Lagos. — Il marche ensuite sur Buenos-Ayres, arrive à las Couchas, à huit lieues de la ville, sans avoir rencontré d'autres parins que quelques émigrés. — Désespérant de prendre la ville et constamment ^^.rcelé par les gens de Santa- Fé, que commande le général D. Pablo Lopez, dit ^^Siscarilla, A*ère du fameux Estanislao, mort deux années auparavant, il revient ses pas et prend Santa-Fé de vive force ; mais, ne pouvant s'y soutenir, il se cide à se replier sur les provinces du nord, où le général Lamadrid a formé une ^-"ï^raée (29 septembre).

En effet, Lamadrid occupe Tucuman avec le colonel Sola, pendant que Bri- ^Oela, gouverneur de la Rioja, menace San-Juan et la Rioja, où commandent Be- ^avides et Aldao, tous deux du parti de Rosas.

Pendant la marche de Lavalle sur Buenos-Ayres, lé dictateur organise une ar- <ïiée et en donne le commandement à D. Manuel Oribe, le président réfugié de ^* État-Oriental, qui se charge de détruire Lavalle et de pacifier les provinces intérieures.

Poursuivi par Oribe, Lavalle évacue Santa-Fé et Iwit en retraite sur Cordova par le chemin du Quebracho. Atteint aux lagunes du Qucbracho-Herrado, il est complètement défait par Oribe, et perd infanterie et aitillerie, qui restent au pouvoir du vainqueur (28 novembre).

Paix,avec la France. — L'amiral de Mackau, arrivé avec une escadre et quelques troupes de débarquement, trouve Rosas plus docile. — Convention du 29 octobre. — Montevideo reste abandonné à ses propres forces. — Pendant

COIVF. ARGENTURE. — T. III. 39

toute la négociation^ de nombreux assassinats sont commis à Buenos-Âyres imlt Blashorca. — Le traité est fort mal accueilli par la population française de Moul^^^, Tidco^ qui proteste contre lui (28 novembre).

1841. — Par décret du 22 janvier, le gouverneur de Buenos-Ayres ferme le rana et l'Uruguay à tout navire qui n'aurait pas patente et pavillon argent -S^n. Cette mesure^ appuyée par les canons de Tile de Martin-Garcia, qui domine f^s passes des deux fleuves^ ruine les établissements orientaux qui s'étaient formés ^kqt la rive gauche de l'Uruguay.

Lavalle continue sa retraite et éprouve un nouvel échec à San-Cala^ où ^oq arrière-garde est battue par le général Pacheco. Il évacue Cordova et se replie ^^yf la Rioja (9 janvier).

Oribe occupe Cordova, où il concentre ses forces. — Vengeances contre les Uo/. taires. — Arredondo est nommé gouverneur délégué (30 janvier). — Oribe dctache du monde vers les provinces des Andes.

Lamadrid^ posté à Tucuman, où son parti a des sympathies nombreuses, veut tirer des secours de Salta; mais le gouverneur de cette province, D. Miguel Otero^ refuse de lui en donner. Lamadrid fait alors une pointe sur cette province, pour j recruter du monde par force, et ce mouvement l'empêché de venir prêter aide à Lavalle et à Brizuela, qui sont aux prises avec Benavidez et Aldao. Les deux cbefs U^ unitaires, trop faibles pour défendre la viilr> de la Rioja, font la guerre de parla- g.i] sans. Lavalle finit par aller se joindre à Lamadrid dans la province de TucumaiB -

Mars. — Le colonel Mariano Maza, envoyé par Oribe avec une colonne de 1,20^ hommes pour pacitier la province de Catamara, y bat le gouverneur Cubas et ^^ fiait égorger. Une foule d'atrocités sont commises dans la province, et des geances sauvages sont exercées par le vainqueur.

Août. — Lamadrid , laissant Oribe à Tucuman, revient sur les provinces Guyo, où la lutte est de nouveau engagée. Le général unitaire Acha est vainqueur ^^^^f Benavidez à Angaco; puis, quelques jours après, obligé de" se rendre dans la vil — même de San-Juan, qu'il a occupée, et livré ensuite au général Pacheco, qui, s^^ l'ordre de Kosas, le fait égorger. .^

Septembre. — Lamadrid occupe la ville de Mendoza évacuée par Aldao. Mais ^^. est complètement battu par le générai Pacheco au Hodeo de Gbacon (24 septembre, ^^1 et forcé de fuir dans la Cordillère par le chemin d'Uspallata. Pacheco ahandonr^ ^. sa poursuite ; les débris de l'armée unitaire se réfugient au Chili, laissant dans 0 montagne un quart de leur effectif décimé par la fatigue, la faim et le froid. ^ ^

Octobre. — Lavalle est de nouveau battu par Oribe à Famalla (8 lieues de Tu^ cuman); il s'enfuit à Salla et de là à Jujuy où il est tué par une balle perdue, dar^^^ ^ une maison ou il avait passé la nuit. Ses soldats, quoique viveqient poursuivis, ei portent son corps eu Bolivie, pour ne pas l'abandonner aux profanations de ennemis.

Novembre. — Les débris de l'armée de Lavalle se dispersent. — Une coloni commandée par le colonel Salas, qui avait gagné la vallée du San-Francisco, trverse le Chaco tout entier, de l'ouest à Test, et arrive à Corrienies, après u^^ °^ marche de vingt-cinq jours, sans avoir perdu un seul homme.

Pacification des provinces intérieures par la terreur. — Réaction fédérale. — *" Celles de Salta et de Jujuy sont les seules qui ne soient point visitées par les du dictateur.

DIX-NEUVIÈME SIÈCLE. Cil

La guerre continue dans la province de Corrientes^ TEntre-Rios et la Bande- Orientale. — Le gouverneur Ferré a appelé. Tannée précédente^ le général Paz à x*eniplacer Lavalle, qui lui a enlevé une partie de son armée. Paz réorganise de viouvelles troupes^ et bientôt repousse une nouvelle invasion de TEntre-Rlos. Le ^néral Écbagûe est complètement battu à Caa-Guazu (29 novembre). Mais la répugnance de Ferré à permettre la sortie de l'armée victorieuse de la province «mpéche de profiter de cette victoire.

Décembre. — Le général Juan Pablo Lopez, gouverneur de Santa-Fé, dont les liostilités avaient été si nuisibles à l'expédition de Lavalle, se sépare de Rosas.

1842. — Le général D. Justo José de Urqniza, Entre-riano, est nommé gouverneur de l'Entre-Rios^ et le général Écbagûe gouverneur de Santa-Fé. — Réorganisation d'une armée entre-riane dans le sud de la province.^ L'armée correntine, aux ordres de Paz, envahit l'Entre-Rios et occupe la ville de Parana (29 janvier).

— Divisions entre les vainqueurs de Gaa-Guazu. — Paz est nommé gouverneur de TEntre-Rios; mais il reste avec d&s forces insuffisantes.

Mars et avril. — Répétition des scènes d'octobre 1840 à Buénos-Ayres. — La Mashorca recommence les assassinats ofGciels. — Terreur et émigration nouvelles.

Mai. — Le général Oribe, revenu de Tucuman avec son armée^ occupe Santa-Fc.

— J. P. Lopez se réfugie dans TEntre-Rios auprès de Paz; mais celui ci est abandonné par les Correntinosqui se retirent dans leur province. — Incapable de lutter contre Oribe avec le peu de forces qui lui restent, ce chef se retire sur Gualeguay, puis sur les rives de l'Uruguay, occupées par quelques troupes du général Rivera.

Juin. — • Oribe passe le Rio-Parana à la Bajada, forme un camp près de cette "Ville et y passe l'hiver.

Le gouvernement de Montevideo organise une petite escadre et en donne le com- HDandement au colonel Garibaldi récemment arrivé de Rio-Grande^ où il a combattu avec les Républicains de Piratinim.

Octobre. — Entrevue des généraux Rivera, Paz et Ferré à Paysandu. — Rivera ^st nommé directeur de la guerre contre Rosas. — Préparatifs pour Tinvasion de ^*Entre-Rios, l'Uruguay est franchi à La Vuella de San-José.

La guerre s'approcbant de la Bande-Orientale, les ministres résidents de France ^t d'Angleterre offrent leur médiation entre les deux pays (28 octobre). — Cette ^iQédiation est repoussée par la Chambre des représentants de Buénos-Ayres aux Ordres du dictateur.

Garibaldi^ cerné dans le Parana par des forces supérieures, après un conibat acharné, brûle ses navires et opère sa retraite à travers tout l'Entre-Rios.

6 décembre — Destruction complète de Tarmée de Rivera à i'Arroyo-Grande, près de la côte de l'Uruguay entre la Concordia et TArroyo de la China; Pinfanterie^ l'artillerie et les bagages restent au pouvoir du vainqueur. La cavalerie corl^ntine regagne sa province; Rivera, avec la sienne, se réfugie au Salto Oriental et cherche à s'y réorganiser.

Id décembre. — Note comminatoire des ministres français et anglais, déclarant que les hostilités entre les belligérants doivent cesser. — Rosas n'en tient compte, et, sur ses ordres, Oribe passe l'Uruguay avec toute son armée et envahit la Bande-Orientale.

1843. — Guerre de la Bande^Orientale et siège de Montevideo. — JanTîer. — Montevideo se décide à la résistance. — AiTranchissements des noirs> mis aux ordres du général Paz nommé gouverneur de la place. Construction de fortifications. — Le général Rivera cherche à former une nouvelle armée de cavalerie. Une partie des populations de la campagne se réfugie dans la ville.

Oribe marche sur Montevideo avec toute son armée ^ bat l'arrière ^arde D. Anacleto Médina, lieutenant de Rivera, au Paso de la Paloma et arrive au Ge^ic:^ rito le 16 février. — De ce jour commence un siège qui devait durer près de ne^ ^^^ années.

Le Brésil présente à Rosas un projet de traité^ relatif à la paciBcation de E^i^^. Grande et de la Bande-Oiientale^ que celui-ci refuse.

Mars. — i**". — Le général Rivera quitte la présidence de TÉtat oriental^ ses quatre ans étant expirés. 11 est provisoirement remplacé par le président du Seau D. Joaquin Suarez.

La province de Corrientes retombe aux mains du parti fédéral^et legouveroear Ferré est obligé de fuir à San-Borja dans les missions brésiliennes.

L'escadre Buénos-Ayrienne^ sous les ordres de l'amiral Brown^ vient pour bloquer Montevideo (31 mars).

Avril. — !«'. — Une circulaire maladroite du général Oribe annonçant qa*il punirait^— « comme sauvages unitaires^ tous ceux qui prendraient les armes^oo WZ^ « même emploieraient leur inQuenceen faveur du gouvernement de Montevideo, ^ \\^ achève d'exaspérer la population étrangère déjà fort irritée contre les hommes ^^ Rosas. — Les Français et les Italiens courent aux armes^ et trois corps étranger^ se forment^ sous le nom de légion française (colonel Thiébaut), légion italienn*- ^ (colonel Garibaldi), et bataillon de chasseurs basques (colonel Brie). — Pendii^*^ que le général J. M. Paz défend la ligne des fortifications avec les troupes qa'il formées et disciplinées, le colonel Melchor Pacheco-y-Obes, ministre de la <»"««^^=*»

imprime de l'unité à la marche du gouvernement, moralise et anime les élémen^ ^^^ divers dont se forme la garnison.

Les amiraux commandant les stations françaises et anglaises refusent de naître le blocus dénoncé par Tamiral argentin (8 avril). Tous ces événement^" ^ remontent le moral de la défense, et obligent les assiégeants à se bornera o ^^^ blocus par terre. Les assiégés font quelques petites sorties (guerriUas) qui coûtec^^ ^ beaucoup de sang, mais sont sans influence sur les véritables travaux d^^^ siège.

Mai-août — Hiver très-rigoureux dont les assiégeants souffrent beaucoup -^P' d'autant plus que le général Rivera , redevenu à peu près maître ie la campago» ^^^^j intercepte leurs convois et leur enlève le bétail. Position critique du génér'^^*'*^ Oribe.

Le général Urquiza, gouverneur de TEntre-Rios, est appelé au secours de Vsê^^^' mée d'Oribe. 11 passe l'Uruguay, et, malgré Rivera, opère, en septembre, si jonction avec l'armée assiégeante et la sauve d'une ruine certaine. Le général vera se replie dans l'intérieur. Maldonado est occupé par un corps Oribiste; M tevideo perd ses moyens de ravitaillement.

Octobre. — Découragement dans la garnison de la ville, d'autant plus que ics gouvernements d'Angleterre et de France déclarent qu'ils n'interviendront ^^Sf activement, et que ce dernier force la légion française à quitter ses couleurs naM^o» nales, qu'elle avait conservées malgré l'opposition du consul général.

DIX-NEUYIÈME SIÈCLE. 613

Les stations étrangères reconnaissent le blocus en tant qu'il se limitera à dé- /êndre l'entrée de Montevideo aux vivres frais et aux articles de guerre.

Le ministre brésilien Sinimbu essaye infructueusement d'entraîner son gouvernement à prendre le protectorat de Montevideo dans de pareilles circons-

i844. — L'armée de Rivera est battue par le général Urquiza dans la sierra

Malbajar (24 janvier); Rivera en sauve cependant la plus grande partie et se

tire sur la frontière brésilienne^ où il réunit de nouveau du monde.

iO avril. — Sur l'injonction de leur gouvernement^ les Français dissolvent leur

igion, mais se reforment aussitôt après sous le nom de.deuxième légion de garde

itionalc^ et sous le drapeau oriental.

24 avril. — Sortie générale commandée par le général Paz ; elle coûte beaucoup e sang et échoue.

Mai. — Révolution à Gorrientes contre les autorités imposées par TinQuence de ^Slosas. Les frères Madariaga se mettent à la tète de l'insurrection et envahissent J'Entre-Rios. Sac de la Concordia. Quelques forces envoyées de Buenos-Âyres les obligent à la retraite.

Juin. — Fin de la guerre civile dans la province brésilienne de Rio-Grande-do- ^ul. Les insurgés ou Farrapas font leur soumission au marquis de Caxias^ délégué <le Fempereur.

Mission du vicomte d'Abrantès en Europe pour solliciter une intervention comiQune de la France, de .l'Angleterre et du Brésil, à l'effet de pacifier TËtat oriental.

• En effet, le Brésil regarde l'indépendance de l'État-Oriental comme sérieuse-

* ment menacée par le dictateur de Buenos-Ayres^ qui veut lui imposer par la « force un président repoussé par la majorité de la nation, et qui ne serait qu'un ^ instrument dans ses mains. s> Les journaux de Rosas avaient de plus menacé le

^i^il de faire insurger de nouveau la province de Rio-Grande récemment pacifiée ^^ d'y proclamer la liberté des noirs.

Le général Paz quitte Montevideo et se rend à Rio-de-Janeiro. Le général Rosas ^^mande qu'il y soit interné, mesure à laquelle le gouvernement brésilien se

Novembre. — Le colonel Pacheco-y-Obes, âme de la défense de Montevideo, avilie le ministère de la guerre à la suite d'une querelle avec l'agent brésilien, et retire dans la province de Rio-Grande.

i845. — Rosas déclare le blocus absolu de Montevideo. L'amiral français Laine i^efuse de le reconnaître et en réfère à son gouvernement (13 janvier).

Mars. — Nouvelle campagne de D. Fructuoso Rivera dans TÉtat-Oriental avec l'armée qu'il a refaite sur la frontière brésilienne, et qu'il a grossie de tous les l*éfugiés orientaux. Il attaque, sans succès, le bourg de Gerro-Largo.

27 mars. — Destruction complète de l'armée de Rivera à la India-Muerta, par le général Urquiza. Rivera se réfugie au Brésil; Oribe reste maître de toute la Bande-Orientale, moins Montevideo dont le siège, converti en blocus, continue toujours.

Mai. — Intervention anglo-française pour imposer la paix à Rosas. Négociations des ministres plénipotentiaires, Deffaudis et Gore-Ouseley, demandant la retraite de l'armée argentine et l'élection libre d'un président par les Orientaux. Après

614 CHROiNOLOGIE DE L'HISTOIRE DU BASSIN DE LA PLATA

deux mois de pourparlers inutiles^ les deux ministres se retirent à MonteTideoei déclarent à Rosas qu'ils emploieront contre lui des moyens coercitiCs.

Août — Conflscation provisoire de Tescadre argentine par les deux puissances.

Septembre.. — Dédaralion du blocus de Buenos-Ayres; les deux ministres, dans un exposé de motifs sévère^ résument tous les griefs de l'Europe contre Rosas.

1*^ octobre. — Fondation du journal Comercio del Plata, publié à MonteTîdeo par D. Florencio Varela.

24 octobre. — Arrivée du premier consul espagnol (D. Carlos Greus)^ en censé* quenoe du traité condu avec l'Espagne Tannée précédente (1844).

Octobre et novembre. — Occupation de la Golonia, puis du Salto-Oriental par Garibaldi et la légion italienne, à Taide de la petite escadre de Montevideo.

L'intervention anglo-française s'est décidée à ouvrir de force le Parana, dont Rosas ne veut pas permettre la libre navigation. Le dictateur a fait fortifier sérieusement^ les berges de la Vuelta-de-Obligado^ où le resserrement du fleuve oblige les navires de passer sous le canon de la rive. — Le 20 novembre^ après un combat acharné de neuf heures^ glorieux pour les deux parties, le passage est franchi, les batteries de terre sont détruites par Tescadre alliée, et un convoi marchand de cent dix navires remonte jusqu'à Gorrientes,

Décembre. — L'armée auxiliaire Entre-Riane évacue la Bande-Orientale^ où elle n'a plus d'ennemis à combattre, et envahit la province de Gorrientes qui vient de faire alliance avec le Paraguay (4 décembre).

Paraguay. — Depuis 1814, le Paraguay, sous la direction de Francia, nommé dictateur pour trois ans à cette époque, puis à vie en 1817, s'était complètement séquestré du monde. Les troubles dont les Missions et la province de Gorrientes avaient été le théâtre pendant la lutte d'Artigas contre Buenos-Ayres et les Portugais, n'avaient fait que confirmer Francia dans son système d'isolement. Les seuls rapports que le Paraguay eût avec le reste de l'Amérique se faisaient, entre Itapua et San-Borja, par le territoire, devenu désert, des Missions-Occidentales. Par celte voie, le pays échangeait du tabac, de la Yerba-Maté, des cuirs secs et tannés, contre les objets de manufacture européenne qui lui étaient indispensables. Get état de choses dura jusqu'au 25 décembre 1840, époque de la mort du directeur suprême.

Une junte composée de cinq membres remplaça Francia. Au bout de quatre mois, une émeute la força de réunir un congrès extraordinaire qui nomma immédiatement deux consuls : D. Carlos Antonio- Lopez et D. Mariano Roque-Alonzo, qui entrèrent en fonctions en mai 1841.

Le congrès, réuni en 1842, approuva ce qui s'était fait l'année précédente, fixa le drapeau et les armes de la république, promulgua une sorte de constitution par acte solennel du 25 novembre, signé de D. Garlos Lopez, son président, et proclama l'indépendance du Paraguay, indépendance qui existait de fait depuis trente ans.

En mars 1845, uu nouveau Gongrès, voulant concentrer l'autorité dans une seule main, nomma D. Carlos Antonio Lopez^ président pour dix années. De cette époque aussi, date un nouveau régime pour le Paraguay. L'administration nouvelle cherche à ouvrir des débouchés pour son commerce et commence à se relâcher du système de séquestration absolue imposé par Francia.

Déjà l'administration des consuls avait voulu entrer en relations avec Rosasi,

afin d'obtenir la liberté de la navigation du Parana pour le pavillon paraguayen. Mais le dictateur de Buenos-Ayres refusait de reconnaître l'indépendance du Parag^iây et réclamait impérieusement son retour à la Confédération argentine. — La Ju^te de Gonientes et de la Bande-Orieniale contre Rosas^ et Tintervention euroi, donnèrent à penser au président Lopez que le moment était venu d*obtenir qu^il désirait si vivement ; malgré ses répugnances instinctives à se mêler aux événements extérieurs, il conclut, le 11 novembre 1845, un traité d'alliance offensi-ve et défensive avec le gouvernement de Corrientes; le 4 décembre suivant, il pcablie un manifeste de guerre contre Rosas, et donne au général Paz le commandoment de son armée.

i 846. — Continuation de la guerre de la Bande-^h'ientale. — Janvier. — Cependant la guerre se rallume dans la campagne orientale. Pendant que Monte- '^ideo, déjà défendu par sa garnison, est de plus protégé par un débarquement de t. troupes anglaises et de marins français, les anciens officiers de Rivera reparaist^ vers la frontière brésilienne, et recommencent la guerre de partisans. — Les »u pes de Montevideo réoccupent Maldonado, mais écbouent sur San-Carlos où ^ïi bataillon entier de garde -nationale est fait prisonnier. — On est plus heureux rUruguay. Garibaldi, surpris à San-Anlonio par 1,200 hommes de cavalerie 3€0 fantassins, résiste toute une journée avec 180 hommes de la légion italienne opère sa retraite en bon ordre sur le Salto (8 février). — Quelques jours après il ^'éprend l'offensive et toute la côte du haut Uruguay retombe au pouvoir du gouver- '^^ïiaent de Montevideo.

Ce général Paz est nommé général en chef des troupes combinées du Paraguay <)e Corrientes et revêtu d'une autorité très-étendue (13 janvier). H fixe son ^ï^i^jtier-général à Villa-Nueva et s'occupe surtout de discipliner son armée.

février. — Campagne du général Urquiza dans la province de Corrientes. — ^^nibat de la Laguna-Limpia où D. Juan Madariaga, général de l'avant-garde corï^tine, est fait prisonnier (4 février).

^az abandonne la position de Villa-Nueva et se rapproche pour couvrir la ville

Corrientes ; il se met en rapport avec Tescadre anglo-française qui a remonté

■^^^^ïue-là pour y protéger le convoi maichand. -— Le général Urquiza se replie sur

^^ntrc-Rios après avoir noué des négociations secrètes avec les Madariaga.

-Avril. — Soulèvement de l'armée correntine contre le général Paz, qui se retire

^^'Ts l'Assomption ; l'armée paraguayenne en fait autant, et le président Lopez re-

^^^nt au système d'isolement qui, jusque-là, a si bien réussi au Paraguay.

A la même époque, à Montevideo, le général Rivera, revenu du Brésil, sert de ï^t*étexte à une petite révolution qui amène l'expulsion des Buenos- Ayriens réfugiés et la chute du ministère Vazquez, qui jusque-là avait présidé à la défense de ^^ place. — Rivera, redevenu le maître de Tarmée, emmène une petite colonne expéditionnaire, dont fait partie le régiment de volontaires basques, et reconquiert la côte de l'Uruguay. 11 ne reste plus à Oribe, dans cette zone, que Paysandu ; et U se trouve dans l'impossibilité de rien tenter sur la ville, qu'il assiège depuis trois années. D'un autre côté, retenus par les instructions de leurs gouvernements^ les tninistres interventeurs sont forcés de se limiter à la défense de Montevideo et au blocus de- Buenos-Ayres.

Le grand convoi marchand, de retour de Corrientes, passe sous les batteries de San-Lorenzo sans éprouver de dommages sérieux (20 mai) et arrive enlin à Mon-

teTÎdeo, où la continuation du blocus de Buenos-Ayres et l'arrivée de cette im- | 'ie mense quantité de produits du pays rétablissent le commerce.

Le vapeur de guerre français FuUon remonte le Rio-Paraguay jusqu^à Lombaré^ à deux lieues au-dessous de l'Assomption. 11 est le premier vapeur qui sillonne les eaux de ce fleuve. ■ L:

Août. — Négociation Hood, entreprise par l'Angleterre et consentie par la France. — Cette tentative, faite en dehors des formes officielles, extrafagante ■ jf pour la forme comme [lour le fond, ne fait qu'encourager Rosas à la résistance. | £

Septembre. — Court armistice devant Montevideo, suivi de la rupture des né gociations et de la reprise des hostilités. I O

Novembre et décembre. — Nouvelle expédition de Rivera sur la côte de rUro- I iO guay, et prise de Paysandu après un combat sanglant (26 décembre). Affaiblie | 51 par ses pertes, l'armée de Rivera, formée d'ailleurs d'éléments hétérogènes, est hors d'état de rien entreprendre et tombe en pleine dissolution. Les Basques, craignant d*ètre abandonnés par la cavalerie, refusent de le suivre à l'intérieur.

1847. — Une division argentine passe l'Uruguay au Salto-Oriental et occupe I i cette ville. La population se réfugie à la Concordia, où elle est très-bien accueillie I ^ (9 janvier). I *

Désastres succesâifs éprouvés par les Orientaux dans l'intérieur du pays. Ri- * vera, battu le 19 à MataOjo, se replie sur la Colonia, et de là se fait transporter à Martin-Garcia avec ce qui lui reste de monde. — Mercedes est reprise le 27 paT D. Ignacio Oribe. L'armée d'invasion occupe de nouveau tout le pays, à Teioep^ tion de la Colonia et de Maldonado.

• Rivera évacue Tile de Martin-Garcia et porte son quartier général à Maldona^^ (20 mars).

Mai. — Nouvelle mission anglo-française, composée du comte Walewski et lord Howden, qui viennent remplacer MM. Deffaudis et Ouseley. — Cest tooj avec le projet de traiter sur les bases principales de la négociation précéden (7 mai). — Après deux mois de discussions à Buenos-Ayres, la négociation écboa par suite du refus de Rosas de permettre la libre navigation du Parana, qu'il v réserver exclusivement au pavillon argentin, consentant toutefois à permet celle de l'Uruguay en commun avec l'État-Oriental,

Août. — L'Angleterre abandonne la médiation et déclare le blocus de Buenos Ayres levé pour sa part. L'agent de la France essaye de négocier directement av^ * D. Manuel Oribe; mais, trouvant celui-ci tout à fait impuissant à rien décider, maintient le blocus de Buenos-Avres au nom de la France.

Juin-Juillet. — Négociations du général Urquiza, gouyernemr de l' avec les Madariaga, qui dominent à Corrientcs, pour amener la paix entre deux provinces. — Traité d'Alcaraz non ratifié par Rosas.

Octobre. — Lassitude des assiégés et des assiégeants. Intrigues pour la redditii de la place. — Le général Rivera est exilé au Brésil.

Novembre. — Rupture de Corrientes avec l'Entre-Rios. — Le général Urqu entre en campagne et bal l'armée correntine à Vencès (29 novembre) ; fuite «j Madariaga. — Le général Virasoro est nommé gouverneur de Corrientes. — Rentré dans l'Entre-Rios, le général Urquiza s'applique à y développer le travail ^'

l'industrie, et attire la population par la libéralité et la sagesse de son gouvernement.

1848. — Janvier. — La France et l'Angleterre se décident à une cinquième tentative pour pacifier la Bande-Orientale^ en traitant directement avec Oribe. — Mission de MM. Gore et Gros, qui arrivent à Montevideo le 20 mars. — Le soir du même jour, le célèbre publiciste D. Florencio Varela est assassiné dans la rue par un émissaire venu du camp d'Oribe.

Avril. — Négociations avec Oribe, qui finit par en référer à Rosas. Départ de Garibaldi pour l'Italie^ où il est devenu depuis si célèbre (13 avril). Il emmène une partie de la légion italienne avec lui.

On apprend à Montevideo la nouvelle de la révolution de février en France (30 avril).

Mai. -— Continuation des négociations avec les assiégeants. — Le plénipotentiaire français arrive enfin à un arrangement^ mais Rosas refuse d*y consentir et les négociations sont rompues. — Le ministre anglais, M. Gore, rentré depuis trois mois dans la question^ s'en retire de nouveau, malgré la protestation du ministre français.

Levée du blocus de Buenos-Ayres par la France^ qui consent à avancer un subside mensuel de iO,000 piastres au gouvernement oriental.

Maldonado et la Colonia retombent aux mains d*Oribe. Il ne reste plus que Montevideo au pouvoir du gouvernement oriental.

Septembre. — Un nouveau ministre anglais^ M. Southern, arrive à Buenos- Ayres et n'est point reçu par Rosas. Ne pouvant être admis, ni comme agent officiel ni comme agent officieux^ il obtient d'y séjourner comme simple particulier.

Décembre. -— Le gouvernement de la République française, empêché par les complications européennes^ se décide à une sixième mission. — L*amiral Leprédour, commandant de la station de la Plata, est chargé de négocier de nouveau la l)aix.

1849. — Février. — Commencement deâ longues négociations Leprédour. — De son cùté^ M. Southern cherche à conclure un traité avec Rosas^ en lui faisant toutes les concessions refusées jusqu'alors.

Mai (2ti). — Armistice signé entre les belligérants, à la condition de conserver le statu quo. Cette trêve amène un certain calme dans TÉtat-Oriental, qui revient peu à peu aux travaux de la paix. En même temps, Buenos-Ayres, débarrassé du blocus et augmenté d'une partie de la population étrangère de Montevideo, développe considérablement son commerce.

L^assemblée législative, en France, vote la continuation du subside au gouvernement de Montevideo jusqu'à la paix (30 août).

Juin. — Différends entre le gouverneur de Corrientes et le Paraguay. — Les Paraguayens envahissent le territoire des Missions, qui commençait à se repeupler et en emmènent la population et le bétail. — Incendie du village de l'Hormiguero, en face de San-Borja. — Les troupes correntines arrivent trop tard pour attaquer les Paraguayens, qui se hâtent de repasser le Parana. — Le président du Paraguay cherche inutilement à traiter avec Rosas.

L'assemblée législative française ne ratifie pas le nouveau traité Leprédour (26 novembre).

Novembre. — Apparition de la fièvre jaune au sud de réquateur. — La fièTre jaune se montre pour la première fois sur le littoral brésilien de Bahia ; elle contagie Rio de Janei)ro et presque tous les autres ports de la côte, depuis Psara jusqu'à Sainte-Catherine.

1850. — Janvier. — M. Southern^ étant parvenu à conclure avec Rosas un traité de paix, où toutes les conditions premières de rintervention sont abandonnées> est admis comme ministre accrédité auj^ de la Confédération ai^ntine.

liars. — Le baron de Jacuby, de la province de Rio-Grande, fkit quelques incursions dans la fiande-Orientide pour y enlever du bétail> en représailles de la nidation du territoire brésilien par les troupes d'Oribe. Le Brésil ne se bâte pas de répondre aux réclamations d'Oribe et de Rosas à ce sujet.

Mai. — Le gouvernement français s'est décidé à envoyer un corps expédition— naire d'infanterie de marine pour présider à la pacification de Montevidea — L'amiral Leprédour^ qui vient enfin de signer un nouveau traité avec Rosas et concernant exclusivement Buenos-Ayres, commence une autre négociation avecOribe.

Août. — Débarquement des troupes françaises à Montevideo.

Octobre. — Rosas adresse des réclamations au Brésil au sujet de son refus d'acceptation du blocus de Montevideo en septembre 1843 et sur sa reconnaissance de rindépendance du Paraguay. Les relations entre les deux gouvernements deviennent des plus difficiles. — Exaspération du dictateur; elle se traduit par l'exécution de la jeune Camila O'Gorman, fusillée enceinte pour s'être laissé séduire par un prêtre. Cet acte sauvage excite une indignation universelle.

Décembre. — Alliance offensive et défensive entre le Paraguay et le Brésil pour faire la guerre à Rosas.

1851. — Fin de la guerre de la Bande-Orientale et chute de Rosas. — Formation secrète d'une ligue contre Rosas, qui commence à sentir que sa position est moins solide, et qui cherche en vain à retenir^ par l'emploi de la terreur^ un pouvoir qui va lui échapper.

1**^ mai. — Manifeste du général Urquiza contre Rosas. — Appel aux provinces et circulaire à leurs gouverneurs. — Alliance avec le Brésil, le Paraguay, Cor» ricntes et Montevideo. — Le gouverneur de Buenos-Ayres commence à réunir du monde ; mais le noyau principal et la base de son armée se trouvent au Cerrito, sous les ordres de D. Manuel Oribe.

Juillet. — L'escadre brésilienne, commandée par Tamiral Greenfell, occupe les bouches du Parana et de l'Uruguay.

Le général Urquiza passe l'Uruguay et entre dans l*Ëtat-Oriental avec son armée ; D. Ignacio Oribe est abandonné par ses troupes. — Fatigués de la guerre^ qui a ruiné leur pays, tous les chefs orientaux mettent bas les armes, et viennent faire leur soumission au général Garzon, Oriental, qui accompagne le gouverneur de l'Entre -Bios, et que celui-ci présente comme le centre de ralliement de tous les Orientaux, sans distinction de parti.

Août. — Commencement du service régulier de bateaux à vapeur anglais entre TEurope et la Plata. — Le vapeur Prince arrive en trente-trois jours de Southampton à Montevideo (6 août).

Un bateau à vapeur américain, le fVilliam Pearce (depuis /lio-l/nt5Wiy),éta-

DIXNEUVIÈMB SIÈCLE. 619

^1 mtpoar la première fois un service régulier entre les divers ports de la Plata, de ^'"'CJruguay et du Parana. IJ inaugure ainsi la navigation des fleuves.

Septembre. — L'armée brésilienne alliée passe la frontière orientale à Santa- ^■lado Livramento (4 septembre); mais sa marche est assez lente^ à cause de son ^K^d matériel de guerre.

8 Octobre. •— D. Manuel Oribe capitule. — Levée du siège de Montevideo, qui a tiré huit ans» sept mois et vingt-deux jours. — Les principaux chefs argentins embarquent et se rendent à Buenos-Ayres. L'armée se met sous les ordres du Liérateur. — Fin de la guerre de la Bande-Orientale.

45 Octobre. — Arrivée de l'armée brésilienne, commandée par le comte de ias. Elle va établir son quartier général à la Colonia. Une partie est cantonnée ux environs de Montevideo, où elle doit rester jusqu'aux élections, 30 Octobre. — Le général Urquiza s'embarque avec toute son armée pour ^^Entre-Rios.

Mort subite du général Garzon, dont l'élection à la présidence allait concilier '^^m les partis (1" décembre). Il succombe à un anévrisme de l'artère sous-clavière . Embarquement de la division orientale pour aller coopérer à l'expéJilion contre Wosas (4 décembre). — Le général Urquiza passe le Parana avec toute son armée su Diamante (20 décembre). — Le 25, Santé-Fé est occupée par l'armée libéra- ^ice, qui marche sur Buenos-Ayres en suivant la côte du Parana. Licenciement des légions étrangères à Montevideo (29 décembre).

i852« — Campagne de l'armée libératrice dans la proyince de Buenos-Ayres. — concentre tout son monde dans les environs de la capitale et réunit à peu Pr>ès 25,000 hommes. Les alliés en ont autant. Cette masse d'hommes forme les <^*oux plus grandes armées qui se soient encore vues dans l'Amérique du Sud. — Le ^ février, ravant-gardo de Rosas est mise en déroute au Puente-del-Marquez. Le lendemain, à Mon le-Caseros, une butaille générale met fin à la domination dudic- ^^teur, qui s'enfuit, un des derniers, du combat, et va se réfugiera bord du vapeur anglais Centaure. — Ses troupes débandées commencent à saccager Buenos-Ayres ^l ne sont arrêtées que par les mesures les plus énergiques prises par le vain- <ltieur (3 février i 852).

Réunion des Chambres à Montevideo, et de l'assemblée des représentants de la P rovince à Buenos-Ayres (25 février).

Nomination de D. J. Girô à la présidence de rÉtat-Oriental (!<"' mars). Le corps expéditionnaire français quitte la Plata. — Retour des troupes orientales et brésiliennes. — Les Brésiliens regagnent la frontière.

Affaires de Buénoi'Àyres. — D. Vicente Lopez, nommé provisoirement gouverneur de Buenos- Ayres, décrète que, conformément au traité du 4 janvier 1831, entre les quatre provirices du littoral, chacun des gouvernements signataires aura à envoyer un plénipotentiaire pour former la commission représentative chargée d'établir les bases de la Confédération argentine. En attendant le général libérateur restera chargé de diriger les relations extérieures de la République.

Âcuerdo de San^Nicolas. — Les gouverneurs des provinces réunis dans la ville

e20 CHRONOLOGIE DE L'HISTOIRE DU BASSIN DE LA PLATA.

de San-Nicolas-de-loa-Arroyos présentent les bases de Torganisation argentine : — Réunion d'un Congrès constituant à raison de deux dépotés par proTÎnce; — Abolition des douanes provinciales; — Liberté de la navigation des rivières, etc., etc. — EnfiOt nomination du général Urquiza comme directeur provisoire de la nation, chargé de ses relations extérieures et de presser et faciliter la réunion du Congre national constituant, fixée au mois d'août suivant (31 mai).

L'adoption de ces mesures amène une irritation profonde à Buénos-Ayres qui se trouve blessée dans son amour-propre et son monopole commercial. — Yiv( discussions dans la salie des Représentants de la province, qui, s'appuyant surtou sur la concession de la liberté de navigation des fleuves, et la limitation du nombi des députés à celui de deux par province, rejettent la déclaration de San*Nicda^ (12 juin). — Déchaînement de la presse et irritation des partis. — Le directeur, se décidant à un coup d'État, assume le gouvernement de la province échu au généntV Pinto, président de la Chambre des Représentants, par suite de Tabsenoe du gouverneur D. Vicente Lopez alors à San-Nicolas. 11 dissout la Chambre et supprime quelques journaux. — (23 juin). Ce coup d'Etat, tout en calmant momentanémeDi l'agitation, établit une hostilité profonde entre la majorité des Buénos-Ayriens et le directeur.

Août — Les députés nommés pour le Congrès général constituant se réunissent à Santa-Fé. — Départ du général Urquiza, de Buénos-Ayres pour Santa-Fé. — En partant, il y laisse, en qualité de gouverneur provisoire de la province, le général Galan, déjà chargé de la division entre-riane et du commandement de la place (25 août).

a septembre. — Révolution à Buénos-Ayres. — Les généraux Piran et J. Uadariaga soulèvent un corps de Correntinos auquel se joint le reste de la population et proclament l'autonomie de la province. Le général Galan, après avoir essayé mollement de contenir ce mouvement, effectue sa retraite le long du Parana. — Le directeur, alors à Santa-Fé, dans une circulaire adressée aux provinces et aux agents étrangers, se contente de protester contre cette attitude prise par Buénos- Ayres et se retire dans l'Entre-Rios. — Le Congrès de Santa-Fé suspend momentanément ses travaux.

Octobre. — D. Valentin Alsina est nommé gouverneur de Buénos-Ayres par la salle des Représentants, qui rappelle en même temps les deux constituants qui avaient été envoyés au Congrès de Santa-Fé (D. Eduardo Lahitte et D. Baldomero- Garcia).

Novembre. — Le gouvernement dissident de Buénos-Ayres essaye de révolutionner les provinces et de renverser le général Urquiza. Le général D. J. M. Paz est envoyé dans le Nord, mais il ne dépasse point la province de Santa-Fé ; d'un autre côté, les intrigues nouées à Corrientes échouent. — On se décide alors à une expédition sur TEntre-Rios. — Quatre vapeurs y portent brusquement un gros corps de troupes commandées par les généraux Hornos et Madariaga; Tinvasion se divise en deux colonnes, Tune qui occupe Gualeguaychu sans coup férir, l'autre qui attaque la ville de l'Uruguay. Cette dernière est repoussée et en partie détruite par la population. Les vapeurs qui l'avaient amenée se retirent précipitamment; la colonne d'Hornos, restée à Gualeguaychu, capitule et obtient de se replier sur Corrientes (2i novembre). — Cette malheureuse expédition excite une irritation générale contre Tadministration nouvelle, dont l'autorité est attaquée avec violence par l'opposition.

Le Congrès de Santa-Fé reprend ses travaux. — Discussion du projet de consti-

tion. — Discours mémorable du général Urquiza à Touverture de la session

0 novembre).

1" décembre. — Soulèvement de la campagne contre la ville de Buénos-Ayres ; milices demandent l'incorporation immédiate au reste de la Confédération Tgentine. Le colonel Hilario Lagos commande Tinsurrection qui vient assiéger la apitaie.

Le gouvernement se décide à soutenir un siège. Formation d'une légion étraor

composée principalement d'Italiens. —On essaye infructueusement de traiter

vec les insurgés. — L'amiral français» M. de Suin^ tente sans succès de servir de

édiateur entre les deux partis.

1853. — Défaite des troupes de D. Pedro Rosas près de Chascomus par le gééral D. Gregorio Paz (25 janvier). — Les assiégés^ réduits à la ville seule, forment n conseil de défense composé de D. Lorenzo Torrès^ D. Nicolas Anchorena et du snéral D. Angel Pacbeco qui tous avaient joué un grand rôle sous l'administration de osas^et se trouvaient en ce moment intimement liés avec ses anciens adversaires. ■ — Organisation d'une escadre^ dont, le mois suivant^ une partie se rend aux flbrces assiégeantes.

Mars. — Le général Urquiza est autorisé par le Congrès à venir interposer

Xautorité nationale pour faire cesser la guerre civile dans la province de Buenos^

^yres. — U arrive avec 3,000 hommes des provinces^ tandis que tout le reste de

Tarmée assiégeante est composée de milices de la campagne de Buénos-Ayres, aux

ordres de Lagos.

Avril. — Négociation pour la paix : le prompt traité qui en résulte^ s'écartant en partie des bases de TAcuerdo de San-Nicolas^ n'est point ratifié par le directeur, et les négociations sont rompues.

l*' mai. — Promulgation de la nouvelle Constitution de la Confédération argentine élaborée par le Congrès constituant de Santa-Fé.

Continuation du siège de Buénos-Ayres, qui est mené assez mollement par suite dn défaut d'unité dans les vues et les opérations des assiégeants et des intelligences qu^ntretient parmi eux le gouvernement de la ville.

L*escadre de blocus passe aux assiégés. Cette défection jette le trouble dans Tarmée assiégeante (26 mai)^ et prépare sa dissolution qui a lieu six semaines après.

Le directeur provisoire conclut avec la France et TAngleterre un traité qui assure la libre navigation des fleuves de la Confédération argentine et place Tile de Martin -Garcia sous la garantie des puissances qui accéderaient à ce traité (13 juillet).

Levée du siège de Buénos-Ayres. — Le général Urquiza se retire dans TEntre- Rios* La plupart des insurgés, qui ne veulent pas se soumettre au gouvernement de la ville, se réfugient dans la province de Santa-Fé.

Bande-Orientale.^ K la fin de 1852, D. J. F. Giro, président de rÉtat-Oriental de l'Uruguay, a fait un voyage de deux mois dans tous les départements de la République. Cette visite a ramené un instant le calme, mais, dès le premier nK)is de 1853, les querelles recommencent et s'enveniment de plus en plus. — Le jour de la fête de la Constitution (48 juillet), une émeute militaire a lieu à Montevideo par

suite de la rivalité entre les partis Colorado, celui de la défense pendant le siège, et blanquiUoy celui qui reconnaissait pour chef Oribe. — Le président Giro est forcé de consentir aux conditions posées par les Colorados ; et le colonel Florès parcourt la campagne pour y calmer reffervescence produite par ces événements.— Le général Oribe, qui habitait paisiblement Montevideo, croyant sa vie menacée, se réfugie à bord d'un navire français. Deux mois après, D. J. F. Giro lui-même se relire chez le consul de France^ et la présidence est déclarée vacante (25 septembre). On nomme immédiatement un gouvernement provisoire, composé des généraux Rivera et Lavallcja et du colonel Florès. Ce dernier est envoyé de nouveau dans la campagne où des troubles viennent une autre fois d'éclater; il les apaise promptement en mettant en fuite différents corps d'insurgés avant qu'ils aient eu le temps de se réunir.

Mort subite du général Lavalleja. — Le général Oribe s'embarque pour FEspagne (22 octobre).

Novembre et décembre. — Nouveaux troubles dans la Bande-Orientale. Les insurgés appartenant à l'ancien parti Blanquillo sont dispersés et réduits au silence par le colonel Florès; mais il reste une assez grande agitation dans le pays et tous les partis réclament l'intervention brésilienne.

Confédération Argentine.-— k^vhs sa retraite devant Buenos- Ayres^ le général Urquiza avait offert sa démission de directeur^ démission qui ne fut pas acceptée par le congrès constituant. — Celui-ci se dissout après le vote et l'acceptation de la constitution (9 juillet). — Organisation nouvelle des provinces, — Troubles dans celles de Tucuman et de Santiago del Estero. — Le général D. Celcdooio Gutierrez, gouverneur de Tucuman, est battu au combat de Laureles par les forces de Santiago. — Une mission pacificatrice envoyée par le congrès met fm à cette courte guerre. — Commencement de la prospérité du Rosario qui devient le port principal de la Confédération Argentine. — Pendant que l'on s'occupe des élections pour In chambre des députes et le sénat qui doivent composer le congrès législatif ordinaire, et de la nomination des électeurs spéciaux pour la présidence nationale, le général Urquiza, résidant à Parana, déclarée capitale provisoire de la Confédération, gouverne le pays en qualité de directeur.

Buenos- Ayres, — Le parti des Dissidents sorti triomphant des événements de 1853 gouverne à Buénos-Ayres. Sa fraction active est composée de quelques anciens chefs unitaires » auxquels viennent se joindre plusieurs des hommes de Roi^as. et quelques personnages nouveaux dominés par un patriotisme provincial exclusif. La tendance générale est la formation d*un État à part; aussi donnet-on pleine carrière aux instincts de localisme plus vivacesdans l'ancienne capitale de la vice-royauté de la Plata que partout ailleurs. — La libre disposition des revenus d'une douane fort riche facilite l'organisation de FÉtat, qui entre dans une voie de progrès remarquable. — Réaction contre l'ancienne administration

dictatoriale ; une partie de ceux qui y ont figuré sont obligés de s'exiler, nuus l'hostilité s'adresse principalement aux chefs et officiers militaires de la dernière insurrection. — Les mécontents s'exilent dans la Bande- Orientale, dans les di* verses provinces de la Confédération et surtout dans TEntrc-Rios, où, répétant le rôle qu'ont joué, depuis quinze ans, leurs adversaires aujourd'hui triomphants, ils vont chercher des alliés et provoquer contre eux des démonstrations hostiles*

— Froeès et exécutioo de quelques anciens employés de la police de Hosas signalés par la voix publique comme exécuteurs des scènes sanglantes de 1840 et 1842.

1854. — Provinces Argentines. — Le général Urquiza est nommé Président ik la Confédération Argentine (1*'' mars). Promulgation du statut de crédit public et émission d'une monnaie de papier assez mal accueillie.

Ayrii. — La province dissidente de Buénos-Ayres se donne une constitution qui forme sa représentation nationale de deux chambres, députés et sénateurs, et son pouvoir exécutif d'un gouverneur élu pour trois ans (14 avril). Le D** D. Pastor Obligado est investi de cette fonction (l»*" mai).

Abolition du papier-monnaie dans la Confédération Argentine. 11 est retiré au pair (29 septembre).

Novembre. — Les émigrés buénos-ayriens essayent de faire une révolution dans leur province. Ils forment une armée, dite Confédérale, mais sont repoussés au combat du Tala presque aussitôt après avoir passé la frontière de Santa-Fé, et se réfugient dans cette dernière province (5 novembre).

Le contre-coup de cette tentative se fait sentir à Buénos-Ayres et à Parana. Les nécessités de la paix amènent la Confédération et la Province dissidente à entrer en arrangement, et cette dernière envoie des députés à Parana pour en traiter (20 décembre). — Une convention, signée le 8 janvier suivant, consacre la séparation momentanée de Buénos-Ayres, en maintenant, quoique faiblement, le lien national : « Dans ce traité les deux parties s'obligent de la manière la plus formelle à ne permettre aucun démembrement du territoire national, et à se mettre immédiatement d'accord dans le cas d'un péril extérieur qui compromettrait l'intégrité de la république. Il est déclaré que la séparation momentanée de Buénos-Ayres et de la Confédération laisse intactes les lois générales de la nation au point de vue dviletau point de vue criminel dans les causes non politiques. Sur les frontières menacées pai* les Indiens sauvages , les forces militaires des deux États doivent se prêter un mutuel secours; il n'est pas besoin de passe-ports ou de permissions pour tller d'un territoire à lautre; les navires des deux États porteront la bannière nationale ; les productions des deux pays entreront libres de tous droits sur leur territoire. Sont également libres de tout droit, à leur entrée ou en travail» les troupeaux de toute nature. Le cabotage se fait aux mêmes conditions dans les ports des deux États, d

ÉkU Oriental. — Un nouveau traité avec le Brésil apporte quelques modifications à celui de ISol, qui avait été mal accueilli par le pays, en conséquence des concessions de terrain qu'il consacrait sur la frontière (5 février).

Les cbambres Orientales se réunissent le 12 mars, et, le io, nomment le colonel D. Yenancio Florès président de la république de l'Uruguay.

Ratification du traité fait avec le Brésil. Il accorde un subside de soixante mille piastres fortes par mois et promet Tarrivée d'une garnison brisilienne pour imposer la paix aux partis (20 mars). — Six semaines après la capitale est occupé:.^ {MUT un corps de troupes impériales (4 mai ).

Septembre et octobre. — Voyage du président Florès dans les départements de l'Ëtat-Oriental pour y faire cesser Tagitation produite par l'hostilité des partis, laquelle prend alors pour prétexte l'intervention brésilienne. ^ Rétablissement de la tranquillité. «

i855. — Le 1«^ janvier^ le subside brésilien est supprimé et la garnison impériale retirée.

Mort du général D. Melchor Pacheco-y-Obès, Oriental, à Buenos-Ayres. Ce chef remarquable avait été Tâme du parti de la défense pendant le siège de Montevideo (mai 1855).

Hostilité des partis contre le président Florès. La publication d*une brochure adressée par D. Andrès Lamas à ses compatriotes^ pour les engager à répudier les anciens partis et à s'unir^ achève d'exaspérer les esprits. — Insurrection do 28 août à Montevideo. — Florès fuit d'abord à la campagne, puis revient camper sous les murs de la ville; en même temps Oribe arrive d'Espagne et legouverD^ ment fait des difficultés pour le recevoir. — La convention du 6 septembre amène la démission de Florès et la nomination d'un gouvernement provisoire. » Une nouvelle insurrection en ville a lieu le 24 novembre et se termine par Texpulsion de la fraction exaltée du parti Colorado. — Les généraux Florès et Oribe s'allient pour imposer la paix aux partis et maintenir au pouvoir le nouveau président D. Basilio Bustamente^ qui doit terminer le temps qui aurait dû rester à faire à D. Venancio Florès.

4855. — Confédération argentine. — Année paisible. Le commerce et Findustrie se développent. Le gouvernement du général Urquiza fait faire par TiDgénieur Campbell les études préparatoires du chemin de fer de Rosario à Cordon, et ordonne une reconnaissance géographique de tout le territoire argentin parle D' Martin de Moussy.

Mai. — La commission scientifique du vapeur américain fVater-H^ich remonte le Rio-Salado jusqu'à Monte-Aguara^ sur le petit vapeur Yerba.

Juillet. — Fondation de la colonie française de San-Juan del Puerto de Santa- Ana, près de Corrientes^ par le gouverneur D. Juan Pujol, secondé par le Gonfe^ nement National. ^

Mars-juillet. — Le commerce^ fruit de la tranquillité^ se développe dans l'intérieur des provinces argentines. — Entreprises des Saltais pour communiquer avec le littoral. — Le Mataco descend le Rio-Vermejo, depuis Oran jusqu'à Corrientes.

Juin. — Les Indiens ravagent le sud et le sud-ouest des frontières de Buenos- Ayres. Quelques forces de la province sont battues par eux. — Ces revers prodoi* sent une grande irritation contre le gouvernement^ accusé de toujours négliger U campagne pour la ville.

Séance du congrès à Parana^ où le général D. Thomas Guido fait un appel à la concorde entre tous les Argentins (28 septembre). — Une note du ministre de l'intérieur au gouvernement de Buenos-Ayres provoque une tentative d'accommodement (10 octobre).

Novembre et décembre. — Négociations Pena pour l'union nationale. Elles ^la^ chent lentement^ parce que Buenos-Ayres réclame seulement quelques modiCca* tions au traité du 8 janvier et remet indéfiniment la solution de la question nationale, c'est-à-dire celle du retour de Buenos-Ayres à la confédération.

Pendant les négociations, le colonel Bustos et le général José Maria Florès, éioi grés buenos-ayriens, pénètrent dans leur province et essayent de la soulever, lis sont repoussés et poursuivis jusque sur le territoire de Santa-Fé par le colonel Mitre. Cet incident, jmr les récriminations auxquelles il donne naissance de part et d'autre, amène la rupture des négociations.

DIXNEUVIËME SIÈCLE. 636

Le gouvernenieDt argentin dénonce les traités du 20 décembre 1854 et 8 janvier iÇSS. — La province de Buenos-Âyres e% la Gonfédéralion reviennent à la même hostilité que Tannée précédente.

Paraguay. — De 1852 à 1856. — Les traités de 1851 et 1852 avaient amené la reconnaissance de Tindépendance du Paraguay par la Confédération argentine. — Au commencement de 1853, la France^ l'Angleterre et la Sardaigne reconnaissent également cette indépendance^ et signent, !e 4 mars, un traité de commerce et de libre navigation du Rio-Paraguay jusqu^à TAssomption. — Voyage de la commission scientifique du vapeur nord-américain fVater» fVich^ qui navigue sur le haut Paraguay jusqu^à Âlbuquerque et cherche infructueusement à remonter le Rio-Vermejo. — Quelques étrangers commencent à s'établir à TAssomption. — Développement du commerce paraguayen, qui est d'ailleurs presque tout entier entre les mains du gouvernement.

1854. — D. Carlos Lopez est continué dans la présidence pour trois années. — • Rétablissement de quelques Nord-Américains au Paraguay amène des collisions avec le gouvernement absolu de ce pays, qui retire Yexequatur au consul, M. Hopkins (2 septembre).

1855. — Le vapeur H^'ater-fVich^ voulant remonter le Rio-Parana du côté paraguayen, est canonné par le fort du Paso de la Patria (f février).

Querelle avec le Brésil, par suite de l'expulsion du ministre M. Leal en 1851. — Le gouvernement brésilien envoie une escadre qui s'arrête aux bouches du Paraguay (20 février 1855). — Une négociation s'entame et se termine par un traité de commerce et de navigation (27 août 1855).

Septembre. — Fondation de la colonie de la Nouvelle -Bordeaux à Faide de colons français, dans leChaco, sur la rive gauche du Rio -Paraguay, à sept lieues au-dessus de l'Assomption. Ces colons avaient été engagés par le général D. F. Solano Lopez, fîls du président, qui venait de faire un voyage en Europe, à la suite du traité de 1853. — Cette tentative ne réussit point, par suite du mauvais choix de la localité et de diverses erreurs administratives commises par le g(»uvernement paraguayen.

i 856. — Mars. — Dissolution de la colonie de la Nouvelle-Bordeaux et discussions avec le consul de France. Cette affaire se termine vers la fin de l'année par la retraite des colons et une indemnité payée à ceux qui avaient été maltraités par les agents de l'administration.

Le traité conclu l'année précédente avec l'amiral brésilien Oliveira n'ayant point été ratifié par l'empereur du Brésil, un envoyé du Paraguay, D. F. Vergés, en Conclut un autre qui est ratifié par les deux État^ (6 avril). La question de limites, qui menaçait d'amener une rupture entre eux, est ajournée.

Traité de commerce et d'amitié avec la Confédération argentine pour six années (6 avril). — La question de limites y est aussi ajournée. — • Ce traité remplace celui du 15 juillet 1852, qui a été rejeté par le Congrès argentin dans sa session de

Nouvelles difficultés avec le Brésil par suite d'un règlement maritime édicté par le président Lopez, qui rend illusoire le traité du 6 avril.

CONF. ABOBNTIlfB. » T. III. 40

Le traité de 1853, entre le Paraguay et les États-Unis, ayant subi qudqaes modifications à Washington, M. Fitz-Patrick est envoyé à TAssomption pour les (aire accepter par le président Lopez. Mais, celui-ci voulant régler Uaffaire du ff^ater' fVich, les négociations sont rompues (novembre).

4856. — Confédération argentine et BuenoS'Àyres. -- Nouvelle tenlative des exilés buenos-ayriens pour renverser le gouvernement de la province. — Ds partent de la Bande-Orientale et pénètrent dans le département de San-Pedro. Ne trouvant pas d'écho dans la population^ ils sont surpris et massacrés à Villamayor (1" février).

Le gouvernement argentin se résout à employer les mesures économiques poor forcer Buenos-Ayres à revenir à Tunion. — Le Congrès est saisi d'un projet de loi qui firappe d'un 18 Vo* en sus des droits ordinaires, tous les objets d*importatioD étrangère venus d'outre-mer et qui auraient touché dans des ports autres que ceux de la Confédération, en dedans des caps Sainte-Marie et SaintrAntoine. (Dentroie Cabos.)

La France rappelle son agent, M. Lemoyne, qui jusqu'alors a s^ourné à Buenos- Ayres, et le remplace par M. de Bécourt, accrédité seulement auprès du gouTeroement de la Confédération argentine. L'Angleterre, la Sardaigne^ les États-Unis^ etc., envoient également leurs ministres à Parana.

Tentative infructueuse du ministre anglais M. Christie pour amener la récondliation entre Buenos-Ayres et la Confédération.

Juillet. — Longue et lumineuse discussion dans le Congrès argentin pour Téta* blissement des droits différentiels. La loi est votée après une assez vive opposition (25 juillet) et ne doit avoir d'effet que dans sept mois.

Août. — Petite révolution à Santa-Fé. — Le gouverneur Cullen est remplacé par le général Juan Pablo Lopez. Le gouvernement national commet la faute de tolérer une révolution faite à ses portes. — Ce mauvais précédent portera ses fruits.

Octobre. — Essai de colonisation militaire à Taide de colons provenant de b légion anglo-italienne venue de Crimée. On l'établit à l'ancienne réduction de San-Geronimo sur l'Arroyo del Rey en face de Goya. Elle ne réussit point par suite des mauvais éléments dont elle était composée.

Fondation de la colonie de la Esperanza près de Santa-Fé, avec des colons allemands, suisses et français, par M. Aron Castellanos. — Elle prospère aussitôt, grâce aux sacrifices faits par le gouvernement de la province et celui de la Confédération.

Le gouvernement de Buenos-Ayres fonde une colonie agricole et militaire à Bahia-Blanca.— - Au bout de quelque temps le colonel Olivieri, chef delà colonie, est assassiné par une partie de ses soldats et cette tentative échoue.

Novembre. — Fondation de la colonie de San-José sur les bords de llJrugtBy par le général Urquiza. Cette colonie, formée de Suisses et de Français, et placée dans une localité excellente, se développe rapidement.

État-Oriental. — Gouvernement de D. Basilio Bustamente à Montevideo. - Les généraux Florès et Oribe parviennent à maintenir la tranquillité jusqn'i l'élection légale du nouveau président

D. Gabriel Pereira est nommé par les Chambres président de TÉtat-Oriental de lUruguay (l^mars 1856).

Rivalité entre Oribe, représentant de l'ancien parti blanco, qui a maintenant de l'appui dans la campagne, et le général Florès représentant du parti Colorado. — Le nouveau président cherche à se délivrer de l'un et de l'autre. — Florès quitte la partie et va résider dans TEntre-Rios (avril). Oribe reste à Montevideo, mais sans influence sérieuse sur Pereira.

1857. — Confédération argentine. — La loi des droits différentiels commence à fonctionner à partir de février, et leRosario, devenant le port principal de la Conrëdération, teçoit des navires d'outre-mer (février).

Les Indiens continuent à ravager les frontières de Buenos-Ayres. Les dissidents •accusent le gouvernement de la Confédération de les exciter.

Mars. — Troubles dans la province de San-Juan. — Hostilité entre le colonel Diaz et le général Benavidez, ancien gouverneur. — Le gouvernement fédéral y xnande une commission médiatrice qui apaise ces troubles. — La commission passe ensuite à la Rioja où elle calme l'agitation produite par la démission forcée ^u gouverneur Gomez.

D. Yalentin Alsina est nommé gouverneur de Buenos- Ayres, son prédécesseur, D. Pastor Obligado, ayant accompli sa période légale.

Le Congrès argentin ouvre sa quatrième session législative ordinaire (25 mai). Juin. — Un bateau à vapeur remonte pour la première fois le Rio-Vermejo et s'échoue près de la Esquina-Grande. Il est obligé d'attendre les hautes eaux pour ledescendbre.

Septembre. — Nouvelle négociation pour la réunion de la province dissidente entreprise par le ministre anglais M. Christie. — Le cabinet de Parana écrit une lettre au gouvernement de Buenos-Ayres pour l'inviter à examiner la Constitution fédérale. Les négociations traînent en longueur.

Novembre. — Le chargé d'affaires de Buenos-Ayres à Paris est reconnu par la France. Cette mesure excite une vive jrritation dans la Confédération et est regardée comme un acheminement à sa séparation complète de l'union argentine.

Convention pour la navigation fluviale entre la Confédération argentine et le Brésil (20 novembre). Elle est ratifiée le 19 juillet 1858.

1857. — État'OrientaL — Février. — La fièvre jaune éclate à Montevideo et y fait de grands ravages jusqu'en juin.

Intrigues à Buenos-Ayres pour essayer d'amener la réunion de la Bande-Orientale et de la province dissidente en un État fédéralisé sous le nom d'Etats-Unis de la Plata. — Cette idée, acceptée par quelques exaltés du parti Colorado, est mal accueillie par la majorité des Orientaux, qui ne veulent nullement se mêler aux affaires de Buenos-Ayres.

Les Chambres orientales ne ratifient pas le traité conclu avec le Brésil en 1856, à l'effet de modifier ceux de 1853 et 1854 , malgré tous les efforts de Tadministration Pereira pour obtenir cette ratification. — Le président fait fermer la session extraordinaire provoquée à Teffet d'examiner le traité (19 octobre). — Expulsipn de plusieurs journalistes regardés comme hostiles.

Mort du général Oribe. — Le gouvernement lui fait faire de magnifiques funé*»

railles 9 ce qui irrite profondément le parti Colorado (12 novembre). — Le même jour le générai Florès revient à Montevideo.

Le président Pereira cherche à diriger les élections des nouvelles Chambres. - Celles-ci, quoique représentant en majorité le parti blanc^ ne sont pas favorables à la ratification du traité avec le Brésil. — Création d'une garde d'honneur de la Constitution pour donner quelque force au gouvernement. — Ses adversaires ont alors recours aux conspirations.

Soulèvement dans la campagne sous les ordres d'une partie des anciens chefs Colorados (décembre).

1 858. — Le général César Diaz vient de Buenos-Ayres débarquer en plein port de Montevideo^ mais il hésite à attaquer la ville où ses partisans n'attendaient qu*an signal. — Le gouvemementPereira requiert^ au nom des traités^ l'intervention deU Confédération et du Brésil. — Le général Urquizafait passer l'Uruguay à une division Entre-riane; Tescadre brésilienne empêche les insurgés de recevoir aacan secours de Buenos- Ayrcs qui a patronné de toutes ses sympathies cette insurrection (6 janvier).

Dlaz et ses compagnons s'internent dans la campagne et vont battre lecdond Moreno. Après ce petit succès^ il sont enveloppés par l'armée du général D. Anacleto Médina^ et faits prisonniers au Paso de Quinteros sur le Rio-Negro.

Les généraux Diaz et Freire^ les colonels Tajes^ Caballero^ et vingt-trois antres officiers supérieurs sont inhumainement fusillés sur Tordre du gouvernement oriental, qui n'a pas voulu reconnaître la capitulation. Terreur dans la Bande- X)rientale. Réaction contre le parti Colorado. Cette crise est courte et latranqofl lité se rétablit dans tout le pays.

Confédération argentine. — Les droits différentiels^ après avoir amené une perturbation commerciale momentanée, portent leurs fruits. Le commerce direct avec l'Europe et les ports du Brésil et de TAmérique du nord s'établit dans les ports principaux du Parana et de l'Uruguay. Cette mesure^ en écartant le commerce de la Confédération du port de Buenos- Ayres, impose une gène sérieuse à cette ville.

(Continuation de la correspondance du ministère de Tintérieur avec le gouîe^ nement de Buenos-Ayres pour amener celui-ci à l'examen de la constitution^ et par suite à son acceptation. Les rapports entre les deux parties deviennent de plus en plus aigres (mars).

Expédition malheureuse d'une colonne Buenos-Ayrienne contre les Indiens; elle est obligée de rallier le littoral, décimée par la fatigue et la soif, sans avoir rencontré l'ennemi.

Revue générale des milices Entre-Rianes à Parana. Treize mille cavaliers y paraissent en ligne (26 avril).

Calme et prospérité dans les provinces de la Confédération, où de tous côtés se développent l'agriculture, l'industrie et le commerce.

1857-59. Paraguay,^!)» Carlos Antonio Lopez est de nouveau nommé président par la république du Paraguay pour sept années, et son administration semUe revenir par degrés à la politique exclusive de son prédécesseur Francia (l*' mars)-

Le règlement pour la navigation du Haut-Paraguay est sur le point d'amener

DlX-NEUYiËME SIÈCLE. 629

une rupture avec le Brésil. Négociation infructueuse de M. Amaral à ce sujet, et opiniâtreté du président Lopez^ dans &on interprétation du traité de 1856. M. ParanhoSy qui remplace M. Amaral^ parvient à conclure une convention équitable, le 42 janvier 1858.

Établissement d'un service de bateaux à vapeur brésiliens^ de Montevideo à Cuyaba. Le voyage se fait en six semaines, aller et retour.

Le gouvernement paraguayen établit également un service de bateaux à vapeur bi-mensuel de Buenos- Ayres à 1* Assomption. Cette excellente mesure favorise beau* «roup les relations commerciales du pays.

4859. — Une escadre nord-américaine arrive dans la Plata avec un commis-

^saire extraordinaire porteur d'un ultimatum pour régler les affaires de 1854. Le

^^néral Urquiza offre sa médiation et va à l'Assomption. Le président entre en

<^irraDgement, et un traité analogue à celui de 1853 est conclu. Une commission

'■mixte réglera les indemnités auxquelles pourront avoir droit les citoyens améri-

^rains se disant dépossédés.

Bruits d'une conspiration à TAssomption. Le président fait fusiller deux des •accusés. Un troisième, sujet anglais, détenu longtemps sans jugement, donne lieu à une vive réclamation de la part de l'Angleterre, réclamation qui se termine par la relaxation du prisonnier, reconnu innocent, et une indemnité.

État-Oriental, — Année paisible par suite de l'affaissement des partis. Le seul ncident est l'expulsion des Jésuites, établis depuis vingt ans à Montevideo, par le président Pereira ; cette mesure, insuffisamment motivée, excite un vif mécontentement dans la plus grande partie du pays, et amène l'hostilité du clergé.

Confédération argentine, — Traité du 2 janvier 1 859, entre la république Argentine, le Brésil et l'État-Oriental de l'Uruguay. Ce traité, qui est une révision des traités de 1828 qui constituèrent la Bande-Orientale, garantit son indépendance et son intégrité absolues. 11 établit sa neutralité, qui doit, en outre, être également garantie, sur la demande de rÉtat-Oriental lui-même, par la France, TAngleterre, l'Espagne et les États-Unis.

Mai. — Rupture entre la Confédération et Buenos-Ayres. Des manifestations, populaires par la forme, provoquées au fond, ont lieu dans les provinces et réclament le ralliement, de bonne volonté ou de force, de Buenos-Ayres à la Confédération. A l'ouverture de la session législative du Congrès, le président Urquiza est autorisé « à résoudre l'intégrité de la république par des négociations ou par « la guerre, à mobiliser les gardes nationales, à augmenter les troupes de ligne, « à faire toutes les dépenses nécessaires et à prendre au besoin le commande- « ment de l'armée (1" mai). »

Traité d'amitié, commerce et navigation, avec la Prusse et les autres États du Zollverein allemand (3 juin).

Juin. — Le générai Urquiza passe leParana au Diamante avec les Entre-Rianos, et organise l'armée argentine dans la province de Santa- Fé.

Médiation de M. Yancey, ministre des États-Unis; elle échoue par suite des exigences du gouvernement de Buenos-Ayres (6 juillet, 15 août).

Septembre. — Les ministres de France et d'Angleterre offrent leur médiation.

qui n'est point acceptée à cause de la négociation commencée par le Paraguay dès le 22 août.

Octobre. — L'escadre argentine^ armée à Montevideo, passe sous le feu des batteries de Tile de Martin-Garcia et entre dans le Parana. Les pourparlers pour un arrangement continuent Buenos-Ayres se refuse à une suspension d*armes, réclamée par le général Urquiza pendant les négociations^ et les armées s'avancent l'une vers l'autre.

22 octobre. — Bataille de Gcpeda. L'armée buenos-ayrienne est battue. La cavalerie lâche pied dès le commencement de l'action ; Tinfanterie, qui a tenu bon, mais reste seule, opère sa retraite de nuit en abandonnant son artillerie et ses bagages. Elle se replie sur San^Nicolas^ d'où elle s'embarque pour la capitale ^us la protection de son escadre. L'armée de la Confédération marche immédiatement sur Buenos-Ayres. Les dissidents effrayés songent à la paix qui est réclamée par tous les partis.

Traité de San-José de Florès. Buenos-Ayres rentre dans le sein de la Confédération-Argentine, à la condition d'accepter la constitution de 1853, après examen (Il novembre).

i 860. — Janvier. — La convention buenos-ayrienne, chargée d'examiner la constitution, se réunit dans cette ville et formule les réformes qu'elle demande (5 janvier). Ces réformes, qui modifient gravement la constitution, sont vues avec peine par les provinces.

En attendant, Buenos-Ayres, délivré immédiatement des droits différentiels, fait des difficultés poiir livrer l'administration de la douane aux autorités fédérales.

i*^ mars. — Le général Urquiza, ayant accompli ses six années de présidence, est remplacé par le docteur D. Santiago Derqui.

D. Bernardo Berro est nommé président de l'État-Oriental de l'Uruguay , en remplacement de D. Gabriel Pereira qui a également accompli sa période légale (l** mars).

Ratification de la convention faite avec la France, l'Angleterre et la Sardaigne pour payement d'indemnités de guerre aux sujets des trois nations, conformément au décret de liquidation du 29 décembre 1858 (27 mars).

Congrès de Santa-Fé pour examiner les réformes présentées par Buenos-Ayres à la constitution de 1853. Elles sont acceptées sans opposition, mais la conséquence première de cette concession inattendue est d'introduire de nouvelles difficultés dans la situation.

Convention du 6 juin, pour expliquer et développer quelques points de la convention du 11 novembre. Buenos-Ayres accepte la constitution réformée et y prête serment.

!«' mai. — Le général D. Bartolomé Mitre est nommé gouverneur de Buenos- Ayres.

Le gouvernement bolivien refuse de ratifier le traité de paix, commerce et navigation, conclu le 29 décembre 1859. Ce traité réservait cependant la question de limites, la province de Tarija étant réclamée par la confédération Argentine. U convention postale, du 22 décembre i858, est acceptée.

Octobre. — Voyage du général Urquiza et du président Derqui à Buenos-Ayres où ÛB sont fort bien accueillis. Le gouverneur D. B. Mitre vient ensuite à Parana

DIX-NEUVIËME SIÈCLE. 631

et à San-José, résidence du général Urquiza, dans l'Entre^Rios, où il reçoit un accueil égal.

Novembre. — Tentatives des anciens partis pour agiter les provinces. L'un d'eux, celui de l'opposition au gouvernement de Parana, se donne le titre de parti libéral. ~ Troubles àSan-Juan. Le colonel Virasoro, gouverneur, est assassiné par une troupe armée qui envahit sa maison (16 novembre). Cet assassinat, exalté par une partie de la presse de Buenos-Ayres, a des conséquences terribles pour lé pays.

1861. — La commission nationale, envoyée pour rétablir Tordre dans la province de San* Juan, apprend en route l'assassinat de Virasoro, et reçoit du gouvernement fédéral Tordre d'intervenir et de châtier les coupables. Résistance des révoltés et combat de les Pozitos où ils sont écrasés. Assassinat du nouveau gouverneur Aberastain (31 janvier). Ces déplorables événements rallument les haines et jettent les semences d'une nouvelle guerre civile.

Violences de la presse et propagande révolutionnaire dans les provinces. Le parti exalté, à Buenos-Ayres, croit le temps venu de renverser le gouvernement fédéral. Les gouvernements de iujuy, Salta, Santiago del Estero et Tucuman approuvent les idées des exaltés de Buenos-Ayres sur les événements de San-Juan. Agitation profonde dans la province de Cordova (février et mars).

Tremblement de terre qui détruit de fond en comble la ville de Mendoza (20 mars). La moitié de ses habitants restent ensevelis sous les ruines. Empressement du pays et de l'étranger à secourir cette grande infortune.

La province de Buenos-Ayres nomme les députés et les sénateurs qui doivent faire partie du congrès. La nomination des députés se fait conformément à la loi provinciale et non à la loi fédérale, ainsi que le prescrivait la constitution.

Mai. — Ouverture du congrès législatif ordinaire, huitième session. L'élection des députés de Buenos-Ayres est repoussée par la majorité, comme illégale, après une longue et violente discussion ; les sénateurs de cette province croient devoir se retirer.

La guerre civile paraissant imminente à Cordova, le président Derqui est autorisé à s'y rendre pour y ramener la paix (1'*' juin). L'agitation se calme à son arrivée, grâce au petit corps de troupes qui Taccompagne, et toutes les autres provinces, sauf Buenos-Ayres, se déclarent en parfait accord avec le gouvernement de Parana.

La province de Buenos-Ayres insiste sur la réception de ses députés; le gouvernement de la Confédération, arguant de la décision du congrès, réclame une autre élection et déclare ne pas repousser les députés, mais seulement la forme sous laquelle ils ont été élus. La discussion s'envenime et la province de Buenos-Ayres faisant de leur acceptation un cas de guerre, supprime, à partir du l*' mai, les 100,000 piastres fortes qu'elle envoyait mensuellement au trésor pour conserver provisoirement la disposition de sa douane.

Juillet. — Le général Urquiza est nommé directeur de la guerre et passe le Parana avec les Entre-Rianos. Le président Derqui a cherché à réunir une armée à Cordova, et en fait ramener huit mille hommes médiocrement organisés. Le colonel D. Juan Saa commande la cavalerie.

Août. — Médiation des ministres de France, d'Angleterre et du Pérou. Elle est sans résultat. Les propositions d'arrangement, émises par Buenos-Ayres, sont re-

eS2 CHRONOLOGIE DE L HISTOIBE DU BASSIN DE LA PLATA.

.fusées par le cabinet de Parana. Désunion dans le gouTernement dé la Confédération, et défaut d'entente entre le président Derqui et le général Urquixa. Rupture dés négociations (25 août). "

Septembre. — Tentatives de négociations nouvelles entre les généraux Mitre et Urquiza. Elles n'aboutissent pas.

47 septembre. — Bataille de Pabon. Toute Tinfanterie de la Confédération prend la fuite dès le commencement du combat. La cavalerie de Bueno^-Ayres est taillée en pièces par la cavalerie d'Entre-Rios, de Santa-Fé et de San-Luis, dont une partie s'acharne à sa poursuite. L'infanterie reste maîtresse du champ de bataille, et s'empare de presque toute l'artillerie fédérale. Le général Urquiza abandonne le terrain avec sa cavalerie Entre-Riane, qui est restée intacte, et se replie sur le Rosario, puis passe presque seul sur le Parana et gagne le Diamante. Les deux partis chantent victoire, mais la retraite inopinée du général Urquiza amène la dissolution du reste de l'armée argentine, que le pr^ident Derqui cherche vainement à réorganiser. L'absence de ressources pécuniaires rend la continuation de la guerre impossible du côté de la Confédération. Clôture des sessions du congrès à leur époque habituelle.

Octobre. — Le général Mitre, qui s'est retiré à San-Nicolas pour refaire son armée et se créer une autre cavalerie, reprend Toffensive. il occupe le Rosario sans coup férir. Le président Derqui se retire à Santa-Fé. — Inaction volontaire du général Urquiza, qui se retire à San-José et refuse péremptoirement de faire marcher de nouveau les troupes de sa province» la guerre ne lui paraissant pas pouvoir être faite dans des conditions régulières, faute de ressources, et devant, par la force des choses, se baser «ur le sac des propriétés de la province de Buenos-Ayres.

Guerre dans les provinces du nord. — Le président Derqui a imprudemment ordonné au colonel Navarro, gouverneur de Catamarca, de rétablir de force le gouverneur Alcorta, dans la province de Santiago del Estero. D. E. Navarro marche en conséquence sur Tueuman, où le parti des dissidents vient de triompher, et rétablit en passant l'ancienne administration ; puis il occupe la ville de Santiago. Mais, apprenant les événements du littoral, il retourne à Catamarca. — Les quatre provinces de Tueuman, Santiago, Catamarca et la Rioja se trouvent ainsi engagées dans la guerre civile. — A la Rioja, le général Angel Penalosa, dit le Chacho, se met à la tète du parti fédéral. — Révolution à Cordova; le parti libéral reprend le pouvoir. — La campagne i^ste en hostilité contré la ville. L'agitation se propage dans toutes les provinces.

Novembre. -- Le président Derqui, retiré à Santa-Fé, se voyant abandonné de tous, réclame l'hospitalité d'un navire de guerre anglais et se fait transporter à Montevideo. Le vice- président, D. Juan Pedernera, reste chargé du gouvernement; mais il se trouve impuissant, le trésor étant vide et le découragement général.

22. — Les émigrés de Buenos-Ayres, qui sont restés presque seuls, avec quelques Santa-Fecinos, le reste des contingents ayant regagné leurs provinces, sont surpris et taillés en pièces à la Canada de Gomez, par une division de l'armée buenos-ayrienne. — Quinze jours après, la ville de Santa-Fé est occupée, et le reste des troupes se retire à Parana, pendant que l'escadre argentine continue à occuper la position du Diamante.

2 Décembre. — La province d'Entre-Rios déclare qu'elle ne peut plus reconnaître comme gouvernement national celui de Parana, réduit à la seule posses-

sion de cette ville^ et qu'elle reprend sa partie de la souveraineté déléguée au gouvernement fédéral. — Le 15 décembre,' le vice-président Pedernera et ses ministres déclarent suspendu {en seceso) le gouvernement de la Confédération argentine.

L'escadre nationale, son matériel de guerre et l'arsenal sont mis à la disposition des troupes de Buenos^Ayres. Séjour du général Mitre à Santa-Fé, où sa présence empêche toute réaction et facilite le rétablissement de la tranquillité.

Novembre-Décembre. — Négociations particulières entre les généraux Urquiza et Mitre. — Leur correspondance est publiée.

Révolution pacifique à Corrientes. Le gouverneur Rolon se retire au Paraguay. Tout s'y borne à une agitation momentanée.

4862. — Continuation de la guerre dans les provinces du nord pendant les six premiers mois de cette année. — Le général Penalosa en est Tàme; mais les esprits sont peu disposés à la pousser loin. Le parUlibéral, favorable aux idées de Buenos- Ayres, triomphe partout. — La guerre se concentre à la Rioja et aux environs. — • Expédition du général Paunero à Cordova avec une colonne de l'armée buenosayrienne. Cette démonstration force les partis à la paix.

Avril. — Toutes les provinces chargent Iq général Mitre du gouvernement provisoire de la République argentine et de la convocation du congrès général à Buenos-Ayres. — Les élections se font partout assez tranquillement^ et le Congrès s*ouvre le 25 mai.

Juin. — Pacification des provinces de l'intérieur par suite de la soumission du général Penalosa au gouvernement.

Juillet-Septembre. — Discussions dans le congrès pour la fédéralisation de la province de Buenos-Ayres, qui est, malgré une assez vive opposition, votée par la majorité du congrès, mais les chambres provinciales la rejettent. — La plupart des anciens dissidents ne cherchent plus à déguiser les idées uUra-localistes ou même séparatistes qui ont fait le fond de la division qui a existé depuis dix ans entre les treize provinces confédérées et celle de Buenos-Ayres. — Déjà cette fraction ardente et tenace a combattu la délégation des pouvoir nationaux au général Mitre; elle combattra depuis toutes les mesures qui tendront à fortifier l'administration nationale dans la ville de Buenos-Ayres.

Élection paisible, dans toutes les provinces, des électeurs spéciaux pour la nomination du président et du vice-président de la Confédération argentine (27 juillet).

La fédéralisation de la province de Buenos-Ayres n'ayant pas été acceptée par ses Chambres provinciales, le gouvernement national provisoire propose la fédéralisation de la ville seule (municipio), qui est enfin accordée par elles, à la condition de la coexistence du gouvernement provincial dans cette même capitale. — Buenos-Ayres est nommée capitale de la République argentine pour trois années. 25 Octobre. — Le général I). Bartolomé Mitre est nommé président de la République argentine, et le colonel D. Marcos Paz vice-président. — Clôture du congrès et organisation de l'administration nationale.

1863. — Mai-Novembre. — Le général Angel Penalosa, dont le prestige comme caudillo, au milieu des masses populaires de l'intérieur, rappelle les temps d'Artigas et de Quiroga, accuse le parti libéral de réaction contre les nationalistes des

63i CHRONOLOGIE DE L'HISTOIRE DU RASSIN DE LA PLATA.

provinces, et^ se mettant à la tête des mécontents, recommence la guerre cÎTile. — Troubles sérieux à Gordoya, d'oui ce parti est même un instant «zpulsé. — Le gouvernement national envoie des forces pour les apaiser. Une transaction a lieu entre les partis. — Cette agitation se borne à la fraction des provinces voisines de celle de la Rioja. — La guerre cesse par la mort de Penalosa^ assassiné à Oita au mois de novembre. — I^ tranquillité générale^ un moment sérieusement menacée^ se rétablit rapidement dans tout Tintérieur. Avril. — Ouverture des travaux du chemin de fer de Rosario à Cordova.

Êtat'Oriental. — Depuis la crise de 1858 , la Bande-Orientale a joui d'une tranquillité profonde et a réparé les maux de la grande guerre de 1843. Les prétentions des partis à la présidence, qui doit succéder à celle de D. Bemardo Berro, ramènent les querelles entre les Colorados et les Blanquillos. — En mai 4863^ le général D. Venancio Florès vient rappeler le parti Colorado à la lutte armée. Débarqué seul de l'autre côté du Rio-Queguay, il réunit d'assez nombreux adhérents dans la campagne, et lui-même, avec un petit corps de cavalerie, faisant la guerre de partisan {guerra de recursos y montonera), il tient toute Tannée en échec les forces du gouvernement oriental. Le pays souffre considérablement de cette nouvelle guerre civile, que rien de sérieux n'a provoquée. — Cet état de choses se continue pendant 1864.

Paraguay, — Le 7 septembre 1862, le vieux président D. Carlos Lopez, est mort après un véritable règne de dix-sept années. îl est remplacé par son fils, le général D, Francisco Solano Lopez, nommé président pour dix années. — Continuation des travaux du chemin de fer de l'Assomption à Villa-Rica, commenté en 1860. Le président prescrit la culture du coton. — Développement du commerce et de la navigation à vapeur.

1864. — Répubuque Argentine. — - Mars. — Ouverture des travaux du chemin de fer du Sud dans la province de Buenos-Ayres. — Prospérité générale dans les provinces argentines. — Excellentes mesures du gouvernement pour faciliter les communications et développer l'agriculture, l'industrie et le commerce.

Février. — Agitation électorale à Buenos-Ayres pour l'élection des députés au Congrès. Deux clubs s'y organisent pour diriger les élections. — L'un, le club Libertady organe d'une minorité ultra-provinciale et en majeure partie séparatiste, met en avant les intérêts exclusifs de la ville et de la province, et veut, autant que possible, restreindre l'autorité du gouvernement national et y soustraire Buenos-Ayres, en ne permettant pas que cette ville soit la capitale de la République Argentine. — L'autre, le club del Pueblo^ qui embrasse la grande majorité de la population de la ville et de la province, fait valoir avant tout la nécessité d'une administration nationale disposant de ressources suffisantes pour donner à toute la République la paix et Tordre, un avenir prospère et sûr, et la faire respecter au dehors; et, par conséquent, la nécessité absolue de sa résidence à Buenos-Ayres, capitale née des Provinces-Unies, centre de leurs ressources et de leur force. — Les élections de députés au Congrès donnent la majorité au parti national.

Mars. — Ouverture solennelle des travaux du chemin de fer du Sud qui doit

être poussé jpsqu'à Ghascomus et Dolorès, dans les cantons les plus riches et les plus fertiles de la province de Buenos-Ayres.

22., — Élections provinciales. — Elles sont accompagnées de telles violences de la part des affiliés au club Libertad, que les bureaux ne peuvent se former et que le gouvernement de la province ayant cru devoir néanmoins en accepter le simulacre, le Sénat refuse de les ratifier, et se dissout par la diminution d'une partie de ses membres.

1** mai. — Ouverture des sessions du congrès législatif. 12 mai. — La crise provinciale amène le président Mitre à rendre compte au Congrès national de la situation, dans un discours qui résume, en termes clairs, conciliants et fermes, la position de la république Argentine, ses progrès récents, son avenir et ses besoins.

Ce discours^ extrêmement remarquable, étant un tableau exact et vivant de la situation actuelle de la confédération Argentine, nous ne pouvons mieux faire que de dore par lui notre chronologie.

a Ils ont raison, ceux qui, paisibles aujourd'hui, comptent sur l'avenir; car il « est impossible de ne pas remercier la divine Providence des bienfaits dont elle « nous a comblés, en permettant que nos sacrifices, après tant de longues années 0 de guerre, de tyrannie, de misère et d'infortune, fussent récompensés par de a tels succès.

c En effet, malgré les sérieuses difficultés de cette époque de travail et de « reconstruction, malgré les souffrances qu'éprouvent encore quelques membres du « corps social ; malgré les abus politiques ou administratifs, qui peuvent encore a se commettre partiellement, et même les périb cachés que renferme la situation; « on peut dire, en toute conscience et vérité, que jamais la République n'a été plus « heureuse, plus libre, plus riche, qu'elle n'a jamais compté plus de forces « morales et matérielles au service de la civilisation et du progrès, et qu*en aucun « temps les destinées de la Nationalité Argentine n'ont été plus irrévocablement « fixées et assurées qu'aujourd'hui.

a De nous seuls dépend maintenant de consolider sur de larges bases une a nation grande et prospère^ d'assurer les bienfaits de la Hberté pour le présent « et l'avenir. Pour cela il faut que la vertu civique et la prudence président a toujours dans les conseils des Gouvernements, et que la modération et la a persévérance dans l'exercice de ses droits légitimes , ne manquent jamais au « peuple. ^

« La république Argentine déchirée, expirante, après cinquante années de « malheurs, s'est enfin relevée de la poussière sanglante de la guerre civile, plus tt jeune et plus vigoureuse que jamais, avec tous les éléments de vie et de pouvoir tt qui lui sont nécessaires pour rendre son nom glorieux, faire le bonheur de tous « ses fils et de tous ceux qui viendront habiter ce sol avec nous, sous l'abri de ses « lois hospitalières.

a Nous avons un territoire vaste et fertile qui peut renfermer et nourrir à l'aise « une population presque égale à celle de TEurope. Baigné par la mer, traversé « par des rivières qui pénètrent jusqu'au cœur du pays, la main du Créateur y a

« préparé une plaine qui n'attend que la main du laboureur pour être féconde, c et les rails du chemin de fer pour y actiTer les communications entre ses habi- « tants.

« Nous avons une population que la statistique démontre se doubler tous les « Tingt-cinq ans. L'immigration actuelle que nous recevons est plus nombreuse « que celle que reçoivent aujourd'hui toutes les républiques Sud-Américaines « réunies, supérieure même à celle que comptaient les États-Unis, cinquante ans « après leur fondation.

« Notre trésor commun est à peine organisé pour la première fois, et déjà nous tt pouvons présenter un revenu national plus élevé ,d'un quart que celui de la a plus prospère des républiques Sud-Américaines après de longues années de « paix. L'ei^périence, et Tétude de l'échelle croissante de notre production et de « notre consommation, nous démontrent que ce revenu doit doubler de dix en « dix ans.

« Ainsi, en dix années de paix, nous pourrons avoir une rente annuelle de « seize millions de piastres fortes, et une augmentation d*un demi-million d'habt- « tants. — Et ce progrès qui se développe spontanément et en vertu des lois « naturelles, n'est point le résultat de ces combinaisons artificielles qui appau- « vrissent les sources de la vie, mais bien la conséquence logique de la force, de « la vitalité sans cesse croissantes qui animent les membres vigoureux qui forment « le corps argentin.

« C*est ainsi que nous voyons une seule de nos provinces, peuplée seulement de « trois cent cinquante mille habitants, consommer et produire quatre millions de « de plus que la plus florissante des républiques américaines qui est cinq fois « plus peuplée. — Ce prodigieux phénomène économique se répète plus ou moins « dans presque toutes les provinces, grâce aux améliorations qui s*opèrent dans « leur régime politique et social, aux richesses naturelles qui sVxploitent aujourtt d^hui pour la première fois, aux industries nouvelles qui s'établissent, en même « temps que le système de viabilité tend chaque jour à s'élever au niveau des besoins « du commerce.

a C'est pour cela que les provinces intérieures cherchent avec persévérance a une route fluviale vers l'Atlantique; c'est pour cela que la nation ouvre un a chemin au milieu des déserts du Chaco, et réunit par des routes nouvelles et u des ponts toutes les provinces de la République. C'est pour cela que la navitt gation du Vermejo est aujourd'hui un fait accompli, comme j'espère que le sera « bientôt celle du Salado ; c'est pour cela que la province de Buenos-Ayres aura « 200 milles de chemin de fer avant deux ans, et que la République entière en tt comptera plus de 500 dans six années.

tt Je puis vous affirmer que le grand chemin de fer central argentin se fera; et « pour cela je compte que , le moment arrivé , vous autoriserez le Gouvernement « National à prendre pour 200,000 piastres d'actions de cette entreprise, ce qui a sera la réponse la plus éloquente que nous puissions faire à ceux qui doutent « de l'efficacité de la garantie qui lui a été donnée par TÉtat.

« Je puis vous annoncer aussi qu'en ce moment se trouve au milieu de nous « un envoyé d'une des principales maisons d'Angleterre, avec pleine autorisation tt pour construire le rail-way de la Concordia à Monte Caseros, lequel, en pertt mettant d'éviter les rapides et les chutes de l'Uruguay, et reliant les provinces « de Corrientes et d'Entre-Rios, donne une issue facile aux produits du Brésil et

DIX-NEUVIËBIE SIÈCLE. f . 637

« des Missions^ et serve de point de dépari à de nouveaux établissements commer- € ciaux. Les études sont faites^ le capital est prêt, et, pour mettre la main à l'œuvre, « il ne faut plus que votre approbation.

« Enfin pour que rien ne manque à cette révolution pacifique^ je puis vous « annoncer avec un enthousiasme que vous partagerez certainement^ que le cons- « tructeur du premier chemin de fer du monde, à cause des obstacles qu'il a fallu « y surmonter, Thomme à la voix duquel se lèvent des milliers d'ouvriers armés • du pic et de la pelle pacifiques, M. Meigss, enfin, l'ingénieur du chemin de fer « de Valparaiso à Santiago, m'envoie dire de cet autre côté des Andes, que la « muraille de la grande Cordillère n'existe plus entre des frères, et qu*il se fait « fort, en huit années, de conduire le rail-way de Santiago à Buenos-Ayres, en y c faisant travailler jusqu'aux barbares de la Pampa. »

Passant alors à l'exposition de la situation politique intérieure, le général Mitre poursuit en ces termes:

« Je sais. Messieurs, que je m'adresse ici aux mâles représentants d'un peuple « nourri à l'école du malheur, qui n'a jamais reculé devant la peine ni le sacri- « fice; par conséquent, je ne veux point flatter la vanité nationale, ni l'éblouir en « vous cachant les dangers d'une situation qui peut nous conduire également ou « à la grandeur ou à la honte.

c Je vous signalerai donc, comme un de ces dangers les plus immédiats, ce 1 sentiment d'intolérance politique qui empoisonne de ses rancunes l'air de la « patrie, et refuse l'air et le feu aux frères qui ne pensent pas comme nous. Ce sen- « timent, qui peut irriter les cœurs et les pousser à une lutte mortelle, est un « élément de dissolution dans toute situation normale. Au lieu de donner des « éléments d'activité et de vie au corps politique, il lui inocule des germes de « décomposition et de mort. Tout homme a droit à la justice, à la liberté, à la « sympathie, et ce principe conservateur et restaurateur des sociétés humaines, ce (( principe qui jusqu'à présent nous a sauvé de la dissolution, est le seul qui « puisse rendre normale notre situation constitutionnelle et politique.

« Toutefois, cet élément conservateur serait, par lui-même, stérile pour la « liberté et la paix, si nous ne nous groupions tous d'abord autour de l'idée cons- « titutionnelle, en dehors de toutes les discussions sur la théorie des formes gou- « vernementales, de manière à amener toujours sur le terrain légal toutes les « questions d'applications pratiques qui pourraient nous diviser aujourd'hui A ou plus tard. Notre situation ne peut être consolidée que par l'association de u toutes les forces et de toutes les volontés pour un but commun, accepté de tous, « et qu'il ne faut obtenir que par l'exacte observance de la loi démocratique qui « nous régit.

tt IjSl meilleure politique sera donc celle qui nous divise le moins, la meilleure a forme de gouvernement, celle qui concilie le mieux le fait actuel avec le « droit.

« Si avec notre constitution actuelle la nationalité venait à se trouver en danger, a s'il devenait nécessaire de fortifier le pouvoir central ou de régulariser l'action et « la marche des pouvoirs provinciaux; alors, sans céder aux exigences théoriques « de ceux qui prétendent gouverner le pays selon leurs idées individuelles, sans « obéir aux prétentions exagérées des partis isolés, nous écouterions la grande 0 voix du peuple, et suivant l'exemple de ces illustres pères de la démocratie a que nous avons pris pour modèles, nous nous réunirions pour discuter cette

638 CHRONOLOGIE DE L'HISTOIRE DU BASSIN DE LA PLAii^.

a question en toute paix et amitié, et, guidés par leur bon sens, inspirés de leur c patriotisme, nous saunons aussi bien sauver l'unité nationale que les institutions « libres. n\

Le président indique ensuite que la question de la capitale qui divise si ardemment les esprits dans la province de Buenos-Ayres, n'exige point une sdiotion immédiate, et que le provisoire peut-être continué sans inconvénient, jusqu'à ce que Topinion publique se soit formée à ce sujet. — « En attendant, ajoute-t-il, « que la province de Buenos- Ayres, qui porte le drapeau du progrès à la tête de « ses sœurs, n'arrête point sa marche pour attendre cette solution; qu^elle soit, « une fois de plus, l'âme et Texemple de cette démocratie, au lien d'épuiser ses « forces en des luttes stériles qui ne peuvent produire d'autres résultats que d*af- « faiblir ses propres institutions locales; qu'elle donne aux autres provinces « l'exemple consolateur de la vérité du système représentatif, sous le système qui « nous régit; qu'elle soit, comme c'est son devoir, le vaste champ des grands « partis consacrés au triomphe d'une idée généreuse, et non pas à la haine ingrate a pour leurs frères; de telle sorte que ces partis, véritable émanation de l'opinion a publique, soient à leur tour, comme on Ta dit, les armées permanentes 'de a l'ordre civil au milieu de la liberté. — Ainsi nous aurons évité les périls de la c situation.

« Ce que je dis de BuenosAyres , je le dis de toutes les autres villes et gouver- « nements des provinces. Toutes nos institutions sont solidaires, et l'Autorité « Nationale qui les garantit , qui doit un appui efficace aux Gouvernements Pro- « vinciaux et est parfaitement décidée à le leur donner , ne peut être indifférente a aux écarts des uns , ou aux obstacles que les autres rencontrent dans leur « route. »

Liste chronologique des empereurs, rois y vice^rois, capitaines-généraux ^ gouverneurs, présidents, qui ont commandé dans les diverses fractions du bassin de la Plat a.

Empereurs dn Pérou <

1289. — Inca-Ripac-Viracocha.

1340. — Titu-Manco-Capac-Pachaculec*

1400. — Yupanqui.

1439. — Tu pac- Yupanqui.

U9d. — Huayna-Capac.

1525. — Huascar-Inca.

1532. — Atahualpa (1).

(i) Voyez la chronologie des ncas, page 638.

Rois d^Espai^ne.

i533. — Charles-Quint, roi d'Espagne et empereur d'Allemagne (i).

i555. — Philippe 11, roi d'Espagne.

1598. — Philippe lïl.

1621. — Phyippe IV.

1665. — Charles II.

1700. — Philippe V. — Avènement de la maison de Bourbon.

1724. — Louis I.

1725. — Philippe V (2).

1746. — Ferdinand Vi.

1761. — Charles m.

1788. — Charles IV.

1808. — Joseph, roi nominal de TAmérique-Espagnole (3).

1808. — Ferdinand VU. 11 cesse d'être considéré comme roi en 1816.

verneurs et vice^rois du Pérou, dont t autorité s^élendit sur tout le bassin de la Plata, jusqu'en 1776, époque de l'établissement de la viceroyauté de la Plala,

1533. — Don Francisco Pizarro, marquis de los Atabillos.— Adelantado mayor gouverneur-général .

1541. — Le licencié Cristoval Vaca de Castro, gouverneur-général.

1544. — Blasco-Nunez Vêla, premier vice-roi.

1546. — Le licencié Pedro de la Gasca, président de Taudience royale, gouverneur-général.

1651. — Don Antonio de Mendoza, vice-roi.

1555. — Don Andrés Hurtado de Mendoza, marquis de Canete, vice-roi.

(1) Charies-Quint abdiqua en 1555 et mourut en 1558.

{2) Son compétiteur rarchiduc d'Autriche fut un instant proclamé roi en 1705 sous le nom de Charles III. — Philippe V abdiqua en 1724, mais son fils Louis I étant mort au bout d'un an, il fut obligé de reprendre la couronne, son autre fils Ferdinand étant trop jeune pour régner. Il mourut en 1746, et ce même Ferdinand lui succéda. — Charles III, successeur de Ferdinand, était également fils de Philippe, dont les trois fils montèrent ainsi successivement sur le tr6ne d'Espagne.

(3) Les divisions de la famille royale d'Elspagne amenèrent l'abdication de Charles IV. Ferdinand VII, proclamé, fut attiré par Napoléon à Bayonne, et forcé d'abdiquer en faveur de Joseph, frère atné du conquérant. — Le 28 mars 1808, le trône fut déclaré vacant, et une assemblée des notables espagnols nomma roi Joseph, contre lequel la majorité de la nation s'insurgea en proclamant Ferdinand VII. La guerre continua jusqu'en 1814, époque à laquelle l'armée française fut forcée d'évacuer complètement l'Espagne, et Ferdinand VII, captif à Bourges , put rentrer dans son royaume. Mais il ne gouverna jamais aucune fraction de la Plata jusqu'en 1816, époque de la proclamation de llndépendance argentine.

640 CHRONOLOGIE DE L'HISTOIRE DU BASSIN DE LA ri^..

1561. — Don Diego Lopez de Zuniga y Velasco^ comte de Niera^ YÎce-roi.

1562. — Le licencié Lope2 Garcia de Castro, président de l'audience de Lima,

gouverneur et capitaine-général du Pérou. 1564. — L'audience royale gouverne provisoirement par suite de la saspension

de Castro.

1569. — Don Francisco de Toledo, comte d'Oropeza, vice-roi. 1581. — Don Martin Henriquez, vice-roi.

1584. — Don Fernando de Torres y Portugal, comte de Villar, vice-roi. 1590. — Garcia Hurtado de Mendoza, marquis de Canete, vice-roi. 1596. — Don Luis de Velasco, marquis de Salinas, vice-roi. 1604. — Gaspar de Zuniga y Acevedo, comte de Monterey, vice-roi. 1607. — Don Juan de Mendoza y Luna, marquis de Montes-Claros, vice-roi. 1615. — Don Francisco de Borja y Aragon, prince d'Esquilache, vice-roi. 1622. — Don Diego Fernando de Cordoba, marquis de Guadalcazar^ vice-roi. 1629. — Don Geronimo Femandez de Cabrera, Bobadilla y Mendoza, marquis

de Chinchon, vice-roi.

1639. — Don Pedro de Toledo y Leiva, marquis de Mancera, vice-roi. 1648. — Garcia Sarmiento de Sotomayor, comte de Salvatierra, vice- roi. 1669. — Don Luis Hernandez de Giizman, comte d'Alva-Liste, vice-roi. 1661. — Don Diego Br.navides deiaCueva, comte de San-Esteban^ vice-roi. 1667. — Don Pedro Fernandez de Castro y Andrade,comte de Lemos^ vice-roi. 1674. — Don Baltazar de la Cueva, Henriquez y Saavedra, comte de Castelar, marquis de Malagon, vice-roi.

1681. — Don Meichor de Linan y Cisneros, archevêque de Lima, vice-roi provi-

soire.

1682. — Don Meichor de Navarro y Rocaful, prince de Maza et duc de-Palata,

vice-roi.

1690. — Meichor Portocarrcro Lazo de la Vega, comte de Mandova, vice-roi. 1707. ~ Don Manuel OUmdeSamana y Lanuza,marquisdeLos dos Rios, vice-roi. 1710. — Don Diego Ladron de Guevara, évèque de Quito, vice-roi.

1716. — Fray Diego Morcillo-Rubio de Aunon, archevêque de La Plata ou

Charcas, vice-roi provisoire.

1717. — Don Nicolas Carracciolo, prince de Santo-Bono, vice-roi. 1720. — Fray Diego Morcillo, vice-roi provisoire une seconde fois. 1724. — Don José de Armendariz, marquis de Castel-Fuerte, vice-roi.

1736. — Don Antonio José de Mendoza Camano y Sotomayor, marquis de

Villa-Garcia, vice-roi.

1745. — Don José Manso de Veiacco, comte de Superarda, vice-roi. 1761. — Don Manuel de Amat-Junient y Santa-Pau, vice-roi. 1775. — Don Manuel de Quiirior, vice-roi. 1782. — Don Agustin de Jaureguy, vico-roi. 1785. — Don Teodoro de Croix, vice-roi. 1790. — Fray Francisco Gil de Taboada-Lemos y Villamaria, archevêque

Lima, vice-roi.

1795. — Don Ambrosio G Higgins, marquis d'Osorno, vice-roi. 1801. — Le général Ruiz, comte del Castillo, marquis d'Avilar, vice roi. Don José de Abascal, marquis de la Concorde, vice-roi. *" ''^^nuin de Pezuela, comte de Viluma.

DIX-NEUYIÈME SIÈCLE. A4 1

i821. — Don José de Lacerna^ comte des Andes.

^826. — Les dernières troupes espagnoles évacuent le Pérou à la suite de la

capitulation du général Rodil dans le Callao. — Fondation de la

République Péruvienne.

irice-rols de la Plata«

1775. — Don Pedro de Ceballos, lieutenant-général^ gouverneur et capitainegénéral, président de l'audience royale de Charcas, vice-roi.

1778. — Don Juan José de Vertiz, brigadier- général.

1784. — Le marquis de Loreio, maréchal de camp, président de Taudierice royale de Buenos-Ayres établie sous son administration.

i7g9. — Don Nicolas de Arredondo^ maréchal de camp.

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