‹ Description géologique de Java et Madoura (volume 2)Chapitre 104 sur 224 · III. Le terrain criîtacé · texte numérisé non relu

III. Le terrain criîtacé

Fossiles. .

La détermination de l'âge des roches que nous rangeons dans le terrain crétacé repose uniquement sur la présence de quelques orbitolines, trouvées dans une couche calcaire entre des schistes à serpentine, en Banioumas, au sud de Bandiarn égara. Ce terrain n'a pas encore fourni, à Java, des coquilles fossiles; mais l'analogie de caractère pétrographique et la position toujours discordante en dessous de couches éocènes ont conduit à classer dans le même terrain d'autres roches encore, dans lesquelles on n'a pas jusqu'ici rencontré d'orbitoHnes.

A Bornéo, dans la section occidentale, on trouve des orbitolines à proximité de Saïor, dans les marnes de la rivière Sébèrouang, affluent de gauche de la rivière Kapouas, et près de Bêtong, dans un calcaire de la rivière Boïan, affluent du Bounout, lequel se jette à Bounout dans le Kapouas. Celles de Saïor ont été décrites par Von Fritsch comme Patellina scutum et P. trochus (Palaeontographica, Supplément III 1878 p. 144; reproduit dans le Jaarboek van hct Mijnwezen 1879 1. p. 246); plus tard, par M.MARTIN, comme des Orbitolina concava Lam. spec. (Samralungen des geologischen Reichsrauseums in Leiden. Band IV 1890 S. 209 ; reproduit dans le Jaarb. Mijnwezen 1889, Wetensch. Ged. II p. 86); comme les marnes de Saïor contiennent aussi de nombreux mollusques fossiles, d'âge assurément crétacé, et que les orbitolines existent elles-mêmes exclusî-

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vement dans des couches du terrain crétacé, il n'y a pas de doute que les schistes de Java, avec la couche calcaire à orbitolines interposée, sont du même âge. Une détermination plus exacte de cet âge n'est guère possible provisoirement, faute de pétrifications suffisantes ; les mollusques de Saïor font songer au sétionien, à des couches crétacées supérieures; l'O. concava se montre principalement à l'étage cênomanien, rarement dans des couches plus anciennes (aptiennes ou néocomiennes). Les sédiments crétacés de la partie Sud-Est de Bornéo paraissent aussi appartenir aux sections supérieures de ce dépôt; toutefois on ne connaît pas d'orbitolines originaires de ces couches. (Sammiungen etc. Band IV S. 139 u. 140; reproduit dans le Jaarb. Mijnwezen, 1889; Weteiisch. Ged. II. pp. 16 et 17}.

Les orbitolines pointues, papilli formes, du calcaire situé au Sud de Bandîamégara, ont une taille qui ne dépasse pas 4^5 mm. ; elles sont donc plus petites que celles de Bornéo, qui atteignent un diamètre de 12 mm. D'après l'observation microscopique, elles paraissent cependant appartenir à la même espèce que celle que M. Martin a décrite comme O, concava Lam. spec. de Saïor (voir les figures et la description dans la section V).

Composition.

Le terrain se compose de .schistes, d'argiles dures, de qyartzites, quelques grès et brèches, et quelques couches de calcaire avec bancs interposés de roche éruptivc.

t. Roches sédiméntaires. Les schistes ont la plupart des teintes vertes, produites par la serpentine, la chlorite, le talc ou le mica vert. Quelques-uns consistent presque entièrement en serpentine- Les grès verts, qui se montrent entre la serpentine et les brèches à serpentine, contiennent beaucoup de débris de diabase ; et il semble qu'il faille considérer les schistes et les grès comme des tufs et des déjections meubles des mêmes volcans anciens qui ont fourni les diabases et les gabbros; ces derniers sont si intimement liés aux couches sédiméntaires qu'il faut les regarder comme formés en même temps qu'elles.

Les schistes contiennent çà et là des cordons minces de quartz, mais d'une épaisseur moins forte que les veines de quartz que nous trouvons dans les schistes argileux, à éclat soyeux, les plus anciens de Sumatra; ces derniers diffèrent aussi notablement de nos schistes crétacés sous le rapport pétrographique. Les roches crétacées de Java consistent en schistes quartzeux et quartzites schisteux, schistes à serpentine, schistes chloriteux, talqueux et micacés {avec grenats), quelques bancs d'argiles et de calcaire, tandis que les vrais schistes argileux y sont rares. Les argiles dures ont la plupart des teintes sombres; elles sont parfois calcari-

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fères; et par l'accroissement de la teneur en chaux, elles passent paiement à des calcaires de teinte brune, qui laissent cependant le plus souvent un résidu notable après dissolution dans l'acide chlorhydrique.

Les calcaires sont devenus presque partout microcristallins, avec de nombreuses veines blanches, limpides de calcaire spathique parcourant la pâte gris clair. Le plus souvent, on ne voit pas de fossiles dans ces calcaires cristallins; seul le calcaire gris clair du sud de Bandiarnëgara contient des orbitolines.

2. Roches éruptîves. Ces roches consistent en diabase, gahbro et porphyrite quartzeuse ; la dîabase existe en bancs nettement concordants entre les schistes, et le gabbro doit être considéré comme une variété de la diabase. L'âge de la porphyrite quartzeuse est moins certain ; il se peut que cette roche soit aussi ancienne que les schistes, mais elle peut aussi former des filons dans les schistes. On ne la trouve dénudée qu'en deux points et le contact avec les schistes n'y est pas bien apparent. La roche ressemble complètement à une porphyrite quartzeuse du Gg. Tiiwaàn, du sud-est de Bornéo, qui paratt y former des filons dans la serpentine.

Disposition et épaisseur.

Toutes les roches dont il vient d'être question alternent les unes avec les autres ; dans ce terrain, on ne saurait établir, d'une manière rigoureuse, ni étages ni sous-sections. Presque partout, les couches sont redressées et forment une successipn de selles aiguës et de bassins, sous lesquels la roche ancienne n'apparatt nulle part; de sorte que l'épaisseur du dépôt, qu'on ne peut mesurer exactement en aucun endroit, doit être fort considérable. Les roches crétacées sont recouvertes, en discordance, par des roches tertiaires, les unes d'âge éocène. les autres moins anciennes, ainsi qu'on peut s'en convaincre par l'inspection des profils Nos. XIII, XIV, XIX, XX, XXI, XXVIII et XXIX.

Distribution.

Les roches crétacées n'existent à Java que dans les trois terrains suivants :

1. Au Sud de la baie de Tiilëtou, dans les régences du Fréanguer, entre la mer et la rivière Tii Lètou. Ce terrain est représenté sur la carte détaillée No. IX des environs de la baie de Tiilëtou, échelle I : 50.000; et en coupe, aux profils Nos. XXVIII et XXIX; la description en a été donnée dans la section II, aux régences du Préanguer.

Les schistes, — qui consistent en schiste chloriteux, talqueux, micacé, quartzcux et serpentineux, avec quelques bancs de calcaire cristallin, —

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se montrent principalement aux monts Béas, Pamidangan et TiikÊpouh, ainsi que dans quelques rivières au nord et au sud de ces montagnes. Le gâbbro, avec serpentine et diabase, existe en couches concordantes entre les schistes; en une couple de points, il existe aussi à l'état de filons.

Le terrain est environné ou recouvert de brèches et de grès éocènes.

2. A la limite des résidences de Banioumas et Bague len, dans le terrain appelé terrain du Lohoulo, représenté sur la carte détaillée, No. VIII. échelle i : loo.ooo, et aux profils Nos. XIX, XX et XXI; il a été décrit en Baguèlen. C'est le terrain crétacé le plus étendu de java; de Somowangui jusque près de Sètono, il a 2S kilomètres de longueur et de 6 à 8 kilomètres de largeur.. Les schistes y sont les mêmes qu'à la baie de Tiilëtou; seulement on y trouve encore des schistes micacés grenatUères. La diabase et le gabbro existent au monticule Karangan et dans la rivière Watou bëlah ; la porphyrite quartzeuse, dans le cours supérieur de la rivière Sourouan, au mont Kaïou bima et au nord de Loneng, entre Sîguènder et Pésangkalan.

Les gisements de calcaire de Panisian, Watou bëlah, Këboutouh (avec orbîtolines), et Poutiangan sont représentés sur la carte.

Au Sud et à l'Est, les schistes sont recouverts par des couches éocènes; au Nord, par des couches miocènes.

3. Dans la chaîne de Diiwo, au Sud-Sud-Est de Klaten, aux cimes Tapan, Mèrak, Dtabalkat et Konang, Cette chaîne est représentée sur la carte détaillée No. VI, échelle i 1 20.000 et aux profils No. XIII et XIV; elle a été décrite à la résidence de Solo. Les roches sont des schistes chloriteux, schistes à serpentine, argiles dures, brèches de diabase, et diabase massive, nettement concordante entre les schistes. Le Gg. Pëndoul se compose aussi de diabase. Une couche de calcaire cristallin existe au Gg. Diabalkat et au Gg. Diokotouwa. Les couches schisteuses forment une vaste selle; à l'Ouest et à l'Est, elles sont recouvertes par des grès éocènes; au Nord, par du calcaire néo-miocène.

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