‹ Description géologique de Java et Madoura (volume 2)Chapitre 105 sur 224 · IV. Le TERRArN ÉOCÈNE · texte numérisé non relu

IV. Le TERRArN ÉOCÈNE

Analogie du terrain, au point de vue pétrographique, dans les diverses îles.

■ Un fait remarquable dans la géologie de notre Archipel, c'est la grande analogie que présente, sous le rapport pétrographique, le terrain éocène dans les diverses tles où il a été minutieusement exploré, notamment à Sumatra, à Java et à Bornéo. La roche principale est partout un grès quartseux très pur, consistant exclusivement en grains de quartz à ciment argileux plus ou moins ferrifère et quelques lamelles blanches de mica. Partout où l'on trouve ces grès, on peut être à peu près sûr d'avoir affaire au terrain éocène; il est vrai que quelques grès

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miocènes aussi renferment parfois une grande quantité de grains de quartz, provenant d'andésites quartzeuses; mais alors ils sont toujours entremêlés d'autres produits d'écrasement de ces roches éruptives. plagioclase, pyroxène, hornblende, minerai de fer, etc. C'est seulement dans le voisinage immédiat du terrain éocène que l'on trouve, dans les grès miocènes, des fragments et des grains quartzeux de grès éocènes. Par contre, ce n'est que très exceptionnellement que les grès éocènes contiennent des matériaux de roches éruptives; et alors ces matériaux ne proviennent pas de jeunes andésites, mais de roches éruptives éocènes ou plus anciennes, qui ont les caractères <ie la diabase ou de la dîorite. Les grains de quartz, dont les grès se composent presque totalement, renferment des inclusions liquides et proviennent probablement de granités.

Roches et étages.

Il s'en faut de beaucoup cependant que ces grès quartzeux constituent la totalité du terrain. Ils alternent avec des conglomérats quartzeux, des argiles grises, tendres, et quelques couches de schiste carbonifère et de houille. Toutes ces couches réunies forment, à ce qu'il paraît, l'étage supérieur e^ du terrain éocène, un sédiment essentiellement d'eau douce ou d'eau saumâtre, reposant en certains points sur un étage plus ancien e,, qui contient des fossiles marins et se caractérise de la sorte, au moins en partie, comme un dépôt marin.

Toutefois, ces deux étages n'existent simultanément qu'à la baie de Tiilëtou; partout ailleurs, il y a seulement ou bien l'étage inférieur marin, ou bien l'étage supérieur d'eau saumâtre. Il se peut donc fort bien aussi qu'à l'époque éocène il se soit formé, en certains points, p. ex. en Baguèlen, uniquement ou principalement des dépôts marins; en d'autres points, au contraire, d'abord des sédiments marins et puis des dépôts d'eau saumâtre ; de sorte que les couches de Baguelen ne représentent pas seulement l'étage e,, mais correspondent en âge aux étages e, et e^ à la fois.

Telle est aussi la raison pour laquelle les couches éocènes n'ont pas été subdivisées en deux étages sur la carte à i : 200.000; cette subdivision n'a été faite que sur la carte détaillée de la baie de Tiilètou, à l'échelle i : 50.000. D'ailleurs on voit immédiatement, par la description, quels sont les terrains qui font partie des sédiments marins et quels sont ceux qui appartiennent aux dépôts d'estuaires.

Les roches de l'ét^^e inférieur e, consistent en lirèches et conglomérats, avec fragments de toutes sortes de roches anciennes, notamment de granité, de quartz, de serpentine, de diabase et de divers schistes ; puis, en grès de débris de diabase, argiles schisteuses noires ou gris sombre, qui par la dessiccation s'effritent en petits morceaux ;

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ai^ites tendres et marnes, calcaire à nummulites et bancs de roches éruptives, qui ressemblent à de la dîabase ancienne et à de 'la diorite.

Extension et fossiles.

Les couches éocènes ne forment qu'une petite partie de la superficie de Java. Des sondages n'ont pas encore amené au jour de fossiles éocènes, bien que les couches de ce terrain occupent probablement une grande étendue au dessous des miocènes. Nous allons énumérer les terrains éocènes de l'Ouest à l'Est.

I. Le terrain kouiller de Bàîak, en Bantam méridional, contenant 6 terrains éocènes, séparés par des couvertures de couches plus jeunes.

I . Le premier terrain, entre Tiihidiau et le Tii Siih leutik, contient des grès quartzeux de teinte claire, alternant avec des argiles schisteuses sombres et quelques lits concordants d'une roche éruptive qui ressemble complètement à une diabase ancienne. Comme il n'existe pas de dénomination spéciale pour de telles roches récentes à habitus ancien, nous les appelerons encore des andésites, pour faire ressortir leur ^e tertiaire. Mais à coup sûr, il est recommandable de ne faire usage que d'une seule dénomination — soit l'ancienne, soit la plus récente — pour les roches anciennes et récentes qui ont de l'analogie, et de parler p. ex. de diabases du calcaire carbonifère, de diabases crétacées, de diabases, diorites, mélaphyres tertiaires, etc. Sur la carte, on a représenté par une teinte spéciale les roches éruptives tertiaires à caractère ancien ; elles sont, en grande partie, d'âge éocène. Les couches forment une selle au mont Pasir Walang, ainsi qu'on l'a représenté dans la Fig. 73. Des pétrifications n'y ont pas encore été trouvées. Pour plus de détails, à consulter la description détaillée du terrain houiller de Baïah.

2. Le terrain de Tiiasahan est situé à l'ouest du précédent; il est composé des mêmes grès quartzeux et ai^iles schisteuses sombres; puis, on y rencontre du calcaire à nummulites et orbitoïdes, des roches éruptives à caractère de diabase et de diorite, ainsi que des andésites qui ont peut-être percé les couches éocènes sous forme de filons. Pour la succession remarquable des couches dans le Tii Peundeui, voir la description détaillée et le dessin Fig. 74.

Les fossiles du calcaire marneux du Tii Peundeui n'ont pu être examinés à l'état isolé; on n'a pu les observer que dans les plaques microscopiques du calcaire. On y trouve:

Des nummulites, ressemblant au N. Baguëlensis II, longues de 3i mm., épaisses de 2 mm., à 7 tours.

Des orhitoides, à chambres médianes rectangulaires, appartenant aux sous-genres Discocyclina, et Rhipidocyclina, Actinocyclina ou Asterocy-

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clina. Il n'existe pas, dans les roches éocènes, de Lépidocyclines à .chambres médianes spatuliformes ; c'est une différence caractéristique d'avec les couches miocènes, qui à leur tour ne renferment pas d'orbitoïdes à chambres médianes rectangulaires. Les grandes orbitoïdes ont i8 mm. de longueur et 2 mm.' d'épaisseur; les petites, 8 mm. de longueur sur 1^ à 2 mm. d'épaisseur.

Ce terrain, ainsi que le précédent, appartiennent donc évidemment, du moins en partie, à notre section marine e,, car ils contiennent des nummulites et des orbitoïdes. 11 se pourrait cependant, et c'est même probable, qu'une partie des couches, notamment les grès quartzeux qui prédominent vers le haut et correspondent complètement aux grès de l'étage eg, appartiennent ici aussi aux dépôts d'eau saumâtre.

3. Le terrain entre le TU Hara et le TU Snk consiste entièrement en grès quartzeux, argiles gris sombre, couches de charbon et quelques couches de schiste carbonifère, dont la position est très redressée, même verticale, (A consulter le dessin Fig. 75),

Dans ces grès n'existent ni couches de roche éruptive, ni fossiles marins; à 1360 mètres à l'ouest de l'embouchure du Tii Mandiri, on rencontre un tuf dtabasique, ressemblant fort à une diabase {No. 1797), dénudé au rivage sur plus de 500 mètres et qui, peut-être, appartient à l'étage t.^.

4. Le petit terrain de Tiikoumpai contient des grès quartzeux avec quelques argiles et une couche mince de charbon.

5. Le grand terrain entre Baiak, Pamoubouîan, Wangoun et la câte consiste aussi exclusivement en grès quartzeux avec quelques couches grises d'argile et de nombreuses couches de charbon, dont i) a été parlé tout au long lors de la description du terrain houiller de Baïah, ■

L'épaisseur des grès est de 900 à 1000 mètres {voir Figs. 75, 76 et 79), peut-être davantage, car le dépôt sous-jacent n'y vient pas à la surface.

6. Un petit terrain près de Tiidiengkol, à la rivière Sawarna, consiste en grès quartzeux avec une couche mince de charbon.

Les couches des 2 premiers terrains ne se raccordent pas directement, sous la couverture miocène, à celles des 3 suivants; elles en sont séparées par une faille. Non seulement elles ont une autre composition, mais encore une direction et une inclinaison tout-à-fait différentes.

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