VI. Les roches éruptives éocènes et oligocènes
Nous avons déjà précédemment, en décrivant le terrain houiller de Baïah, énuméré quelques roches éruptives à caractère ancien, qui gisent en concordance entre des grès et des argiles schisteuses éocènes et qui sont donc aussi d'âge éocène. En dehors de ce terrain, on rencontre encore çà et là, en Bantam, des roches éruptives qui ressemblent aux précédentes au point de vue pétrographique. Toutefois, la plupart ne sont pas en contact avec des roches éocènes, mais sont directement recouvertes par des couches miocènes anciennes qui renferment des fragments de ces couches et d'andésites plus jeunes. L'âge éocène de ces dernières roches éruptives n'est donc pas aussi certain que pour les premières ; à la rigueur, on pourrait les considérer comme oligocènes ou même miocènes anciennes, car certaines roches éruptives miocènes de Java présentent aussi un caractère ancien.
Jusqu'à présent, on n'a pas encore rencontré de roches éruptives d'un âge incontestablement oligocène, puisque celles du terrain de Nanggoulan se rencontrent aussi en fragments dans les marnes oligocènes et que la roche massive émerge donc des marnes sous forme d'écueils plus anciens : il est probable que cette roche forme ici la base des couches oligocènes, et îl se peut donc fort bien qu'elle soit ellemême d'âge éocène.
Il est encore possible qu'une partie des roches éruptives que nous allons décrire plus loin, et qui existent à la base du terrain miocène, soient d'âge oligocène ou même éocène; mais pour aucune d'entre elles, on li'a pu déterminer cet âge exactement, et pour la plupart on pourra admettre que leur apparition coïncide avec le début de l'époque miocène.
Les roches éruptives éocènes n'ont que rarement le caractère d'andésites; dans plusieurs la pâte fait défaut; ce sont alors des roches grenues, cristallines, ressemblant à des diabases, des gabbros ou des diorites, qui, par leur teneur en chlorite, serpentine, calcaire spathique, épidote et leucoxène, provenant de la décompo.sition de divers éléments.
rappellent des roches anciennes. D'autres encore sont analogues à des porphyrites diabasiques et à des mélaphyres. Sur la carte, on a figuré séparément les roches éruptives éocènes ; mais, comme on l'a dît plus haut, on les à nommées andésite, basalte, etc., pour faire ressortir leur âge tertiaire et pour les distinguer des diabases et des gabbros du terrain crétacé.
A la surface, les roches éruptives du tertiaire ancien n'occupent qu'une faible étendue ; ceci doit être attribué en partie à la même cause qui, à Java, rend invisibles presque partout les sédiments plus anciens, notamment la formidable épaisseur des dépôts miocènes; toutefois, il semble qu'à l'époque tertiaire ancienne les éruptions aient été bien moins considérables que dans les périodes subséquentes-
Liste de ces roches éruptives.
Nous faisons suivre ici une énumération de toutes les roches éruptives tertiaires anciennes (voir la carte). Pour leur description détaillée, nous renvoyons à la section II.
Nos. 1871 et 1872- Andésite à pyroxène à caractère de diabase, du Tii Pining, au pied occidental de l'arête du Gg, Hondié, en amont de Tiipining, à proximité de la Welkomst-Baai, en Bantam. Sous les brèches miocènes.
No. 1864. Andésite à pyroxène à caractère de diabase, dans le lit du Tii Ladaheun, à f de kilomètre en amont de son confluent avec le Tii Bérang, en Bantam. Sous les brèches.
No. 1863. Andésite à pyroxène grenue, cristalline, quartzifère, ressemblant à une diabase grenue, de la cime Gg. Batou wétan, à 3 kilomètreâ au sud de Kosala, en Bantam. Roc escarpé dans les brèches.
No. r868. Andésite à pyroxène à caractère ancien, de la cime Sëréweh près de Sèréweh, en Bantam. Environnée de brèches miocènes.
Nos, 1869 et 1870. Andésite à pyroxène à habitus ancien, grenue, cristalline, des cimes Kadou raksa (No. 1869), Loukout, Boulanguit et Batou (No. 1870), près de Tîibeureum, en Bantam.
No. 1866. Andésite à pyroxène cristalline, grenue, ressemblant à de la diabase, du Gg. Malang, au sud de la cime Liman, en Bantam. Le Gg. Malang a une altitude de 880 mètres; c'est le plus haut point des environs, car l'arête qui se dirige au Nord vers la ligne de partage, près du Gg. Liman, n'a pas de points plus élevés. Se composent aussi de la même roche :
No. 1865, du Gg. Haour et du Gg, Kawoung, l'un et l'autre à l'est du Gg, Malang, puis,
No. 1867, de la cascade du cours supérieur du Tii Masouk, au nord du Gg, Malang; et
DigmzcdbyGoOglC
Nos. 1858 et 1859, d'une couche diabasique, épaisse de 3 mètres au moins, située entre des argiles schisteuses et des marnes, sombres et probablement éocènes, dans le lit du Tii Hara, au-dessus du confluent avec le Tii Masouk. Le No. 1858 est du banc éruptif même; le No. 1859 vient de blocs roulés, que l'on trouve un peu plus en aval; ce gisement se trouve au sud-est du Gg. Malang.
Toutes ces roches ressemblent à celle du Gg. Malang; certaines d'entre elles n'ont pas une si belle texture cristalline; elles présentent une pâte et sont aussi, en partie, plus altérées. Dans le Gg. Malang nous devons voir probablement un point d'éruption éocène, bien que naturellement, chez de pareils volcans ancie/is, on ne puisse plus rien apercevoir d'un cratère.
Voici maintenant l'énumération des roches éruptives qui ont été traitées à la description du terrain houiller de Baïah.
No. 1789. Andésite augitique, à caractère ancien, de la cascade du Tii Paguër, en amont du kampoung Tiikaras en Bantam.
No. 1787. Andésite augitique, à caractère ancien, du Tii Hara, près de Lëbaktoundoun, en Bantam ; probablement un banc concordant entre des grès quartz eux.
No. 1786. Basalte, à caractère de diabase à olivine, du Tii Barengkok (affluent du Tii Hara), en amont de Tiibarengkok, près du Pasïr Laka, en Bantam.
No. 1784, Andésite augitique, à caractère de diabase, dans le Tii Siih guèdé, à Howehwalad, en Bantam.
No. 1790. Andésite augitique cristalline, à caractère ancien, du Tii Sarouwah (affluent du Tii Hara), au sud de Tiibarengkok, sur la route de Tiiasahan, en Bantam. Interposée dans des grès quartzeux éocènes. Cet échantillon, ainsi que les quatre précédents, ne renferment presque pas d'hypersthène.
No. 1783. Andésite à hornblende quartzifère, ressemblant complètement à certaines diorites anciennes d'un grain moyen. Dans le Tii Peundeui, affluent supérieur du Tii Asahan, qui, à son tour, se jette dans le Siih. Bantam. La roche forme ici la couche inférieure; elle se recouvre de tuf de la roche éruptive elle-même ; puis vient du calcaire marneux à nummulites et à orbitoïdes ; au-dessus, des grès quartzeux qui alternent avec des argiles schisteuses.
No. 1792. Andésite à hornblende quartzifère, provenant de deux blocs très volumineux au kampoung Tîîasahan, en Bantam. Ils débordent les grès quartzeux environnants; ce sont probablement des morceaux d'une couche interposée, mais cela ne se voit pas distinctement. Ressemble complètement à la roche précédente du Tii Peundeui,
No. 1 779, Andésite à hornblende quartzifère et pyroxénifère, à habitus d'andésite, du Gg. Batou, près Gounoungbouleud II, en Bantam.
DigmzcdbyGoOglC
Le contact avec les grès quartzeux voisins n'est pas net; cependant la roche semble être éocène et ne parait pas avoir percé le grès.
No. 1767. Andésite augitique à habitus de diabase, de la i« couche éruptive, tout près de Tiihidiau, dans le Tii Koléang, en Bantanii épaisse de 4.70 mètres; entre des grès quartzeux.
No. 1770. Andésite augîtique cristalline à caractère de dîabaseï de la 2^ couche éruptive, dans le Tii Koléang, en Bantam. Epaisseur de 5 mètres environ; interposée entre des grès quartzeux et des argiles schisteuses.
No. 1771. Andésite augitique cristalline, à caractère ancien, de la 3e couche éruptive du Tii Koléang, Bantam. Epaisseur 5 mètres environ; interposée dans des argiles schisteuses.
No. 1773. Andésite augitique cristalline quartzifère, à habitus ancien, de la 4B couche éruptive du Tii Koléang, Bantam. Interposée dans des grès ; c'est probablement la même couche que la 3e.
No. 1776. Andésite augitique cristalline, à habitus de diabase, du Tii Tiouroug, à Tiitiouroug, en Bantam. C'est probablement encore la 3* couche. Dans toutes ces roches, la faible teneur en hypersthène est remarquable ; ce minéral est rare dans la plupart des roches éocènes et bien souvent il manque complètement.
Les roches éruptives à caractère ancien des Préanguer, de Chëribon et de Banioumas, n'apparaissent pas simultanément avec des sédiments éocènes; c'est pourquoi on les a traitées en même temps que les roches éruptives miocènes.
No. 74g. Andésite à pyroxène, à caractère ancien, du Kaii Toulis, rivière qui sépare Banioumas de Baguèlen, près de Watoumalang. Ce banc repose sur du schiste siliceux, en dessous de grès verts d'Âge probablement éocène; il a à peu près 10 mètres d'épaisseur.
No. 477. Andésite à hornblende quartzifère, à caractère de diorite, du Gg. Brobol près de Salaman, au sud de Kedou. Est environnée de schistes argileux sombres, de schistes siliceux et de quartzites.
No. 586. De Tëlogokidoul, -j du terrain de
No. 584. D'une rivière au village de Kalisonggo, C- NanggoulanauN.W.
No. 585. Du vill^e de Wareng, ) de Nanggoulan.
La roche de ces trois gisements est un basalte à caractère de diabase à olivine. L'olivine est totalement décomposée en serpentine et en calcaire spathique; ce dernier apparatt en taches blanches dans la roche altérée. La roche elle-même se désagrège en un gravier arénacé, dans lequel gisent des fragments arrondis de basalte encore inaltéré. Cette roche existe aussi en blocs dans les marnes oligocènes et forme probablement la base du terrain oligocène.
No. 587. Andésite à pyroxèçe à habitus récent, du Gg. Moudiil, dans le terrain de Nanggoulan. Cette roche-ci aussi paraît exister en
fragments dans les couches oligocènes, bien que cela soit moins certain que pour les roches précédentes.
Les roches éruptives à caractère ancien, qui se montrent plus à l'Est à Java, seront décrites avec les miocènes, car elles ne présentent aucun contact avec les éocènes.
Fragments de roches éruptives anciennes dans des roches éruptives récentes.
Dans le voisinage des roches éruptives éocènes, les couches miocènes renferment de nombreux fragments de ces roches, anciennes, que nous avons citées lors de la description du terrain miocène. Mais dans des roches éruptives plus récentes aussi, on trouve parfois des blocs de ces anciennes roches, bien loin de leur gisement; ceci prouve qu'elles doivent exister quelque part dans le sous -sol. Ces roches méritent d'être mentionnées d'une manière spéciale.
No. 8i8. Fragments sombres, anguleux ou arrondis de ^uWro, inclus dans une andésite à pyroxène et à hornblende, gris clair, à grain fin, du Gg. Tèmpou, au nord de Madialengka, en Chéribon.
No. 92. Gahbro à olivine, en fragments dans le manteau volcanique de l'Hiiang, entre Renteng et Pandanlaras, en Probolinggo.
Les deux roches ne font pas l'effet d'une andésite cristalline et d'un basalte d'âge nëo-tertiaire, mais de roches éocènes ou plus anciennes encore. On ne peut rien dire de plus précis en ce qui concerne cet âge; car on n'a pas rencontré, avec ces morceaux de gahbro, des fragments de roches sédimentaïres.