‹ Description géologique de Java et Madoura (volume 2)Chapitre 115 sur 224 · VII. Roches éruptives miocènes les plus anciennes · texte numérisé non relu

VII. Roches éruptives miocènes les plus anciennes

A la fin de l'époque tertiaire ancienne, dans laquelle nous comprenons les périodes éocène et oligocène, il doit s'être produit à Java des déplacements ou des affaissements considérables de certaines parties de la croûte terrestre, à la suite desquels se sont formées des crevasses, qui ont permis aux matières en fusion gisant sous cette croûte de se frayer un chemin jusqu'à la surface.

Comme l'une des causes de ces affaissements, nous pouvons admettre une liquéfaction îrrégulière de la face intérieure de la croûte terrestre au contact des matières à l'état de fusion ignée; le sous-sol devint ainsi trop faible pour supporter le poids des roches qui le couvraient; celles-ci s'affaissèrent, c.à.d. se déplacèrent en direction verticale par rapport aux roches voisines. D'autre part il se peut que des crevasses se soient formées par de fortes compressions et des plissements énergiques de la croûte, phénomènes qui se sont produits à Java jusqu'aux derniers temps de l'époque tertiaire. Bref, il y a probablement plusieurs

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causes qui ont agi de concert pour faire nattre ces crevasses, et il n'est guère possible de déterminer quelle a été la cause principale.

Les masses éruptîves, que nous avons rencontrées à l'époque crétacée, ainsi que dans les terrains éocène et oligocène, sont complètement négligeables par rapport à l'énorme quantité de matières en fusion qui se sont fait jour au commencement de l'époque miocène.

On peut se faire plus ou moins une idée de l'importance de ces masses fondues, si l'on considère que non seulement les andésites et les basaltes miocènes anciens existant encore aujourd'hui en font partie, mais que de loin la plus grande partie des couches du tertiaire moyen ou récent de Java se composent de débris de ces masses éruptives ; ces couches atteignent, en divers points, une épaisseur de 3000 à 6000 mètres. Or si l'on admet pour un instant, afin d'en avoir une idée générale, que les sédiments tertiaires ne recouvrent que le tiers de la superficie de Java; que sur cette étendue l'épaisseur moyenne ne dépasse pas 1500 mètres et que les | de ces couches consistent en débris éruptifs, nous arrivons à un total de plusieurs disaines de mille de kilomètres cubes de matières éruptives, qui en majeure partie, ont pris naissance à la fin de l'époque tertiaire ancienne.

II faudrait, pour le dégagement de cette masse, plus de 2000 érup- ' tions pareilles à celle du Kratatau en 1883. Ce n'est là naturellement qu'une évaluation globale, mais il est probable que le chiffre est encore notablement trop bas.

Mode de gisement de ces roches éruptives. Chez les jeunes volcans, que nous décrirons plus loin, les matières projetées s'amassent, en règle générale, autour d'un point central ; et il se forme de la sorte des montagnes coniques; chez les roches miocènes, cette circonstance ne se présente qu'exceptionnellement. Il est vrai qu'on peut encore chez certaines d'entre elles reconnaître soit un cône plus ou moins érodé, soit un fragment d'un bord de cratère effondré; mais la plupart se présentent en chaînes plus ou moins longues et se sont donc fait jour par des crevasses; ou bien elles ont formé, en se dégageant, de grands plateaux légèrement inclinés, ainsi qu'on l'observe aux Deccantraps, dans l'Inde Anglaise. C'est le cas, entre autres, dans le Sud des Préanguer.

Le plus souvent, les roches éruptives sont entourées d'un manteau de brèches et conglomérats grossiers, qui deviennent plus fins à mesure qu'ils s'éloignent de la roche massive, et qui alternent avec des grès et des marnes renfermant parfois des coquilles marines. Une partie de ces brèches s'est formée incontestablement au-dessus de la mer, de même que le manteau des volcans plus jeunes ; une autre portion cependant s'est déposée sous la mer; et il est toujours difficile, sinon totalement impossible, d'établir la limite entre ces deux dépôts, car

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d'ordinaire la stratification est peu nette pour chacun d'eux. C'est pour cette raison que sur la carte on a dû les réunir comme formant l'étage miocène le plus ancien m,, bien qu'il eût été plus juste d'en ranger une partie dans les roches éruptives.

Là où te manteau brécheux environnant a disparu par une érosion persistante, la roche massive subsiste le plus souvent sous la forme de monts découpés et capricieux. Comme exemples nous citerons le Gg. Parang et le Gg. Bongkok en Krawang; le Gg. Gadia en Tëgal ; le Gg. Lingga en Kédiri; et c'est le cas pour d'autres montagnes encore.

Age. Partout où les rivières ont creusé, dans la couverture miocène, des tranchées assez profondes, on trouve des roches éruptives comme substratum des dépôts miocènes. Ces roches consistent en andésites et basaltes, qui ont la plupart un caractère récent et qui ressemblent aux roches néo- volcaniques. Toutefois, dans le nombre il y a aussi des roches à caractère de diabase ; et il n'y a pas à nier que celles-ci peuvent être en partie d'un âge un peu plus reculé, soit oligocène, soit éocène.

Dans la rivière Sawarna cependant, en Bantam, on rencontre, entre des couches manifestement miocènes, des couches d'une roche éruptive qui ressemble complètement à du gabbro; ce qui montre que, même dans ta période miocène, il s'est encore formé à Java des roclies éruptives à habitus ancien, pré-tertiaire.

Roches. Celles-ci sont principalement: l'andésite à hornblende, l'andésite à pyroxène, l'andésite à pyroxène et à hornblende et le basalte à caractère néo-volcanïque, parfois tout à fait analogues aux roches, des volcans, mais le plus souvent manifestant un âge plus reculé par le plus haut degré de décomposition de certains éléments; puis quelques andésites et basaltes, ressemblant à de la diabase, de la diabase à olivine et du mélaphyre. Ces dernières roches sont assez souvent grenues et totalement cristallines et sans pâte ; dans ce cas, elles ressemblent aux diabases et gabbros grenus.

Les andésites à pyroxène contiennent la plupart à la fois de l'hypersthène et de l'augite; s'il vient s'y ajouter une proportion notable d'olivine, l'hypersthène diminue d'ordinaire; et dans les vrais basaltes, ce minéral manque parfois totalement; maïs les exceptions sont fréquentes. Plus tard nous rencontrerons exactement ta même chose chez les volcans.

Liste de ces roches éruptives.

Nous allons énumérer l'un après l'autre, de l'Ouest à l'Est, les principaux terrains miocènes anciens. Pour les détails, nous renvoyons à la description des résidences. Section IL Les roches éruptives qui existent entre les couches de l'étage mj, sont d'un âge plus récent; il en sera fait mention plus tard.

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Btttttam.

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