VIII. Iode et Brome
L'iode et te brome arrivent à la surface en dissolution dans l'eau et font partie de certaines sources salées. Toutes les sources salées chaudes de Java sont plus ou moins chargées d'iode, mais quelques-unes seulement le sont à un degré suffisant pour pouvoir être nommées des sources iodées.
Ces sources sont au nombre de trois, toutes en Sourabaîa: ce sont Kalanganiar, la source boueuse bien connue en Sidoardio, à l'est de Guëdangan ; Guënoukwatou, dans la chatne des collines tertiaires à l'ouest de la halte de la voie ferrée Warou ; et Këdoungwarou, dans la même chatne, mais plus à l'Ouest, au poteau 25 à partir de Sourabaîa
Ces trois sources dégagent de l'eau salée tiède, mélangée de limon à Kalanganiar et Kèdoungwarou ; il s'est formé, autour de la source, un petit cdne de boue.
Les sources de Kalanganiar et de Guënoukwatou contiennent, sur 1000 parties en poids, 26 parties de matières fixes, dont 24 de chlorurede sodium (sel de cuisine). La composition est la suivante:
Kalanganiar Guënoukwatou
Chlorure de sodium ». 24.10 23.92
Carbonates et sulfates (et anhydride silicique). 1.79 1.94
lodure de sodium o.ii 0.12
Bromure de sodium 0.0g 0.03
parties en poids 26.09 p. m. 26.01 p. m.
Le débit de la source Guënoukwatou s'élevait en novembre 1887 à 30 litres par minute, ou à 43.200 litres par 24 heures, contenant 5.2 kilogrammes d'iodure de sodium ; ce qui fait, en une année, 1900 kilogr.
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d'iodure ou iôoo kg. d'iode. Il n'existe pas, jusqu'à présent, un procéda peu onéreux pour extraire en grand l'iode de sa solution, et cette matière est ainsi perdue. Comparée aux sources iodées d'Europe, celle qui nous occupe a une teneur en iode exceptionnellement forte; elle est notamment 3 à 7 fois plus grande que chez les premières. On sait que l'iode du commerce ne se retire pas de ces sources, mus s'obtient par extraction des cendres de plantes marines.
Les sources de Këdoungwarou sont encore plus riches en matières fixes et en iode que celles de Kalanganiar et Guënoukwatou ; elles renferment 29.161 parties en poids de matières fixes, dont 26.251 de NaCl et 0.171 d'iodure et bromure de sodium, pour 1000 parties d'eau. Le débit de ces sources n'est pas très grand, mais on pourrait probablement l'augmenter par des forages.
iX. Sources salées.
En nombre de points de la chaîne tertiaire, ainsi que dans les plaines quaternaires, il apparaît des sources salées chaudes ou tlèdes ; les trois sources iodées dont nous venons de parler font aussi partie des sources salées (chlorure de sodium) ; et l'on peut dire que la plupart de ces dernières présentent une faible teneur en iode, d'ordinaire notablement plus petite que chez les trois sources de Sourabaîa.
Dans beaucoup de sources salées, il' se dégage avec l'eau un peu de pétrole et parfois aussi des gaz hydrocarbonés ; de sorte qu'on est tenté de chercher l'origine du set, de l'iode et du pétrole dans les mêmes couches, ou du moins dans le même terrain.
Les sources salées viennent au jour principalement dans la chaîne de collines miocènes qui commence au sud de Sourabaîa, à la rivière Sourabaîa, et se prolonge à l'Ouest, à la limite de Këdirï, de Madioun et de Rëmbang, vers Sémarang. Dans la section de Grobt^^, elles apparaissent essentiellement dans la plaine quaternaire ; et l'on y a permis à la population, moyennant un certain imp6t, d'extraire le sel de ces sources et de le vendre, dans la section d'origine et en Solo. A Java d'ailleurs — sauf dans les principautés Solo et joguia — la fabrication et le débit du sel constituent un monopole du gouvernement.
Les sources salées de Grobogan sont sitiiées aux environs de Kouwou; d'abord à Kouwou même, où une grande source boueuse a édifié une colline basse de limon ; puis à Tiëréwek, Bandiar lor, Bandiar kidoul, Grobogan, Diati et Mëndikil. La production de sel, en ces localités, s'est élevée dans ces 7 dernières années, en moyenne à 14838 pikols ou 916435 kilogrammes par an.
A Médangramsan, à l'est de Wirosari, se dégage de l'eau salée limoneuse, à faible odeur de pétrole.
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En Sélo, enclave de Solo, entre Pourwodadi et Wîrosari, on recueille de l'eau salée dans des puits au villi^e de Diono.
Enfin on trouve aussi quelques sources sur la colline NguËmbak, à l'ouest de Pourwodadi; elles dégagent de l'eau salée et un peu de pétrole.
La fabrication du sel ne se fait qu'à Diono, sur le territoire de Sélo, enclave de Solo, et aux alentours de Kouwou (Kouwou, Méndtkil, Tiëréwek, etc.), et cela d'une manière très simple. L'eau qui chez certaines sources se dégage à la surface, mais chez d'autres s'arrête sous le sol et doit être recueillie dans des puits, est rassemblée dans des dizaines de mille de bambous fendus en long, qui font l'effet de bassins d'évaporation longs et étroits et où elle se vaporise tout simplement sous l'action de la chaleur solaire.
L'eau de Diono contient, pour mille parties en poids, 35.31 parties de matières fixes, dont 31.39 de chlorure de sodium et 3.86 de carbonate de sodium. L'eau de Kouwou contient un peu moins de matières solides, 2g. II pour mille, dont 27.31 de chlorure de sodium. (Analyses de P. J. Maier dans le Natuurk. Tijdschr. van Ned.-Indië, I 1850 pp. 125 et 128).
L'eau de Mëndikil contient même 42.15 parties de matières fixes pour mille, dont 38.62 de chlorure de sodium (Natuurk. Tijdschrîft van Ned.- Indië XXX, 1868 p. 372; analyse de E. POLAK^.
Le sel de Kouwou et de Diono renferme plus de 97% de chlorure de sodium pur; puis des combinaisons du chlore avec le calcium, le magnésium, le potassium et le lithium; un peu de carbonates et d'anhydride silicique et une proportion extrêmement faible de combinaisons iodées et bromées. Dans 100 parties de sel de Kouwou, on n'a trouvé que 0.0018 parties d'iodure de magnésium et 0.0272 de bromure de magnésium; dans le sel de Diono, 0.0034 d'iodure de sodium et 0.0170 de bromure de sodium. Cela fait pour 100 parties de chlorure de sodium: pour Kouwou:
0.00185 d'iodure de magnésium (ou 0.0019 d'iodure de sodium) ; 0.0280 de bromure de magnésium (ou 0.032 de bromure de sodium) ; pour Diono :