X. Sources thermales
Outre les sources thermales citées aux chapitres VIII et IX, qui renferment une proportion notable de sels dissous, consistant presque exclusivement en chorure de sodium — de sorte qu'on peut les appeler à juste titre „des sources salées", puisqu'on peut en retirer du sel de cuisine — jaillissent encore à Java quelques sources thermales dans les couches tertiaires ; celles-ci ont une composition tout-à-fait différente, car en dehors du chlorure de sodium, elles contiennent en dissolution une quantité considérable d'autres sels.
C'est d'abord la source d'Alian, en Baguëlen, nommée ,,Krakal" ; elle a une température de 38°, centigr. ; et d'après une analyse de M. POLAK
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(Natuurk. Tijdschr- van Ncd.-Indië, tome XXXII 1873, p. 130), elle contient, pour 1000 grammes d'eau,
chlorure de sodium 53078 gr.
chlorure de potassium 03381
chlorure de calcium 6.0972
chlorure de magnésium 0.0858
iodure de magnésium 0.0045
anhydride silicïque 0.0272
Total 1 1 .8606 grammes.
Somme des matières fixes, desséchéesà 180'centigr.; ii.85i5granimes- Par conséquent, cette eau renferme plus de chlorure de calcium que de chlorure de sodium.
Une deuxième source, chargée de chlorure de calcium, se trouve aussi en Baguëlen, à 10 kilomètres en ligne droite au nord-est de Pourworëdio, au village de Baniouasin. Selon l'analyse de P. J. Maier, cette source contient pour mille parties en poids, 19.5 p. de matières fixes, dont 13.7 de chlorure de sodium et 5.5 de chlorure de calcium. (Natuurk. Tijdschr. van Ned.rlndiê ill 1852, p. 36),
Une troisième source de cette espèce se rencontre dans la vallée du Tii Pamingkis, au village de Këbondanas,'' dans la moitié orientale de la section de Buitenzorg. D'après une analyse faite par D. W. ROST VAN TONNINGEN (publiée dans le „Natuurk. Tijdschr. van Ned.-Indië" X 1856, p. 256}, elle présente la proportion exceptionnellement forte de 118.29 parties en poids de matières fixes pour mille, dont 83.59 p. de chlorure de sodium et 24.94 de chlorure de calcium; puis, 0.0341 parties d'iode {0.0375 d'iodure de magnésium) pour mille.
Un autre échantillon de cette eau, recueilli par nous en mars 1894, contenait d'après l'analyse du pharmacien militaire P. A. A. F. ElJKEN à Batavia, sur 1000 parties en poids du liquide Résidu à 180° centigr. 84.884 parties. Après calcination légère 81.382 „ Poids spécifique à 27' centigr. 1.0634,
chlorure de sodium 62.133 parties.
chlorure de potassium 1-569 „
chlorure de magnésium 3-563 „
iodure de magnésium 0.021 „
chlorure de calcium 14.130 „
carbonate de calcium 0.497 >>
sulfate de calcium.... o.oii „
anhydride silicique 0.009 "
carbonate de sodium o.2ai „
oxyde de fer 0.061 „
Total 82.215 parties.
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Actuellement, la teneur en sel est donc notablement plus faible qu'en 1856; et cependant cette source présente, parmi toutes celles de Java, la plus forte proportion de matières fixes. Toutefois, son débit est très minime, de sorte que l'eau s'évapore en partie autour de la source. 11 faut sans doute attribuer à une différence dans le degré de l'évaporation la grande différence de teneur en sel que présentent les deux analyses dont il vient d'être question.
Une troisième espèce de sources thermales sont celles qui apparaissent dans les terrains volcaniques; celles-ci se distinguent des sources qui jaillissent dans les couches tertiaires par une teneur très faible en matières fixes.
Alors que les dernières contiennent de 19 à 26 parties pour mille de substances solides, les sources volcaniques n'en renferment au plus que 4.5 pour mille, et d'ordinaire moins. Ainsi Pélantoungan en Sëmarang en contient 4.51 ; Sanggoriti en Pasourouhan 3.03; la source Oumboul en Madioun 1.78; la source de Trogong (près de Garout, Préanguer) 1.16; et celle de Diamboudipa, au versant sud du Tangkouban prahou, ne contient que 1.13 de matières fixes pour mille.
Seules les sources du terrain volcanique de Ngantang (Pasourouhan) font exception ; car selon l'analyse de J. J. AlTHEER (publiée dans le Natuurk. Tijdschr. van Ned.-Indië IX, 1855 p. 471 à 478), elles renferment respectivement 10.8, 10.9, ti.8 et même 19.4 parties de matières fixes pour mille. On doit sans doute expliquer cette circonstance par ce que ces sources viennent de couches tertiaires, cachées sous les produits volcaniques.
L'eau de la source Oumboul en Madioun est potable à l'état frais, et rappelle certaines eaux minérales par sa teneur en anhydride carbonique libre. Conservée dans des bouteilles, elle acquiert une odeur d'hydrogène sulfuré. La majeure partie, ou du moins l'élément prédominant des substances fixes, est toujours du chlorure de sodium ; à Pèlantougan, la proportion est de 72 %; à Sanggoriti, de 64 % ; à Oumboul, de 44 % de la masse totale des matières solides. Toutefois la teneur en est si fdble que ces sources ne peuvent nullement se ranger dans les sources salées. La proportion d'iode et de brome est extrêmement petite, souvent elle est à peu près nulle.
Ces sources sont médicamenteuses et sont surtout excellentes pour la guérison de toute espèce de maladies cutanées. Elles sont très nombreuses à Java, et nous n'en dresserons pas la liste ; seulement il importait d'en faire mention à cause de leur vertu curative importante. On sait depuis longtemps que ces sources doivent leurs propriétés thérapeutiques, non à la quantité insignifiante des matières qu'elles tiennent en dissolution, mais uniquement à leur température et à leur haut degré de pureté.
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