Le Paiouka
Ce volcan bien connu s'élève à l'ouest du précédent; il consiste en un large cirque, rel^ivement peu élevé, sur le bord duquel un point d'éruption plus récent a édifié un cône plus haut et plus escarpé.
, a. I-e large anneau a 1750 mètres de rayon ; le long du bord oriental, à la cime Sëpou, il a 2370 mètres d'altitude, et 2384 mètres au signal Patouha II ; au bord méridional, les altitudes des cimes Taman saàt et Pouspo sont respectivement de 2070 et de 1930 mètres; celle du bord septentrional, à l'endroit où il n'est pas recouvert par les produits du cône plus récent Patouka-kalèr, n'est que de 1880 mètres. A l'intérieur de ce cirque, divers petits cours d'eau forment par leur jonction le Tii Bouni, qui a creusé son lit dans la partie occidentale de l'anneau jusqu'au niveau de 15S0 mètres.
L'activité volcanique se manifeste, à l'intérieur du cirque, tout près du bord méridional ; près de Taman saât se dégagent les vapeurs de quelques fumerolles, sur un petit plateau, tout à fait aride, qui a 60 mètres de largeur et plus de 100 mètres de longueur. On observe des phénomènes pareils au bord occidental, tout près du Tii Bouni,
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près du Kawah Tiibouni et du Rantia Kawah Tiibouni, Ces derniers ont été visités par VON RiCHTHOFEN qui en a donné la description {1. c. p. 352).
Dans le voisinage du bord Nord-Est il y a deux beaux cratères plus récents.
è. Le Paseuneuan est un cirque relativement peu élevé, qui entoure le Kawah Poutih. Son rayon est de 300 mètres; le fond est à 2195 mètres d'altitude; le point le plus bas du bord, à 2205 mètres; le point le plus haut, sauf du côté où a été édifié le Patouha-kalèr, à 2280 mètres.
Le 13 juin 1887 le fond était occupé totalement par un lac peu profond, dont l'eau était colorée en blanc par le soufre qu'elle tenait en suspension; elle avait une saveur d'alun. Dans la partie occidentale de ce lac on observait, de temps en temps, un violent bouillonnement de gaz. Çà et là on y trouve du soufre, et c'est surtout la paroi Nord- Ouest qui est recouverte d'un dépôt de soufre.
c. Le Patouha-kalèr est un beau cône, édifié un peu au nord de b. C'est cette cime-là que, bien loin dans les alentours, on considère comme le Patouha proprement dit. Il est couronné d'un cirque de 150 mètres de rayon; le point le plus bas du bord est à 2380 mètres d'altitude; te plus haut, avec le signal Patouha 1, à 2433 mètres. Le fond de l'entonnoir circonscrit (nommé aussi Taman sa'àt) est à 2280 mètres d'altitude, soit à plus de 80 mètres au-dessus du Kawah Poutih; JUNCHUHN jugeait que ces deux fonds de cratère devaient se trouver au même niveau. Le 13 juin 1887 on ne put observer aucune trace d'activité volcanique. Là où la végétation des parois intérieures, très escarpées, n'est pas très serrée, on voit des bancs alternatifs de conglomérats et brèches volcaniques fins ou grossiers, mais pas de roche massive. Le fond de l'entonnoir était à sec. Du sommet, près du signal, on jouit d'une vue splendîde sur le terrain méridional, jusqu'à la côte. A consulter la feuille M, XVIII de la carte topographique, échelle ! : 20000.
d. Sur le versant extérieur oriental du grand cirque, à 1200 mètres de distance du sommet Sepou, s'élève un cirque secondaire, de 500 mètres de rayon, dont la partie septentrionale seule, portant une cime, haute de 2210 mètres et nommée aussi Patouha, est encore restée debout.
e. Au nord-est du Patouha se dressent les sommets Kolé (2130 mètres) et Batou korsi (i960 mètres), qui font probablement partie eux aussi d'un ancien cirque, dont la forme ne saurait plus être reconstruite.
Le long des versants de cette montagne, on rencontre surtout des produits d'éruption meubles, à grain fin, désagrégés en une argile arénacée, peu cohérente.
Les échantillons No. 1638 ont été recueillis au versant Nord-Est, près Tilou guèblëk. La roche consiste en une pâte gris clair, çà et là
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finement poreuse, à feldspaths vitreux, parfois ternes, et à grains de pyroxène. Au microscope, on voit un verre limpide avec des cristaux porphyriques de feldspath, d'hypersthène, d'augite et de minerai de fer. Dans le verre, on observe des agrégats sphérolithiques pareils à ceux de la roche qui va suivre. C'est une andésite à pyroxène.
Près de Kopo on a récolté dans le lit du Tiiwidéi des cailloux roulés, qui proviennent probablement de ce massif. A l'œil nu, la roche consiste en une pâte claire, dans laquelle gisent de nombreux cristaux de feldspath vitreux et d'augite. Au microscope, on voit que la pâte consiste en un verre limpide, dans lequel se montrent quelques tlots bruns, troubles, à structure radiale nette, manifestant un commencement de formation de sphérolithes. C'est donc un pechstein d'andésite à pyroxène.
Les morceaux No. 1640 ont été enlevés à la paroi intérieure Nord- Est du Kawah Poutih; ils ressemblent aux précédents, mais semblent un peu altérés. Au microscope, on reconnaît une andésite à pyroxène, dont la magnétite est partiellement décomposée en hydrate ferrique et dont les hypersthènes ont un bord brun sombre ou noir, ou bien sont parfois entièrement de teinte brun sombre par suite d'une incrustation d'hydroxyde de fer.
Sur le sommet du Patouha-kalèr, on a recueilli, dans des conglomérats à grain fin, des fragments (No. 1641) de ta grosseur d'une noix. Ceux-ci consistent en une pâte foncée, dans laquelle on peut voir desaiguilles fines de feldspath, des grains de pyroxène et des cristaux d'ohvine. Au microscope on observe aussi bien de l'hypersthène que de l'augite et une grande quantité d'olivine limpide, dans laquelle sont inclus des octaèdres transparents, d'un brun verdâtre, et qui, dans les cassures, est devenue quelque peu vert terne. Quelques cristaux noirs ternes sont probablement de la hornblende décomposée. C'est un basalte.
Dans la description des cirques, nous avons déjà cité quelques points où se manifeste encore de l'activité volcanique.
Au versant extérieur Nord-Est, on rencontre, sur le mont Tiipanawar une source chaude bien connue, qui fournit de l'eau en abondance et dépose beaucoup de tuf calcaire et d'ocre ferrugineuse.
Au versant Sud, sur la route du Kawah Tiiwidéi à Parigui, près du signal Korsi {1790 mètres), s'observent de nombreux petits corpsronds, gris jaunâtre {No, 1642), de la grosseur d'une noisette; parfois il y en a plusieurs qui sont agglomérés. Si on les casse on trouve au centre un grain d'augite ou d'un autre minéral, autour duquel s'est déposée une matière siliceuse, qui se désagrège à la surface en une substance jaune. Au microscope, on n'aperçoit qu'une masse blanche, trouble, terne, qui ne polarise pas. Ce sont des tu/s siliceux, qui ont été sans doute déposés aussi par des sources thermale.s.
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LORIÊ à déterminé des roches que JUNGHUHN a recueillies au Kawah Poutih et dans te lit de la rivière Tii Widéi. Il nomme tous ces fragments de l'andésite augitique; mais il distingue ceux à pâte cristalline, ceux à verre et ceux à feutrage microlithique. Il n'a trouvé de l'olivine que dan^ quelques morceaux et comme élément accessoire,
M. Behrens a décrit {1. c. p. 13) des andésites augîtiques ainsi que des basaltes qui ont été récoltés dans cette contrée.
Prôlls a donné, dans le Jahrbuch fur Minéralogie 1864, p. 431, une analyse d'une roche de ce volcan.