‹ Description géologique de Java et Madoura (volume 2)Chapitre 75 sur 224 · Le terrain de Tiiasahart · texte numérisé non relu

Le terrain de Tiiasahart

A l'ouest du terrain précèdent, et séparé de celui-ci par le Tii Siih, où sont dénudés des brèches et des grès miocènes, il existe un second terrain éocène que nous avons appelé „terrain de Tiiasahan", du nom de cette localité. 11 est constitué des mêmes grès quartzeux, ailles schisteuses noires, marnes de teinte sombre et roches éruptives intercalées que celui qui a été décrit plus haut, et en outre de couches de tufs et de brèches des roches éruptives situées dans le voisinage de ce dernier. On ne peut que rarement y mesurer avec précision la direction et l'inclinaison des couches, car les bons affleurements y font défaut. Dans le voisinage de Tiiasahan, ta direction est de 150 à lyo""; il en est de même au nord-ouest, près de Lëbaktoundoun, où D. =: 170°, 1. = 17° à l'Ouest. Toutefois, à Tiipeundeui, on a observé D. = 65°, I. ^ 55" au Sud; mais c'est là, paratt-ll, une anomalie locale, et il me semble en général, que les plissements des grès de ce terrain sont parallèles au pli du Pasir Walang.

Le Tii Asahan, afHuent du Tii Siih, passe par le kampoung Tiiasahan. Un afHuent du Tii Asahan, le Tii Peundeui, nommé aussi Tii Asahanleutik, passe à proximité du petit kampoung Tiipeundeui. On passe ce cours d'eau lorsqu'on suit le sentier de Tiiasahan à Tiipeundeui, à peu près à la distance d'un demi kilomètre de Tiiasahan. Un peu en amont de ce point, est découverte dans le lit du Tii Peundeui une succession de couches des plus remarquables, représentée dans ta Fig. 74, On rencontre d'abord des couches alternatives de grès et d'argiles schisteuses sombres, des grès surtout; puis, une couche assez dure de marne ou de calcaire marneux (No. 17S0) à fossiles très caractéristiques, notamment des nummulites et des orbitoïdes à chambres médianes rectangulaires; ces derniers fossiles n'ont encore été trouvés à Java que dans des couches éocènes; nulle part on ne les a rencontrés dans le miocène. Dans le toit de cette couche, on a constaté D. ^ 160°, 1. ^ 35° à l'Ouest. Puis vient une roche siliceuse dure, sombre (No. 1781), dans laquelle on observe des nummulites altérées, probablement la partie inférieure silicifiée du calcaire marneux à nummulites sombre. Plus loin, on arrive à des bancs épais d'une roche brècheuse et tuffeuse, passablement dure, formée de matériaux éruptifs désagrégés (No. .1782}, par dessus laquelle la rivière se précipite en une série de cascades. On y a mesuré D. = 170-, L = 80° à l'Ouest. On rencontre ensuite une belle roche éruptive

DigmzcdbyGoOglC

(No. '783}, à gros cristaux de hornblende, ressemblant à une diorite ancienne; après, il vient d'abord la même roche tuffeuse des cascades, mais cette fois inclinant à l'Est; la direction est incertaine, d'une vingtaine de degrés probablement ; I. = 32' h l'Est ; enfin, de nouveau des grès quartzeux. Les couches semblent donc former une selle à arête aiguë, ainsi qu'on l'a représenté dans la Fig. 74.

La roche éruptive, citée plus haut, s'est désagrégée en une argile arénaoée, dans laquelle sont disséminées néanmoins de nombreuses grandes boules dures, qui se désagrègent en calottes concentriques et qui contiennent, à l'intérieur, un noyau non désagrégé.

On trouve la même roche éruptive non seulement dans le Tit Peundeui, mais encore tout près du kampoung Tiiasahan (No. 1792), en deux blocs très volumineux qui débordent les grès environnants; le contact n'y est pas bien dénudé.

On rencontre également de gros blocs incohérents au sud-est de Tiipeundeuî, sur le sentier vers Tiibînong, au bord du Tii Siih.

En outre, on a observé de la roche éruptive massive dans le Tii Siih, près Howehwalad (No. 1784); dans le Tii Barengicok, à l'est de Tiibarengkok, au mont Pasir Laka (No. 1786); à la rive gauche du Tit Hara, au sud de Lëbaktoundoun (No. 1787); sur ce banc gisent des grès quartzeux, dont D. ^ 170°, I. = 17° à l'Ouest. Dans le Tii Paguër, près de la cascade, en amont de Tiikaras, au nord-ouest de Lëbaktoundoun, déjà tout à fait en terrain miocène (No. 1789); dans le Tii Sarouwa, affluent du Tii Hara, sur le sentier de Tiibarengkok à Tiiasahan (No. 1790). Toutes ces roches éruptives n'affleurent dans les rivières que sur une faible étendue et le contact avec les grès est le plus souvent mal visible, La roche éruptive du Gounoung Batou, à l'est des localités Gounoung bouleud 1 et II (No. 1779) affleure sur une plus grande étendue; ce mont se compose de grès quartzeux au Nord et au Sud seulement; partout ailleurs, il consiste en roche éruptive. Le Gounoung Batou, la ,, diorite" du Tii Peundeui, la roche gabbroïde du cours supérieur du Tii Sarouwa et celle du Tii Hara, près Lëbaktoundoun, sont placés dans une direction de 154°; toutefois, sous le rapport pétrographique, ces roches diffèrent trop l'une de l'autre pour qu'on puisse les considérer comme parties d'une seule et même couche. On a encore recueilli, dans ce terrain :

Des grès quartzeux, à l'ouest de Tiilimous, au point de croisement des routes de Tiilimous à Tiipeundeuî et de Tiilimous à Mountiang (No. 1785).

Des grès quartzeux près Lëbaktoundoun {No. 1788). Des grès silicifiés (roche siliceuse) dans le Tii Mandiri, au nord de Tiiasahan, sur la route de Tiibarengkok (No. 1791).

Des fossiles n'ont été rencontrés que dans le calcaire marneux sombre, schisteux No. 1780 et la roche schisteuse (calcaire marneux

DigmzcdbyGoOglC

silici6é) No. 1781 du Tii Peundeui, affluent du TiiAsahan. Cette dernière roche contient uniquement des sections de nummulites altérées et dissoutes par tes eaux, dont D. ^ 3 mm., ép. = 2 mm. ; le calcaire marneux No. 1780 renferme un très grand nombre de grandes orbitoïdes, dont D. = 18 mm., ép. = 2 mm., et de petites, dont D. ^ 6 mm. et ép. ^ i^ à 2 mm.; toutes appartiennent à l'un des sous-genres Discocycliiia, Rhipîdocyclyna, Asterocyclîna et Actinoclyna, à chambres médianes rectangulaires. Puis, des nummulites lisses, dont D. ^ 3^, ép. ^ 2 mm.; à 7 tours de spire et petite chambre centrale, ressemblant à la N- Baguèlensis II à petite chambre centrale, laquelle est probablement identique aux jeunes exemplaires de la N. javanus var. (î.

Page 1