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Le terrain brècheux de la chaîne de Hondié

En décrivant l'ancienne chaîne d'andésite, nous avons déjà fait remarquer que les brèches miocènes, qui disparaissent sous les marnes et argiles plus récentes, à l'ouest de la route de Malimping à Gounoungkêntiana, reparaissent à la côte du détroit de la Sonde. Ce dépôt y occupe une bande large de 8 à 12 kilomètres, qui s'étend au Nord-Nord- Est, depuis le cap Sodong à la côte Sud, et parallèlement au rivage, sur une longueur de 34 kilomètres. Les bancs de brèche sont parallèles à la direction de la chaîne; ils inclinent en général légèrement vers l'Est, et du côté oriental ils disparaissent graduellement sous les marnes et argiles plus récentes. A l'Ouest, les couches sont interrompues par

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litie (aille; et au pied de la paroi montagneuse affleurent: les ancîeniieS andésites, à caractère de diabase, déjà décrites. Dans les couches les plus profondes, qui sont dénudées à la cûte Ouest, on voit exclusivement des brèches cohérentes; sur la route de Tiimara à Tiiseureuheun, à 2j kilomètres de la côte, on trouve dans la brèche une mince couche de calcaire, dont D. = lo", I. = i6' à l'Est. Sur la route qui, du rivage, à Soumour, conduit à l'Est vers Tiimanggou, on observe des brèches qui, en quelques points, alternent avec des grès ; dans la petite rivière Tii Manggou, on constate D. = 135^, I. ^ 20° au Nord- Est. Dans la rivière Tii Barat affleure de la roche éruptive massive, dont la disposition n'est pas tout -à -fait nette, mais qui est probablement interposée dans les brèches. Plut, à l'Ouest, dans le Tii Diaralang Iaki, on voit la roche éruptive interposée d'une manière plus nette, en banc épais, dans des couches de brèche.

Sur un sentier qui, de Tiimanggou, conduit au sud vers le kampoung abandonné Tougou, on observe par ci par là, entre les brèches, des grès argileux siliciliés.

Dans ce terrain on a recueilli, dans la brèche, des échantillons sur la route de Tiimanggou au rivage, dans les lits du Tii Tangkil, {No. 1959) et du Tii Pasirandii, à trois kilomètres au nord-nord-ouest de Tougou (No. 1955)- Les deux roches sont de teinte sombre et d'un grain fin; le dernier échantillon a un éclat terne de pechstein. Au microscope, le premier numéro (No. 1959) est un basalte un peu altéré, qui renferme beaucoup d'olivine; celle-ci est à peu près totalement serpentinisée, fibreuse, et a d'ordinaire un bord noir. Le second (No. 1955) est une andésite à pyroxène fraîche, avec beaucoup de verre brun dans la pâte et de nombreux fcidspaths microlîthiqucs volumineux, indiquant une structure fJuidale.

Le No. i960 est un grès gris verdâtre, qu'on a rencontré sur la route de Soumour à Tiimanggou, dans le lit du Tii Bounar. A la loupe, on y aperçoit beaucoup de cristaux de feldspath, des grains de pyroxène et des morceaux de roche éruptive, agglomérés par un ciment terreux.

Dans les bancs interposés de roche massive, on a recueilli des échantillons à l'est de Tiimanggou, dans le Tii Diaralang (No. 1957) et à l'ouest de cette localité, dans le Tii Barat (No. 1958). Le premier échantillon (No. 1957) contient une pâte d'andésite avec verre, dans laquelle on peut reconnaître la structure fluidale et qui renferme des cristaux porphyriques de feldspath, de pyroxène, de minerai de fer et d'olivine totalement serpentinisée. C'est une andésite à pyroxène olivinifère. Le second (No. 1958) est bien plus altéré; on le reconnaft également pour une andésite à pyroxène, dont l'olivine est totalement décomposée.

Le No, 1956 a été rencontré en masse compacte, sur le sentier qui, de Tiimanggou, mène vers le Sud, dans le Tii Bëbër, La roche consiste

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entièrement en une masse siliceuse bleu grisâtre, tachetée, dans laquelle on peut, en quelques points, voir des aiguilles brillantes de feldspath ; en certaines places, la roche renferme des cavités, sur les parois desquelles s'est déposé du quartz cristallin.

Le No. 1961 a été détaché d'une couche calcaire qui vient aujourà l'ouest de Tiimara; à la loupe on y découvre, dans te ra/caîV^ gris sale, quelques petits morceaux de coquillages et des masses irrégulières devenues cristallines et d'un grain lin. Dans les préparations, on peut encore reconnaître le lithothamnium; mais la structure des autres organismes a été complètement détruite par une recristallisation.

Non loin du rivage de la Welkomst-Baai jaillissent le long des bords du Tii Panandiaïa, dans la brèche, diverses sources thermales.

3. Le terrain brèckeux de Dioungkoulon, l'extrémité occidentale de Bantam.

L'extrémité Sud-Ouest de la résidence de Bantam consiste en une presqu'île, séparée par la Welkomst-Baai de la chaîne décrite plus haut, et qui se rattache vers l'Est à la terre ferme de Java, par une bande marécageuse peu élevée. Cette zone basse a une largeur de 1800 mètres; le long de la c6te Sud on trouve des dunes qui, au signal Pasir Bountoung, ont 14 mètres de hauteur.

La presqu'île doit être divisée en une portion basse, orientale et en une partie occidentale, élevée. Les deux moitiés se tiennerit par une arête étroite, le Këndéng, de 100 mètres d'altitude, qui entre le terrain marécageux des rivières Tii Dioungkoulon et Tii Tioukang galih à la côte Nord, et celui du Tii Bounar à la côte Sud, n'a que 11 00 mètres de laideur. La partie orientale, la plus grande, est un plateau qui s'élève au centre, au Pasir Tëlantia, à l'altitude de 100 à 140 mètres; il consiste, comme le Poulou Peutiang ou l'île des mouettes, en argiles et marnes tendres, qu'il faut ranger dans l'étage m^. Au signal Dioungkoulon, on a recueilli des échantillons (No, 2005} de marnes tendres, jaunes, qui contiennent un peu de débris altérés de roche éruptive et dans lesquels, à la loupe, on découvre de nombreux petits Fossiles qu'on ne saurait déterminer exactement.

La petite moitié, celle de l'Ouest, de la presqu'île, consiste en un terrain de hautes montagnes, constitué au Sud par un cône irrégulier qui s'élève à l'altitude de 480 mètres au signal Gg. Païoung. Ce cône se prolonge, vers le Nord-Ouest, en une arête de 60 à 120 mètres d'altitude, qui aboutit aux deux caps Tandioung Laïar ou i< pointe de Java et Tandioung Guèdé ou Java-hoofd.

Cette extrémité occidentale de Java a été visitée par JUNGHUHN qui la décrit sommairement dans son ,,Java" Il pp. 7 et 8 de l'édition hollandaise et p. 7 de l'cdit. allemande. Les échantillons qu'il y a recueillis ont été ^alysés par M. Behrens et décrits dans les ,,Beitrâge

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zur Pétrographie des Indischen Archipels, zweites Stûck,," pp. 3. et 4. Dans le „Natuurkundig Tijdschrift van Ned.-Indië," Tome IX 1855, pp. 49 à 52, figure un rapport succinct de l'ingénieur des mines Aquasi Boachi, qui a visité cette presqu'île pour y rechercher des gisements de charbon, dont des échantillons avaient été apportés à Batavia. Dans les „Nieuwe geologische ontdekkingen op Java" par MM, Verbeek et Fennema, ont été décrits des échantillons de perlite que M. l'ingénieur des mines HOOZE avait récoltés sur le rocher de ta i« pointe de Java, et cette description a été reproduite, entre autres, dans le „Jaarboek van het Mijnwezen" 1882, I,

Toute cette presqu'île occidentale consiste en roches sédimentaires qui, en général, correspondent entièrement à celles que l'on rencontre ailleurs, à Java, dans l'étage m,, et entre lesquelles, près de la r^ pointe de Java, sont enclavées des masses éruptives.

Le long de la côte Nord on trouve constamment, depuis la rivière Dioungkoulon jusqu'à la i' pointe de Java, des grès compacts, des roches tufïeuses dures et des grès marneux gris sombre ; les couches de brèches n'apparaissent que de temps en temps, et les gros morceaux d'andésite et de brèche d'andésite sont aussi relativement rares dans le Ht des petites rivières. Sous le gravier des cours d'eau, on trouve çà et là des morceaux de charbon, qui proviennent des couches décrites par Boachi. Entre les rivières Dioungkoulon et Tii Kouïa, sur ie rivage, on a fait la lecture D. = 115°, I. := 15° au Nord; plus à l'ouest dans le lit du Tii Tiadas, D. ^ 138", 1. ^ 44' au Nord-Est; et plus loin encore, dans le Tii Këmbang, D. = 165', 1. = 10° à l'Est.

La i« pointe de Java consiste en bancs épais d'argites compactes, silicifiées; et en un seul endroit, on trouve la roche perlitique décrite par M. Verbeek. Dans les bancs silicifiés, on a observé D. ^ 22°, l. = 51" à l'Est-Sud-Est. Les couches y semblent interrompues suivant une faille parallèle à \a. ligne qui joint l'île des Princes au Krakatau et au bord d'éboulement de la chaîne de Hondié. Par suite de dénudation insuffisante, il n'est pas possible de constater si la perlite y forme un filon ou bien une couche interposée dans les brèches. Ce dernier cas est le plus vraisemblable.

Si de la i« pointe de Java on se dirige au Sud, on trouve, déjà à Tandioung Batou kouning, de la roche éruptive massive, dans laquelle existent çà et là des veines de quartz; cette roche reste toujours nettement dénudée le long de la côte, et forme, à Tandioung Guëdé ou Java-hoofd, un rocher abrupt, de 50 mètres de haut, qui vers le Sud- Ouest s'avance de 400 mètres dans la mer.

A moins de 300 mètres à l'est de ce rocher, on observe, au rivage Sud, la même roche éruptive, .sous forme de banc au-dessus d'arg[îles blanches et de grès gris clair, dans lesquels on a constaté D. ^ 108°,

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I. = iS" au "Sud. Plus au sud-est, on trouve aussi, dénudés en divers points le long du rivage, du grès et des grès marneux vert sombre, qui inclinent constamment au Sud ou au Sud-Ouest. Entre les rivières Tii Bouniaga et Tîi Raméa, on a observé D. = 140°, I. = 30° au Sud- Ouest. Jusqu'à une distance de plus de 1500 mètres du Java-hoofd, on voit dans le toit de ces grès une multitude d'écueils que les vagues rendent inaccessibles; il est fort probable qu'ils consistent en roche éruptive massive et forment le prolongement, du banc que l'on voit couché sur les grès, tout près du Java-hoofd. En suivant le rivage plus au Sud-Est, on voit commencer, près de Tandioung Sari, la côte abrupte, rocheuse, du versant occidental du Gg. Païoung déjà décrit par JuNGHUHN. Les couches y ont une position sensiblement verticale; D. = 172"; elles consistent en brèches, grès marneux verts, grès tuffeux durs et marnes sïlicihées. M. Behrens avait déjà signalé (I. c, p. 3) que les ,, aiguilles de trachyte" dont JUNGHUHN avait fait mention, et qui sont enclavées dans le grès, consistent en débris d'andésite reliés par du calcaire et contenant de nombreux restes d'organismes. Les échantillons suivants ont été recueillis dans cette presqu'île. Le No. 1962 a été détaché dans des couches massives, à la cdte Nord, dans le lit du Tii Tiadas. La roche est un grès d'un grain grossier, formé de morceaux arrondis de quartz et de feldspath, et dans lequel sont englobés des fragments anguleux de roche éruptive, dont la taille atteint jusqu'à 5 centimètres.

Le No. 1963 a été enlevé au rocher sur lequel on a construit le phare de la i* pointe de Java. C'est une roche gris bleuâtre, massive, compacte, silîciliée, dans laquelle on peut distinguer, à la loupe, quelques aiguilles brillantes de feldspath; on y voit aussi de petites cavités, dont les parois sont tapissées d'une mince couche de quartz, et d'autres qui sont totalement remplies d'un beau minéral blanc, plumeux, zéolithique. Au microscope, on voit une pâte trouble, dans laquelle il existe, par ci par là, des particules polarisantes, qu'on ne peut déterminer de plus près; dans cette pâte sont disséminés irrégulièrement des morceaux de feldspath, de chlorite, de minerai de (er et de pyrite. La roche est apparemment une argile silictiiêe.

Le No. 1964 est la même per/ite que M. Vebbeek a décrite en détail. Dans cette roche, on n'observe aucune stratification ; maïs toute la masse est contenue dans le toit des couches argileuses silicifiées, d'où provient l'échantillon précédent. Au microscope, on voit une pâte consistant en verre limpide à nombreuses fentes perlitiques ; le long de ces fissures, le verre est brun et trouble par décomposition. En cristaux porphyriques, on observe dans cette pâte de la hornblende, de l'hypersthène, du minerai de fer et du plagioclase. Ainsi que M. Verbeek l'a signalé déjà, cette roche contient 7.37 % d'eau.

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■ Le No. 1965 a été recueilli au rocher près Tandioung B<^ou kouning; et à 500 mètres plus au Sud, au rocher escarpé du Java-hoofd. C'est un basalte. '

Le No. 1967 est originaire du banc de roche éniptive qui repose, à plus de 350 mètres vers l'Est, sur des argiles blanches (No. 1966). C'est une roche sombre, parfois un peu poreuse, dans laquelle, à la loupe, on peut distinguer de nombreux feldspaths, peu de pyroxène, et çà et là un cristal d'olivine. Au microscope, c'est un basalte tant soit peu altéré, dont la pâte est presque entièrement cristalline. Au Sud de Tandioung Batou kouning existe dans le basalte une veine de quartz. Le No, 1966 a été récolté dans des couches d'argiles blanches et de grès Hns, qui gisent sous un banc de basalte, à plus de 250 mètres à l'Est du Java-hoofd. Cette argile est de teinte gris clair; elle e-st à grains fins et divisée en couches très minces. Au microscope, on voit une pâte brune avec beaucoup de feldspath limpide,' peu de chlorite, du minerai de fer et, çà et là, des taches d'hydroxyde de fer- Le No. 1968 a été recueilli dans des couches Ae grès marneux durs, vert sombre, qui apparaissent au rivage, à 2000 mètres au sud-est du Java-hoofd. Au microscope, on voit des fragments, anguleux ou arrondis, d'hypersthène limpide et d'augite, du plagioclase très clair, des morceaux de pâte d'andésite ou de basalte à microlithes ; le tout est aggloméré par un ciment abondant de calcaire spathique cristallin, d'un grain fin; c'est un gravier d'andésite relié par du calcaire.

Le No. 1969 a été recueilli dans la brèche, près de Tandioung Tiikaret, au versant occidental du Gg. Païoung. C'est une roche sombre, compacte, dans laquelle on ne voit que de fines aiguilles brillantes de feldspath. Au microscope, on remarque qu'elle est très altérée; on y voit beaucoup de chlorite et de calcaire spathique comme produits de décomposition, et on ne saurait déterminer avec certitude si c'est une andésite ou un basai tell. L'étage marneux m^.

Les couches de l'étage m^ forment, dans la moitié méridionale de cette résidence, un vaste pays de collines, légèrement ondulé, que nous décrirons en deux parties, savoir:

1. le terrain marneux qui s'étend au nord du terrain brécheux du sud-e-st, entre la frontière de Batavia et Gounoungkëntiana, et

2. le pays de collines du district de Tiibalioung, qui s'étend à l'ouest du terrain brécheux jusqu'à la chaîne de Hondié.

Les couches marneuses à fossiles, qui apparaissent, sur une petite étendue, au nord-ouest de Baïah, ont déjà été traitées à propos du terrain houiller de Baïah, et le peu que l'on connaisse des marnes et des grès argileus de la presqu'île occidentale et de Poulou Peutiang ou île des mouettes,

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a déjà été communiqué lors de la description des couches de l'étage brécheux qui y affleurent.

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