Cimes d'andésite au Sud de Gandasoulr et de Tirreunghas
Si l'on voyage en chemin de fer de Soukaboumi à Tiandiour, le regard tombe, au delà de la halte de Gandasouli, au Sud de la voie, sur quelques montagnes arides, s’élevant comme des dômes dans le pays de collines qui s'étend devant le bord septentrional escarpé du haut plateau de Takokak. La chaîne, qui porte les sommets Kéroud (770 m.) et Masiguit (790 m.) est isolée au milieu de ce pays de collines dont l'altitude moyenne est de plus de 600 mètres. La cime Astana (1000 m.) et la chaîne Pogor-Gombong, avec le signal Pogor II (1003 m.), sont très escarpées vers le Nord, l'Est et l'Ouest; mais au Sud, elles se confondent lentement avec le haut plateau. Toutes ces cimes consistent en roche éruptive massive, qu'environnent et que recouvrent de toutes parts des bancs de brèches et de grès de l'étage m,; ces bancs ont généralement une direction Est-Ouest, et sont fortement plissés, surtout vers le Nord. Le haut plateau du Sud est constitué aussi des mêmes brèches et grès; et comme il est à l’altitude de 1000 à 1300 mètres, des cimes
d’andésite telles que l'Astana et le Pogor Il, seraient plus au Sud, totalement ensevelies sous ces couches neptuniennes, et la roche massive ne pourrait arriver à la surface que dans les lits de quelques rivières profondement encaissées. Et en effet, cette couverture a réellement existé; le haut plateau s’étendait alors plus au Nord, jusqu'à l'endroit où il est limité par une faille, signalée par la vallée du Ti Mandiri. Par l'effet de l'érosion, ce plateau s'est éboulé vers les bords; et c'est ainsi que les parois de roche éruptive, hautes de plus ‘de 300"mètres, de l’Astana et du Posor Hhontrété mises" découvert.
À l'œil nu, les échantillons (Nos. 1124 à 1127) qui ont été rassemblés 1c1, sont altérés à des degrés différents; mais, au microscope, ils offrent tous la même image. Ce sont des andésites à pyroxène et à hornblende assez altérées, qui contiennent parfois un peu de mica brun. Les sections de hornblende sont ordinairement remplies de particules chloriteuses; et le pyroxène aussi est souvent décomposé, en partie, en une matière verte:
A quatre kilomètres et demi au Sud-Est du Pasir Pogor Il, sur le haut plateau, près de l'établissement Gounoungméëlati, la rivière fu Bingbin a creusé son lit jusqu'au niveau de 1000 mètres, et, sur une étendue de plus de 30 mètres, la roche éruptive massive y est très bien dénudée. Au microscope, on voit dans ces échantillons (No. 1128), à côté d'augite inaltérée, des sections vertes, troubles, qui consistent en chlorite et en épidote, originaires probablement d'hypersthène, mais peut-être aussi de hornblende. On y observe encore les éléments habituels, ainsi que de la pyrite. La roche est donc une andésite à pyroxène.
Encore 3 kilomètres plus au Sud-Est, la roche éruptive massive (No: :r120)!'ést bien à découvertdans le litädu Tu Dano etidu lui Kondang, tout près de leur confluent (au niveau de 1000 m.). De même que la roche précédente, c’est une andésite à pyroxène, ancienne, typique, mais assez altérée.
Si l'on continue par la voie ferrée, dans la direction de Tuandiour, on aperçoit un peu en decà de la halte Tibébër un petit sommet avancé, le Pitioung (560 m. d’alt. et 90 m. de hauteur au-dessus de la plaine) qui se dresse en pente raide dans la sawah. Cette cime consiste en une roche éruptive massive, sombre (No. 1130), dans laquelle on distingue, à l'œil nu, des morceaux de serpentine, dont la taille atteint même 6 mm., et beaucoup de calcite secondaire. A la loupe, on voit des aiguilles de feldspath et des grains d’augite. Au microscope, la roche est très altérée; c'est probablement un basalte, dont toute l’olivine est changée en serpentine.
La roche éruptive massive apparaît sous la brèche en d’autres points
encore le long de la voie ferrée, à l’ouest de Tibébér, notamment près de la borne kilométrique 81 et près de la borne 78.5. Au premier point rocher estidivisée envbelles plaques} dont D— 85, 1. — 20° au Sud. Les deux échantillons (Nos. 1131 et 1132) ressemblent à la roche du Pitioung; ce sont des basaltes désagrégés; dans le dernier numéro, les olivines ont un bord brun et sont remplies de chlorite à l'intérieur.