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Petites cimes d'andésite autour de la plaine de Bandouns

La partie occidentale de la plaine bien connue de Bandoung est presque totalement environnée de montagnes miocènes, qui se composent, au Nord et au Sud, de brèches et de grès de l'étage m, ; à l'Ouest, dans le prolongement de la plaine, elles consistent en argiles et marnes de l'étage m,. Au bord Sud de la partie orientale, la plus grande, de la plaine, le terrain miocène m, affleure sur une longueur de plus de 12 kilomètres.

Dans ce terrain brècheux il se dresse, en divers endroits, de petites cimes pointues, qui consistent en roche éruptive massive et que nous allons énumérer successivement.

Si de Radiamandala on monte vers la plaine de Bandoung par la grande route postale, on voit à Tiisitou des bancs alternants de brèches et de calcaire (étage m,), qui sont souvent fort redressés et entre lesquels, en certains points, l'éocène existe probablement à une faible profondeur en dessous de la surface. Un peu à l'ouest du poste Tiisitou et au sud de la route, s'élève, dans ce terrain, une petite cime en coupole, le Tanggouloun (650 m.), au pied d'un mur escarpé de calcaire qui, à Pasir Bëndé, atteint une altitude de 800 mêtres. Cette cime consiste en roche éruptive massive (No. 1133). A l'œil nu, on aperçoit, dans cette roche, une pâte vert grisâtre, dans laquelle sont disséminés des cristaux de plagioclase et de hornblende. Au microscope, elle paraît très altérée; les plagioclases polarisent encore, mais sont troubles; quelques cristaux de hornblende sont encore assez frais, mais d’autres sont décomposés entièrement en un agrégat d’augite, de chlorite et de mica. C'est une andésite à hornblende altérée.

Au bord Sud de la portion occidentale de la plaine de Bandoung est situé le chef-lieu de district Tiülilin. Au Sud de cette localité se dresse la cime abrupte Guëgér poulous, à 900 mètres d'altitude et à 230 mètres au-dessus de la plaine. Cette cime consiste en une roche vert grisâtre (No. 1134), dans laquelle, à la loupe, on découvre de nombreuse cavités, qui se sont probablement formées par la dissolution d'hypersthène, ou peut-être d’olivine. Au microscope on voit, dans une pâte à verre noir, grenu, des cristaux très nombreux de plagioclase; de l’hypersthène profondément modifié; peu d’augite, et de la serpentine à teintes vertes ou brunes, qui est peut-être un produit de décomposition de l’olivine. C'est une andésite à pyroxène.

A peu près à 6 kilomètres plus au Sud, tout près de la plane, s'élève une cime pareille, le Bondiot, qui atteint l'altitude de 990 mètres et une hauteur de 300 mètres au-dessus de la plaine. La roche (No. 1135) dont elle se compose, est fort altérée. A l’œil nu, on y distingue des feldspaths ternes et des aiguilles noir terne de hornblende. Au microscope on observe une pâte d'andésite désagrégée, dans laquelle se trouvent du plagioclase trouble, et de gros cristaux à contours de hornblende, dont la substance a été décomposée en un mélange grenu, de teinte vert terne; il y existe probablement aussi un peu d'augite. C'est une andésite à hornblende.

A l’est de Tiiséndawout, près de Houlousitou, au bord de la plaine, de la roche éruptive est aussi à découvert sous la brèche.

A l'endroit où le Tii Taroum s’est creusé un lit dans l’arête brècheuse qui sépare les portions Est et Ouest de la plaine de Bandoung, une roche massive affleure encore à la cascade, près du mont Koukousan. Cette roche (No. 1136) est probablement une andésite à hornblende ; mais elle est trop altérée pour une analyse exacte.

Dans le terrain brècheux qui s'étend au Sud de la partie orientale de la plaine de Bandoung, les trois cimes les plus hautes, le Gueulis (1140 m,), le Diëlékong (signal 1068 m.), et le Nini (signal 1092 m.) se composent de roche éruptive massive.

Le No. 1137 du Diélékong est une roche gris clair, à grain fin, avec beaucoup de feldspath terne. Au microscope, on reconnaît une andésite à pyroxène hornblendifère.

8. Cimes d'andésite du terrain brècheux au Sud de la série volcanique Kendèng Louhour—Trikouraï.

Le vaste haut-plateau volcanique qui, au Sud de la plaine de Bandoung, se prolonge sans interruption du volcan Kéndëng Louhour jusqu'au Tükouraï, est borné au Sud par des brèches miocènes de l'étage m,. Primitivement, celles-ci constituaient un haut-plateau qui, vers le Nord, s'élevait à l'altitude de 1600 à 1900 mètres et qui descendait lentement vers le Sud. Toutefois, des rivières nombreuses ont creusé leur lit dans ce terrain, à des centaines de mètres de profondeur; et c’est ainsi que ce plateau s’est transformé en un terrain, très accidenté, qui au-dessus de l'altitude de 1000 mètres est à peu près complètement inhabité. Les brèches y reposent aussi sur l’andésite; et, dans un grand nombre de lits de rivières, la roche compacte sous-jacente est à nu. L'andésite apparaît encore en certains points, sous forme de cimes qui s'élèvent au milieu des brèches.

C'est ainsi que sur la route qui, du district de Tiidamar, conduit par Tilowa et Parigui vers l'exploitation de quinquina de l'Etat, Kawah Tiwidéi, à l’est du Patouha, on voit, vers le Nord, les sommets escarpés Kounti (1801 m.), Sélak (1800 m.), et Kérëdout (1740 m.), qui très

probablement consistent totalement en roche massive. La cime Simpang, au flanc oriental (1802 m.), se compose apparemment aussi d'andésite compacte.

Sur la route, la roche massive est bien à découvert dans le lit de la rivière, à l'endroit où se réunissent le Tin Pandak koulon et le Ti Pandak wétan, à l’est du hameau Parigui, à 830 mètres d'altitude. C’est une roche foncée (No. 1138), dans laquelle on distingue de nombreux feldspaths. Au microscope, c’est une andésite à pyroxène, assez altérée, pauvre en gros cristaux de pyroxène, et dans laquelle on peut reconnaître de rares petites olivines altérées.

Plus à l'Est, à la limite méridionale de la culture de quinquina Tiülaki, une roche massive vient au jour dans le Ti Laki leutik. Dans les échantillons (No. 1139) on distingue, à la loupe, une pâte foncée, dans laquelle sont contenus, en cristaux porphyriques, non seulement du feldspath et du pyroxène, mais encore des olivines vertes à éclat gras. Au microscope, on observe dans cette pâte de grands microlithes de feldspath, enserrant du verre grenu; l’olivine porphyrique est, en grande partie, décomposée en serpentine; mais dans un grand nombre de fragments on peut encore fort bien reconnaître un noyau polarisant; à côté de l’augite, il se montre aussi de l'hypersthène. La roche est donc un basalte.

Plus en aval, le lit du Ti Laki est, sur une grande distance, creusé jusque dans la roche massive; entre autres près Pamoïanan, où l’on a détaché, dans le lit, des fragments d'une andésite à pyroxène (No. 1140) désagrégée, qui contiennent beaucoup d’hypersthène.

Sur la route dont il a déjà été question, qui conduit de Tülaki au Sud vers le chef-lieu de sous-district Tiiséwou, en Tiidamar, on trouve de l’andésite au versant du mont Pountiak diamaka, et il est probable que toute la cime Tiantigui (1340 m.) se compose de cette roche. Dans des échantillons (No. 1141) du Pountiak diamaka, on voit, à l'œil nu, une pâte grise à grains nombreux de feldspath et d’augite. Au microscope, on reconnaît une andésite à pyroxène passablement fraiche, avec beaucoup d’hypersthène.

Encore plus en aval, au confluent du Tii Kahouripan et du Ti Laki, rive droite, la roche est de nouveau dénudée sur une grande distance dans le lit de la rivière. Là où la route de Tiiséwou à Tulaki se rapproche de la vallée de la rivière, les bords très escarpés de celle-ci consistent en roche massive jusqu'à une hauteur de 100 à 150 mètres au-dessus de son niveau.

À six kilomètres et demi au Sud-Ouest de Tiséwou s'élève, sur Île versant escarpé qui conduit du haut plateau vers le lit de la rivière, un rocher abrupt, à parois sensiblement verticales: c'est le Toumpang, qui se dresse à une altitude de 450 mètres et à une hauteur de 170 mètres

an-dessus du terrain environnant. Celui-ci ne consiste plus en brèches, mais en couches alternatives de marnes et de grès argileux de l'étage m,, à peu près horizontales.

On a récolté des échantillons sur la cime Toumpang et dans le lit du Tu Laki, près de la rivière Ti Kawoung diangkoung, à 4% kilomètres au nord de Tuséwou.

La roche (No. 1142) du Toumpang ressemble à celle du Pountiak diamaka. Au microscope, c'est une andésite à pyroxène assez désagrégée dans laquelle il existe quelques olivines serpentinisées.

La roche (No. 1143) du Ti Kawoung diangkoung, dont un échantillon a été détaché dans le lit de la rivière, se divise irrégulièrement en prismes. Elle est fibreuse dans la cassure, et dans la pâte compacte, foncée, on ne distingue, à l'œil nu, que quelques cristaux. Au miICroscope, on voit une pâte d'un grenu excessivement fin, à structure fluidale, dans laquelle se montrent, à l'état porphyrique, du plagioclase, de l'augite, du minerai de fer et quelques gros cristaux d'olivine complètement serpentinisée. C'est un basalte.

Un autre échantillon (encore No. 1143) a été enlevé à la paroi abrupte, un peu au Sud de la rivière Ti Kawoung diangkoung ; c'est une roche vert grisâtre très altérée ; dans des cavités amygdaloïdes irrégulières 1] s'est déposé un minéral secondaire terreux, blanc. Au microscope, on reconnaît encore un basalte altéré; le minéral secondaire est un mélange de zéolithe et de calcaire spathique.

Plus à l'Est, dans le lit du Tu Laïou, près du confluent de cette rivière et du Tii Bodas, la roche massive vient encore au jour. En ces endroit jaillissent diverses sources thermales; et les grès, qui reposent sur la roche, sont très silicifiés tout près du contact.

Les échantillons (No. 1144), récoltés en cet endroit paraissent cristallins et d’un grain fin; ils ont un bel éclat. Au microscope, on voit un mélange cristallin, grenu, sans pâte, de plagioclase, augite et magnétite. L'augite présente divers degrés de décomposition ; certains cristaux sont transformés en ouralite; mais la plupart ont subi une décomposition plus avancée et toute la substance est changée en chlorite avec un peu de mica brun. C'est une andésite augilique grenue, cristalline, à caractère de diabase.

9. Points d'afleurement de la roche éruptive ancienne, dans les sections de Soukapoura kolot et Soukapoura.

Le terrain brècheux, dont il a été parlé plus haut, s’abaisse au Sud du volcan Tiükouraï et disparaît, plus à l'Est, sous les couches plus récentes de l'étage m,. Cependant, dans le prolongement de la série de montagnes que nous avons décrite, au Sud de Manondiaïa, le terrain brècheux vient affleurer de nouveau sur une grande étendue; et, au Gg. Bongkok et au Gg. Kémbang, il atteint des altitudes de 1143 et de 1oo1 mètres. De même que dans les terrains décrits précédemment, il

s'y dresse dans la brèche quelques cimes de roche massive; et, en divers points, cette roche sous-jacente est à découvert dans le lit des rivières.

Plus au Sud, là où l'étage m, est recouvert par les couches plus HÉcenresmdes étapes m,\vet m,, et surtoutpresuide, lt cote. Sud,,les rivières ont creusé leur lit jusque dans le terrain brècheux sous-jacent et elles y ont même mis à nu, Çà et là, la roche éruptive massive. Il arrive encore que sous les couches m, on rencontre directement l’andésite compacte, et que par conséquent m, fasse défaut. Tout près de la côte, m, manque d'ordinaire, et l'étage calcareux m, repose immédiatement sur la brèche, ou sur la roche éruptive.

Dans le district de Kandang wéësi, à 6 kilomètres à l’est de l’ancien chef-lieu Boungboulan, s'élèvent deux cimes abruptes qui consistent en roche éruptive massive. Le Waïang, au Nord, a une altitude de 820 mètres et s'élève à 120 mètres au-dessus du terrain environnant. Le sommet le plus méridional, le Lingga, a une altitude de 730 mètres; et du côté Sud, on y voit un mur de roche massive, haut de plus de 100 mètres. Si l’on examine les cartes du service topographique, échelle 1 : 20.000, on conclut de l'altitude des terrains brècheux environnants, qu'en cet endroit aussi la roche massive a été recouverte par des brèches et des grès et que les cimes ont été mises à nu par l'érosion.

A six kilomètres au Nord-Est, tout près du chef-lieu de district actuel Pakendieng, la roche massive affleure encore dans le lit de la rivière Tu Kandang et dans celui de son affluent de droite, le Tu Boutarouwa. La roche (No. 1145) du Waïang est gris bleuâtre, poreuse çà et là, et contient de beaux rectangles de feldspath, qui lui donnent l'apparence d'une andésite volcanique. Au microscope, cette roche est très fraîche; la pâte consiste en un feutrage gris de microlithes à grains de minerai de fer, dans lequel existent en cristaux phorphyriques de beaux feldspaths, des hypersthènes altérés, de petites augites et du minerai de fer. C’est une andésite à pyroxène. \

La roche (No. 1146) du Tu Kandang est fort désagrégée et contient de la pyrite dans de nombreuses crevasses. Même dans les parties les moins altérées, on voit, au microscope, que le pyroxène est décomposé en un minéral fibreux, qui, à son tour, se change en chlorite. Il se présente quelques olivines qui, au centre, sont devenues fibreuses et de teinte vert clair et sont entourées d'une bordure de minerai de fer. Dans la pâte, il y a beaucoup de ce minerai et de chlorite. C’est une andésite à pyroxène olivinifère.

Plus au Sud-Est, tout près du chef-lieu de sous-district Tiisompet, à 12 kilomètres de la côte Sud, deux cimes abruptes s'élèvent dans la brèche. Celle du Nord se nomme Gg. Batou bouliguir; celle du Sud, Gg. Batou tout court. Elles ne sont qu'à une distance de 700 mètres l’une

dé l'autre. La cime septentrionale s'élève à l'altitude de 480 mètres; celle du Sud, à 440 mètres; dans l'une et l’autre on observe des parois escarpées de roche massive, de 60 à 70 mètres de hauteur. Les échantillons (No. 1147) recueillis au Gg. Batou bouliguir sont de /'andésite à pyroxène très altérée.

Plus à l'Est, à près de 4 kilomètres à l’est du chef-lieu de district Bandiarwangui, se dresse le sommet escarpé Loumboung, qui consiste en roche éruptive massive; il s'élève à l'altitude de 1220 mètres, et à une hauteur de 220 à 300 mêtres au-dessus du terrain brècheux qui l'environne. Tout près de Bandiarwangui, on trouve encore, dans le lit des rivières Ti Kaëngan et Tu Ouduan, un affleurement de cette roche.

La roche (No. 1148) du Loumboung est gris foncé, çà et là un peu poreuse; elle présente quelques parties tout-à-fait compactes, plus foncées. Au microscope, on voit une pâte composée de microlithes de feldspath et de pyroxène, de grains fins de minerai de fer et d'un peu de verre; dans cette pâte sont compris des cristaux porphyriques de plagioclase, des hypersthènes fortement pléochroïques, des augites vert clair, quelques grands cristaux de hornblende à bord terne et du minerai de fer. C'est une andésite à pyroxène hornblendifère.

L'échantillon de la roche (No. 1149) récolté dans le Tii Oudiian près Bandiarwangui est de teinte vert grisâtre; elle se compose d'une pâte compacte dans laquelle est disséminé, à l'état porphyrique, assez bien de feldspath vitreux, mais peu de pyroxène. Au microscope, c'est une andésite à pyroxène commune.

Plus à l'Est, à 34 kilomètres au Sud du chef-lieu de district Soukaradia, on a rencontré de la roche éruptive massive dans la petite rivière Ti Katoulampa, non loin de son confluent avec le Tii Woulan. On peut appeler cette roche (No. 1150) une andésite olivinifère où un basalte.

Dans la chaîne qui s'étend au sud de Manondiaïa, on n'a pas rencontré de cimes d’andésite isolées. La roche massive n’est dénudée que dans le lit du Tii Pinaha, près du village de ce nom, et dans le Ti Séël, à plus de 2 kilomètres au nord de Singkoup, près de son confluent avec le Tii Pépéndil. Les deux rivières prennent leur source au Gg. Bongkok (1142 m.); la roche massive est à découvert à l'altitude de 630 mètres et à celle de 470 mètres. La roche (No. 1151) du Tu Pinaha est très fraîche et a un bel éclat de pechstein. Au microscope on reconnaît une andésite à pyroxène fraîche, contenant plus d'hypersthène que d’augite.

La roche (No. 1152) du Tu Séël a l'air d'être plus altérée ; au microscope, on observe que c'est aussi une andésite à pyroxène commune, mais quelque peu altérée.

mt

Plus près de la côte Sud, on trouve la roche éruptive massive, sous une couverture des étages plus récents m, et m,, aux endroits suivants.

Dans la vallée du Ti Langla, à 4 kilomètres au Nord-Ouest du cheflieu de district Parakanhondié, à Pandawa téngah, affleure la roche No. 1153. C'est un basalte. Plus en aval, une roche massive apparaît près de Tiourougneukteuk, à l'endroit où la route de Bantarkalong à Tubatou, par Tipari, traverse la rivière; et dans l’affluent de droite Tu Beureum, à plus de 600 mètres de distance du kampoung Tiikangkarang.

La roche (No. 1154) du Tu Langla présente une division en prismes; les échantillons ont l'apparence d'une lave terne, vert grisâtre, ayant fort peu de cavités, et dans laquelle on ne voit que quelques aiguilles de feldspath. Au microscope, on observe une pâte formée de microlithes très nombreux de feldspath, de fibres vertes, de minerai de fer et d’un peu de verre; dans cette pâte sont largement espacés de beaux cristaux de plagioclase, du pyroxène et de nombreuses petites particules de serpentine vert terne, issues probablement d'olivine, bien que la forme de ce minéral ne soit distincte nulle part. C’est donc un basalte.

La roche (No. 1155) du Ti Beureum était déjà connue du temps de JUNGHUHN (Java, 3e partie; Edit. hollandaise p. 401; édition allemande, p. 260) surtout pour le wznerat de manganèse (No. 1752) qui se présente dans la brèche, tout près du contact avec la roche massive et dans cette dernière roche elle-même: elle est très semblable à la roche du Tu Langla décrite plus haut; c’est aussi un basalte.

Plus en aval, à une distance de la côte qui ne dépasse pas 9 kilomètres mem Pangla perce en aval detson contluent avec lei Dialou, les couches brècheuses de l'étage m,, qui apparaissent dans la crête du Tendiolaout. En amont du kampoung Leuwinanggoung, la rivière a creusé une tranchée jusque dans la roche éruptive massive plus profonde. Celle-ci est une andésite à pyroxène assez altérée (No. 1156), à pâte microcristalline.

Enépeunplusteà Est tà 81"bons kilomètres de la côte, une roche massive est à découvert dans le Ti Kiding, un petit affluent de droite du Ti Woulan, ainsi qu’au rivage de la mer, à Karang baïawak, à peu près à mi-chemin entre les embouchures du Ti Langla et du Tu Woulan. Les deux roches se divisent en prismes ; à la côte, les prismes ont une pente faible vers le Nord-Est.

La roche (No. 1157) du Ti Kidüng est fort désagrégée; dans une pâte trouble, formée de particules de feldspath, de calcaire spathique et de chlorite, on trouve, en cristaux porphyriques, des aiguilles de feldspath, des augites qui sont toutes décomposées en chlorite et spath calcaire, de la leucoxène et du quartz. C’est une andésite à pyroxène altérée, ou une drabase.

Les échantillons (No. 1158), recueillis à la côte, ont un éclat terne de pechsteim; à la loupe, on ne voit que des aiguilles cristallines extrêmement petites. Au microscope, on distingue une pâte formée de microlthes de feldspath, de particules troubles, vertes et d’un peu de verre, dans laquelle se montrent de gros cristaux de feldspath, mais où les augites ou les olivines fraîches font défaut. De nombreuses masses fibreuses, vertes, peuvent provenir de ces deux minéraux. La roche peut être une andésite à pyroxène aussi bien qu'un basalte.

Plus à l'Est, en divers endroits des Préanguer, la brèche fait encore apparition sous les étages m, et m, qui la couvrent; mais on n'y connaît pas de gisements de roche éruptive.

10. Affleurements d'andésite dans les districts de Diampang et en Tidamar.

Dans la partie Sud-Ouest des Préanguer, où le haut plateau de Pasawahan descend lentement vers la côte Sud, n'existent nulle part des cimes saillantes de roche massive; mais par contre, celle-ci apparaît en un très grand nombre d’endroits dans le lit profondement encaissé des rivières. C’est surtout dans le bassin du Tu Kaso, rivière frontière des districts de Diampang koulon et Diampang téngah, qu'on connaît de pareils affleurements en un grand nombre de points.

Si l'on remonte le cours du Tn Kaso, depuis son confluent avec le Tu Seureuh, près du hameau Tiilopang, on trouve la roche (No. 1159) dans le lit de la rivière, à environ deux cent mètres en amont du kampoung. C’est un basalte d'un grain assez grossier, dont le feldspath est assez frais; l’augite, vert-clair; l’olivine, décomposée en serpentine verte et brun rougeâtre, et dont le minerai de fer affecte parfois la forme de bâtonnets longs et étroits. Ce basalte est recouvert par des couches presque horizontales de l'étage m,; mais entre la roche massive et le calcaires marneux, jaune, tendre, reposent des conglomérats et des grès compacts, qui toutefois n’ont pas plus de 10 à 20 mètres d'épaisseur. Si l’on continue à remonter le lit de la rivière, on y trouve, jusque près du hameau Tukidang, constamment la roche massive ou la couverture peu épaisse de grès, et dans les rives élevées et abruptes le calcaire marneux jaune.

Si l’on examine le lit de l’affluent Tii Seureuh, entre Bodiongguënteng (150 m.) et Tisourou (200 m.), on trouve aussi de la roche massive, mais dont l’apparence est cependant quelque peu différente.

Des bancs épais de cette roche, qui est divisée en prismes perpendiculaires aux faces des couches, y reposent entre de la brèche très compacte, dans laquelle on ne distingue pas la moindre trace d’un ciment reliant les blocs. Parfois la structure de la brèche ressemble à une division en polyèdres irréguliers, que l’altération a rendue très distincte. La plupart des fragments sont compacts; mais quelques-

uns présentent de nombreuses cavités irrégulières. Sur une distance de 120 mètres, on compte, dans la brèche, 8 bancs de roche compacte, ÉpHndensua 10 mètres. Dans ces bancs, on. a observé, près de

Disoucou D'— 82° 1 — 45" au Sud, un peu en amont de Bodiong- DRE DE = ss Ut — 35 au Sud-Ouest ;»et à peu près) à égale distance derces deux points, D. — 88°, [. — 80 au Sud.

Aux bords escarpés de la rivière, jusqu'à une hauteur de 5 à 30 mètres au-dessus de son lit, on trouve de la roche massive, et par dessus du calcaire marneux jaune, en couches sensiblement horizontales.

La roche (No. 1160) du Tii Seureuh est un basalte, à belle structure fluidale; dans la pâte, on voit de nombreux microlithes de feldspath et ‘d’augite, ainsi que du minerai de fer; en cristaux porphyriques, on y observe de gros plagioclases, peu d’augite et de l’olivine, décomposée en majeure partie.

À plus de 3 kilomètres à l’est de l’affleurement dans le Tii Seureuh, une roche massive est encore à découvert dans un petit affluent, le Ti Kiwoul, un peu en aval de Kiwoulguirang, à 150 mètres d'altitude; elle est recouverte par des calcaires marneux jaunes. Cette roche (No. 1101) se reconnaît, au microscope, pour une andésite à pyroxène. La pâte consiste en verre avec de nombreux microlithes, très petits, et du minerai de fer; dans cette pâte sont enveloppés des cristaux de plagioclase à inclusions nombreuses ; de l’hypersthène à bords sombres et décomposé le long des cassures; de l’augite et du minerai de fer.

Dans la vallée du Tu Seureuh, la roche massive est encore à nu plus en amont, à l’est de Tiimanggou. Sur la route de Tutiouroug à Tiiwalat, on voit, à la surface, des marnes, des conglomérats et des argiles de l'étage m,; mais, dans le lit de la rivière, entre 250 et 300 mètres d'altitude, on rencontre de la roche massive, recouverte irrégulièrement par une mince couche de brèches. Un peu plus à l'Ouest, à la cascade d’une petite rivière, le Ti Nagrog, la roche affleure également ; mais plus à l'Ouest encore, là où l’on passe le Ti Beureum et le Ti Diéroh, on ne voit plus que de la brèche.

La roche (No. 1162) de la cascade du Ti Nagrog est une andésite à pyroxène, dont l'augite est encore fraîche, mais dont l'hypersthène est décomposé en un mélange de chlorite et de calcaire spathique. De petites particules vertes sont peut-être des olivines; mais il est plus vraisemblable qu'elles sont issues d'hypersthène totalement décomposé.

A l'est des affleurements que nous venons de décrire, la roche vient encore au jour dans la rivière principale, le Ti Kaso; entre autres, au sud du pasanggrahan Tiiwalat, dans une crevasse profonde en amont du hameau Bantiarpisang, à l'altitude de 200 à 260 mètres. Les marnes, qui reposent sur la roche, s'y sont modifiées d’une manière singulière.

Plus au Sud, on a rencontré la roche massive dans le lit du Tu Tiouroug, près Bantarkaret, à l'altitude de 150 à 180 mètres.

La roche (No. 1163) du Ti Kaso, près Bantiarpisang, est un basaëte. Dans une pâte riche en verre on voit de nombreux microlithes de feldspath et d’augite, ainsi que du minerai de fer en grains et en petits corps oblongs, disposés en jolies figures. Dans cette pâte, on trouve, à l'état porphyrique des olivines totalement décomposées en serpentine, plutôt brune que verte, beaucoup de plagioclase et peu d'augite verte.

Plus en amont, au passage du sentier de Tutiouroug à Pourabaïa, on rencontre le confluent du Ti Kaso et de son affluent de gauche le Tu Kouroutouk. En amont du hameau Tulimous, la roche massive (No. 1164) est très bien dénudée dans cette rivière, à 400 mètres d'altitude ; elle est divisée en dalles dirigées de l'Est à l'Ouest et qui inclinent de 25° à 30 au Sud. Sur la roche reposent des marnes de l'étage m,, dans lesquellés on a constaté Do gs = Ro a bat Suis pour cette raison qu'il est possible que la roche fasse partie d'un banc interposé.

Au microscope, la roche (No. 1164) paraît très altérée; c’est une andésite à pyroxène, dans laquelle quelques augites et hypersthènes seuls sont frais; la plupart de ces cristaux sont décomposés en chlorite et en bastite.

À l'est du bassin du Tu Kaso, dans celui du Ti Bouni et de ses affluents, de la roche massive affleure encore en quelques points.

Si l’on explore p. ex. le lit du Ti Karang, affluent de droite du Tü Bount, au point où passe la route de Tiüharashas à Tipamingkis, on trouve, sur une grande étendue, de la roche massive entre les localités Tiikarang et Tibinglou. Cet affleurement a particulièrement attiré l'attention, car on y a rencontré des filons de quartz avec pyrite cuivreuse; et, dans la brèche qui le couvre, des filons de quartz avec blende. Des échantillons de cette roche ont été récoltés dans le Tu Karang, à l'endroit où passe la route, à Tikarang; et plus à l'Ouest, dans l’affluent peu important le Tiouktiroukan. L'une et l’autre roche sont des andésites à pyroxène, mais présentent entre elles des différences assez notables.

Dans la première (No. 1165) on découvre distinctement, malgré l'altération, une pâte abondante, consistant en un feutrage de microlithes avec minerai de fer. En cristaux porphyriques, il s’y trouve de l’'hypersthène et de l’augite, qui sont tous deux changés partiellement en bastite et en chlorite; puis, du plagioclase et du minerai de fer.

La deuxième roche (No. 1166) est un mélange entièrement cristallin de plagioclase, augite verte, particules fibreuses vertes issues de pyroxène, épidote jaune et minerai de fer.

Nous avons déjà décrit, sous le numéro 8, les points où l’on connaît des affleurements d’andésite, plus à l'Est, dans le district Tiidamar.

Si l’on examine, à présent, sur la carte, les points où la roche éruptive massive est signalée dans la partie Sud-Ouest des Préanguer, on reconnaît :

que sur une largeur de près de 50 kilomètres, de l'Est à l'Ouest, le lit de chaque rivière importante a entamé, en divers points, la roche massive :

que là où ces affleurements sont situés sensiblement à égale distance de la côte Sud, le niveau auquel on rencontre la roche est à peu près partout le même ;

que ce niveau s'élève régulièrement lorsqu'on se dirige de la côte Sud vers le Nord.

Au point de vue pétrographique, la roche n’est pas la même partout; on rencontre des andésites à pyroxène aussi bien que des basaltes. La masse rocheuse a donc probablement été formée par des éruptions différentes; et elle forme une vaste nappe, qui constitue la base sur laquelle s’est déposée la partie visible du terrain miocène. Il serait impossible de décider, sans des sondages profonds et onéreux, si cette nappe épaisse repose réellement sur des dépôts plus anciens, ainsi que nous l’admettons; ou bien, si en dessous d'elle, on rencontferait encore du miocène.

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