‹ Description géologique de Java et Madoura (volume 3)Chapitre 133 sur 216 · VIII. LE TERRAIN NÉO-TERTIAIRE · texte numérisé non relu

VIII. LE TERRAIN NÉO-TERTIAIRE

Division en étages.

Les grandes éruptions qui ont eu lieu au commencement et même dans le courant de la période m, de l’époque miocène, se sont produites en partie au-dessus, en partie au-dessous de la mer. Autour de la plupart des terrains andésitiques, on trouve un manteau de brèches grossières gisant dans une pâte plus ou moins arénacée, interposées parfois en couches entre les argiles et les grès fins, assez souvent cependant sans stratification nette; dans ce dernier cas, il est très difficile de constater si l’on à affaire, ou bien à des parties d’un ancien volcan édifié au-dessus des eaux, ou à des brèches et conglomérats sédimentaires; car les roches de ces couches miocènes inférieures ne contiennent que très rarement des fossiles.

C’est pourquoi on a, comme il a été dit plus haut, réuni sur la carte toutes ces brèches; et on les à rangées dans l'étage inférieur, bien qu'il eût probablement mieux valu en distraire une partie pour en faire un manteau volcanique tertiaire. D'après la roche prédominante, cet étage a été appelé l'étage brècheux; et sur la carte, il a été figuré sous l'indice m,.

Sur les brèches, etc., reposent, en divers endroits, des roches marneuses tendres, assez souvent riches en fossiles, ce qui constitue une distinction bien franche avec l'étage inférieur, qui ne contient que fort rarement des pétrifications. Il n’est pas toujours possible d'établir une limite bien tranchée d'avec l'étage brècheux, surtout si celui-ci présente, dans ses couches supérieures, beaucoup de grès fins, qui en acquérant une faible teneur en calcaire, commencent alors à ressembler, au point de vue pétrographique, aux grès marneux du second étage. Cette section a été appelée éfage marneux, encore une fois d’après la roche qui s’y présente le plus fréquemment, et on l’a désignée par m,.

Aux marnes de cet étage succèdent des calcaires marneux et des calcaires purs; c’est le membre le plus jeune du système tertiaire à Java; on l’a représenté par m,, et il constitue l’éfage calcareux. La hmite de m, et m, n'est pas non plus toujours très nette, notamment lorsque les marnes supérieures sont fort calcarifères et que les calcaires inférieurs sont très arénacés ou argileux. Il n’est pas rare non plus de trouver à la limite des deux sections (entres autres à Madoura), une succession de couches alternatives de marnes et de calcaires, qu’on peut classer tout aussi bien dans la section moyenne que dans la section supérieure.

Roches de m;.

Presque toutes les roches du terrain miocène contiennent des débris

de roches plus anciennes, principalement des andésites et des basaltes qui forment la base du miocène. Les calcaires eux-mêmes n’en sont pas exclus. L’'étage inférieur contient les roches suivantes, que nous ne signalons que pour mémoire, car elles ont été décrites en détail dans la section II.

Des brèches et des conglomérats à fragments d'andésite et de basalte, parfois aussi de calcaire, gisant dans une pâte fine, qui consiste en débris des mêmes roches éruptives. Ils ont parfois une cohérence énorme.

Des argiles de teintes grises et bleues, consistant également en débris d'andésite altérés, très fins, à particules de kaolin.

Des grès et des brèches à fragments de ponce (loguia, Bantam, etc.), la plupart de teinte claire, même blancs.

Des grès de teintes grises et vertes, consistant presque entièrement . en débris grenus d’andésite. Ils sont parfois plus ou moins calcarifères, ce qu'il faut ‘attribuer à la présence de coquilles de foraminifères. Certains de ces grès se désagrègent en boules; et un examen superficiel peut alors les faire prendre pour des blocs éruptifs, ce qu'ils ne sont cependant en aucune façon.

Calcaires en bancs peu nombreux, mais parfois épais: Ils contiennent des foraminifères à caractère miocène (voir plus bas).

Des schistes argileux durs, même stlicifiés, au contact des roches éruptives, issus d’une décomposition d’argiles ordinaires.

Bancs interposés de roches éruptives, notamment d’andésite à pyroxène, de basalte et d’une belle andésite à hornblende quartzifère.

Des rarnes apparaissent aussi dans cet étage, mais elles y sont très rares comme toutes les autres roches calcareuses.

Roches de m,.

Des marnes tendres, de teinte grise pour la plupart.

Des grès marneux, également d’une faible densité.

Des rarnes calcaires, des calcaires marneux et des calcatres, plus durs que les précédents, surtout dans les couches supérieures de la section. Parfois totalement remplis de belles pétrifications.

Des argrles, entièrement privées de chaux, y existent aussi, mais ne sont que très peu importantes.

Des couches de conglomérats et de brèches, situées entre les marnes; elles contiennent des fragments grossiers d’andésites, de basalte et de ponce (Bantam et Préanguer).

Des {ufs ponceux de teintes blanches, ressemblant presque entièrement aux tufs ponceux quaternaires, mais disposés en concordance sous les marnes à fossiles néo-tertiaires, ou entre celles-ci; elles sont donc aussi incontestablement tertiaires.

Des bancs éruptifs d'andésite et de basalte, extrêmement rares. Quelques couches de lignite, de qualité inférieure.

Roches de m,.

Marne calcaire et calcaire marneux de teinte gris-clair, divisés parfois en belles plaques de 2 à 6 centimètres d'épaisseur.

Calcaire, le plus souvent avec un peu de gravier altéré d’andésite ; parfois cependant il consiste totalement en carbonate de calcium. Plus ce calcaire est marneux, moins il est dur; certains calcaires sont devenus entièrement cristallins, ce qu'il faut attribuer aux liquides qui ont circulé dans la masse. Les foraminifères qu’ils renferment se sont, de la sorte, dissous en partie; ou du moins, ils sont devenus méconnaissables. Ces calcaires sont très durs et peuvent rivaliser pour la dureté avec des calcaires d'Europe bien plus anciens. Ils contiennent des cavités et des grottes à stalactites (Batavia, Banioumas, loguia, Madioun Kédiri, etc.), habitées par des hirondelles (salanganes), qui construisent des nids comestibles.

Des dolomies, c'est à dire des calcaires à teneur notable en carbonate de magnésium.

Des marnes et des argtiles, alternant avec des calcaires (Rémbang).

Distetdes/rochestéruptives deslétasenme

Les roches éruptives intercalées entre les couches sédimentaires méritent une mention spéciale. Elles se montrent principalement en Bantam et dans les Préanguer.

Bantam.

No. 1964. Perlite, de la 1° pointe de Java; forme probablement une couche entre des argiles silicifiées.

Nos. 1965 et 1967. Basalte de la côte, entre Tandioung Batou kouning et le Java-hoofd, ainsi qu'un peu plus à l'Est. Superposé à des grès; dans certains basaltes, on trouve des cordons de quartz ou de calcédoine.

No. 1958. Andésite à pyroxène olivinifère du Tii Barat, massif du Hondié.

No. 1957. Andésite à pyroxène olivinifère du Ti Diaralang laki, massif du Hondié.

No. 1952. Andésite à pyroxène cristalline, d’un grain fin, de 15 mètres d'épaisseur, située entre des brèches et des grès, dans le Ti Guirilaïa, en amont de Guirilaïa (à 44 kilomètres au nord de Malimping.)

No. 1954. Basalte. Couche entre des brèches, dans le Tii Tépouseun, à Malangnéngah, (à 7 kilomètres à l'E. S. E. de Malimping). |

Nos. 1898 et 1899. Andésite à pyroxène olivinifère, du versant occidental du mont Endout, dans la rivière Ti Kawah, et dans l’un de ses affluents.

No. 1883. Andésite à pyroxène, près de l'établissement de Kosala (route de Tütoudia à Tiipanas).

No. 1882. Andésite à pyroxène dans le lit du Tu Bérang, à Mouara (route de Tutoudia à Tipanas).

No. 1892. Banc, entre des brèches, à Tiüladaheun (au nord-est de GE) MAndésite apyroxène, dont D'—5:,[/=—=\710 fau Sud-Est:

No. 1894. Andésite à pyroxène, à caractère de diabase, du Tu Bérang, au sud de Tiipanas, tout près de la frontière de Bantam. Ce banc, dénudé sous les brèches dans le lit de la rivière, a une direction de 105° et une inclinaison de 5 au Nord.

No. 1881. Andésite à hornblende en plaques, entre des brèches, dans le Ti Mangueunteung, à l’est de Tiipanas, à proximité de la iontière de) Batavia- D: =—=)20;, [N—"0o à lEst.

Nos: 1808, 1800, 1811, 1813, 1814 et 1816. Deux couches d’un basalte ressemblant à du gabbro à olivine ou à une diabase à olivine, entre des calcaires miocènes de la rivière Sawarna, au sud de Wangoun. (Terrain houiller de Baïah).

Certaines andésites, énumérées ci-dessus parmi les roches éruptives de la base du terrain miocène, forment peut-être des couches interposées et appartiennent donc en quelque sorte à cet étage.

Préanguer.

No. 1211. Andésite à hornblende quartzeuse, micacée, du Gg. Panglé-

séran, entre la frontière de Bantam et Tiisolok. A l’état de gâteau épais sur des brèches, et recouvert par du calcaire.

No. 1213. 1€ couche

No. 1214. 2€ couche Roches éruptives du Ti Tüs, affluent No. 1215. 3€ couche No. 1 du Ti Solok, d'aval en amont.

No. 1216. 3€ couche No. 2

No.. 1222. 1e couche À

Près de la source thermale . Ti Panas. Pas d'échantillons. 2€ couche

No. 1223, dans le Ti Panas, au kampoung Dans le Ti Solok Tiipanas, 3€ couche ete Tir Paras, No. 1227, à Bangbaïan, 4e couche d’aval en amont.

Nos. 1224 et 1226. Dans le Ti Panas, en amont du kampoung Tiipanas et aux cascades, se et 6€ couche. J Toutes ces roches appartiennent au moins à 3 bancs, situés entre

des brèches et des grès, et constitués d’andésite à hornblende, ordinairement quartzifère; dans la rivière Tu Solok et ses affluents Tu Tiis et Ti Panas.

No. 1182. Dacite ou andésite à pyroxène et à hornblende quartzifère, du Gg. Dioulang, au nord de Palabouhan.

No. 1183. Andésite à pyroxène et à hornblende, au rivage, à l'est de Soukawaïana.

No. 1184. Andésite à pyroxène et à hornblende, au pied Nord du Gg. Tangkil, dans le Ti Bodas (affluent Ti Soukawaïana).

No. 1185. Dacite ou andésite à hornblende quartzeuse, du versant Nord du Gg. Tihandeuleum, dans la rivière Tu Bodas.

No. 1187. Andésite à pyroxène et à hornblende de Tubodas.

No. 1186. Dacite, recueillie à 1 kilomètre au sud de Tubodas.

No. 1188. Andésite à pyroxène hornblendifère du Gg. Soura.

Nos. 1189 et 1190. Andésite à pyroxène et à hornblende quartzifère, du Gg. Reumah.

volcan Reumabh.

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No. 1191. Andésite à pyroxène olivinifère, altérée, d’une rivière près de Sampora, au nord du Reumah.

No. 1192. Andésite à pyroxène et à hornblende, de la grotte

É Rawahkalong, au rivage, au nord de l'embouchure du Ti Mandiri.

Ces andésites à hornblende, à teneur plus ou moins forte en quartz et en pyroxène, appartiennent à un volcan miocène ancien, que l’on peut appeler le ,,Reumah” du nom du point le plus élevé (694 mètres d'altitude). Les roches ont parfois un aspect relativement récent, plus ou moins poreux, et ressemblent à celles du Gg. Pangléséran, qui reposent sur des brèches. Pour cette raison, il est vraisemblable que l'éruption du Reumah a eu lieu, non-au commencement, mais au milieu de la période m,.

No. 1256. Basalte, avec brèche éruptive dure du Ti Mariendioung, à l’ouest de Tiièmas.

Nos. 1277 et 1278. Trois couches d'andésite à hornblende, quartz et biotite, situées entre des brèches, à Tiiëmas, dénudées dans le Ti Emas et le Ti Béléndér. D. — 100° à 125", IL. — 25 à 40° au Sud-omau Sud-Ouest. Les dihexaèdres de quartz atteignent 15 mm. de longueur.

No. 1077. Andésite à hornblende, biotite et quartz du Ti Kanté, terrain de Tülétou. Le mur de la couche n’est pas visible; la roche ressemble complètement à celle de Tuémas.

No. 1261. Andésite à pyroxène, en couche épaisse de 5 mètres, interposée dans des brèches du Ti Kaso, en amont de Pabouaran.

No. 1262. Andésite à pyroxène, couche horizontale située entre des brèches à la cascade du Ti Awitali (affluent de droite du Tu Kaso), près de Tipar.

Les trois échantillons suivants appartiennent à un seul banc, épais

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de 10 à 15 mètres, situé entre des brèches et des grès. On le voit le

mieux dans le lit du Tu Bouni, à Turandu.

No. 1167. Dans le Tii Bouni, près Tiirandi. Andésite à pyroxène.

No. 1168. Dans le Tii Diampang à Paguërmaneuh, tout près du

confluent avec le Ti Bouni. Andésite à pyroxène.

No. 1169. Dans le Ti Kawoung (affluent du Ti Diampang), au

pied du Gounoung Bouleud. Andésite à pyroxène.

Nos. 1293 et 1294. Andésite à pyroxène altérée, de deux bancs situés

entre des grès et des brèches, dans le Tii Peuïeut, petit affluent de

gauche du Ti Mandiri, au sud de Soukaboumi; D. — 80°, [. — 40° au Sud. No. 1289. Dans le Ti Padang (affluent du Ti Haour, qui se joint

au Ti Kondang), à la cascade, à l’est de la halte Tibëbëér. Andésite

à pyroxène.

No. 1154. Andésite à pyroxène et à hornblende, au signal Paroungkalong, entre Maniüis et le Tu Taroum (au N.E. de Tiandiour).

No. 1428. Basalte altéré (amygdaloïde) ; banc situé entre des brèches non loin de Bagolo, au sud de Kalipoutiang (extrémité orientale des Préanguer).

Il est remarquable que parmi les roches éruptives de l'étage m,, il y ait tant d’andésites à hornblende et de dacites.

Batavia.

No. 950. Andésite à pyroxène, olivinifère; couche intercalée dans des brèches du Tin Ateul, district de Leuwiliang, section de Buitenzorg.

logutakarta.

Nos. 597 et 598. Couche de basalte, de 2 mètres d’épaisseur, située entre des grès, dénudée dans le lit de la rivière Opak (No. 597) et au pied de la colline Sourouh, près du village de Diéragoung (No. 598).

Madioun.

Nos. 355 et 356. Andésite quartzeuse et andésite à hornblende quartzeuse, du contrefort septentrional du mont Diatikandang, à Slahoung, se divisant en prismes pentagonaux et hexagonaux. Il n’est pas tout-àfait certain si ce sont de gros fragments enfermés dans la brèche, ou bien des couches interposées.

Autres résidences.

En Banioumas et en Solo, ainsi que dans d’autres résidences, 1l apparaît encore, en divers endroits, mais toujours sur une faible étendue,

des roches éruptives à l’état de couches interposées dans m, ; nous les avons toutes énumérées dans la section I. Vu leur petite extension, on n’a pu les signaler sur la carte.

Liste des FochESÆEruphres de l'Éétaceim Pantam.

No. 1990. Basalte. Filon dans les marnes, à Tiourouglanglang, au sud de Moundioul, district de Mënes. D. — 140°, I. — 90° environ.

No. 1999. Andésite à pyroxène,; couche entre les marnes, à Batouhideung kidoul I, district de Tübalioung. Epaisseur 5 mètres.

No. 2001. Andésite à pyroxène; couche entre les marnes, à Tudiaralang, district de Tübalioung.

=: : Andésite.à pyroxène;.couche entre les marnes, dans le-n Balioung, à Tiidiengkol, district de Tübalioung.

No. 2003. Andésite à pyroxène; couche entre les marnes, à l’ouest de Tiiseureuheun, près de Bangkong, district de Tibalioung.

Préanguer.

No. 1475. Andésite à pyroxène; banc de 24 mètres d'épaisseur, situé entre des grès dans le Tii Madia, en aval du confluent avec le Ti Soukaramé, district de Palabouhan.

No. 1535. Andésite à pyroxène; banc entre les marnes, au flanc droit de la vallée du Ti Pélébouh, en amont de Bodiong, district de Nagara. .

No. 1536. Andésite à pyroxène et à hornblende; banc entre les marnes, au flank droit de la vallée du Tu Laouteureun, au nord de Bodiong, district de Kandangwës!.

No. 1538. Andésite à pyroxène; banc entre les marnes, au flanc gauche de la vallée du Ti Kaso Il, près Tüpitioung, district de Nagara.

Dans les autres résidences, on n’a pas rencontré de couches de roche éruptive dans l'étage marneux.

Rocheslépuplives"dansolétage me,

Jusqu'à présent des couches de roches éruptives, intercalées dans l’étage calcareux, sont totalement inconnues à Java.

Fossiles.

On a déjà décrit un grand nombre de fossiles miocènes de Java; une grande collection, rassemblée lors des relèvements, se trouve

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actuellement entre les mains du Professeur MARTIN, à Leyde. La très grande majorité provient de l'étage m,; il en vient moins de m,, et quelques uns seulement sont originaires de m,. Il est possible que l'examen de ces fossiles démontrera qu’au point de vue paléontologique, notre section m, peut se diviser en plusieurs sous-étages; 1l est probable aussi qu’une grande partie de notre étage m, serait plus exactement appelée pliocène que miocène supérieur; enfin, il ne faut pas oublier qu'en certains points les couches supérieures de notre étage marneux m, peuvent s'être déposées au moment où, en d’autres endroits, se formaient les calcaires m,. Les travaux de M. MARTIN tendent à prouver que c'est là réellement le cas; du moins, il range dans le terrain pliocène (Beiträge V Heft 2), les roches de Sondé, en Madioun (No. 375), de la crevasse du Ménenteng (No. 842) et du Tu Diadiar (No. 846) en Chéribon, du Tu Mantieuri (No. 1847) en Bantam, qui appartiennent toutes aux couches supérieures de notre étage m,, et celles de Tükeusik (No. 1993) en Bantam, qui font partie de l'étage m,. Toutefois, je crois devoir révoquer absolument en doute que sur le ferratn, et par suite sur la carte géologique, on puisse effectuer une division de notre étage m, en couches miocènes moyennes, miocènes supérieures et pliocènes. Ce qui fait désespérer de la possibilité d’un tel fractionnement, ce sont l’analogie des caractères pétrographiques et la succession toujours concordante des couches. L'examen a appris plutôt que de l’époque du miocène moyen jusqu'à celle du tertiaire supérieur, il s’est formé, à Java, une série non interrompue de sédiments, qui furent soulevés au-dessus de la mer, les uns déjà à l’époque tertiaire (p. ex. à Madoura), les autres à la fin seulement de la période tertiaire; mais en général, ils se succèdent d’une manière régulière.

De très vastes terrains de l’étage m,, et presque toutes les couches de m, n'ont, jusqu'à présent, pas encore fourni de fossiles; pour établir notre division, nous n'avons pu nous baser que sur la disposition relative et le caractère pétrographique des roches. Ce sera là longtemps encore notre seul guide, jusqu'à ce qu'un relèvement détaillé et la découverte de nombreux fossiles puissent jeter sur cette question un peu plus de lumière. Je veux surtout faire ressortir par là que les couches inférieures du dépôt, que nous avons classé en m,, pourraient bien devoir être considérées plutôt comme couches supérieures de m,; et d'autre part que, par les fossiles qu'on trouvera ultérieurement, on verra que certaines couches supérieures de m, seraient mieux à leur place dans m,. Néanmoins, lors de notre relèvement global, nous ne pouvions aller au-delà de ce qui a été fait.

Distinction entre les foraminifères miocènes et éocènes.

Tous les calcaires, et la plupart des marnes du terrain tertiaire, qui présentaient assez de ténacité pour se laisser tailler en plaques minces,

ont été examinés au microscope. Il résulte de cette analyse que Îles roches du groupe tertiaire ancien (éocène et oligocène), renferment des foraminifères tout à fait différents de ceux du groupe néo-tertiaire (miocène ancien, moyen et récent, et pliocène). Les premières contiennent des nummulites, les autres pas; les alvéolines qui existent encore dans l'étage inférieur du miocène appartiennent à de tout autres espèces et même à un autre sous-genre que celles du groupe tertiaire ancien; des orbitoïdes à chambres médianes rectangulaires ne se montrent que dans les couches éocènes et oligocènes; des orbitoïdes à chambres médianes spatuliformes s’observent exclusivement dans les sédiments néo-tertiaires.

On a examiné, avec le plus grand soin, s'il existe des différences dans les foraminifères des divers étages néo-tertiaires, maïs on n’a pu y réussir. D'abord, la plupart des genres, tels que les amphistégina, orbitoïdes, cycloclypeus, globigérina, etc., existent dans les trois étages à la fois; puis certaines espèces se montrent dans deux étages; quelques-unes même d’entre elles dans tous les trois ; enfin, très peu de foraminifères se laissent extraire aisément en entier de la roche; et dans les préparations microscopiques, les sections obliques sont souvent insuffisantes pour reconnaître si l’on a affaire à la même espèce ou à des espèces différentes de l’un ou l’autre genre. Nous avons constaté seulement que les alvéolines se présentent exclusivement dans m,; les hétérostégines et les orbitolites principalement dans m, ; par contre, les operculines, à de très rares exceptions près (voir la roche No. 1259, pag. 629), ne se montrent que dans les étages supérieurs m, et m,.

Si donc 1l est possible, par le seul examen des foraminifères, de séparer les dépôts tertiaires anciens des tertiaires récents, un fractionnement plus complet des couches tertiaires récentes en sous-sections n’est en ce moment guère possible; et il faudra attendre la détermination des mollusques, principalement des gastéropodes, pour voir si chacun des trois étages contient des pétrifications propres, qui puissent servir de types conducteurs pour les distinguer.

Epaisseur du terrain tertiaire récent.

L'épaisseur des couches miocènes et pliocènes est très variable; il existe aussi une grande diversité dans l'épaisseur des étages. En général, l'étage inférieur est de beaucoup le plus épais des trois; sa puissance est parfois de plusieurs milliers de mètres, tandis que celle de m, nest le plus souvent que de 150 à 300 mètres, celle de m, de 200 à 250 mètres seulement. Mais dans certaines résidences, p. ex. en Sémarang et en Chéribon, l'épaisseur de m, est bien plus forte; elle atteint de 2000 à 2250 mètres; mais il ne faut pas oublier qu’une partie de ces couches appartiennent peut-être à 167 EN qu'on les a rattachées À m, uniquement à cause de leur caractère pétrographique.

Nons trouvons, pour l’épaisseur maxima de m, et de m, en Chéribon, et de m, en loguia et en Solo.

m, — 3300 mètres, M 2250 ie M —N 1000 Fe

ensemble 6150 mètres.

Disposition des coùches ; dérangements.

Les couches miocènes (y compris les pliocènes), qui s'étendent depuis la pointe extrême occidentale de Java, au détroit de la Sonde, jusqu’à l'extrémité orientale, au détroit de Bali, occupent parfois toute la largeur de l’île; mais au milieu de l’île, elles sont recouvertes presque partout par les volcans et elles se divisent ainsi en un terrain du Nord et un terrain du Sud. :e

D'une manière générale, on peut dire que les couches situées à proximité des côtes Nord et Sud sont assez bien horizontales; tandis qu’au centre de Java elles sont très redressées. Dans le voisinage de la côte, elles forment, ou bien des plateaux légèrement inclinés, en une seule pente continue, ou bien une succession de bassins et de selles, à couches faiblement inclinées, dans lesquelles les plis anticlinaux et synclinaux ont la même direction que les arêtes des montagnes. Au centre, au contraire, on trouve des selles et des bassins à arête très aiguë ; et il n’est pas rare que les couches s’y redressent jusqu’à 90°. Nous avons rencontré des exemples de ces positions très redressées dans les Préanguer, en Batavia, en Chéribon, en Sémarang et en Pékalongan.

C’est un fait remarquable que l'étage m, fait défaut dans l’intérieur de Java, et ne se rencontre que dans le voisinage des côtes Nord et Sud. Cela prouve qu'à l'époque où cet étage s’est déposé, de grandes parties de l’île, y compris les étages m, et m,, s'étaient déjà soulevées au-dessus des eaux.

Failles dans les couches tertiaires récentes. Par suite des plissements et compressions réitérés, auxquels le sol de Java a été exposé, il s’est produit des crevasses en même temps que des déplacements relatifs, dans le sens vertical, des parties avoisinantes; donc, des failles. On a indiqué sur la carte géologique les plus considérables de ces failles ; en partie, elles sont dirigées parallèlement à l’axe longitudinal de Java ; en partie, perpendiculairement à cette direction; et dans ce dernier cas, il faut les considérer comme des crevasses ou rejets transverses. Il n’est pas rare que la direction des couches miocènes soit sensiblement parallèle à l'axe longitudinal de Java (105 environ); mais il existe aussi de grandes masses montagneuses, dont les couches ont une tout autre

direction, p. ex. dans la partie occidentale de Banioumas, et la portion de Chéribon qui s'y rattache, où la direction principale est de 130; dans le sud-est de Tégal et la portion avoisinante de Pékalongan, où la direction moyenne est de 160° à 175 ; etc. Dans ces portions, les couches modifient parfois peu à peu leur direction en tendant vers la normale; parfois aussi elles sont séparées par des failles des portions voisines; de sorte que dans ce cas des couches de direction différente viennent buter immédiatement les unes contre les autres.

Liste des failles principales. Nous allons énumérer les failles les plus importantes du terrain tertiaire.

1. Une faille au nord des grès quartzeux éocènes du terrain houiller de Baïah, à Pamouboulan (voir Fig. 79). Ces grès se terminent ici par un mur escarpé, dont les couches inclinent au Sud; au Gg. Këmbang, ces couches s'élèvent à l'altitude de 452 mètres. Il est probable que ce rejet se prolonge vers l’ouest jusque près de Tiimountiang, au bord septentrional du terrain éocène de Tiühara (Fig. 75), car les couches présentent, dans les terrains gréseux de Tiasahan et du Ti Koléang, à Tühidiau, une direction tout autre (160° environ) que celle du terrain uréseux de Tiihara (80 env. à 90). Voilà donc une faille qui s’est produite dans le terrain éocène avant le dépôt des couches de l'étage m,, qui sont adossées en discordance contre le bord de rupture.

2. Diverses failles dans le terrain houiller de Baïah même, à l’est de Baïah (voir la carte Fig. 77); on les a traitées en détail lors de la description de ce terrain.

3. Une faille au bord septentrional du Gg. Walat, à Karangtëngah, à l’ouest de Soukaboumi. C'est encore un rejet en terrain éocène; les couches de grès inclinent au Sud; et au bord septentrional, elles se terminent par un bord de rupture escarpé au pied du volcan Gg. Guëdé; mais le rejet lui-même peut tomber aussi dans la période m,, de même que celui situé plus au sud, au nord du Tii Pélang, dont il sera question plus bas.

4. On voit par les coupes Fig. 56, 64, 55 et 51, que depuis l’embouchure du Ti Mandiri dans la Wijnkoops-Baai, jusqu’à son confluent avec le Tu Tiatih, au pied de la paroi escarpée qui borne, vers le sud, la vallée du Mandiri, des grès quartzeux et conglomérats éocènes sont dénudés en nombre de points; et que la paroi elle-même se compose des couches inférieures de la section m,, qui recouvrent l'éocène, et inclinent en général au Sud sous un angle relativement faible.

Du côté nord de la vallée est adossé à ces roches éocènes et miocènes anciennes de la section m,, un bassin régulier de couches beaucoup plus récentes de la section m,; et plus au nord affleurent des couches de brèches fortement dérangées, où prédominent des fragments

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d’andésite du Reumah et qui appartiennent done aux couches supérieures de l'étage m,.

Il résulte de ce qui précède que le long de la paroi dont il vient d'être question, la montagne s’est déchirée; et que la chaîne ancienne a été soulevée notablement dx côté Sud de la crevasse.

5. La vallée du Ti Tiatih signale l'existence d’une crevasse transversale, qui se dirige sensiblement du Nord au Sud et que l’on peut suivre encore au sud de la vallée du Mandiri. Vers le Nord, les couches éocènes du Gg. Walat, et vers le Sud, celles de l'étage m, ont éprouvé un rejet le long de cette crevasse. Ces dernières couches forment un bassin régulier, dont la partie occidentale a été décrite sous le nom de terrain marneux 4 des Préanguer. La portion située à l’est du Tu Tiatih appartient au terrain 3; elle a été déplacée et soulevée le long de la crevasse, tandis que l’axe du bassin s’est replié vers le Sud-Est.

La paroi montagneuse escarpée, qui coïncide avec la faille 4 décrite plus haut, ne se retrouve plus à l’est de la crevasse du Tu Tiatih; 1l ressort cependant de la disposition des couches que là encore s’est produit un déplacement considérable suivant une ligne dirigée de l'Est à l'Ouest, qui coïncide sensiblement avec la ligne de partage des eaux du Ti Mandiri et du Tii Kaso. Cette faille 4a doit être considérée comme le prolongement de 4, qui s’est déplacé suivant la crevasse 5 du Ti Tiatih.

6. Au nord du Ti Mandiri, le calcaire m, se recouvre de marnes m,; mais plus loin, reparaissent sous la couverture volcanique, les couches brécheuses de la section m,, qui inclinent au Sud, mais sont redressées contre un bord de rupture de la chaîne éocène, ainsi qu'on peut le voir dans la Fig. 63. Cette faille se dirige à son tour de l'Ouest à l'Est, et on peut fort bien la.suivre depuis le Ti Tiatih jusqu'au méridien qui passe par Soukaboumi. Dans la partie orientale, au nord du Tii Pélang, on voit sur une paroi escarpée du sommet Pogor, jusqu'à la cime Kopi, et sur une longueur de plus de 5 kilomètres, un bel affleurement des couches éocènes, que recouvre le calcaire miocène. Au pied de la paroi, tout est recouvert des produits volcaniques du Guëdé; mais plus à l'Ouest, au Gg. Walang, on voit distinctement les couches miocènes m, redressées et fortement dérangées, adossées aux grès éocènes, lesquels sont recouverts ici aussi par le calcaire, en stratification sensiblement concordante. Plus à l'Ouest encore, au Gg. Katé et au Gg. Gueulis, on voit les mêmes couches redressées et dérangées qu'au Gg. Walang; elles y forment aussi un contraste frappant avec le terrain miocène à couches calcaires interposées, situé plus au nord, et avec inclinaison plus régulière vers le Nord. Ici l’éocène n'apparaît pas au pied du bord de rupture, mais existe sans doute à faible profondeur. A consulter les Figs. 63 et 65; on les comparera aux Figs. 52 et 53.

Depuis la crevasse du Ti Tiatih jusqu'au méridien de Soukaboumi, on peut suivre par les points que nous venons de nommer, une faille dirigée de l'Ouest à l'Est, le long de laquelle la chaîne s'est soulevée à son flanc septentrional. Cette faille se termine à l'Est, et aboutit probablement au rejet cité ci-dessus sous le No. 3, au nord du Gg. Walat. Les deux directions se rencontrent à angle aigu.

Le terrain éocène de Soukaboumi forme donc un lambeau triangulaire, borné par les failles Nos. 3, 5 et 6.

7. Au sud de la halte Gandasouli (à l’est de Soukaboumi), on rencontre au Gg. Pogor (bien à distinguer du Gg. Pogor nommé tantôt), des couches éocènes qui inclhinent au Sud, et qui, vers le nord, se terminent par un bord de rupture. Un peu plus à l’est, apparaît l’andésite. La surface inégale de ces deux dépôts se recouvre de couches de l'étage m,, d'une composition normale, inclinées assez régulièrement au Sud sous un petit angle. Par contre, vers le nord, on trouve des couches qui le long du Tu Mandiri, et tout près de celui-ci, se redressent considérablement de toutes parts et prennent souvent même une position verticale; elles inclinent tantôt au Nord, tantôt au Sud (voir Fig. 57).

La composition des couches est elle-même devenue très anormale par les dérangements violents qu’elles ont éprouvés; elles sont en effet souvent silicifiées, de même que les couches redressées du Gg. Katé et du Gg. Gueulis, à la faille No. 6. Plus au nord, les couches ont une pente plus douce au Nord, et se recouvrent des produits de l’activité volcanique tertiaire, qui se sont amassés au-dessus des eaux, autour des cimes Gg. Kantiana et Guéguër Handiouwang.

Près du Gg. Pogor, il existe donc une faille, par laquelle la chaîne s'est soulevée du côté Sud, tout comme au rejet No. 3. Il est probable que cette faille No. 7 forme aussi le prolongement du No. 3; et c’est pourquoi on les a réunies toutes deux sur la carte, dans le terrain volcanique, par une ligne pointillée.

Vers l'est, ce rejet se prolonge le long des basaltes de la vallée du Ti Kondang jusqu’au Ti Sokan, parce que les couches miocènes, situées à l'est de Tubébër, se terminent, au pied du Gg. Guëdé, par une paroi abrupte et avec une faible inclinaison vers le Sud. Néanmoins, 1l n’affleure pas ici de couches éocènes.

8. Une faille, entre le Ti Sokan et le Tii Taroum, le long d’une partie de la vallée du Ti Héa, doit être considérée comme le prolongement du No. 7, mais avec un déplacement au Tii Sokan (voir No. 0). Du côté sud de la faille apparaît, dans la vallée du Soukarama, un peu de grès quartzeux éocène et de calcaire oligocène, recouverts de grès et de brèches inclinant au Sud, avec interposition d’un banc calcaire de l'étage m,, de 200 mètres d'épaisseur. Du côté nord, au contraire, on trouve, dans le Soukarama aussi bien que dans le Tii Sokan,

des bassins et des selles à aréte aigue, et un peu plus au nord seulement, un bassin peu prononcé de couches miocènes, dans lesquelles toutefois la couche épaisse de calcaire ne se montre nulle part (Fig. 58). On a donc évidemment, des deux côtés du rejet, des couches miocènes tout à fait différentes; du côté nord elles sont plus jeunes que du côté sud. On trouve la même chose dans la vallée du Ti Héa; à la rive gauche des couches légèrement inclinées ou horizontales; dans les affluents de la rive droite, mais toujours du côté nord de la faille, des positions redressées et verticales dans des selles et bassins aigus. Des grès et des marnes alternent les uns avec les autres; mais on n'y rencontre pas de couches calcaires de quelque importance. Plus en amont des affluents, ces couches redressées font brusquement place à des grès, brèches, etc., inclinant régulièrement au Sud, entre lesquels s’interpose le banc épais de calcaire. Il n’y existe pas de couches éocènes; mais leur présence, à faible profondeur, est rendue probable par l'existence de nombreux blocs incohérents de grès quartzeux.

Dans le voisinage du Ti Taroum, nous trouvons la disposition des couches telle qu’elle est représentée dans la Fig. 59. Le banc épais de calcaire, avec les grès m, situés au-dessus et au-dessous, inclinent en pente raide au Sud; du côté nord de la faille les couches sont d’abord fortement inclinées au Nord, mais bientôt moins redressées; le calcaire y fait défaut.

Près du Ti Taroum, le rejet paraît prendre fin, car plus à l'Est les couches forment une selle.

9. Une faille le long du Tii Sokan, dirigée sensiblement du Nord au Sud, qu'il faut considérer comme une crevasse transversale, est à peu près perpendiculaire à la direction des couches. Le banc épais de calcaire s'est déplacé en conséquence de 400 mètres environ, dans une direction horizontale; il en est de mème du bord de rupture des Nos. 7 et 8.

10. Une faille transversale, le long du Tii Taroum, vu que sur les deux rives la disposition n’est pas du tout la même. A la rive gauthe, la disposition est telle qu’elle est indiquée dans la Fig. 59; à la rive droite, au contraire, c’est celle de la Fig. 60. Dans le Ti Sambëng affleure #7 peu d'éocène, se recouvrant, des deux côtés, de grès miocènes à banc calcaire interposé, qui forment ainsi une selle. Plus à l'Est, les couches forment encore une selle; on n’y trouve pas de roches éocènes à l’état massif, mais elles y existent en blocs incohérents, détachés par l'eau des couches miocènes; par contre, en un seul point, on rencontre un peu d’'andésite.

11. Une faille, depuis Tiiguëlap, sur le Ti Woulan, au sud du Tu Longan, le long du Tii Térous, près Taradiou, jusqu'au versant oriental de la chaîne brécheuse du Gounoung Malina, près Tiikouraï, sur le cours supérieur du Ti Woulan. Cette crevasse s’est produite après m,; à comparer la description du profil Fig. 68, à la fin de CII, Préanguer.

12. Une faille transversale, depuis Tiiguëlap, vers le Nord; le long du

Ti Woulan, jusqu'au terrain volcanique au Sud de Gobras. Formée encore après le dépôt de m,..

13. Au sud de Madialengka (Chéribon), la chaîne se termine au Nord par un mur escarpé; la direction des couches m, y est de 100° a 120 ; plus au Nord et à l'Est, les marnes et le calcaire m, ont une direction qui se rapproche de 180°; le contact des deux étages est recouvert par des produits volcaniques et par du quaternaire; mais il est probable qu'il existe ici une faille ét qu'au sud de Madialengka la chaîne se termine par un bord de rupture. Cette faille paraît se prolonger à l'Ouest, dans la section de Soumëdang des Préanguer, le long du bord septentional du Gg. Tiariang; mais on ne peut plus bien la suivre plus au Nord-Ouest.

14. Une faille, depuis Sitouguëdé jusque Lourahgoung (Chéribon), dont la direction est à peu près Nord-Est; elle sépare deux massifs montagneux, dans lesquels les couches ont une direction tout à fait différente; à l’ouest du rejet, la direction moyenne des couches est de 120°; à l’est, elle est de 40°; donc elles sont à peu près perpendiculaires l’une à l’autre.

15. Une faille, dans la vallée du Ti Taäl, depuis Tüwarou jusqu'à Gounoungdiawa, séparant le dernier fragment (dont la direction des couches est de 40°) de la chaîne qui y touche au Nord-Est, où la direction est de 110 à 130°, la même que dans la chaîne de Banioumas, à Madiénang et environs.

16. Une faille depuis Sitouguëdé jusqu'à la source du Ti Monteh, séparant les couches dont D. — 40° de celles du Ti Monteh, dont D. — 9o°. Cette faille se voit moins distinctement sur le terrain.

17. Une faille au pied du Gg. Tioulaméga-Soubang, qui se termine par un mur escarpé aux marnes du Gg. Kokol, près de Pamoulihan.

18. Une faille au nord du Gg. Koumbang, en Tëgal, qui se prolonge encore en Chéribon; le Gg. Koumbang, composé de brèches m,, se termine au bord septentrional par une paroi très escarpée, au pied de laquelle sont adossées, en stratification discordante, des marnes tendres)m,.

19. Une faille aux bords Nord et Ouest de la chaîne qui s'étend à l’est de Pangkah (Tégal); les couches y ont une inclinaison au Sud- Est et au Sud; elles se terminent par conséquent par un bord de rupture.

20 et 21. La chaîne du Sud-Est de Tégal, entre Moga et la frontière de Pékalongan, consiste en couches de brèches, qui ont une direction de 330° à 360 et qui, à proximité de la frontière de Pëkalongan, s'infléchissent jusqu'à 325. Nulle part cette direction spéciale ne se retrouve plus au Nord et à l'Ouest; il est probable que ce terrain est séparé, par une grande faille, de la chaîne tertiaire limitrophe; cette

dernière toutefois est recouverte presque partout de matériaux volcaniques.

22. Le terrain situé au Sud de la ligne Bélik-Watou koumpoul-Kali tengah-Bongas, est apparemment séparé par une faille de celui dont nous venons de nous occuper, car les couches y ont une direction de 80° à 115 ; elles s'écartent donc très notablement de la direction des couches de la montagne voisine, qui se dirigent sensiblement du Nord au Sud.

23. Une faille au versant Nord de la colline (Guëguër) Gadoung en Pékalongan, qui se termine par un bord de rupture; les couches inclinent au Sud d’une dizaine de degrés (elle forme probablement le prolongement du No. 21).

24. Une faille au bord septentrional de la chaîne, entre Soubah et la côte. Probablement le prolongement du No. 23. Cette ligne peut se suivre jusqu'en Sémarang, le long du pied Nord du mont abrupt Gg. Bésokor, près Waléri et près Kaliwoungou, au Sud-Est de Këndal ; en tous ces points, les couches finissent au bord septentrional, à la plaine, en inclinant au Sud.

25. Une faille au nord de l’île (Nousa) Kambangan, se prolongeant au Nord-Ouest le long de la chaîne brécheuse de Kalipoutiang, en Préanguer. Les couches de Nousa Kambangan inclinent généralement au Sud et forment ainsi, vers le Nord, un bord de rupture, de même que la chaîne de Kalipoutiang du côté Nord-Est. Du calcaire m, repose, en divers points, en discordance sur ou contre les brèches, au pied des parois escarpées.

26. Une faille à chacun des versants Ouest et Nord de la Chaîne méridionale de loguia; celle du Nord est en Solo, au nord des schistes crétacés de la chaîne de Diiwo. Au sud de cette faille, le terrain crétacé, l’éocène, le miocène m,, m, et m, se succèdent régulièrement; au nord de la ligne, m, repose directement, en pente douce au Nord, sur les schistes crétacés. Cette rupture a donc eu lieu avant le dépôt de m,.

Après la formation de la faille, 1l faut qu'une grande partie des schistes crétacés aient été entraînés par les eaux; en même temps, par l'érosion et par éboulement disparurent une portion des couches de l'étage m, qui les couvrent, et la paroi abrupte septentrionale de la Chaîne méridionale se forma en grande partie. Après le dépôt de m,, la chaîne tout entière se souleva encore une fois, de 250 mèêtres au moins, même davantage en certains points, et cette paroi changea encore notablement de forme. Ce n’est donc pas en réalité un bord de rupture, car la faille se trouve plus au Nord.

Au pied de la Chaîne méridionale, des schistes crétacés sont cachés sous la couverture volcanique, à l'ouest et à l’est de la chaîne de Diiwo, très probablement sur une étendue considérable.

27. Une faille au nord de la chaîne de Minoreh, qui sépare Kéëdou de Baguélen. Les couches aboutissent avec une pente au Sud, et par un bord de rupture, à la plaine volcanique. Au pied de la montagne affleurent des roches éocènes. Au sud du Soumbing la ligne s'infléchit davantage vers le Nord.

28 et 284 Une faille du côté nord du mont brécheux Gg. Païoung, près Salatiga; les couches de la montagne butent contre les marnes qui les couvrent, en formant un mur escarpé et en inclinant en sens inverse; la ligne se prolonge vers le Nord jusqu’à la cime Këndali Sodo, au nord d’'Ambarawa, et probablement encore beaucoup plus vers l'Ouest, sous le volcan Oungaran, jusqu'au nord de Soukorédio en Keéndal.

29. Une faille, allant de Slahoung au pied méridional du Wilis, par Tamansari, le long des monts brécheux escarpés qui, à leur bord septentrional, se terminent brusquement à la plaine de Ponorogo par des couches inclinant légèrement au Sud-Est. Vers le Sud-Ouest, le rejet continue probablement vers Tégalombo, et de là suit la vallée de la rivière Patiitan jusqu'à Ardiosari, et peut-être jusqu'à Patiütan même; mais Ceci ne peut se constater distinctement sur le terrain, car des deux côtés de la ligne on n’a pu observer des couches différentes. Seulement, du côté Sud, à Tégalombo, une couche de calcaire est interposée entre les brèches, et on ne la retrouve plus au Nord, ce qui indique bien un dérangement des couches.

30. Une faille le long de la chaîne calcaire, près de Malo, à la rivière Solo (Rémbang); cette chaîne se termine au bord méridional par un bord de rupture escarpé avec inclinaison au Nord. L

31. Une faille au versant occidental du mont brécheux Gg. Boudeg, au Sud de Touloungagoung (Këdiri), où ce mont aboutit à la plaine par une paroi abrupte.

32. Une faille, de Kahouman à Sripit en passant par Dourénan (Pakis); partout les collines brécheuses aboutissent à la plaine par un mur abrupt.

33- Il existe probablement aussi une faille dans la vallée de la rivière Bendo, de Dourëénan, par Nglémbou, jusqu’à la frontière de Madioun, à Tougou; car les montagnes de Nglëmbou, en Trénggalek, se terminent partout brusquement à la plaine par des murs escarpés, tandis qu’au sud de cette ligne, les couches de brèche paraissent former une succession de bassins et de selles, ayant une direction Sud-Ouest—Nord-Est.

34. Une faille au bord septentrional de la chaîne brécheuse Sawour- Koukousan-Sériti, au pied méridional du Sëmérou; elle se prolonge encore en Pasourouhan jusqu'au Kali Guëénteng (affluent du Léësti). Le bord de rupture est recouvert en partie de matériaux volcaniques, maïs il est néanmoins visible; les couches y inclinent au Sud ou au Sud-Est.

35. Une faille depuis Watou oulo, par Sébrang et le Gg. Pontang,

jusqu'au bord septentrional de la chaîne brécheuse, à Sémpolan. A

Watou oulo apparaît l’andésite sous-jacente: vers l’est, les couches ) )

inchnent au Sud-Est.

Ce sont là les failles /es plus importantes en terrain tertiaire; il y en a naturellement encore des dizaines, des centaines d’autres qui n’ont pas été signalées. Elles ont en partie passé inaperçues, dans notre relèvement rapide, car souvent on ne peut les découvrir que par une exploration ‘très détaillée. Celles dont nous venons de faire mention sont en grande partie assez considérables pour avoir contribué réellement à la configuration du terrain.

Les crevasses et les failles qui ont formé la côte Sud de Java, ou du moins qui l’ont modifiée, seront mentionnées plus tard.

Soulèvement. Toutes les couches néo-tertiaires ont éprouvé, dans une mesure plus ou moins large, un soulèvement ; en général, les couches les plus anciennes out été le plus soulevées; les jeunes l'ont été moins; mais il y a à cette règle de nombreuses exceptions.

Dans l'étage m, on trouve des couches qui, sans aucun doute, ont été déposées sous les eaux jusqu'à 1350 mètres d'altitude ; d’autres même Jusqu'à 1800 et 1900 mètres, dans le voisinage des monts d'andésite en Bantam et dans les Préanguer. Néanmoins, ces dernières ont été, en partie du moins, formées au-dessus des eaux comme manteaux de volcans miocènes anciens, et ne peuvent donc servir de base pour l'évaluation du soulèvement.

Les couches de l'étage m, ont été également soulevées jusqu’à 1200 et 1300 mètres d'altitude, dans le sud des Préanguer; c'est ainsi que dans le cours supérieur du Ti Bouni, au-dessus de la paroi escarpée à la rive méridionale, et au sud-est du patrol (vedette) Tipéla, on observe, à 1310 mètres d'altitude, une cime qui consiste, comme tout le plateau environnant, en marnes et argiles tendres. Ce plateau forme divers sommets de 1200 mètres. Dans ces marnes, on a trouvé jusqu’à l'altitude de 910 mètres, de beaux coquillages marins miocènes, notamment au sud de Nialindoung, dans la plantation de quinquina Télagawarna, dans le cours supérieur du Tubébér, affluent du Tu Bouni.

Le calcaire m, n'a pas été soulevé aussi haut que m, et m,; en Préanguer, le point le plus élevé est la cime Guiri awas, à l'extrémité occidentale du massif calcaire, au sud du Ti Longan, à 721 mètres d'altitude ; sur la frontière entre loguia et Solo se dresse la plus haute cime calcaire, le Gg. Panggoung, de 786 mètres d'altitude; et au Gg. Kélier, sur la limite de Ioguia et Baguëlen, les sommets calcaires pointus atteignent même une altitude de plus de 900 mètres. Plus à l'est, le calcaire n’atteint nulle part de telles hauteurs; seul le calcaire de Dongko en Këdiri est encore à l’altitude de 780 mètres.

Comme le calcaire n’existe nulle part à l’intérieur de Java, mais qu'il recouvre, uniquement dans le voisinage des côtes Nord et Sud, les étages marneux et brécheux, et qu'on ne peut pas admettre que le calcaire y ait existé jadis et ait disparu totalement par érosion, il faut voir là la preuve que les étages m, et m, s'étaient déjà soulevés en partie audessus de la mer et constituaient un terrain émergé, à l’époque où s’est déposé le calcaire m,. On en conclura encore que ce calcaire m, s’est déposé probablement dans une mer ouverte, en même temps que dans des anses se formaient, dans l’intérieur de Java, les couches les plus jeunes (pliocènes) de notre étage m,.

Lignes de position verticale ou très escarpée. Les directions, suivant

lesquelles s’est fait sentir, dans les étages m, et m,, la compression la plus violente, et dans lesquelles les couches se sont redressées presque verticalement, méritent encore un instant d'attention. Elles coïncident en partie avec les failles nommées plus haut où les couches miocènes ont assez souvent été pressées contre le bord de rupture soulevé, et où elles ont en même temps éprouvé une modification dans leurs caractères pétrographiques. Mais il y a aussi des endroits où les couches sont verticales sans qu'il y exsite une faille. Les principaux points de cette nature sont:

1. Le terrain au sud de Madialengka (Chéribon) où, sur une longueur de 15 kilomètres, les couches de l'étage m, inclinent de 80° à 90°, des deux côtés du Tin Loutoung, à Tiimaninting, en Préanguer, et à Nounouk, en Chéribon. La direction y est de 1067.

2. Dans la chaîne au sud de Kouningan (Chéribon), les couches sont complètement verticales à Bounigueulis, au sud de Tiinirou, et dans la rivière Sanggaroung, au sud de Lourahgoung; la ligne, qui unit ces points, a une direction de 86° et une longueur de 20 kilomètres; c'est ici que les couches de l’étage miocène m, sont visibles à la plus grande profondeur; au nord de cette ligne, les couches inclinent au Nord; au sud de celle-ci, elles inclinent au Sud (voir profil No. XXV).

3. Dans la même chaîne, mais plus au sud, les couches inférieures de l'étage m, sont encore verticales, dans les vallées du Ti Diolang et du Ti Monteh, sur une distance de 25 kilomètres au moins; D. — 100° (voir profil No. XXV).

4. Les couches du Gg. Dioïo (Pékalongan), à l’ouest de Wioro et de Sigougour sont verticales (voir profil No. XXIIT). Des couches les plus profondes, il jaillit du pétrole dans le Kali Guënteng, et aussi plus au Sud, en Banioumas, au village de Lawen. Les couches redressées ont une direction de 150° à 170°, et on peut les suivre sur une distance de 20 kilomètres au moins.

5. Dans la résidence de Sëémarang, les couches sont fort redressées entre la station Këdoungdiati et la halte Témpouran; la direction y est

de 115°; l’inclinaison, de 80° au Sud. Cette direction et cette pente raide peuvent se suivre vers l'Ouest jusqu'au nord d'Oungaran, et vers l'Est jusqu'à la voie ferrée entre Goundi et Lawang, au moins sur une longueur de 80 kilomètres (voir profil No. XII).

6. A l’ouest du Gg. Pandan, en Rémbang, les couches de l'étage m, avec deux bancs calcaires interposés, sont presque verticales au Gg. Prawolo et au Gg. Boutak, sur une longueur de 6 kilomètres (voir la partie méridionale du profil X).

Une position très redressée sur une pefife distance s'observe en des endroits très nombreux, mais toujours dans l’intérieur de Java: tandis qu'à proximité de la côte la disposition des couches se rapproche d'ordinaire de la position horizontale ou légèrement inclinée. Les endroits où l’on connaît des couches très redressées sur une faible étendue sont trop nombreux pour être mentionnés, encore une fois, d’une façon spéciale. On en trouvera l’énumération dans la description des résidences.

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