‹ Description géologique de Java et Madoura (volume 3)Chapitre 148 sur 216 · IX. SOURCES SALÉES · texte numérisé non relu

IX. SOURCES SALÉES

En nombre de points de la chaîne tertiaire, ainsi que dans les plaines quaternaires, 1l apparaît des sources salées chaudes ou tièdes; les trois sources iodées dont nous venons de parler font aussi partie des sources salées (chlorure de sodium); et l’on peut dire que la plupart de ces dernières présentent une faible teneur en iode, d'ordinaire notablement plus petite que chez les trois sources de Sourabaïa.

Dans beaucoup de sources salées, il se dégage avec l’eau un peu de pétrole et parfois aussi des gaz hydrocarbonés; de sorte qu'on est tenté de chercher l’origine du sel, de l’iode et du pétrole dans les mêmes couches, ou du moins dans le même terrain.

Les sources salées viennent au jour principalement dans la chaîne de collines miocènes qui commence au sud de Sourabaïa, à la rivière Sourabaïa, et se prolonge à l'Ouest, à la limite de Kédiri, de Madioun et de Rëmbang, vers Sémarang. Dans la section de Grobogan, elles apparaissent essentiellement dans la plaine quaternaire; et l’on y a permis à la population, moyennant un certain impôt, d'extraire le sel de ces sources et de le vendre, dans la section d’origine et en Solo. À Java d’ailleurs — sauf dans les principautés Solo et Joguia — la fabrication et le débit du sel constituent un monopole du gouvernement.

Les sources salées de Grobogan sont situées aux environs de Kouwou:; d'abord à Kouwou même, où une grande source boueuse a édifié une colline basse de limon; puis à Tiéréwek, Bandiar lor, Bandiar kidoul, Grobogan, Diati et Méëndikil. La production de sel, en ces localités, s'est élevée dans ces 7 dernières années, en moyenne à 14838 pikols ot 916425 kilogrammes par an.

A Médangramsan, à l’est de Wirosari, se dégage de l’eau salée limo-

neuse, à faible odeur de pétrole.

En Sélo, enclave de Solo, entre Pourwodadi et Wirosari, on recueille de l’eau salée dans des puits au village de Diono.

Enfin on trouve aussi quelques sources sur la colline Nguëémbak, à l’ouest de Pourwodadi; elles dégagent de l’eau salée et un peu de pétrole.

La fabrication du sel ne se fait qu'à Diono, sur le territoire de Sélo, enclave de Solo, et aux alentours de Kouwou (Kouwou, Méndikil, Tiéréwek, etc.), et cela d’une manière très simple. L'eau qui chez certaines sources se dégage à la surface, mais chez d’autres s'arrête sous le sol et doit être recueillie dans des puits, est rassemblée dans des dizaines de mille de bambous fendus en long, qui font l’effet de bassins d’évaporation longs et étroits et où elle se vaporise tout simplement sous l’action de la chaleur solaire.

L'eau de Diono contient, pour mille parties en poids, 35.31 parties de matières fixes, dont 31.39 de chlorure de sodium et 3.86 de carbonate de sodium. L'eau de Kouwou contient un peu moins de matières solides, 29.11 pour mille, dont 27.31 de chlorure de sodium. (Analyses de P. J. MAIER dans le Natuurk. Tijdschr. van Ned.-Indië, I 1850 pp. n25Vetnr20)

L'eau de Méëndikil contient même 42.15 parties de matières fixes pour mille, dont 38.62 de chlorure de sodium (Natuurk. Tijdschrift van Ned.- Indië XXX, 1868 p. 372; analyse de E. POLAK).

Le sel de Kouwou et de Diono renferme plus de 97% de chlorure de sodium pur; puis des combinaisons du chlore avec le calcium, le magnésium, le potassium et le lithium; un peu de carbonates et d’anhydride silicique et une proportion extrêmement faible de combinaisons iodées et bromées. Dans 100 parties de sel de Kouwou, on n’a trouvé que 0.0018 parties d’iodure de magnésium et 0.0272 de bromure de magnésium; dans le sel de Diono, 0.0034 d’iodure de sodium et 0.0170 de bromure de sodium. Cela fait pour 100 parties de chlorure de sodium :

pour Xouwou :

0.001853 d’iodure de magnésium (ou 0.0019 d’iodure de sodium) ;

0.0280 de bromure de magnésium (ou.0.032 de bromure de sodium) ;

pour Diono :

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