Le Kéndang ou volcan Kawah manouk
Entre la plaine de Garout et le haut plateau de Lodaïa se dresse un massif volcanique, surtout connu par les fumerolles et les sources boueuses de Xawah Manouk, et qui atteint sa plus forte altitude au sommet Kéndang (signal 2608 mètres).
Sur la carte topographique 1 : 20.000, feuilles N. XXIV et O. XXIV, on voit distinctement, par l'allure du versant extérieur du massif que le sommet est formé par un large cirque, dont le centre est situé tout près du Kawah Manouk et dont le rayon est de plus de 2800 mètres. Seule la moitié occidentale du bord est conservée: au Sud, elle a 2300 mèêtres d'altitude, atteint au signal Kéndang jusque plus de 2600 mètres, et s’abaisse plus au Nord jusqu'à 2200 mètres. Un peu au Sud de Pountiak tiaï, le plus haut point de la route qui conduit de Garout vers la vallée du Tii Taroum, s'élève une petite cime qui appartient aussi au cirque et qui a une altitude de 1920 mètres. L'espace circonscrit se décharge, en grande partie, par le Tii Papandaïan, qui est profondément encaissé ainsi que ses affluents.
Il est probable qu'après le grand effondrement qui a eu lieu à l’intérieur de ce large cirque, de nouveaux cônes d’éruption ont pris naissance; mais ils sont devenus méconnaissables par une érosion persistante. Actuellement on ne trouve plus d'activité volcanique que dans les solfatares Xawah Manouk. Les points qu’on visite de préférence sont à 1950 mètres d'altitude; mais à 500 mètres environ plus au Sud-Ouest, des sources boueuses analogues existent à 2000 mètres d’altitude, et sont séparées des autres par une arête haute de 2020 mètres. Ces solfatares sont toutes situées très près du centre du grand cirque.
Les phénomènes qu’on observe au Kawah Manouk, situé à l'Est, sont décrits, avec le plus de détails, par le Prof. WiCHMANN dans le ,,Tijdschrift van het Aardrikskundig Genootschap,” 1890 p. 919. Ce sont principalement des sources boueuses chaudes et des solfatares de peu d'importance.
Les versants extérieurs de ce volcan sont surtout bien développés vers l'Est et vers l'Ouest. Au Nord, la montagne vient buter bientôt contre le versant méridional du Rakoutak; le défilé est à 500 mètres au Nord de Pountiak tiaï, à 1780 mètres d'altitude.
Vers le Sud le versant extérieur descend graduellement jusqu'à l’endroit où il aboutit au pied du Papandaïan; le cours supérieur de la rivière Boutarouwa y forme la limite. De ce côté s'élèvent quelques points d'éruption secondaires.
a. À six cents mètres au Sud du large cirque se dresse, sur la ligne de faite, un beau cône, couronné par un sommet en fer à cheval. 2e sommet, dont l'altitude est de 2350 mètres, ne porte pas de nom spécial. Du côté du grand cirque, le défilé est à l'altitude de 2285 mètres; et du côté du Diaïa, qui s'élève au Sud, à celle de 2145 mètres.
b. Un cône d’éruption secondaire plus important, c'est le Draïa. Ce cône assez vaste est situé sur la ligne de partage des eaux, à 2500 mètres au sud du grand cirque. Le sommet est un cirque de plus de 500 mètres de rayon; le plus haut point du bord occidental, au sommet Diaïa, a 2410 mètres d'altitude; la cuve, comprise dans ce bord, se décharge vers l'Est par la rivière Ti Gounoung dont le lit est creusé jusqu’à la profondeur de 1910 mètres.
Des échantillons de ce volcan ont été recueillis aux points suivants : Le No. 1624 vient du versant extérieur Sud-Ouest du grand cirque, de la rivière Ti Séké. C’est une roche dont [3 pâte foncée, compacte, contient beaucoup de feldspath, mais peu d’augite. Au microscope, on voit que c’est un basalte d'un grain fin.
Le No. 1623, originaire du versant extérieur Nord-Ouest, au-dessus du signal Tübitoung (1553 mètres) ressemble au précédent; mais la pâte a un éclat de poix. Au microscope, on y voit la même image que dans l’échantillon qui précède. Donc, un basalte.
Au versant Sud-Est du Diaïa, près Tubolang, à l’ouest de Baïongbong, on a détaché le No. 1625; on aperçoit dans cette roche des traînées alternativement poreuses et compactes, à éclat de poix; à l'œil nu on ne peut observer que de petits cristaux, la plupart troubles, de feldspath. Au microscope, la roche a l’air plus fraîche qu'on ne s'y attendrait, et offre l’image d’une belle andésite à pyroxène, à pâte limpide, abondante.
Les fragments No. 1626 ont été pris dans une coulée d'obsidienne, qui affleure au-dessus de Pasirkiamis, sur la route de Dradiat et qui est située au versant extérieur Nord-Ouest du cirque principal. Les échantillons sont formés d'un verre rubané et de nombreuses petites boules de la grosseur d'un pois. Au microscope, on voit un verre d'obsidienne et des sphérolithes nombreuses, globulaires. Le verre lui-même contient un nombre extrêmement grand de bâtonnets et de fibres incolores d’une finesse extrême, ainsi que quelques bâtonnets un peu plus grands, qui peuvent être de la hornblende ou de l’augite; on y trouve de plus de très petits grains de minerai de fer. (C’est ainsi que ce verre n’est parfaitement limpide à peu près nulle part, mais
toujours plus ou moins trouble. Dans une des préparations, on a observé un magnifique cristal de plagioclase limpide, autour duquel le verre, avec les petits bâtonnets, se recourbe en traînées régulières pour former une belle structure fluidale. Les sphérolithes consistent aussi en verre; et à un faible grossissement, on s’imaginerait que le trouble y est produit par un amoncellement de fibres pareilles à celles de la pâte. À fort grossissement cependant, par immersion, on n’observe, dans les sphérolithes, pas ou presque pas de ces bâtonnets incolores ou vert-clair de la pâte. Il faut donc que la dévitrification soit causée par des particules excore plus petites, dont les caractères n’ont pu être déterminés même aux plus forts grossissements.
Les analyses ci-dessous de morceaux de verre pur de cette coulée d'obsidienne ont été effectuées par P. J. MAIER et publiées dans le ANatuurk. Tijdschrift van Ned. Indié” VI, 1854, pp. 301 à 310.
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Ce verre appartient donc aux roches très acides, rares à Java.
L'échantillon No. 1627 a été recueilli près du Kawah Manouk; c’est une andésite à pyroxène volcanique, dont la pâte présente des taches rondes, foncées, consistant probablement en un entassement plus serré de microlithes.
Des morceaux de soufre No. 1628 proviennent également du Kawah Manouk.